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Poésie

Posts Tagged ‘ennemi’

Retouche à l’amour (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2019



Retouche à l’amour

ses armes dans un coin de la chambre
il multiplie ses nus dans la lumière
dans les rues l’ennemi perd sa trace
et n’ouvre que l’ombre

(Daniel Boulanger)


Illustration: Marc Chagall

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Encore Un Matin (Jean-Jacques Goldman)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2019




Encore Un Matin

Encore un matin
Un matin pour rien
Une argile au creux de mes mains
Encore un matin
Sans raison ni fin
Si rien ne trace son chemin

Matin pour donner ou bien
matin pour prendre
Pour oublier ou pour apprendre
Matin pour aimer, maudire ou mépriser
Laisser tomber ou résister

Encore un matin
Qui cherche et qui doute
Matin perdu cherche une route
Encore un matin
Du pire ou du mieux
A éteindre ou mettre le feu

Un matin, ça ne sert à rien
Un matin
sans un coup de main
Ce matin
C’est le mien, c’est le tien
Un matin de rien
Pour en faire
Un rêve plus loin

Encore un matin
Ou juge ou coupable
Ou bien victime ou bien coupable
Encore un matin, ami, ennemi
Entre la raison et l’envie
Matin pour agir ou attendre la chance
Ou bousculer les évidences
Matin innocence, matin intelligence
C’est toi qui décide du sens

Un matin, ça ne sert à rien…

(Jean-Jacques Goldman)

Illustration

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Nous nous retrouverons (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2019



Odd Nerdrum__o [800x600]

Nous nous retrouverons. Tous.
Mais nous n’aurons rien fait pour vaincre ces distances.
Ce sera le triomphe de la seule matière.
Nous nous effondrerons. Les uns sur les autres.
Les uns dans les autres. Au mieux, j’aurai ta cuisse blanche sur mon coeur.
Ou bien la main de mon ennemi dans la mienne.
Mais je n’en saurai rien.
Et quand bien même ?
Qu’est-ce que ça change à ce qui est,
ce peu d’espoir qui tremble comme un linge au bord des pourritures,
ce peu d’espoir qu’ici nous n’aurons pas payé,
nous ici plus morts que morts ?

(Jean Rousselot)

Illustration: Odd Nerdrum

 

 

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Sous le corset d’étain des rivières surprises (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2019



Sous le corset d’étain des rivières surprises
Sur nos corps ennemis la nuit que nous faisons
Dans le secret du vent éclaté sur nos têtes
La Parole bienvenue retourne à sa naissance.

(Jean Rousselot)

Illustration: Salvador Dali

 

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Chacun a un nom (Zelda)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2019



Chacun a un nom
que lui a donné Dieu
et que lui ont donné son père et sa mère
chacun a un nom
que lui ont donné sa taille et sa manière de sourire
que lui a donné son tissu
chacun a un nom
que lui ont donné les montagnes
et que lui ont donné ses murs
chacun a un nom
que lui ont donné les signes du zodiaque
et que lui ont donné ses voisins
chacun a un nom
que lui ont donné ses péchés
et que lui ont donné ses désirs
chacun a un nom
que lui ont donné ses ennemis
et que lui a donné son amour
chacun a un nom
que lui ont donné ses fêtes
et que lui a donné sa profession
chacun a un nom
que lui ont donné les saisons
et que lui a donné sa cécité
que lui a donné la mer
et que lui a donné
la mort.

(Zelda)


Illustration: Aviva Beigel

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Sommeil, paisible fils de la Nuit solitaire (Philippe Desportes)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2019



Caroline Duvivier l'homme de la lune
    
Sommeil, paisible fils de la Nuit solitaire,
Père alme, nourricier de tous les animaux,
Enchanteur gracieux, doux oubli de nos maux,
Et des esprits blessés l’appareil salutaire :

Dieu favorable à tous, pourquoi m’es-tu contraire ?
Pourquoi suis-je tout seul rechargé de travaux,
Or que l’humide nuit guide ses noirs chevaux,
Et que chacun jouit de ta grâce ordinaire ?

Ton silence où est-il ? ton repos et ta paix,
Et ces songes volant comme un nuage épais,
Qui des ondes d’Oubli vont lavant nos pensées ?

