Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘enjôleuse’

Ce qui souffle dans la nuit (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018



Illustration Frederic Leighton
    
Ce qui souffle dans la nuit,
ce qui murmure

c’est la bouche bleue des sirènes
sur leur lit d’ardeur et d’ossements.

Un vaisseau passe contre la lune,
voiles gonflées comme les seins des enjôleuses.

Touffes noires,
hanches rusées :
nourriture du rêve.

Et, pour la soif,
ces fruits fendus
où perle une rosée de sève.

(Jean Joubert)

 

Recueil: Anthologie personnelle
Traduction:
Editions: Actes Sud

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SE LEVER (Ernest Delève)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



 

Alexey Slusar 1961- Ukrainian painter - Flamenco dancers - Tutt'Art@ (37)

SE LEVER

Se lever de grand matin
Saluer l’ange musicien
Quand il se lisse encore les ailes

Tendre un arbre sur le large
Quelle que soit la saison
Tes fleurs auront toujours raison

Descendre un frais temple de marches
Les dernières sont des vagues
Lâcher la première joie de l’arche

Sur la pierre dédiée
Aux sirènes qui s’évadent
Par les déesses déliées

Être lavé elles proposent
L’eau de cologne les éponges
Tout un choix de métamorphoses

S’emplir de savon les oreilles
Pour résister aux enjôleuses
Renvoyer toutes les merveilles

Raser de très près le passé
Caresser l’oubli en passant
Caresser pour caresser

Se mettre du baume au hasard
Puisqu’on ne souffre nulle part
Vaporiser le reste pour l’absente exquise

Sortir de l’eau tout neuf
Sortir du vent tout vif
Délivrer le dernier captif

Elire les dieux du jour

Leur demander le nom de celle
Que je dois réveiller la belle

En qui je dors encore toujours

(Ernest Delève)

Illustration: Alexey Slusar

 

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MARGUERITE AU ROUET (Tristan Klingsor)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2015


 


 

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MARGUERITE AU ROUET

— Vous qui faites la jolie et l’enjôleuse
Marguerite au rouet lent pourquoi filer ? —
— Je veux faire une ceinture merveilleuse
pour donner à mon Gottlieb ensorcelé —

Sur le pont d’Avignon qui viendra danser ?

— La mignonne, vous qui faites l’endormie,
La mignonne au rouet lent pourquoi songer ?
— Je veux être de Gottlieb la douce amie
Et lui ceindre mon costume d’or frangé –

Sur le pont d’Avignon iront-ils danser ?

Elle n’est plus la jolie et l’enjôleuse
— Marguerite au rouet lent pourquoi pleurer
Elle ne filera plus ô la fileuse :
Son Gottlieb d’une autre écharpe s’est paré.

Sur le pont d’Avignon qui viendra danser ?

(Tristan Klingsor)


 

 

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