Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘ensanglanté’

LES OIES INQUIETES (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2018



Illustration: Christiane Marette
    
LES OIES INQUIETES

Les oies qui traînent dans le bourg
Ainsi que des commères grasses
Colportant les potins du jour,
En troupeaux inquiets s’amassent.
Un gros jars qui marche devant
Allonge le cou dans la brume
Et frissonne au souffle du vent
De Noël qui gonfle ses plumes…

Noël ! Noël !
Est-ce au ciel
Neige folle
Qui dégringole,
Ou fin duvet d’oie
Qui vole.

Leur petit œil rond hébété
A beau s’ouvrir sans trop comprendre
Sur la très blanche immensité
D’où le bon Noël va descendre,
A la tournure du ciel froid,
Aux allures des gens qui causent,
Les oies sentent, pleines d’effroi,
Qu’il doit se passer quelque chose.

Les flocons pâles de Noël
– Papillons de l’Hiver qui trône –
Comme des présages cruels
S’agitent devant leur bec jaune,
Et, sous leur plume, un frisson court
Qui, jusque dans leur chair se coule.
L’heure n’est guère aux calembours,
Mais les oies ont la chair de poule.

Crrr !… De grands cris montent parmi
L’aube de Noël qui rougeoie
Comme une Saint-Barthélemy
Ensanglantée du sang des oies ;
Et, maintenant qu’aux poulaillers
Les hommes ont fini leurs crimes,
Les femmes sur leurs devanciers
Dépouillent les corps des victimes.

(Gaston Couté)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

L’AUTRE BOUT (Vangelis Kassos)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018




    

L’AUTRE BOUT

voici la plaine ensanglantée
parmi les coquelicots
qui se traîne
et se lamente
voici ton dernier regard
qui soutient les semailles
qui soutient avec douceur la lumière
(que fait ici toute cette lumière ?)
à l’autre bout
voilà ton dernier mot
herbe sauvage
au pied du silence

(Vangelis Kassos)

 

Recueil: Cent poèmes
Traduction: Ioannis Dimitriadis
Editions: http://www.ainigma.net

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Amour est bonheur d’autre sorte (Louis Aragon)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2018



Illustration: Alain DENEFLE
    
Amour est bonheur d’autre sorte
Il tremble l’hiver et l’été
Toujours la main dans une porte
Le cœur comme une feuille morte
Et les lèvres ensanglantées
Amour est bonheur d’autre sorte

Aimer à perdre la raison
Aimer à n’en savoir que dire
À n’avoir que toi d’horizon
Et ne connaître de saison
Que par la douleur du partir
Aimer à perdre la raison

(Louis Aragon)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA COLOMBE POIGNARDEE (Jules Lefèvre-Deumier)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2018



 

colombe poignardée

LA COLOMBE POIGNARDEE

Il existe un oiseau, dont le pâle plumage,
Des forêts du tropique étonne la gaieté ;
Seul sur son arbre en deuil, les pleurs de son ramage
Font gémir de la nuit le silence attristé.

Le chœur ailé des airs, loin de lui rendre hommage,
Insulte, en le fuyant, à sa fatalité ;
Lui-même se fuirait, en voyant son image
Poignardé de naissance, il naît ensanglanté.

Et le poète aussi, merveilleuse victime,
Qui mêle de son sang dans tout ce qu’il anime,
Arrive dans ce monde, un glaive dans le cœur ;

Et l’on n’a point encore inventé de baptême,
Qui puisse en effacer le stigmate vainqueur :
Cette tache de mort, c’est son âme elle-même.

(Jules Lefèvre-Deumier)

Illustration

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Une mort douce comme un chant de tourterelle (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



Une mort douce comme un chant de tourterelle
avant la nuit, belle d’avoir su la douleur,
et connu sans tourment la brûlure des pleurs,
partagés dans le coeur de Celui qui appelle !

Mourir de ne pas mourir, depuis qu’on est enfant,
a toujours été notre désir le plus nu,
à cause de la glisse obscure d’un serpent,
et des souvenirs du pays perdu.

Mais la souffrance subie règne en majesté,
bien qu’elle serre amoureusement notre main,
pour nous conduire entre les arbres du jardin,
jusqu’à celui qui porte un fruit ensanglanté.