Ô frère de la Mort, que tu m’es ennemi !
Je t’invoque au secours, mais tu es endormi,
Et j’ards, toujours veillant, en tes horreurs glacées.

(Philippe Desportes)

Illustration: Caroline Duvivier

 

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Je ne prends aucun nouvel ami (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2019



Mes haines
Je les ai oubliées
Mes amours
Mes ennemis
Je leur ai pardonné
Je ne prends aucun nouvel ami

(Abbas Kiarostami)


Illustration: Odilon Redon

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C’EST À DIRE (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2019




Illustration: Fernand Dubuis

    
C’EST À DIRE
(Le bruit qui n’est pas entendu)

Pour Fernand Dubuis, qui a enrichi ce texte de couleurs rares aux harmonies inattendues.

Au tournant du verbe
accablé de masques
dont l’être intermittent
parfois surgit
lampe éphémère
pour que renaissent
les ténèbres
en vain refoulées
parfois plonge à l’oubli définitif
recours
depuis l’origine inconnue
jusqu’au-delà du futur
où tant de douleurs
enfin pétrifiées seront
c’est-à-dire
ne seront plus
voici pour le veilleur
ensommeillé
l’écho qui s’interroge
au-dehors sans répondre
le sifflement de l’ennemi
sous la porte
peut-être la clé
perdue
ou du moins ce mince fil
conducteur de vocables
mais pour qui mais pourquoi
s’il n’est rien
s’il s’enroule inutile
à l’index
ou s’il
retentit solitaire
ou s’il est incapable
de révéler autre chose
que sur le sol
à l’ombre de l’été
ce peu de traces
d’un passage
ou le bruit qui n’est pas entendu
ou les couleurs légères
de l’averse que le soleil
dispense à l’ennui
du littoral
lorsque tout espoir
et tout mal
évanouis
le sable
entonne le tumulte
les cris les rires
la blessure
et le silence même
dans une tête
aux dents serrées
inutile témoin
sur l’astre feu
lentement refroidi
d’être là
et ainsi et ainsi
et toujours
et si vous voulez
que je m’arrête
donnez-moi le mot
sinon— sans fin

je continue.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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ENNEMIE DE LA MORT (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2019




    
ENNEMIE DE LA MORT
à Rossana Sironi

Tu ne devais pas, ma bien-aimée,
arracher ton image à ce monde,
nous priver d’une mesure de beauté.
Ennemis de la mort, que ferons-nous
penchés sur tes pieds roses,
sur ton flanc mauve ?
Tu n’as laissé ni feuille ni mot
de ton dernier jour, ni même un non à toute chose
apparue sur la terre, un non au journal
monotone des hommes. L’ancre triste et
estivale de la lune a emporté
tes songes : collines arbres lumière
ténèbres et eaux; non pas des pensées
confuses, mais des songes véritables
retranchés à l’esprit déterminé qui
soudain arrêta le temps
pour toi, la lâcheté future. Désormais,
tu es sur le seuil des portes dures,
ennemie de la mort. — Qui hurle, qui hurle ?

Tu as tué la beauté en un clin d’oeil,
tu l’as frappée pour toujours, tu l’as lacérée
sans une plainte pour son ombre
folle qu’elle déploie sur nous. Tu ne nous suffisais pas,
beauté, solitude déliée.
Tu as déroulé un geste dans l’obscurité, tu as écrit
ton nom dans les airs ou ce non à tout
ce qui grouille ici et par-delà le vent.
Je sais ce que tu voulais dans ta robe neuve,
je connais la question qui nous revient vide.
Il n’y a pas de réponse pour nous, il n’y en a pas pour toi,
ni mousse ni fleurs, ma bien-aimée,
ennemie de la mort!

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Ouvrier de songes
Traduction: Thierry Gillyboeuf
Editions: LA NERTHE

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… Il m’a semblé que c’étaient des feux (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019




… Il m’a semblé que c’étaient des feux
Qui volaient avec moi jusqu’à l’aurore.
Je ne suis pas arrivée à savoir
De quelle couleur étaient ces yeux étranges.

Autour de moi tout s’est mis à trembler,
tout s’est mis à chanter,
Et je n’ai pas réussi à savoir
si tu es ennemi, ami,
Si c’est l’hiver ou bien l’été.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Brendan Monroe

 

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