Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘ensemble’

UNE FOULE (Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



UNE FOULE

Il y a trop de personnages dans cette toile,
mais c’est exprès.
Pour mieux cacher ces deux amants qui ne peuvent se joindre
et qui se parlent du regard.
Dans une foule, on est presque seul comme dans une forêt.
Et ces deux amoureux seront ensemble
dès que nous aurons tourné le dos.

(Norge)


Illustration: Emily Grenader

Publicités

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

CE volume (Álvarez Ortega)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2018




    
CE volume, héroïque simplicité,
image d’une prison dans le temps maintenue,

de quoi nous accuse-t-il ?
Que nous refuse-t-il,
si ensemble nous le construisons

et si pour tous ce sera
le suaire, le cercueil – le néant ?

(Álvarez Ortega)

 

Recueil: Genèse suivi de Domaine de l’ombre
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Le Taillis Pré

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Prodige (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2018



Prodige

Alors les vaches, toutes ensemble,
se tournèrent vers moi
pour me bénir.

(André Frénaud)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

C’est toi (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2018



C’est toi

C’est toujours le mystère des choses.
On les voit dans leur inconsistance
attendre les yeux qui les reflètent,
les mains qui les touchent. On ne sait pas
ce qui les fait être là, ensemble,
valise, tableau, feuilles qui bougent
sur la fenêtre. On écoute encore
un silence inaudible. On devine
qu’il n’y a rien. Et ce rien, c’est toi.

(Jacques Ancet)


Illustration: Simone Lacour

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

Le Tung-whang-fung (Louis Bouilhet)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2018



5453ee08

Le Tung-whang-fung

La fleur Ing-wha, petite et pourtant des plus belles,
N’ouvre qu’à Ching-tu-fu son calice odorant ;
Et l’oiseau Tung-whang-fung est tout juste assez grand
Pour couvrir cette fleur en tendant ses deux ailes.

Et l’oiseau dit sa peine à la fleur qui sourit,
Et la fleur est de pourpre, et l’oiseau lui ressemble,
Et l’on ne sait pas trop, quand on les voit ensemble,
Si c’est la fleur qui chante, ou l’oiseau qui fleurit.

Et la fleur et l’oiseau sont nés à la même heure,
Et la même rosée avive chaque jour
Les deux époux vermeils, gonflés du même amour.
Mais quand la fleur est morte, il faut que l’oiseau meure.

Alors, sur ce rameau d’où son bonheur a fui,
On voit Pencher sa tête et se faner sa plume.
Et plus d’un jeune coeur, dont le désir s’allume,
Voudrait, aimé comme elle, expirer comme lui.

Et je tiens, quant à moi, ce récit qu’on ignore
D’un mandarin de Chine, au bouton de couleur.
La Chine est un vieux monde où l’on respecte encore
L’amour qui peut atteindre à l’âge d’une fleur.

(Louis Bouilhet)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

En quelques morceaux (Arnaud Savoye)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



 

    
 

En quelques morceaux

Soif et joie;
pieds lavés dans la rivière
remontent à la source.
Rêve d’élan.
De l’engagement.

Nos propres dé‚couvertes
porté‚es haut et partagé‚es,
repas pris en commun.

Ensemble sur
un même chemin,
vers une oeuvre.

Solidarité‚ des oiseaux;
une mésange guette,
surveille, annonce, pré‚vient.

Rouges-queues, chardonnerets,
passereaux au sol picorent,
partage équilibré.

Parfois, une colère, une ré‚volte.
Et tu dé‚poses tes sentiments,
affirmes l’être que tu es,
insuffle une direction.

Parfois, oui,
une mise à nu simple.
Révélation de l’être,
reconnaissance.

Tu es, je te vois, t’entends.
Mots, portée d’une page,
mots murmurés, répétés.
Ils pénètrent l’intérieur,
mordant d’une oreille, elle
écoute.

Un feu; le feu en nous
n’incendie plus la forêt et son
entêtante illusion du sauvage en gestation
avant son réveil brutal, brûlure vive.

Ici, seul le désir partagé, désir commun,
s’érige contre-feu.

Embrasement des coeurs.
Nous puiserons dans la flamme
ravivée chaque matin.

Opiniâtreté des jours
courage de l’oiseau éclatant,
persistante volonté
où chacun prend part à.

Néfliers rougeoyants, éclats des regards.
Il y a de la passion dans cette terre brandonnée.
Ne rêvons-nous pas secrètement de prolonger le jour?

Le bois nourrit l’âtre,
repousse le noir de la nuit.
Coûte que coûte maintenir flamme,
chaleur et lumière.

Ne confondons pas
ombres et corps,
mirage de l’oeil.

Dissocier braises et cendres
en suivant les signaux des fumées.
N’avons-nous pas à chaque instant
à tisonner le corps ?

Une main s’ouvre pour qu’un mot
se dépose dans sa paume : ardeur.

(Arnaud Savoye)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES MAINS (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018



Nos deux mains
Se serraient bien
Dans ma poche de manteau

Nos deux paumes
S’aimaient bien
Le dessus de chaque main
Ressentait la laine

Que nos mains se connaissaient bien
Dans la nuit de ma poche
Bien ensemble à l’abri
Avec de petites farces

Les passants se doutaient bien
Que nos mains s’aimaient bien
Se cachaient se touchaient
Et eux rien

Ils voyaient à nos yeux à nos nez
Ce que faisaient nos mains
Et nos mains s’enroulaient
S’endormaient
Et nos corps marchaient

On se touchait
Tout à fait
Et c’était parfait
Nos mains nous suffisaient
On pouvait s’y retirer
S’y savoir s’abreuver
L’essentiel c’est se toucher

Quand nos corps se promenaient
Nos deux mains se tenaient
Nos deux corps séparés
Par nos mains se touchaient

(Pierre Morhange)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 6 Comments »

Je vous lâche (Balbino)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018


 


 

fenetre -1

Je vous lâche

Je vous lâche
vous serez courageux.
Pour s’enfuir
il faut
être deux.
J’étais
seul.

Je suis sorti
pour
mes dernières courses.
Label 5
cigarettes
légères.
Il faisait beau
un enfant courait
rien n’aurait pu
l’arrêter.

La caissière
m’a regardé
derrière ses chiffres.
J’ai voulu
lui laisser
la monnaie.

J’ai ouvert la fenêtre
aérer
pour toujours
cette unique pièce

nous fumions
ensemble.

(Balbino)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’invitation au voyage (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2018


matisse

Mon enfant, ma sœur,
Songe à la douceur
D’aller là-bas vivre ensemble!
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble!
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

(Charles Baudelaire)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | 9 Comments »

Le visage (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2018



Victor Brauner 50

Le visage

Comme un cancer, comme une bête en moi,
Vit un visage. Il s’ouvre, se referme.
C’est une bouche, une plaie, une pieuvre,
Il apparaît, se nourrit, se digère
Et me détruit, déchire la durée.
Toute la nuit, j’ai mal à mon cadavre.
On a scié ma cage thoracique,
On a jeté mon vieux coeur et ses boues
Dans le limon d’un fleuve croupissant.
Mon sexe meurt, mais la chair corrompue,
Interminable, est vie interminable.
Visage noir, larme d’un amour sale,
Reste avec moi, vautour et parasite,
Car nous vivons si bien si mal ensemble.
Déchirons-nous déchirés déchirants.
Que le soleil se tende comme un muscle !

(Robert Sabatier)

Illustration: Victor Brauner 

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :