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Poésie

Posts Tagged ‘énigmatique’

Telle que Viviane (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2018



Telle que Viviane

LE blond zodiaque détruit
Ses énigmatiques algèbres,
Et les cygnes noirs de la nuit
Glissent sur un lac de ténèbres.

Tu me tends, d’un geste onduleux,
Tes mains où le lotus se fane.
A travers les feuillages bleus
Tu Souris, comme Viviane.

Je retrouve les chers poisons
Sous la langueur de ta parole,
Et les anciennes trahisons
Te nimbent, comme une auréole.

L’éclair des astres vient dorer
Le gris pervers de ta prunelle.
Ah ! comment ne point t’adorer
D’être perfide et d’être belle ?

(Renée Vivien)

Illustration: Gaston Bussière

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La pluie d’hier (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2018




    
La pluie d’hier n’est pas encor sèche
Et l’herbe est toujours une eau verte !
Champs labourés et laissés, tristes,
L’arroche se flétrit, se flétrit.

Je rôde par les rues et les flaques;
Jour d’automne craintif et sauvage.
Dans chaque visage rencontré,
Je voudrais saisir ta chère image.

Tu regardes de vagues contrées,
Plus énigmatiques et plus belles.
Pour toi seulement notre bonheur,
Mon amitié te reste fidèle.

Que par la volonté de Dieu
La mort vienne fermer tes yeux :
Telle une ombre dans un champ pur,
Je vous suivrai, je te le jure.

***

(Sergueï Essénine)

 

Recueil: Poèmes 1910-1925
Traduction:
Editions: La Barque

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L’homme-du-silence (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2018


le méditant

Tout est lumineusement relatif
dans l’absolument obscur,
surtout l’énigmatique relation de
l’homme-du-silence
à l’absolu silence

(Michel Camus)

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CARCERI D’INVENZIONE (Hans Magnus Enzensberger)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2018



 

Illustration:  Giovanni Battista Piranesi
    
CARCERI D’INVENZIONE *

Ces voûtes sombres claires sombres

éclairs sans ciel
rayons sans astre
ni nocturnes ni diurnes

ces voûtes
rationnelles et énigmatiques

ces fosses et ces trous
sont nos abris
ces crevasses ces galeries
sont nos antres
ces ponts et ces poutres
nos routes vers l’erreur

devant cet attirail
qui nous dépasse
nous paraissons
chétifs et sans voix

rêveurs debout
prisonniers
invaincus

Ces grouillantes
oubliettes
où l’abandon règne

ces voûtes de rêve
à l’infini sombres
à l’infini claires
infinies

impénétrables
sont
nos rêveuses têtes

* Prisons imaginaires : suite de dix-huit eaux-fortes de Piranèse.

(Hans Magnus Enzensberger)

 

Recueil: Mausolée
Traduction: Maurice Regnaut et Roger Pillaudin
Editions: Gallimard

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Que ma présence (René Char)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2017




    

Que ma présence qui vous cause énigmatique malaise,
haine sans rémission,
soit météore dans votre âme.

(René Char)

 

Recueil: Fureur et mystère
Traduction:
Editions: Gallimard

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Dans un miroir brisé (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2017




Dans un miroir brisé

J’ai entendu dans ce soir plein d’étoiles
Des paroles irrémédiables,
J’ai senti ma tête tourner
Au-dessus de cet abîme en flammes;
La destruction hurlait à la porte,
Le jardin noir hurlait comme un hibou,
Et la ville, affaiblie jusqu’à mourir,
Était alors plus vieille que Troie.
Cette heure était insupportablement claire,
Et faisait un vacarme à en pleurer.
Le cadeau que tu m’as donné n’était pas
Celui que tu avais apporté de si loin,
Qui te paraissait un jouet absurde
Dans ce soir où tout était en feu.
Ce fut un très lent poison
Dans mon destin énigmatique.
Précurseur de tous mes malheurs,
Évitons de nous en souvenir!…
Cette rencontre qui n’a pas eu lieu
Continue à pleurer tout près d’ici.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Irina Kotova

 

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Une voix de femme glisse comme le vent (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2017



Une voix de femme glisse comme le vent
Des ténèbres de l’humidité, de la nuit,
Et tout ce qu’elle touche dans son vol
Devient soudain autre.
Elle coule, inonde avec l’éclat d’un diamant,
Quelque chose quelque part, s’argente une seconde,
Et sous une cape énigmatique
De soies irréelles elle bruit.
Et quelle force puissante
Tire là-bas cette voix enchantée
Comme s’il n’y avait pas au bout la tombe
Mais l’ascension d’un mystérieux escalier

(Anna Akhmatova)

Anna AKHMATOVA, 19 décembre 1961 à l’Hopital Lénine en entendant à la radio cette oeuvre:

Illustration: Alexandru Darida

 

 

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Passion et poésie (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2017



Illustration: Emma Nubel   
    
Passion et poésie aspirent à la notion énigmatique de beauté.
Elle n’est point définie.
À peine murmurée.
Rarement nommée, mise en évidence.

Ceux qui en parlent sont ceux qui ne la vivent pas
mais la voient sur le visage
ou dans le souffle des êtres pris de passion.

Vincent Van Gogh, Arthur Rimbaud, Antonin Artaud,
Francisco Goya ou même Francis Bacon ont été des témoins actifs, hallucinés;
ils ont transporté dans leur création la beauté brute,
cette poésie impossible dont l’une des portes donne sur l’enfer, la folie.

Né d’une turbulence, un torrent ou un éclair foudroyant,
le poème ne s’installe jamais tout à fait dans la vie.
Il est une vérité qui sommeille dans l’enfance.
L’enfance du monde, la douleur des hommes.

(Tahar Ben Jelloun)

 

Recueil: Que la Blessure se ferme
Editions: Gallimard

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Sur le pré, l’énigmatique tortue (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2017




    
Sur le pré, l’énigmatique tortue,
à la démarche immémoriale,
En quête de quel secret tu?
de quel oracle inaugural?

(François Cheng)

 

Recueil: La vraie gloire est ici
Editions: Gallimard

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Que ma présence (René Char)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2016



Que ma présence qui vous cause
énigmatique malaise,
haine sans rémission,
soit météore
dans votre âme.

(René Char)

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