(Jean Mambrino)


Illustration: Le Bernin

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Spleen des nuits de juillet (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018



Spleen des nuits de juillet

Les jardins de rosiers mouillés de clair de lune
Font des rumeurs de soie, aux langueurs des jets d’eau
Ruisselant frais sur les rondeurs vertes des dos
Contournés de tritons aspergeant un Neptune.

Aux berges, sous des noirs touffus, où des citrons
Voudraient être meurtris des lunaires caresses,
Des Vierges dorment, se baignent, défont leurs tresses,
Ou par les prés, les corps au vent, dansent en rond.

D’autres, l’écume aux dents, vont déchirant leurs voiles,
Pleurant, griffant leurs corps fiévreux, pleins de
Saccageant les rosiers et mordant les gazons, frissons,
Puis, rient ainsi que des folles, vers les étoiles.

Et d’autres, sur le dos, des fleurs pour oreillers,
Râlent de petits cris d’épuisantes délices;
Sur leurs seins durs et chauds, leurs ventres et leurs cuisses,
Effeuillent en rêvant des pétales mouillés,

Des blancheurs se cherchant s’agrafent puis s’implorent,
Roulant sous les buissons ensanglantés de houx
D’où montent des sanglots aigus mourants et doux,
Et des halètements irrassasiés, encore…

Ah! spleen des nuits d’été! Universel soupir,
Miséré des vents, couchants mortels d’automne;
Depuis l’éternité ma plainte monotone
Chante le Bienaimé qui ne veut pas venir!

Ô Bienaimé! Il n’est plus temps, mon coeur se crève
Et trop pour t’en vouloir, mais j’ai tant sangloté,
Vois-tu, que seul m’est doux le spleen des nuits d’été,
Des nuits longues où tout est frais, comme un grand rêve…

(Jules Laforgue)


Illustration: Irma Kusiani

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

Au travers (Herman Gorter)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018




    
Au travers des émeutes et des guerres,
Au travers des ciels ensanglantés,
Je vois des rayons et j’entends encore
La voix de l’Homme Nouveau, sa ferveur.

(Herman Gorter)

 

Recueil: Ce que tu es
Traduction: Saskia Deluy et Henri Deluy
Editions: Al Dante

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le nid solitaire (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



 Derek Stefanuk  (2)

Le nid solitaire

Va, mon âme, au-dessus de la foule qui passe,
Ainsi qu’un libre oiseau te baigner dans l’espace.
Va voir ! et ne reviens qu’après avoir touché
Le rêve… mon beau rêve à la terre caché.

Moi, je veux du silence, il y va de ma vie ;
Et je m’enferme où rien, plus rien ne m’a suivie ;
Et de son nid étroit d’où nul sanglot ne sort,
J’entends courir le siècle à côté de mon sort.

Le siècle qui s’enfuit grondant devant nos portes,
Entraînant dans son cours, comme des algues mortes,
Les noms ensanglantés, les voeux, les vains serments,
Les bouquets purs, noués de noms doux et charmants.

Va, mon âme, au-dessus de la foule qui passe,
Ainsi qu’un libre oiseau te baigner dans l’espace.
Va voir ! et ne reviens qu’après avoir touché
Le rêve… mon beau rêve à la terre caché !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Derek Stefanuk

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le souffle levé (René Char)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2018




    
Le souffle levé, descendre à reculons,
puis obliquer et suivre le sentier
qui ne mène qu’au coeur ensanglanté de soi,
source et sépulcre du poème.

(René Char)

 

Recueil: En trente-trois morceaux et autres poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

DANS LA NUIT DES DONJONS JE NE PUIS PAS CHANTER ARTHUR EXIMA Á MARCIUS (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




    
DANS LA NUIT DES DONJONS JE NE PUIS PAS CHANTER ARTHUR EXIMA Á MARCIUS

Dans la nuit des donjons je ne puis pas chanter;
Dans l’étau de la peine il est dur de sourire :
Quel oiseau prendrait son essor l’aile brisée?
Quel coeur ensanglanté pourrait se réjouir?

***

IN DUNGEONS DARK I CANNOT SING ARTHUR EXIMA TO MARCIUS

In dungeons dark I cannot sing,
In sorrow’s thrall ’tis hard to smile:
What bird can soar with broken wing?
What heart can bleed and joy the while?

(Emily Brontë)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :