Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘ennui’

Je vis, je meurs (Louise Labé)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2022



Je vis, je meurs: je me brûle et me noie,
J’ai chaud extrême en endurant froidure;
La vie m’est et trop molle et trop dure,
J’ai grands ennuis entremélés de joie.

Tout en un coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grief tourment j’endure,
Mon bien s’en va, et à jamais il dure,
Tout en un coup je sèche et je verdoie.

Ainsi Amour inconstamment me mène
Et, quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me trouve hors de peine.

Puis, quand je crois ma joie être certaine,
Et être en haut de mon désiré heur,
Il me remet en mon premier malheur.

(Louise Labé)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

A FLEUR DE CHANCE (Georges Henein)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2022


 


Paige Bradley (6)

A FLEUR DE CHANCE

tu n’es pas venue d’aussi loin qu’on le penserait
tu n’as fait que ralentir ta marche à ma hauteur
j’ai trouvé ta tête près de moi comme une lettre sur ma table
comme une lettre que je n’ai pas besoin de décacheter
pour savoir ce qu’elle contient
et que tout s’y décline en clins d’herbe
en chevauchées d’écume à la poursuite du plus haut diamant rétif dans son nid d’aigle
désormais l’imprévu et l’habituel se confondent pour nous dans un grand cri de distraction
une seule rue suffit à nous rendre semblables
la barricade de la vie c’est un sourcil qui se hausse
la petite chanson de l’écolier puni qui trompe l’ennui dans un coin sombre
l’inaperçu nous berce comme un domaine acquis d’une seule caresse de la main
nous nous dirigeons l’oreille légère au fil rompu des torrents,
sur les deux rives les éventails mettent une pudeur d’enlèvement
nous sautons d’une roche à l’autre
notre sourire est le cerceau qui nous précède à fleur de chance
notre rôle n’a jamais été aussi beau
nous cultivons la première morsure des superstitions de l’avenir.

(Georges Henein)

Illustration: Paige Bradley

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 5 Comments »

Ballade de la chanson leste (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2022



Illustration: Sonia Mandel
    
Ballade de la chanson leste
(Poèmes à chanter du bureau de la Musique)

L’hirondelle volette devant la salle hospitalière ;
L’hiver s’est caché, l’été se montre.
Ses frères s’en sont allés ailleurs.
Qui va me recoudre mes vieux habits ?
Qui va lui déchirer ses nouveaux vêtements ?
Je compte sur la gente maîtresse de maison pour les rapiécer.
Le gendre est revenu et me jette un regard en biais :
« Ne me regarde pas de travers.
Anguille sous roche se voit dans l’eau claire. »
Que d’ennuis à cause de cette roche !
Mieux vaudrait être de retour que voyager au loin !

(Anonyme)

 

Recueil: Cent poèmes d’amour de la Chine ancienne
Traduction: André Lévy
Editions: Philippe Picquier

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE CHAT (Maurice Rollinat)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    

LE CHAT

Je comprends que le chat ait frappé Baudelaire
Par son être magique où s’incarne le sphinx ;
Par le charme câlin de la lueur si claire
Qui s’échappe à longs jets de ses deux yeux de lynx,
Je comprends que le chat ait frappé Baudelaire.

Femme, serpent, colombe et singe par la grâce,
Il ondule, se cambre et regimbe aux doigts lourds ;
Et lorsque sa fourrure abrite une chair grasse,
C’est la beauté plastique en robe de velours :
Femme, serpent, colombe et singe par la grâce,

Vivant dans la pénombre et le silence austère
Où ronfle son ennui comme un poêle enchanté,
Sa compagnie apporte à l’homme solitaire
Le baume consolant de la mysticité
Vivant dans la pénombre et le silence austère.

Tour à tour triste et gai, somnolent et folâtre,
C’est bien l’âme du gîte où je me tiens sous clé ;
De la table à l’armoire et du fauteuil à l’âtre,
Il vague, sans salir l’objet qu’il a frôlé,
Tour à tour triste et gai, somnolent et folâtre.

Sur le bureau couvert de taches d’encre bleue
Où livres et cahiers gisent ouverts ou clos,
Il passe comme un souffle, effleurant de sa queue
La feuille où ma pensée allume ses falots,
Sur le bureau couvert de taches d’encre bleue.

Quand il mouille sa patte avec sa langue rose
Pour lustrer son poitrail et son minois si doux,
Il me cligne de l’œil en faisant une pause,
Et je voudrais toujours l’avoir sur mes genoux
Quand il mouille sa patte avec sa langue rose.

