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Posts Tagged ‘enivrement’

Y a-t-il au monde quelque chose de plus grave que la blancheur ? (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2019



    

Y a-t-il au monde quelque chose de plus grave
que la blancheur ? quelque chose
de plus immobile, de plus achevé

Que la blancheur ? y a-t-il au monde
chose plus proche et plus

Inatteignable dans l’enivrement
toujours de la première fois
et la continuité des choses d’au-delà ?

(Lionel Ray)

 

Recueil: Comme un château défait suivi de Syllabes de sable
Traduction:
Editions: Gallimard

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LA LICORNE (Max Rouquette)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2018



LA LICORNE

ATTENTIVE à l’écho de son pas
dans la clarté de l’ombre et la forêt d’étoiles
la Bête marche unique en son éternité.
Pas ténébreux, effroi des bêtes,

elle illumine et courbe au-dessus des collines
les chênes enivrés de lune.
Senteur de vierge et parfum d’immortelle

lui sont le dernier prix d’un sommeil de rocher,
source limpide à la soif qui la brûle,
nuit sans étoile où son sommeil se fond.
Belle licorne douce bête de rêve,

enivrement d’une chair accomplie,
ton pas qui sonne éternel me fait peur
et bien plus ton sommeil qui de la mort me parle.

***

L’UNICORN

AFECCIONADA au resson de son pas
dins la lutz d’ombra e la seuva d’estèlas
la bèstia va unenca en son etèrne.

Pas de tenèbra, espavent de feruna,
emblanquinèla e fa dinar suis serres
los roires embriagats de luna.

Olor de verge e perfum d’immortala
li son l’ultime prètz d’un sòm de ròca,
fònt d’aiga linda a la set que l’enfuòca,
nuòch sens estèla ont s’ajaça e s’escònd.

Bèl unicòrn doça bèstia de sòmi,
embriagament d’una carn espelida,
crente ton pas qu’etèrne restontís
e mai ton sòm que la mòrt me recòrda.

(Max Rouquette)

Illustration

 

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J’aime (Jules Verne)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2017



Illustration: Frédérique Nalpas
    
J’aime ces doux oiseaux, qui promènent dans l’air
Leur vie et leur amour, et plus prompts que l’éclair,
Qui s’envolent ensemble !
J’aime la fleur des champs, que l’on cueille au matin,
Et que le soir, au bal, on pose sur son sein
Qui d’enivrement tremble !

J’aime les tourbillons des danses, des plaisirs,
Les fêtes, la toilette, et les tendres désirs
Qui s’éveillent dans l’âme !
J’aime l’ange gardien qui dirige mes pas,
Qui me presse la main, et me donne tout bas
Pour les maux un dictame !

J’aime du triste saule, au soir muet du jour,
La tête chaude encor, pleine d’ombre et d’amour,
Qui se penche et qui pense !
J’aime la main de Dieu, laissant sur notre coeur
Tomber en souriant cette amoureuse fleur
Qu’on nomme l’espérance !

J’aime le doux orchestre, en larmes, gémissant
Qui verse sur mon âme un langoureux accent,
Une triste harmonie !
J’aime seule écouter le langage des cieux
Qui parlent à la terre, et l’emplissent de feux
De soleil et de vie.

J’aime aux bords de la mer, regardant le ciel bleu,
Qui renferme en son sein la puissance de Dieu,
M’asseoir toute pensive !
J’aime à suivre parfois en des rêves dorés
Mon âme qui va perdre en des flots azurés
Sa pensée inactive !

J’aime l’effort secret du coeur, qui doucement
S’agite, la pensée au doux tressaillement,
Que l’on sent en soi-même !
Mieux que l’arbre, l’oiseau, la fleur qui plaît aux yeux,
Le saule tout en pleurs, l’espérance des Cieux…
J’aime celui qui m’aime.

(Jules Verne)

Découvert ici: https://livresdunjourblog.wordpress.com/

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L’Etoile de Vénus (IV) (José-Maria de Heredia)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2016



J’aime … et de cet amour j’ai l’âme toute pleine;
Je tremble … mon coeur bat … Je ne sais? … Mais je sens
Quand je touche sa robe ou sa main tous mes sens
Tressaillir, et le feu me courir dans la veine;

Aussi je meurs d’amour aux genoux de ma reine,
A voir s’épanouir la fleur de ses vingt ans,
Rayonner dans ses yeux un éternel printemps,
A l’écouter parler, respirant son haleine.

Mais ce que j’aime en toi surtout, ô ma beauté,
C’est ta jeune poitrine où bat la volupté.
Oh! Quel enivrement et quelle poésie

Dans ces deux seins naissants façonnés par l’Amour!
Oui la Grèce eût moulé sur leur divin contour
Une coupe où les Dieux auraient bu l’ambroisie.

(José-Maria de Heredia)

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