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CORPS, MON CORPS (Menno Wigman)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2019




Illustration: Ron Mueck
    
CORPS, MON CORPS

Corps, mon corps, combien de mains
de combien d’étrangers sont-elles venues sur toi

Jadis, la mort était une main moite de coiffeur.
Ensuite vint le froid glacial d’un stéthoscope.

Plus tard, tu te cassais dans le fauteuil d’un dentiste
ou un faux enseignant te tripotait la tête.

Et puis ces métros avec cette chair affairée,
ce restant, poissons qui glissent le long de toi

dans les magasins, ascenseurs, ruelles et trains,
corps, mon corps, remémore-toi donc l’odeur

des premières chambres et des draps amoureux,
le printemps qui naissait en nous. Car nous

avons peur. Et l’angoisse parfois dure le temps d’un corps.
Bientôt, je reposerai là et ils me peigneront encore.

***

LICHAAM, MIJN LICHAAM

Lichaam, mijn lichaam, hoeveel handen
van hoeveel vreemden kreeg je op je af?

Ooit was de dood een klamme kappershand.
Toen kwam de vrieskou van een stethoscoop.

Weer later brak je in een tandartsstoel
of zat een valse leerkracht aan je hoofd.

En dan die metro’s met dat drukke vlees,
dat restvolk dat als vissen langs je gleed

in winkels, liften, stegen en coupés,
lichaam, mijn lichaam, denk toch aan de geur

van eerste kamers en verliefde lakens,
de lente die het in ons werd. Wou- wij

zijn bang. En angst duurt soms een lichaam lang.
Straks lig ik daar en wordt mijn haar gekamd.

(Menno Wigman)

 

Recueil: L’affliction des copyrettes
Traduction: Pierre Gallissaires et Jan H. Mysjkin
Editions: Cheyne

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Holocauste (Barbara Sonek)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2017



Holocauste

Nous jouions, nous riions,
nous étions aimés.
On nous a arrachés aux bras de nos
parents et jetés dans les flammes.
Nous n’étions que des enfants.
Nous avions un avenir. Nous allions devenir
avocats, rabbins, épouses, enseignantes, mères.
Nous avions des rêves, puis nous n’eûmes plus d’espoir.
On nous a emmenés au plus profond de la nuit
comme du bétail dans des wagons, qui ne pouvait respirer,
étouffant, pleurant, affamé, mourant.
Séparé du monde pour ne plus exister.
Entendez nos supplications venues de nos cendres. Cette
atrocité ne peut plus arriver au genre humain.
Souvenez-vous de nous car nous avons été
des enfants à qui furent volés
les rêves et la vie.

***

Holocaust

We played, we laughed
we were loved.
We were ripped from the arms of our
parents and thrown into the fire.
We were nothing more than children.
We had a future. We were going to be
lawyers, rabbis, wives, teachers, mothers.
We had dreams, then we had no hope.
We were taken away in the dead of night
like cattle in cars, no air to breathe smothering,
crying, starving, dying.
Separated from the world to be no more.
From the ashes, hear our plea. This
atrocity to mankind can not happen again.
Remember us, for we were
the children whose dreams and lives
were stolen away.

(Barbara Sonek)

 

 

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