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Poésie

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FIN D’ÉTÉ (Binem Heller)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2019



Illustration: Marc Chagall
    
FIN D’ÉTÉ

Vers sa fin voilà que se glisse
Le plus beau des jours de l’été,
C’est, sur la fenêtre, une vitre
Entre songe et réalité.

Au coeur de son miroir, nous deux –
Et la lumière qu’il reflète
Appose un sceau silencieux,
Un sceau de flamme sur ta tête.

Ton corps mûrit et s’arrondit,
Un sanglot du bonheur le prend,
Bouche blessée, fleur qui grandit
Assoiffée à travers mes dents.

Que pourrai-je te dire encore,
Désormais il n’est plus de mots.
Du plaisir, ils savent, nos corps
Comment se porte le fardeau.

Voilà déjà que l’été passe
Et la dernière fleur flamboie.
Lorsque dans tes bras tu m’enlaces
Le soleil, de fièvre, rougeoie.

(Binem Heller)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Vergers d’enfance (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2019




    
Vergers d’enfance

Nymphes et dryades enlacées
houris et péris sous gaze et perles

Les pétales dans l’herbe
un lézard sur un caillou

Les guêpes mordent
dans la poire

Une collection de noyaux
des arabesques de pelures

Une goutte de résine
au fond de la blessure
d’un cerisier

Le parfum des fraises
un sourire velouté

Murmures des écorces
crépitements en sourdine

Un goût de tendre aveu
sur le bout de la langue

Sous les caresses des brindilles
les bourgeons s’entrouvrent

(Michel Butor)

 

Recueil: Collation précédé de HORS-D’OEUVRE scandés par les SOUVENIRS ILLUSOIRES D’UN JAPON TRES ANCIEN
Traduction:
Editions: Seghers

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Jeunes enlacés (Max Olivier Bizeau)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2019




    
Jeunes enlacés
Des amoureux sur les berges
Passions en crue…

(Max Olivier Bizeau)

 

Recueil: Paris … en haïku et en brèves
Traduction:
Editions: La Simarre

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De mes noms multiples (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2019



Illustration: Salvador Dali
    
De mes noms multiples naissent des humains
qui s’amoncellent et s’entretuent.
Prenez-les, guidez-les, enlacez-les!
Soyez pour eux chemins et conquêtes, ô mes noms!
Moi, je suis le vagabond éternel,
hors de mes noms,
et éternellement
je déclare la loi de la flamme,
le ravissement amoureux,
le rêve, les choses.

(Adonis)

 

Recueil: Toucher la lumière
Traduction: Anne Wade Minkowski
Editions: Imprimerie Nationale

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ENLACE-MOI (Jyotirmaya Thakur)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2019




    
ENLACE-MOI

Aime – moi comme un être ordinaire
Pas en simulant ou associant,
Aime – moi si tu veux, seulement si tu veux,
Aime – moi sans l’intensité du bleu.

Pas dans l’abîme de l’amour pour les océans,
Ni dans les zéphyrs de velours d’une fusion venteuse,
Ne me place pas non plus sur des portails d’illusion,
Ne m’embrasse pas avec des citations livresques.

Ne me compare pas à la pleine lune,
Ni aux étoiles qui brillent trop tôt,
Ou aux odorantes fleurs épanouies,
aux bêtises romantiques du bouffon.

Ne sois pas le poète de mots fluides,
Ne t’enjolive pas de saphirs,
Ne m’encombre pas de diamants,
Enlace-moi seulement de chants vigilants.

***

***

AVVOLGIMI

Amami come un essere ordinario,
senza immaginare o paragonarmi a nulla,
amami, se vuoi, ma se lo fai,
amami senza intensità di blu.

Non nell’abisso dell’amore per gli oceani,
o gli zefiri di velluto nell’incrociarsi dei venti,
non mettermi sotto i portali dell’illusione,
né baciami con citazioni di libri.

Non paragonarmi alla luna piena,
o alle stelle che luccicano troppo presto,
o allo sbocciare fragrante dei fiori,
né ai gesti romantici di un pagliaccio.

Non essere un poeta dalla lingua sciolta,
non adornarti di zaffiri,
e non bagnarmi con una doccia di diamanti,
piuttosto avvolgimi di dolci cori.