Accroupi chaudement aux temps noirs de décembre
Devant le feu qui flambe, ardent comme un enfer,
Pense-t-il aux souris dont il purge ma chambre
Avec ses crocs de nacre et ses ongles de fer ?
Non ! assis devant l’âtre aux temps noirs de décembre

Entre les vieux chenets qui figurent deux nonnes
À la face bizarre, aux tétons monstrueux,
Il songe à l’angora, mignonne des mignonnes,
Qu’il voudrait bien avoir, le beau voluptueux,
Entre les vieux chenets qui figurent deux nonnes.

Il se dit que l’été, par les bons clairs de lune,
Il possédait sa chatte aux membres si velus ;
Et qu’aujourd’hui, pendant la saison froide et brune,
Il doit pleurer l’amour qui ne renaîtra plus
Que le prochain été, par les bons clairs de lune.

Sa luxure s’aiguise aux râles de l’alcôve,
Et quand nous en sortons encor pleins de désir,
Il nous jette un regard jaloux et presque fauve
Car tandis que nos corps s’enivrent de plaisir,
Sa luxure s’aiguise aux râles de l’alcôve.

Quand il bondit enfin sur la couche entr’ouverte,
Comme pour y cueillir un brin de volupté,
La passion reluit dans sa prunelle verte :
Il est beau de mollesse et de lubricité
Quand il bondit enfin sur la couche entr’ouverte.

Pour humer les parfums qu’y laisse mon amante,
Dans le creux où son corps a frémi dans mes bras,
Il se roule en pelote, et sa tête charmante
Tourne de droite à gauche en flairant les deux draps,
Pour humer les parfums qu’y laisse mon amante.

Alors il se pourlèche, il ronronne et miaule,
Et quand il s’est grisé de la senteur d’amour,
Il s’étire en bâillant avec un air si drôle,
Que l’on dirait qu’il va se pâmer à son tour ;
Alors il se pourlèche, il ronronne et miaule.

Son passé ressuscite, il revoit ses gouttières
Où, matou lovelace et toujours triomphant,
Il s’amuse à courir pendant des nuits entières
Les chattes qu’il enjôle avec ses cris d’enfant :
Son passé ressuscite, il revoit ses gouttières.

Panthère du foyer, tigre en miniature,
Tu me plais par ton vague et ton aménité,
Et je suis ton ami, car nulle créature
N’a compris mieux que toi ma sombre étrangeté,
Panthère du foyer, tigre en miniature.

(Maurice Rollinat)

Recueil: le chat en cent poèmes
Traduction:
Editions: Omnibus

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Chats de partout (Henri Monnier)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    

Chats de partout

Je suis le chat de cimetière,
De terrain vague et de gouttière,
De haute-Egypte et du ruisseau
Je suis venu de saut en saut.

Je suis le chat qui se prélasse
A l’instant où le soleil passe,
Dans vos jardins et dans vos cours
Sans avoir patte de velours.

Je suis le chat de l’infortune,
Le trublion du clair de lune
Qui vous réveille dans la nuit
Au beau milieu de vos ennuis.

Je suis le chat des maléfices
Condamné par le Saint-Office;
J’évoque la superstition
Qui cause vos malédictions.

Je suis le chat qui déambule
Dans vos couloirs de vestibules,
Et qui fait ses petits besoins
Sous la porte cochère du coin.

Je suis le félin bas de gamme,
La bonne action des vieilles dames
Qui me prodiguent le ron-ron
Sans souci du qu’en dira-t-on.

Epargnez moi par vos prières
Le châtiment de la fourrière
Où finissent vos émigrés
Sans demeure et sans pedigree.

(Henri Monnier)

Recueil: le chat en cent poèmes
Traduction:
Editions: Omnibus

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

SOLITUDE (Irma Kurti)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2022



Illustration: Nik Helbig    
    
Poem in French, English, Spanish, Dutch and in Albanian, Arabic, Armenian, Bangla, Bosnian, Catalan, Chinese, Farsi, Filipino, German, Greek, Hebrew, Hindi, Icelandic, Indonesian, Irish (Gaelic), Italian, Japanese, Kiswahili, Kurdish, Macedonian, Malay, Polish, Portuguese, Romanian, Russian, Sardinian, Serbian, Sicilian, Swedish, Tamil
Poem of the Week Ithaca 721 “SOLITUDE”,
IRMA KURTI, (Albania-Italy)

– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

SOLITUDE

La solitude frappa à la porte
de ma chambre, numéro trente -trois.
Semblable à un grand nuage sombre
l’ennui vint dans mon lit, sans bruit.

Les draps étaient des feuilles de papier vierge.
Il n’y avait personne pour se soucier de moi.
Personne à qui je pouvais téléphoner.
J’étais vraiment un étranger dans ce pays.

J’ai demandé à mon image dans le miroir:
“A quoi servent mes lèvres et mes yeux
cette longue et belle chevelure
que personne ne palpe ni ne caresse?”

(Irma Kurti)

(Albanie – Italie)
Traduction Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache

***

SOLITUDE

The solitude knocked at the door
to my room—number thirty-three.
The boredom entered my bed
like a big dull cloud—silently.

The sheets were blank pieces of paper.
No one was there to care about me.
I didn’t have a single person to call.
I was just a stranger in this country.

I asked my reflection in the mirror:
“Why do I need my lips and eyes
this long and beautiful hair
that nobody caresses and touches?”

IRMA KURTI (Albania-Italy)

***

SOLEDAD

La soledad llamó a la puerta
de mi habitación-número treinta y tres.
El aburrimiento entró en mi cama
como gran nube opaca, silenciosa.

Las sábanas eran hojas de papel en blanco.
No había nadie preocupada por mí.
Ni una sola persona a quien llamar.
Fui una extranjera en este país.

Pregunté a mi reflejo en el espejo:
« ¿Para qué necesito mis labios y mis ojos,
este pelo largo y hermoso
que nadie toca ni acaricia? »

IRMA KURTI (Albania-Italia)
Traducción Germain Droogenbroodt – Rafael Carcelén

***

EENZAAMHEID

De eenzaamheid klopte aan de deur
van mijn kamer, nummer drieëndertig.
Een grote donkere wolk gelijk
kwam de verveling in mijn bed, geluidloos.

De lakens waren onbeschreven bladen van papier.
Er was niemand om zich over mij te bekommeren.
Er was niemand die ik kon telefoneren.
Ik was gewoon een vreemdeling in dit land.

Ik vroeg mijn beeld in de spiegel:
« Waarom heb ik mijn lippen en ogen nodig
dit lange en mooie haar
dat niemand aanraakt en streelt? »

IRMA KURTI (Albanië-Italië)
Vertaling Germain Droogenbroodt

***

VETMIA

Sonte më mundi vetmia
në dhomën time numër dyqind,
si re e zezë në shtrat m’u fut mërzia
e s’munda të fle kurrësesi.

M’u duk se në botë isha vetëm fare,
askush nuk mendonte për mua,
s’kisha asnjë njeri të dashur,
në këtë vend isha si një e huaj.

Pasqyrës pastaj i ndjejta përballë
ç’i doja këta sy të mëdhenj, këto buzë,
këto flokë të gjatë, të gjatë
që s’i prekte askush?

IRMA KURTI (Shqipëri- Itali)

***

وِحْدَةٌ

تَطْرُقُ الوِحْدَةُ بَابَ غُرفَتِي
ذَاتِ الرَّقْمِ ــــــــــ « ثَلَاثَةً وَثَلَاثِينَ »
فَيَأْوِي المَلَلَ إِلَى سَرِيرِي
كَمِثْلِ سَحَابَةٍ كَبٍيرَةٍ
بَارِدَةٍ … وَصَامِتَة
وَالمَلَاءَاتُ تَبْدُو كَأَوْرَاقٍ بَيْضَاء فَارِغَةٍ

لَا أَحَدَ كَانَ لِيَهْتَمَّ بِي
لَمْ أَجِد شَخْصًا وَاحِدًا لِأَتَكَلَّمَ مَعَهُ
فَأَنَا غَرِيبَةٌ فِي هَذِه البِلَاد

أَسْأَلُ انْعِكَاسِي فِي المِرْآَة:
– لِمَاذَا أَحْتَاجُ إَلَى شَفَتَايَ وَعُيُونِي
وَإِلى هَذَا الشَّعْرِ المُنْسَدِلِ الطَوِيل الجَمِيل
الذَي لَا يَرَاهُ أَحَدٌ أَو يَلْمِسَهُ؟

إيرما كورتي (IRMA KURTI)، ألبانيا-إيطاليا
ترجمة للعربية: عبد القادر كشيدة
Translated into Arab by Mesaoud Abdelkader

***

ՄԵՆՈՒԹՅՈՒՆ

Մենությունը թակեց դուռս՝
համար երեսուներեք:
Ձանձրույթը լուռ մտավ իմ անկողին՝
որպես մի մեծ տաղտկալի ամպ:

Թերթերը դատարկ թղթի կտորներ էին:
Իմ մասին հոգ տանող չկար:
Չկար մեկը, ում զանգեի:
Ես սոսկ օտարական էի այս քաղաքում:

Ես հարցրեցի հայելու միջի իմ անդրադարձին.
՛՛Ինչի՞ս են պետք շուրթերս ու աչքերս,
այս գեղեցիկ մազերս,
որոնց ոչ ոք չի հպվելու ու գրկելու՛՛:

