Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘enregistrer’

PASSAGE (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2018



Illustration: Robert Bared
    
PASSAGE

couple jeune
sur un passage clouté
il pleut serré
et les voitures qui passent
entraînée par la file
l’image enregistrée
m’accompagne plus loin
comme d’autres dans la rue
qu’on voudrait développer
plus tard
qu’on oublie comme vivre dans l’instant
le déclic d’un poème
voilé

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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AH, COMMENT ENREGISTRER LA PETITE ROSE ? (Bertolt Brecht)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2016



AH, COMMENT ENREGISTRER LA PETITE ROSE ?

Comment enregistrer cette petite rose ?
Soudain d’un rouge sombre, et jeune, et proche ?
Nous n’étions pas venus pour lui rendre visite,
Mais à notre arrivée elle était là.

Avant qu’elle soit là, on ne l’attendait pas.
Une fois là, on n’en crut pas ses yeux.
Bien qu’absente au départ, elle est à l’arrivée.
Au fait, n’en est-il pas toujours ainsi ?

(Bertolt Brecht)

Illustration: Salavador Dali

 

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Le chêne (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2016



Ce que parlent toutes les plantes,
Le chêne l’enregistre,

Le garde
Pour témoigner.

(Guillevic)

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QUAND (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2015



QUAND

Quand peu avant midi
Le soleil est sur la prairie,

Que la chaleur,
Disent les pâquerettes, est bonne
Au niveau de la fleur
Au niveau des racines,

Que le pré est ouvert
A des champs, des landes,
Des chemins, du ciel,

Qu’il y a :
C’est un chant comme c’est du silence,

Que toutes les choses
Ont le temps de se regarder,

Le brin d’herbe
A les dimensions du monde.

II
Quand beaucoup de choses
Au soleil s’acceptent,

Quand on n’a pas envie
De quitter le pré, le talus,

Quand on se sent de connivence
Avec tous les verts,

Avec la barrière et plus loin
Les toits du hameau,

On peut être tenté de se dire
Que la sphère est partout
En train de s’accomplir.

III
Quand la plage vers le soir
Est de la couleur de la mer,

Que la mer
N’est que le prolongement de la plage,

Quand il n’y a de sûr
Que ce gris qui n’est même pas gris,

Ce plan horizontal et, au-dessus de lui,
Le vague hémisphère translucide,

Il faut sortir
De cette espèce d’éternité.

IV
Quand on torture quelque part
Un corps qui ne peut pas
Crier plus fort que lui,

Rien ne le dit.
Le sol

Est comme un autre jour,
L’air aussi, les feuillages,
Les courbes, les couleurs
Et l’aboiement d’un chien
Aux confins de la Beauce.

Mais il est vrai
Que l’on torture tous les jours
Depuis toujours,

Que l’habitude est prise,
Que c’est enregistré
Sans grandes variations.

(Eugène Guillevic)

 

 

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