***

ENVUÉLVEME

Ámame como a un ser cualquiera,
Sin asumir ni asociar,
Ámame, si quieres, pero si lo haces,
Ámame sin intensidad de azul.

No en el abismo de amor por los océanos,
ni en los céfiros de terciopelo de fusión ventosa,
ni en los portales de la ilusión,
ni en las citas de los libros.

No me compares con la luna llena,
ni con estrellas que brillan demasiado pronto,
ni con flores fragantes que florecen,
ni con los gestos románticos de los bufones.

No seas un poeta de palabras fluidas,
ni te adornes con zafiros,
ni me inundes con diamantes.
Envuélveme solo con cadencias cariñosas.

***

OMARM MIJ

Hou van me als een gewoon wezen,
Niet simulerend of associërend,
Hou van me, als je wilt, alleen als je wilt,
Hou van me zonder de intensiteit van blauw.

Niet in de afgrond van de liefde voor oceanen,
Noch met fluwelen zefieren van winderige versmelting,
Plaats me evenmin op portalen van illusie,
Kus me ook niet met citaten uit boeken.

Vergelijk me niet met de volle maan,
Noch met de sterren die te vroeg schijnen,
Of met geurende bloeiende bloemen,
Evenmin met romantisch paljasgedoe.

Wees geen dichter van vloeiende woorden,
Maak je niet op met saffieren,
En overlaad me niet met diamanten,
Omarm me gewoon met zorgzaam gezang.

***

SĂ MĂ-NFĂȘORI

Iubește-mă ca orice muritor,
Nu prezuma, nu compara, tu doar
Iubește-mă de vrei, și dacă da,
Fă-o-n albastru dens, unduitor.

Nu cel adânc al dragostei de mare,
Nici cel din catifeaua de zefir,
Nu mă așeza pe mândre piedestale,
Nu-mi declama fraze de vodevil.

Cu luna plină tu să nu m-asemeni,
Nici cu vreo stea în grabă răsărită.
Lasă parfumul splendidelor flori,
Și uită complimentul de bufon.

Să-mi fii poetul slovei curgătoare,
Fără safire ce sclipesc înșelător.
Nu mă scălda în ploi de diamante,
Ci-n cântec blând să mă-nfășori.

***

Umarme mich

Liebe mich wie ein gewöhnliches Wesen,
Nicht anmaßend, nicht anhänglich,
Liebe mich, wenn du willst, aber wenn du es tust,
Liebe mich ohne die Intensität von Blau.

Nicht im Abgrund der Liebe zu den Ozeanen,
Oder mit samtenen Zephyren flüchtiger Verbindung,
Setze mich nicht auf ein Portal trügerischer Hoffnung,
Und küsse mich auch nicht mit Buchzitaten.

Vergleiche mich nicht mit dem Vollmond,
Oder mit Sternen, die zu früh leuchten,
Oder duftenden Blumen, die blühen,
Ich will keine romantischen Gesten von einem Spaßmacher.

Sei kein Dichter der fließenden Worte,
Trage mir keine Saphire an,
oder überschütte mich mit Diamanten,
Umarme mich einfach mit liebevollen Weisen.

***

МЕНИ ЎРАБ ҚЎЙ

Мени оддий мавжудотдай сев,
Қабул қилмай ёки боғламай.
Мени севгин, гар хоҳласанг сен,
Ёрқин мовий рангларга учмай.

Ишқ даҳрининг тубига чўкмай,
Майин насим барқутида маст.
Пуч хаёллар тўрига илмай,
Китобларнинг лутфидай сармаст.

Мени тўлин ойга ўхшатма,
Қиёслама юлдузларга ҳам.
Таққослама хушбўй чечакка,
Хаёлий тасвирга на ҳожат?

Қочоқ сўзлар шоири бўлма,
Ёқутларга бўлиб махлиё.
Мени кўмгин жавоҳирларга,-
Ўраб қўйгин эътиборга, ёр!

***

WRAP ME

Love me like an ordinary being,
Not assuming or associating,
Love me, if you want, but if you do,
Love me without intensity of blue.

Not in the abyss of love for oceans,
Or velvet zephyrs of windy fusion,
Nor place me on portals of illusion,
Nor kiss me with books quotations.

Don’t compare me with full moon,
Or stars that shine too soon,
Or fragrant flowers that bloom,
No romantic gestures of buffoon.