Իրմա Քուրտի (Ալբանիա-Իտալիա)
Translated into Armenian Armenuhi Sisyan

***

নিঃসঙ্গতা

নিঃসঙ্গতা কড়া নেড়েছিল আমার ঘরের
দরজায় – নম্বর ৩৩ ।
বিষন্নতা আমার বিছানার পাশে প্রবেশ করেছিল
ঠিক যেন বড় নিষ্প্রভ মেঘের মত – নিঃশব্দে

কাগজ গুলো ছিল ফাঁকা কাগজের টুকরো ।
কেউ ছিল না আমার পাশে মনোযোগী হয়ে যত্ন নেওয়ার জন্য ।
কেউ ছিলনা আমার পাশে যাকে আমি ডাকতে পারি একটিবার
আমি ছিলাম শুধুমাত্র একজন আগুন্তুক এই দেশে

আমি আমার প্রতিবিম্ব কে জিজ্ঞাসা করলাম:
“কেন আমার চাই ঠোটার চক্ষু যুগল
চাই এই দীর্ঘ আর সুন্দর কেশ
যাদের কেউ করেনা চুম্বন আর করেনা স্পর্শ?”

ইরমা কুর্তি (আলবেনিয়া-ইতালি)
Bangla Translation: Tabassum Tahmina Shagufta Hussein

***

SOLITUDE

Samoća je pokucala na vrata
u moju sobu – broj trideset tri.
Dosada je ušla u moj krevet
kao veliki tupi oblak — tiho.

Listovi su bili prazni komadi papira.
Niko nije bio tamo da brine o meni.
Nisam imao nijednu osobu za poziv.
Bio sam samo stranac u ovoj zemlji.

Pitao sam svoj odraz u ogledalu:
„Zašto mi trebaju moje usne i oči
ovu dugu i prelepu kosu
da niko ne mazi i ne dira?”

IRMA KURTI (Albanija-Italija)
Translation in Bosnian: Mait Corbic

***

SOLITUD

La solitud va trucar a la porta
de la meva habitació-número trenta-tres.
L’avorriment va entrar al meu llit
com un gran núvol opac, silenciós.

Els llençols eren fulles de paper en blanc.
No hi havia ningú per preocupar-se de mi.
No hi havia ni una persona per trucar.
Vaig ser una estrangera en aquest país.

Vaig preguntar al meu reflex al mirall:
« Per què necessito els meus llavis i els meus ulls
aquest cabell llarg i bonic
que ningú toca i acaricia? »

IRMA KURTI (Albània-Itàlia)
Traducció al català: Natalia Fernández Díaz-Cabal

***

独 居

孤独敲响了33号
——我的房间的门。
无聊就像一块巨大的阴云
——静静地进入我的床。

这些床单是空白碎纸片。
床单上没人关心我。
我没有一个人可以打电话。
在这个国家我只是个陌生人。

我问镜子里我的影像:
“为什么我需要我的嘴唇和眼睛
和没人爱抚和触摸的
这长而漂亮的头发?”

原作:阿尔巴尼亚-意大利 伊尔玛·库蒂
汉译:中 国 周道模 2022-2-26
Translated into Chinese by Willam Zhou

***

تنهایی

تنهایی ضربه زد
به در اطاقم- شماره‌ سی‌و‌سه.
کسالت وارد اطاقم شد
مانند ابری کسل‌ کننده بزرگ و بی‌صدا.

رونختی‌ها تکه‌هایی از کاغذ سفید بودند.
کسی آنجا نبود تا از من مراقبت کند.
کسی را نداشتم تا با او تماس بگیرم.
غریبه‌یی بودم در این کشور.

از خودم در آینه پرسیدم:
برای چه لب و چشم می‌خواهم
یا که این موهای بلند زیبا را
که کسی نوازش و لمس‌شان نمی‌کند؟

ایرما کورتی( آلبانی- ایتالیا)
ترجمه از سپیده زمانی
Translated into Farsi by Sepedih Zamani

***

KAPANGLAWAN

Ang kapanglawan ay kumakatok sa pinto
sa kwarto ko-bilang na tatlumpo’t tatlo
Ang pagkainip ay pumasok sa aking higaan
tulad ng isang malaking ulap makulimlim at tahimik.

Ang mga sapin ay mga blangkong piraso ng papel
Walang sinuman doon ang nag-aalaga sa akin.
Wala akong matawagan kahit isang tao.
Ako ay isang lamang estranghero sa bansang ito.

Tinanong ko ang aking anino sa salamin:
“Bakit kailangan ko ang ang aking labi at mga mata
Itong aking mahaba at magandang buhok
na wala namang humahamplos at sumasaling?”

IRMA KURTI (Albania-Italy)
Translation in Filipino Language-Eden Soriano Trinidad

***

EINSAMKEIT

Die Einsamkeit klopfte an die Tür
meines Zimmers Nummer dreiunddreißig.
Die Langeweile kam in mein Bett
wie eine große dumpfe Wolke ─ lautlos.

