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Poésie

Posts Tagged ‘ennemi’

Ils étaient jeunes ils étaient beaux (Béatrice Bastiani-Helbig)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018




    
Ils étaient jeunes
ils étaient beaux
de bleu vêtus
Ils sont partis
fleur au fusil

Il verrait bien de quel bois
on se chauffe
l’ennemi
On le repousserait chez lui
Et puis
on rentrerait chez soi
C’était l’affaire de quelques mois

Dans les tranchées d’en face
ils étaient jeunes
ils étaient beaux
de gris vêtus
Un peu plus blonds peut-être

D’un côté comme de l’autre
tous avaient laissé
leur mère, leur sœur, leur fiancée
leur femme, leurs enfants
et les enfants à naître

Ils leur avaient bourré la tête
les bons apôtres :
ils se battraient pour la Nation

Mais ils n’étaient rien que les pions
d’un échiquier géant
dont les joueurs étaient seuls maîtres

Chair à canon
ils ont été déchiquetés
les bruns, les blonds
les bleus, les gris
Leur sang était le même

Dans leur âme et dans leur corps
à tout jamais meurtris
tous ceux qui ne sont pas tombés
au champ d’horreur
en criant : « Maman ! »

Il y a toujours une guerre quelque part
Quand comprendrons-nous ?
Quand comprendrons-nous ?

(Béatrice Bastiani-Helbig)

 

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L’Ennemi (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018




L’Ennemi

Ma jeunesse ne fut qu’un ténébreux orage,
Traversé çà et là par de brillants soleils;
Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage,
Qu’il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils.

Voilà que j’ai touché l’automne des idées,
Et qu’il faut employer la pelle et les râteaux
Pour rassembler à neuf les terres inondées,
Où l’eau creuse des trous grands comme des tombeaux.

Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve
Trouveront dans ce sol lavé comme une grève
Le mystique aliment qui ferait leur vigueur?

— O douleur! ô douleur! Le Temps mange la vie,
Et l’obscur Ennemi qui nous ronge le coeur
Du sang que nous perdons croît et se fortifie!

(Charles Baudelaire)

Illustration: Francisco Goya

 

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Décochons des traits (Alfred Jarry)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2018



Décochons, décochons, décochons
Des traits
Et détrui, et détrui
Détruisons l’ennemi
C’est pour sau, c’est pour sau,
C’est pour sau-ver la pa-tri-e ! « .

(Alfred Jarry)


Illustration

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CONTEMPLATION (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




CONTEMPLATION

Les formes épouvantées moururent et il n’y eut plus
ni au-dehors ni au-dedans. Nul n’écoutait l’endroit
car cet endroit n’existait plus.
A seule fin d’écouter les voici qui écoutent l’endroit.
A l’intérieur de ton masque la nuit lance des éclairs.
On te transperce de croassements.
On te martèle avec des oiseaux noirs.
Des couleurs ennemies s’unissent dans la tragédie.

(Alejandra Pizarnik)

Illustration: Caspar David Friedrich

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SOEURS ENNEMIES (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2018



 

soeurs ennemies

SOEURS ENNEMIES

La femme à la langue vitrifiée
lasse d’égrener l’exil

La femme à la langue scellée
lasse d’annoncer les ghettos
Surprennent dans l’oeil de leurs fils
l’aiguillon de la haine
et les fièvres du talion

Pourtant
dans la sagesse de leur sang millénaire
dans l’assurance d’un sang pour vivre
dans les promesses d’un sang d’avenir
S’ébranle le fleuve des alliances
Se modèle la barque qui portera
tous leurs enfants.

Dans le silence d’elles-mêmes
A l’écoute d’un même sang
où s’abreuvent mêmes racines

Elles vont elles iront
dans le futur qu’elles portent
Ces femmes des deux frontières
au présent martelé.

(Andrée Chedid)

 

 

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Il y en a (Pierre Peuchmaurd)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2018



Illustration
    
Il y en a qui croient à l’ennemi du diable.

(Pierre Peuchmaurd)

 

Recueil: L’immaculée déception
Traduction:
Editions: Atelier de l’agneau

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Arrête un peu, mon Coeur, où vas-tu si courant ? (Philippe Desportes)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2018



 

Ráed Al-Rawi Fall

Arrête un peu, mon Coeur, où vas-tu si courant ?
– Je vais trouver les yeux qui sain me peuvent rendre.
– Je te prie, attends-moi. – Je ne te puis attendre,
Je suis pressé du feu qui me va dévorant.

– Il faut bien, ô mon coeur ! que tu sois ignorant,
De ne pouvoir encor ta misère comprendre :
Ces yeux d’un seul regard te réduiront en cendre :
Ce sont tes ennemis, t’iront-ils secourant ?

– Envers ses ennemis, si doucement on n’use ;
Ces yeux ne sont point tels. – Ah ! c’est ce qui t’abuse :
Le fin berger surprend l’oiseau par des appâts.