Be not a poet of fluent words,
Don’t make up with sapphires,
Or shower me with diamonds,
Just wrap me with caring choirs.

***

包裹我


像一个普通人一样爱我,
没有假设或者联想,
爱我,如果你要,但如果你做,
就不要用忧郁的紧张爱我。


不是在热爱海洋的深渊里,
或者是多风融合的天鹅绒风,
也不把我放在幻觉的入口,
也不要用书面语录来吻我。


别把我和满月比较,
或发光太快的星星,
或绽放的芬芳花朵,
没有小丑的浪漫姿态。


不当语言流利的诗人,
不用亲近蓝宝石,
或给我淋洒钻石,
只用贴心的唱诗班包裹我。

(Jyotirmaya Thakur)

 

Recueil: ITHACA 598
Traduction: Français Germain Droogenbroodt et Elisabeth Gerlache / Hindi / Italien Luca Benassi / Espagnol Rafael Carcelén / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Roumain Gabriela Căluțiu / Allemand Wolfgang Klinck / Tadjik Rahim Karim / Anglais / Chinois William Zhou
Editions: POINT

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Être enlacé (Yànnis Stiggas)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2019




    
Être enlacé veut dire
parfumer le vide

(Yànnis Stiggas)

 

Recueil: Vagabondages du sang
Traduction: Michel Volkovitch
Editions: Des Vanneaux

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Vous m’avez dit, tel soir (Emile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2019



 

Akzhan Abdalieva -   (4)

Vous m’avez dit, tel soir…

Vous m’avez dit, tel soir, des paroles si belles
Que sans doute les fleurs, qui se penchaient vers nous,
Soudain nous ont aimés et que l’une d’entre elles,
Pour nous toucher tous deux, tomba sur nos genoux.

Vous me parliez des temps prochains où nos années,
Comme des fruits trop mûrs, se laisseraient cueillir ;
Comment éclaterait le glas des destinées,
Comment on s’aimerait, en se sentant vieillir.

Votre voix m’enlaçait comme une chère étreinte,
Et votre coeur brûlait si tranquillement beau
Qu’en ce moment, j’aurais pu voir s’ouvrir sans crainte
Les tortueux chemins qui vont vers le tombeau.

(Emile Verhaeren)

Illustration: Akzhan Abdalieva

 

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JAMAIS ATTEINTE (Annie Salager)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    

JAMAIS ATTEINTE

Des paquets de lumière
à portée de la main
le sable les arrête,
tu n’en atteindras
jamais la musique,
absorbée jour à jour
nuit à nuit par l’espace

Lui, il efface le temps
dans ses plis, ses envolements,
la lumière seule l’occupe,
il joue d’elle sur tes saisons
et chante avec les astres
renouveau, disparition
audible dans les larges étoiles
ou le déchirement du bleu
sous les soleils jaunes à midi

Tel serait le rivage que tu suis
ses visages, ses vies,
il est la lumière même, l’absente
livrée en toi où tu la cherches,
on dirait celle des hirondelles
enlacées au parfum des myrtes
qui luiraient sous la mer

(Annie Salager)

 

Recueil: La Mémoire et l’Archet
Traduction:
Editions: La rumeur libre

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L’arbre sur la cime (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2019




    
L’arbre sur la cime
les branches étendues veut
enlacer le ciel.

***

Boom op een bergtop
zijn takken gespreid wil hij
de hemel omarmen

***

En la cima el árbol
extendiendo las ramas quiere
abrazar el cielo

***

Tree on a hilltop
with branches spread like wishes
to embrace heaven

***

L’albero in alto
rami come desideri
abbraccia il cielo

***

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil: Gouttes de rosée Cent haïkus
Traduction: Français Elisabeth Gerlache / Néerlandais l’original / Espagnol Rafael Carcelén / Anglais Stanley H. Barkan / Italien Silvia Pio / Japonais Taeko Uemura – Mariko Sumikura
Editions: POINT et Boeken Plan(P0ésie INTernationale)

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Où laisser mes yeux (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 8 décembre 2018




    
Où laisser mes yeux,
quand leur présager une saison aimable.
Je veux dire :
ce que je meurs chaque nuit,
mes os tordus d’enlacer une ombre.

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Approximations
Traduction: Etienne Dobenesque
Editions: Ypfilon

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