Die Laken waren leere Blätter Papier.
Keiner war da, der sich um mich kümmerte.
Keiner war da den ich anrufen konnte.
Ich war einfach eine Fremde in diesem Land.

Ich fragte mein Spiegelbild:
« Wozu brauche ich meine Lippen und Augen,
dieses lange und schöne Haar
das niemand berührt und streichelt? »

IRMA KURTI (Albanien-Italien)
Übersetzung Germain Droogenbroodt – Wolfgang Klinck

***

ΜΟΝΑΞΙΑ

Η μοναξιά χτύπησε την πόρτα
του δωματίου μου, αριθμός 33.
Η πλήξη έπεσε στο κρεββάτι μου
σιωπηλά, σαν μεγάλο ανιαρό σύννεφο

Τα σεντόνια, άγραφτα κομμάτια χαρτί
κανείς δεν ήταν εκεί να με προσέξει.
Δεν είχα κανένα να καλέσω
ήμουν ξένος στη χώρα αυτή.

Ρώτησα το είδωλο μου στον καθρέφτη:
Γιατί να `χω χείλη και μάτια
κι αυτά τα μακριά ωραία μαλλιά
που κανείς πια δεν χαιδεύει;

Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη
Translated into Greek by Manolis Aligizakis

***

בדידות / אירמה קורטי (אלבניה-איטליה)
Irma Kurti

הַבְּדִידוּת דָּפְקָה בְּדֶלֶת
חַדְרִי – מִסְפָּר שְׁלוֹשִׁים וְשָׁלוֹשׁ.
הַשִּׁעֲמוּם נִכְנַס לְמִטָּתִי
כְּמוֹ עָנָן גָּדוֹל וְסָתוּם – בִּדְמָמָה.

הַגִּלְיוֹנוֹת הָיוּ פִּסּוֹת נְיָר רֵיקוֹת.
לְאִיש לֹא הָיָה אִכְפַּת מִמֶּנִּי.
לֹא הָיְתָה לִי נֶפֶשׁ חַיָּה לְהִתְקַשֵּׁר אֵלֶיהָ.
הָיִיתִי פָּשׁוּט זָרָה בַּמְּדִינָה הַזּוֹ.

שָׁאַלְתִּי אֶת הִשְׁתַּקְּפוּתִי שֶׁבַּמַּרְאָה:
« לָמָּה אֲנִי צְרִיכָה אֶת הַשְּׂפָתַיִם וְהָעֵינַיִם שֶׁלִּי
הַשֵּׂעָר הָאָרֹךְ וְהַיָּפֶה הַזֶּה
שֶׁאַף אֶחָד לֹא מְלַטֵּף וְנוֹגֵעַ? »

תרגמה מאנגלית לעברית: דורית ויסמן
הציור של Nik Helbig

תרגום מאנגלית לעברית: דורית ויסמן
Translated into Hebrew by Dorit Weisman

***

एकाकीपन

एकांत ने दरवाजे पर दस्तक दी
मेरे कमरे में—नंबर तैंतीस।
बोरियत ने मेरे बिस्तर में प्रवेश किया
एक बड़े सुस्त बादल की तरह-चुपचाप।

चादरें कागज के कोरे टुकड़े थीं।
वहां मेरी सुध लेने वाला कोई नहीं था।
मेरे पास कॉल करने के लिए
एक भी व्यक्ति नहीं था।
मैं इस देश में सिर्फ एक अजनबी था।

मैंने आईने में अपने प्रतिबिंब से पूछा:
« मुझे अपने होठों और आँखों की आवश्यकता क्यों है
ये लंबे और खूबसूरत बाल की
जो कोई दुलारता
और छूता नहीं?”

इरमा कुर्ती (अल्बानिया-इटली)
Hindi translation by Jyotirmaya Thakur.

***

EINSEMD

Einsemdin drap hér á dyrnar
— ég dvel númer þrjátíu og fimm.
Leiðindin lögðust í rúm mitt,
litlaust ský — þögul, dimm.

Rúmfötin óskráðar arkir.
Enginn sem leiddi að mér hug.
Engan ég hafði að hringja í.
Hér var ég ókunnug.

Þá spurði ég spegilmynd mína:
„Má spara munn og stjörnur tvær,
síða og sólbjarta hárið
sem engar gælur fær?”

IRMA KURTI (Albaníu-Ítalíu)
Þór Stefánsson þýddi
Translated into Icelandic by Thor Stefansson

***

KESENDIRIAN

Kesendirian mengetuk pintu
kamarku—nomer tiga puluh tiga.
Kejemuan masuk tempat tidur
seperti awan besar yang beku – senyap.

Seprai bagai secebis kertas putih
Tidak seorang pun peduli.
Aku tak memiliki seorang pun untuk dihubungi.
Aku hanya orang asing di negeri ini.

Aku tanya pada refleksi di cermin:
“Mengapa aku perlu bibir, mata lentik
dan rambut panjang yang cantik
tak ada seorang pun sentuh dan belai?”

IRMA KURTI (Albania-Italy)
Translation by Lily Siti Multatuliana (Indonesia)

***

UAIGNEAS

Chnag an t-uaigneas ar dhoras
Mo chillín—uimhir tríocha a trí.
Isteach leis sa leaba liom
Amhail scamall dhubh dhorcha—go fáilí.

B’ionann na braillíní agus páipéar bán
Gan lorg a choirp le feiceáil ann.
Gach éinne ar nós cuma liom
Faoin strainséar ina luí san áit sin.

D’fhiafraigh mé díom féin sa scáthán:
“Cén mhaith an béal is an tsúil,
Cén mhaith an ghruaig is an craiceann
Don té gan teagmháil gan dúil?”

IRMA KURTI (an Albáin-an Iodáil)
Leagan Gaeilge le Rua Breathnach
Translated into Irish (Gaelic) by Rua Breathnach

***

LA SOLITUDINE

Stasera mi ha sconfito la solitudine
nella mia stanza numero duecento.
Come una nuvola nera la tristezza
si è tuffata forzatamente nel mio letto.

Mi sembrava che nel mondo fossi sola
ed esso non mi appartaneva,
non avevo nemmeno un amore,
in questo paese ero una straniera.

Mi sono chiesta davanti allo specchio:
“A cosa servono questi occhi, le labbra,
questi bei neri e lunghi capelli
che nessuno, nessuno accarezza?”

IRMA KURTI (Albania-Italia)

***

孤独

孤独がわたしの部屋33号室の戸をたたいた
退屈がベッドにやってきた
どんよりとした大きな雲のように
ひっそりと

シーツは何も書かれていない紙切れの束
わたしのことなど気にかける人はいなかった
誰一人として電話をかける相手はいない
わたしはこの国で何者でもない

鏡に映る自分に訊いてみた
「何故わたしには唇や目、それにこの長くて美しい髪が
必要なの?誰も撫でてくれないのに。」

イルマ・クルティ(アルバニア/イタリア)
Translated into Japanese by Manabu Kitawaki

***

UPWEKE

Upweke uligonga kwenye mlango wa chumba changu – nambari thelathini na tatu.
Uchovu uliingia kitandani mwangu, kama wingu kubwa lililo na mwanga mdogo – kwa kimya.

Karatasi hizo zilikuwa vipande tupu.
Hakukuwa na mtu wa kunijali.
Sikuwa na mtu hata mmoja wa kupigia simu.
Nilikuwa mgeni tu katika nchi hii.

Niliuliza tafakuri yangu kwenye kioo:
“Kwa nini ninahitaji midomo na macho yangu, na nywele ndefu na mzuri, ambazo hakuna mtu anayebembeleza na kuziguza?”

IRMA KURTI (Albania-Italy)
Shairi limetafsiriwa na Bob Mwangi Kihara
Translated into Kiswahili by Bob Mwangi Kihara

***

TENYAYÎ

Tenyayî li deriyê min
yê hejmar sîûsisiyan dixîne.
Mirûsî hat nav nivîna min
mîna ewrekî pirşil – bêdeng.

Melfe kaxetên vala bûn.
Kes ne bû ku ji min re xemxur be.
Kes ne bû ku têlêfon ê bikim.
Ez bisanahî biyaniyek bûm li vî welatî.

Min li wêneyê xwe yî di nînikê de pirskir:
„Ji bona çi ez lêv û çehvên xwe bikarbînim,
ev porê dirêj û ciwan
tucaran wê netê pelandin û dest di ser re bê gerandin?“

ÎRMA KURTÎ Elbaniya – Îtaliya
Translation into Kurdish by Hussein Habasch

***

САМОТИЈА

Самотијата зачука на вратата
од мојата соба— број триесет и три.
Досадата влезе во мојот кревет
како голем досаден облак – тивко.

Чаршафите беа празни парчиња хартија.
Никој немаше таму за да се грижи за мене.
Немам кому да се јавам.
Јас сум само странец во оваа земја.

Го запрашав мојот одраз во огледалото:
„Зошто ми се усниве и очиве
оваа долга и убава коса
кога никој ниту ги бакнува ниту ги допира?”

Irma Kurti (Albania-Italy)
Ирма Курти (Албанија-Италија)
Превод од англиски на македонски: Даниела Андоновска-Трајковска
Translation from English into Macedonian: Daniela Andonovska Trajkovska

***

SAMOTNOŚĆ

Samotność zapukała w drzwi
mego pokoju — numer trzydzieści trzy.
Do łóżka zawitała nuda
po cichu – jak duża ciemna chmura.

Prześcieradłami były czyste strzępy papieru.
Nie było nikogo, kto by o mnie dbał.
Nie miałam do kogo zadzwonić.
Byłam w tym kraju kimś obcym.

Zapytałam własne odbicie w lustrze:
“Na cóż mi usta i oczy
Tak długie i piękne włosy
Których nikt nie pieści I nie dotyka?”

IRMA KURTI (Albania-Włochy)
Translated to Polish: Mirosław Grudzień – Anna Maria Stępień

***

SOLIDÃO

A solidão bateu à porta
do meu quarto número trinta e três.
O tédio entrou no meu leito
como uma grande nuvem opaca, silenciosa.

Os lençóis eram folhas de papel em branco.
Não havia ninguém para se preocupar comigo.
Não havia nem uma pessoa para telefonar.
Fui uma estranjeira neste país.

Perguntei ao meu reflexo no espelho:
« De que me servem os meus lábios e os meus olhos
este cabelo longo e belo
que ninguém toca e ninguém acaricia? »

IRMA KURTI (Albânia-Itália)
Tradução portuguesa: Maria do Sameiro Barroso

***

ÎNSINGURARE

Însingurarea mi-a bătut la ușă
– aveam camera numărul treizeici și trei.
În pat s-a așezat plictisul lângă mine
un nor apăsător și mare – și mut.

Așternutul era alb ca foaia de hârtie.
Nu avea cine să mă îngrijească.
N-aveam un om pe care să îl sun.
Eram doar o străină în țara aceasta.

Mi-am întrebat imaginea în oglindă:
„Ce folos am de buze și de ochi,
de părul meu bogat și mătăsos
când stau neatinse și nemângâiate? »

IRMA KURTI (Albania-Italia)
Translated into Romanian by Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

ОДИНОЧЕСТВО

Одиночество постучалось в дверь
моей комнаты под номером тридцать три.
Бесшумным темным облаком
забралось в мою постель раздражение.

Простыня – бело-девственная бумага.
Нет никого, кто обо мне бы плакал.
Нет никого, кто мне бы позвонил.
В этом краю была я всем чужой.

Спросила ту, что в зеркале:
«Зачем мне губы и глаза,
для чего мне красивые волосы,
когда их никто не трогает и не гладит?»

ИРМА КУРТИ (Албания – Италия)
Перевод на русский язык Дарьи Мишуевой
Translated into Russian by Daria Mishueva

***

SOLEDAE

Sa soledae at bussadu a sa janna
de s’aposentu meu -nùmeru trintatres.
S’annaentu si nch’est imbucadu in su letu
che a una nue manna iscurigosa de preitza -a sa muda-

Sos fozos fiant arrogus de paperi biancu.
Nemus fiat innia pro m’abbaidare.
No tenia nemus de lamare.
Fipo istranza in custa bidda.

Apo pedidu a sa màzina mea relughida a s’isprigu:
“prite tenzo abisonzu de sas laras mias e de sos ocros meos
custus pilos longus e ispantosus
chi nemus carìnniat ni tocat?”

IRMA KURTI (Albania-Italia)
Traduzione di Luca Benassi

****

SAMOĆA

Pokuca samoća na vratima
moje sobe-broj trideset tri.
Dosada se uvukla u moj krevet
kao veliki mekan oblak-bezčujno.

Posteljina behu prazni parčići papira.
Ne beše nikog da se brine o meni.
Nemah ni jednu osobu da bih je pozvala.
Bejah samo stranac u toj zemlji.

Upitah moj lik u ogledalu:
„Šta će mi usne, oči,
ova duga lepa kosa
koje niko ne miluje
i niko ne voli?“

IRMA KURTI (Albanija-Italija)
Sa engleskog prevela S. Piksiades
Translated into Serbian by S. Piksiades

***

SULITÀ

La sulità tuppuliau a la porta
dâ me stanza — numiru trentatrì–,
La noia ntrasiu nta lu me lettu
comu na gran neula sculuruta, mutangara

Li linzola eranu pezzi di carta vacanti
Non c’era nuddu ca si ntirissava di mia.
Non avia a nuddu ca puteva chiamari.
Era furistera nta sta stu paisi.

Dumannaiu a la me immagini ntô specchiu:
Pirchì haju sti labbra e st’occhi,
sti capiddi longhi e beddi
si nuddu m’accarizza e tocca?

