Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘ensemble’

Ensemble (Rupi Kaur)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2021




    
ensemble nous sommes une conversation
interminable

(Rupi Kaur)

 

Recueil: Le soleil et ses fleurs
Traduction: traduction de l’anglais (Canada) Sabine Rolland
Editions: NiL

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La bise (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2021




« Ce sont des feuilles mortes »

Disaient les feuilles mortes
Voyant des papillons
S’envoler d’un buisson.

« Ce sont des papillons »,

Disaient les papillons
Voyant des feuilles mortes
Errer de porte en porte.

Mais la bise riait
Qui déjà les chassait
Ensemble vers la mer.

(Maurice Carême)

Illustration: Gérard Fagnoni

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Dedans une neige légère (Ryôkan)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2021




    
Dedans une neige
légère est établi
l’ensemble des mondes.
Et, là-dedans, cette autre
neige éphémère qui tombe.

(Ryôkan)

***

 

Recueil: Ô pruniers en fleur
Traduction: Alain-Louis Colas
Editions: Folio

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C’est cette jeune fille au teint sombre (Krishnakânt)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2021




    
C’est cette jeune fille au teint sombre

Comme des cygnes qui picorent en ligne
Les jeunes filles qui chantent et repiquent le riz
Semblent très très belles
C’est cette jeune fille au teint sombre
Qui a noué le pan de son sari
Rouge vif telle une bannière, qui s’élève et ondule
Comme si elle était sortie conquérir l’univers entier
C’est elle qui les guide
Et les surveille toutes
Ne t’arrête pas maintenant, ne flanche pas
À toutes elle répète cette formule
Toutes ensemble dans le ventre de la Terre
Ne cessent de repiquer le riz
C’est cette jeune fille au teint sombre
Qui dans sa langue fait pleuvoir
Une mélodie mêlée de miel
En arrière toutes ses compagnes
Entremêlent les mélodies
«Jaiyo sugnâ dûr desh ur jaiyo re… »
Lorsqu’on les aperçoit certaines rougissent, embarrassées
Mais elles continuent de s’épancher dans leur babil
Les gouttes de sueur brillent à leur front
Oh surprise
Vois, quelle scène charmante!
La terre parfumée, les vents
Qui fredonnent
Lorsque la verdure exultera La Terre distribuera des sourires
Demain la sueur dissoute dans le sol deviendra céréales
La faim des Hommes disparaîtra

C’est cette jeune fille au teint sombre
Qui rentre à sa maison
En ayant conquis la Terre, subjugué tout le monde
Sur sa tête le pan de son sari
Converse avec le ciel
Et rit comme l’étendard de la victoire…

(Krishnakânt)

 

Recueil: Pour une poignée de ciel Poèmes au nom des femmes dalit (Intouchable)
Traduction: Traduit du Hindi par Jiliane Cardey
Editions: Bruno Doucey

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L’usine (Leslie Kaplan)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2021



Illustration: Ernest Zobole
    
L’usine, la grande usine univers, celle qui respire pour vous.
Il n’y a pas d’autre air que ce qu’elle pompe, rejette.
On est dedans.

Tout l’espace est occupé : tout est devenu déchet.
La peau, les dents, le regard.

On circule entre des parois informes.
On croise des gens, des sandwichs, des bouteilles de coca,
des instruments, du papier, des caisses, des vis.
On bouge indéfiniment, sans temps.
Ni début, ni fin. Les choses existent ensemble, simultanées.

A l’intérieur de l’usine, on fait sans arrêt.

On est dedans, dans la grande usine univers,
celle qui respire pour vous.

(Leslie Kaplan)

 

Recueil: L’excès – l’usine
Traduction:
Editions: Hachette

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Comme j’aimerais me laisser prendre au jeu (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2021




    
[…]

comme j’aimerais me laisser prendre au jeu,
lier conversation… dire la vérité…
envoyer le spleen au diable et
prendre l’autre par la main — sois gentil,
si nous faisions un bout de route ensemble ?

(Ossip Mandelstam)

 

Recueil: Nouveaux poèmes 1930-1934
Traduction: Traduction du russe par Christiane Pighetti
Editions: Allia

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Si tu m’entends chanter, sache que je viens de pleurer (Aksinia Mihaylova)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2021




    
Si tu m’entends chanter, sache que je viens de pleurer.
CHANSON POPULAIRE

Pourquoi es-tu couché là,
comme la grosse poutre du parapet
qui m’empêchait de voir la femme claire ?
Sa voix m’arrivait saturée des odeurs d’autrui
et ça fait vingt ans que je ne peux pas traverser
la salle remplie,
rejoindre
ma féminité oubliée.

Parce que je sais que tu ne m’enjamberas pas
quand tu viens là-haut, répond-il,
et tes doigts, teints par des noix vertes,
vont m’apporter la douceur d’un jardin
que nous avons aimé ensemble.

Il est couché comme une conversation inachevée
à travers le couloir de ma maison paternelle,
emmailloté comme de langes
ou d’un linceul,
je sors mon sein pour nourrir le bébé
et la solitude de l’homme,
mais le lait tarit, la ganse rouge
serrant les couches se relâche
et une chanson se lève entre mes pleurs
comme du pain
pour rassasier
l’enfant et l’homme.

Une poutre lourde est couchée
au bout de mon songe,
un papillon noir est couché
sur ma poitrine.

On n’enjambe pas un corps mort.

(Aksinia Mihaylova)

 

Recueil: Le baiser du temps
Traduction:
Editions: Gallimard

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Déclaration d’identité (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2021




    
déclaration d’identité

Non, je n’avalerai pas vos paroles
fantômes vos paraboles
d’inventaire, vos courbes de
Bourse de massacres.

Je choisis les cris
d’oiseaux de mer

le craquement des pierres

tout ce qui brave, hurle, éclate muettement dans le monde.

Le sang aux tempes, le coeur battant, le toc des artères,
c’est aussi ma parole

touchable
sous le doigt.

Au bord du temps
je tâte l’incertain
dans les feuilles des arbres
aux cellules pourtant si proches
de mes propres cellules, closes en cette chair
qui se retire et se rapproche
jusqu’à coller au tissu végétal
pour reconnaître
un rapport très sourd
un micron de complicité

main, feuille, ensemble,
toutes deux nervurées, actives, sève et sang,
nous affirmons, nous attestons la vie.

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Voix Vives de méditerranée en méditerranée Anthologie Sète 2019
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Regarde aux miroirs du trépas (Louise de Vilmorin)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2020



Regarde aux miroirs du trépas
Rougissante des nuits prochaines,
Ta lèvre où mon baiser soupa,
Attends la fin de ma semaine,
Regarde aux miroirs du trépas.

Femme, mon ange fiancée,
Nous marierons nos souvenirs.
Cultive un jardin de pensées
Qu’ensemble nous allons cueillir.
Femme, mon ange fiancée.

(Louise de Vilmorin)

Illustration: Paul Delvaux

 

 

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Les volubilis (Chiyo-ni)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2020



Illustration
    
Les volubilis
au moment même où la cloche sonne
s’ouvrent tous ensemble

***

朝顔や鐘っくうちに咲きそろひ
asagao ya / kane tsuku uchi ni / saki soroi

(Chiyo-ni)

 

Recueil: Chiyo-ni Une femme éprise de poésie
Traduction: Grace Keiko / Monique Leroux Serres
Editions: Pippa

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