– Tu t’abuses toi-même, ou tu brûles d’envie,
Car l’oiseau malheureux s’envole à son trépas,
Moi, je vole à des yeux qui me donnent la vie.

(Philippe Desportes)

Illustration: Ráed Al-Rawi

 

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Fameux Imperméable bleu (Leonard Cohen)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018




    
Fameux Imperméable bleu

Il est quatre heures du matin, fin décembre
Je t’écris maintenant juste pour savoir si tu vas mieux
Il fait froid à New York mais j’aime l’endroit où je vis
Il y a de la musique à Clinton Street durant la soirée.

J’ai entendu dire que tu as construit ta petite maison au fond du désert
Maintenant tu n’as plus de raison de vivre, j’espère que tu gardes des traces écrites.

Oui, et Jane est passée avec une boucle de tes cheveux
Elle a dit que tu la lui avais donnée
Cette nuit où tu avais prévu de disparaître
As-tu seulement disparu ?
La dernière fois que nous t’avons vu tu semblais tellement plus vieux
Ton fameux imperméable bleu était déchiré à l’épaule
Tu es allé à la gare pour voir chaque train
Tu étais rentré à la maison seul sans Lili Marlène.

Et tu as considéré ma femme comme un épisode de ta vie
Et quand elle est revenue, elle n’était plus la femme de personne

Eh bien, je te vois, il y a une rose entre tes dents,
Un voleur gitan maigre de plus
Bien, je vois que Jane est réveillée —

Elle t’envoie ses amitiés.
Et que puis-je te dire, mon frère, mon assassin
Que puis-je éventuellement te dire ?
Je pense que tu me manques, je pense que je te pardonne
Je suis heureux que tu te trouves sur ma route.

Si jamais tu viens ici pour Jane ou pour moi
Ton ennemi dort, et sa femme est libre

Oui, et merci pour la gêne que tu as ôtée de ses yeux
Je pensais qu’elle était là pour de bon alors je n’avais jamais tenté.

Et Jane est passée avec une boucle de tes cheveux
Elle a dit que tu la lui avais donnée
Cette nuit où tu avais prévu de disparaître.

***

Famous Blue Raincoat

It’s four in the morning, the end of December
I’m writing you now just to see if you’re better
New York is cold, but I like where I’m living
There’s music on Clinton Street all through the evening

I hear that you’re building your little house deep in the desert
You’re living for nothing now, I hope you’re keeping some kind of record

Yes, and Jane came by with a lock of your hair
She said that you gave it to her
That night that you planned to go clear
Did you ever go clear?

Ah, the last time we saw you you looked so much older
Your famous blue raincoat was torn at the shoulder
You’d been to the station to meet every train, and
You came home without Lili Marlene

And you treated my woman to a flake of your life
And when she came back she was nobody’s wife

Well I see you there with the rose in your teeth
One more thin gypsy thief
Well, I see Jane’s awake
She sends her regards

And what can I tell you my brother, my killer
What can I possibly say?
I guess that I miss you, I guess I forgive you
I’m glad you stood in my way

If you ever come by here, for Jane or for me
Well, your enemy is sleeping, and his woman is free

Yes, and thanks, for the trouble you took from her eyes
I thought it was there for good so I never tried

And Jane came by with a lock of your hair
She said that you gave it to her
That night that you planned to go clear

(Leonard Cohen)

 

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Dis moi étoile éternelle (Pär Lagerkvist)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



Dis moi étoile éternelle,
pourquoi plonges-tu en moi ton regard.
Tel un ennemi scrutant au loin,
tu me surveilles sans répit.

Pénétrant est ce regard qui s’enfonce
au plus profond de mon âme.
Flèche acérée jaillie de l’infini,
je doute que tu veuilles mon bien.

Je ne suis pas éternel, mon essence
se dissout dans le sable.
Pourquoi alors me transpercer
de ta flèche de feu ?

***

Säg mig du eviga stjärna,
varför stirrar du ner i mig.
Som fienden spejar ur fjärran
sa vaktar du ständigt på mig.

Vass är din blick och den borrar
sig ner, djupt ner i min själ.
Spjutspets ur evigheten,
du vill mig nog inte väl.

Jag är ej evig, mitt väsen
rinner i sanden ut.
Varför då genomborra
mig med ditt lågande spjut ?

(Pär Lagerkvist)

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LA GUERRE LA CHANSON DE L’OURAGAN (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018




    
LA GUERRE
LA CHANSON DE L’OURAGAN
L’empereur Kao-Ty

L’ouragan furieux, court par le ciel,
et pourchasse les nuages, qui roulent et s’enfuient.
C’est ainsi que ma puissance, a culbuté les ennemis et les a dispersés…

De tous les horizons, ils ont disparu,
maintenant, et je peux rentrer dans mon empire.

Mais où trouverai-je des braves, d’un souffle assez fort,
pour maintenir le ciel pur, autour de mes frontières ?

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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