IRMA KURTI (Albania-Italy)
Traduzioni in sicilianu di Gaetano Cipolla

***

ENSAMHET

Ensamheten knackade på dörren
Till mitt rum Nr 93
Orkeslösheten klev in
Och lade sig i min säng
Likt ett tungt och sorgfyllt moln

Ljudlöst
Lakanen bestod av
Enbart blanka pappersbitar
Ingen fanns till hands
För att ta hand om mig
Inte en enda kunde jag ringa

Jag var blott ännu
En främling i detta land
Så jag frågade min egen spegelbild
Till vad behöver jag
Mina ögon och mina läppar
Mitt långa vackra hår
Som ingen bryr sig om
Eller berör?

IRMA KURTI (Albania-Italy)
Translation into Swedish: Per Josefsson

***

தனிமை

எனது 33ஆவத்ய் அறையின் கதவை
தனிமை தட்டியது.
அமைதியாக பெரும் சலிப்படைந்த மேகம் போல
தனிமை என் படுக்கையை அடைந்தது.

வெறுமையான காகிதம் போன்ற விரிப்பு
என்னைப்பற்றி கவலைப்பட யாரும் இல்லை
நான் கூப்பிடுவதற்கு யாரும் இல்லை
இந்த நாட்டிற்கு நான் ஒரு புதியவன்

கண்ணாடியின் பிரதிபலிப்பிடம் கேட்டேன்
யாரும் தொடாத, அன்புடன் பார்க்காத
எனது உதடுகளும், கண்களும்
அழகான நீளமான முடியும்
எனக்கு எதற்கு?

ஆல்பேனிய இர்மா குர்தி
Translated into Tamil by DR. N V Subbaraman

Recueil: ITHACA 721
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

FRIENDS ITHACA
Holland: https://boekenplan.nl
Poland: http://www.poetrybridges.com.pl
France: https://arbrealettres.wordpress.com
Poland: http://www.poetrybridges.com.pl
Romania: http://www.logossiagape.ro; http://la-gamba.net/ro; http://climate.literare.ro; http://www.curteadelaarges.ro.; https://cetatealuibucur.wordpress.com
Spain: https://www.point-editions.com; https://www.luzcultural.com
India: https://nvsr.wordpress.com; https://ourpoetryarchive.blogspot.com>
USA-Romania: http://www.iwj-magazine.com/journal02

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dans un pays sans nom (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2022




Illustration
    
Dans un pays sans nom
Vit l’être qui m’attend.
La douleur qui me prend
A un goût de printemps.

Dans un pays sans lieu
Sauf que je veux l’avoir
Vit l’être qui me veut.
Mon ennui l’autorise.

Dans un pays sans voie
Permettant d’y aller
Vit… Ô nuit fleurissant,
Prends-moi contre ton sein!

(Fernando Pessoa)

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Jours vides (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2022




    
jours vides
interminables
écrasés d’ennui

rien ne se propose
de ce qui pourrait
m’apporter
ce dont l’attente
me consume

une région de ténèbres
où tout m’est retiré
de ce qui habituellement
me fait vivre

certes le temps va
mais si lentement si lentement
et chaque seconde
ronge lancine accable

ce qui me fait
défaut
je l’ignore

le ne le connais
que par cе besoin
que j’en ai un âpre désir
une torturante
nostalgie

alors
replié dans mes limbes
sourd et aveugle
à ce qui me hèle
voué souvent
à des heures
lasses et cendreuses

j’attends

j’attends
que sourde
la lumière

que meure
le temps

que jaillisse l’eau
dont j’ai soif

(Charles Juliet)

Recueil: Pour plus de lumière anthologie personnelle
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LORSQUE J’ENTENDS LE SOIR (Claude Vigée)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2021




    
LORSQUE J’ENTENDS LE SOIR

Lorsque j’entends le soir
le concerto pour clarinette de Mozart,
le temps de la souffrance et de l’ennui s’achève,
soudain je nage dans la lumière dorée de mes quinze ans,
l’ombre de la vieillesse un instant se déchire,
nos deux corps flexibles se joignent
dans le torrent de nos cheveux emportés par le vent:
c’est le ciel de la tendresse que leur plaisir éclaire,
l’angoisse de vivre est devenue légère comme l’air

(Claude Vigée)

Recueil: L’homme naît grâce au cri
Traduction:
Editions: POINTS

    

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

TAUREAU (Herri Gwilherm Kèrourédan)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2021



TAUREAU

Ai-je vu les constellations surgir
des mottes des sables ou des chaleurs
lorsque mon sang vide roule dans mes membres

Ai-je chaque fois parlé du grand soleil
au limon que je creuse obstinément
il s’effrite dans l’ennui de mes pas

Sur ces plages sans regard
j’aime saisir la mort blanche

(Herri Gwilherm Kèrourédan)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :