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Poésie

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LES VEINES DU TEMPS (Maria Mistrioti)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2019



Illustration: Georgis Mistriotis
    
LES VEINES DU TEMPS

Parfois je pense
que les trains de nuit ne sont jamais passés
ces trains qui négligeaient les petites villes
les signaux désespérés
des veilleurs de nuit aux dos courbés.
Je pense
que jamais nous n’avons voyagé ensemble
de l’Ionie vers Croton, vers Tarente.
De l’autre côté de la destruction de paysages de rêve,
de l’autre côté des couleurs plastique
de l’autre côté des sentiers brisés
je t’attends.

(Maria Mistrioti)

 

Recueil: Ithaca 593
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache
Editions: POINTS

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Je t’ai trouvée (Jean Sénac)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2019



Illustration: Freydoon Rassouli  
    
Je t’ai trouvée
ta voix suffit le monde s’ouvre
nous arracherons l’homme à son ombre
ensemble nous fermons les plaies.

(Jean Sénac)

 

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Actes Sud

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Si j’avais comme vous, mignardes colombelles (Jean de Sponde)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2019



 

Jonathon Earl Bowser CelestialApparition-3

Si j’avais comme vous, mignardes colombelles,
Des plumages si beaux sur mon corps attachés,
On aurait beau tenir mes esprits empêchés
De l’indomptable fer de cent chaînes nouvelles,

Sur les ailes du vent je guiderais mes ailes,
J’irais jusqu’au séjour où mes biens sont cachés,
Ainsi, voyant de moi ces ennuis arrachés,
Je ne sentirais plus ces absences cruelles.

Colombelles, hélas ! que j’ai bien souhaité
Que mon corps vous semblât autant d’agilité,
Que mon âme d’amour à votre âme ressemble :

Mais quoi ! je le souhaite, et me trompe d’autant.
Ferais-je bien voler un amour si constant
D’un monde tout rempli de vos ailes ensemble ?

(Jean de Sponde)

Illustration: Jonathon Earl Bowser

 

Jonathon Earl Bowser

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C’était un jour d’été de rayons éclairci (Philippe Desportes)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2019



Nikolay Butkovskiy  027

C’était un jour d’été de rayons éclairci,
J’en ai toujours au coeur la souvenance empreinte,
Quand le ciel nous lia d’une si ferme étreinte
Que la mort ne saurait nous séparer d’ainsi.

L’an était en sa force et notre amour aussi,
Nous faisions l’un à l’autre une aimable complainte,
J’étais jaloux de vous, de moi vous aviez crainte,
Mais rien qu’affection ne causait ce souci.

Amours, qui voletiez à l’entour de nos flammes
Comme gais papillons, où sont deux autres âmes
Qui redoutent si peu les efforts envieux ?

Où la foi soit si ferme ? où tant d’amour s’assemble ?
N’ayant qu’un seul vouloir, toujours d’accord ensemble,
Fors qu’ils se font la guerre à qui s’aimera mieux !

(Philippe Desportes)

Illustration: Nikolay Butkovskiy

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Comme est une clairière (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2019


 

N’aurons-nous pas ensemble
Un jour un rendez-vous

Durable et solennel
Comme est une clairière ?

(Guillevic)

 

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Coccinelle incroyable (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2019


Oui, fleuves – oui maisons,
Et vous, brouillards – et toi,
Coccinelle incroyable,

Chêne creux du talus,
Ouvert comme un gros bœuf,

Qui ne vous entendrait
Criant comme des graines
Sur le point de mûrir ?

-Patience, quelques siècles
Et nous pourrons peut-être
Nous faire ensemble une raison.

(Guillevic)

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Quand le livre où s’endort chaque soir ma pensée (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2019



 

 

David Hockney  url

Quand le livre où s’endort chaque soir ma pensée,
Quand l’air de la maison, les soucis du foyer,
Quand le bourdonnement de la ville insensée
Où toujours on entend quelque chose crier,

Quand tous ces mille soins de misère ou de fête
Qui remplissent nos jours, cercle aride et borné,
Ont tenu trop longtemps, comme un joug sur ma tête,
Le regard de mon âme à la terre tourné ;

Elle s’échappe enfin, va, marche, et dans la plaine
Prend le même sentier qu’elle prendra demain,
Qui l’égare au hasard et toujours la ramène,
Comme un coursier prudent qui connaît le chemin.

Elle court aux forêts où dans l’ombre indécise
Flottent tant de rayons, de murmures, de voix,
Trouve la rêverie au premier arbre assise,
Et toutes deux s’en vont ensemble dans les bois !

(Victor Hugo)

Illustration: David Hockney

 

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VAINE MURAILLE (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2019




    
VAINE MURAILLE

Une jeune mère
une bête douce
s’assied près de moi,
me sourit, et je
souris, l’enfant dort.
Insondable joie
du printemps banal,
encore un peu, les marronniers seront en fleurs,
nous trois ensemble au fond du jour,
et combien d’autres…
Vaine muraille
la personne
quand tu t’écroules
on est si bien
dans la lumière.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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Vous adorez les roses (George Eliot)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2019



Vous adorez les roses – moi aussi.
Je voudrais que le ciel fasse pleuvoir des roses,
Comme elles pleuvent du buisson secoué par le vent.
Pourquoi cela ne serait-il pas ?

Alors toute la vallée serait rose et blanche
Et si douce au pas du marcheur: Elles tomberaient aussi légères
Que les feuilles, dans une douce odeur: et ce serait
Comme dormir et s’éveiller tout ensemble.

(George Eliot)

 

 

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Heureuse rose (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2019




Si ta fraîcheur parfois nous étonne tant,
heureuse rose,
c’est qu’en toi-même, en dedans,
pétale contre pétale, tu te reposes.

Ensemble tout éveillé, dont le milieu
dort, pendant qu’innombrables, se touchent
les tendresses de ce coeur silencieux
qui aboutissent à l’extrême bouche.

Je te vois, rose, livre entrebâillé,
qui contient tant de pages
de bonheur détaillé
qu’on ne lira jamais. Livre-mage,

qui s’ouvre au vent et qui peut être lu
les yeux fermés…,
dont les papillons sortent confus
d’avoir eu les mêmes idées.

(Rainer Maria Rilke)

 

 

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