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Poésie

Posts Tagged ‘ensemencer’

LE LAIT (Anne-Marie Kegels)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2019



LE LAIT

Le lait des villes d’aube
a de tintants bonheurs.

Ó la cruche des seuils
près des chattes qui rôdent,
la jatte rebondie
aux coudes des fenêtres,

l’odorant plaisir d’être
l’envoyé des prairies
et de toucher les lèvres
d’enfants qui se réveillent.

Remous, vagues laitières
aux coins des carrefours.

Des ruisseaux de lumière
ensemencent le jour.

(Anne-Marie Kegels)

Illustration: Berthe Morisot

 

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La nuit nous met au monde (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2019



Nous sommes tous ainsi, la nuit nous met au monde,
mais n’y promène que notre image
et nos yeux où toutes les lumières viennent l’ensemencer.

La nuit que nous portons en nous
est le foyer de ce que nous aimerons plus que nous-mêmes,

Quelle image deviendra l’arbre de mes yeux
et élargira sur moi son ombrage ?

(Joë Bousquet)

 

 

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ELSA (Louis Aragon)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



Illustration: Patrick Marquès
    
ELSA

Suffit-il donc que tu paraisses
De l’air que te fait rattachant
Tes cheveux ce geste touchant
Que je renaisse et reconnaisse
Un monde habité par le chant
Elsa mon amour ma jeunesse

O forte et douce comme un vin
Pareille au soleil des fenêtres
Tu me rends la caresse d’être
Tu me rends la soif et la faim
De vivre encore et de connaître
Notre histoire jusqu’à la fin

C’est miracle que d’être ensemble
Que la lumière sur ta joue
Qu’autour de toi le vent se joue
Toujours si je te vois je tremble
Comme à son premier rendez-vous
Un jeune homme qui me ressemble

Pour la première fois ta bouche
Pour la première fois ta voix
D’une aile à la cime des bois
L’arbre frémit jusqu’à la souche
C’est toujours la première fois
Quand ta robe en passant me touche

Ma vie en vérité commence
Le jour où je t’ai rencontrée
Toi dont les bras ont su barrer
Sa route atroce à ma démence
Et qui m’a montré la contrée
Que la bonté seule ensemence

Tu vins au cœur du désarroi
Pour chasser les mauvaises fièvres
Et j’ai flambé comme un genièvre
À la Noël entre tes doigts
Je suis né vraiment de ta lèvre
Ma vie est à partir de toi

Suffit-il donc que tu paraisses
De l’air que te fait rattachant
Tes cheveux ce geste touchant
Que je renaisse et reconnaisse
Un monde habité par le chant
Elsa mon amour ma jeunesse

(Louis Aragon)

 

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L’âge de l’eau (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018



Illustration
    
L’âge de l’eau

Au front des grèves
On voit
L’éternité

Ensemencer l’image

Un songe sourd
Que cachent mal les neiges
Et l’âge

rage y fulgure.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Et d’espaces en feuillages (Julie Delaloye)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018




    
Et d’espaces en feuillages,
et de ciels en adieux,
des mains qui cherchent encore.

Silences au-dessus des nuées,
si doucement élancés,
que la nuit peu à peu s’éloigne.

Sous l’aile, ton regard
ensemence mes pas.

(Julie Delaloye)

 

Recueil: Dans un ciel de février
Traduction:
Editions: Cheyne

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LE FEU (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2018




    
LE FEU

Arraché aux liturgies du ciel
Le Feu
Se rua sur nos terres
Incendia nos usages
Calcina nos frontières
Embrasa les vivants
Qui s’abusaient de mots

Ravivant les cendres
Ranimant l’aurore
Il ensemença de soleils
Nos sables et nos glacis.

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Par-delà les mots
Traduction:
Editions: Flammarion

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Une nuit tiède (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2017



 

Une nuit tiède
que le ciel ensemence

A chacun d’y trouver sa soif

Les grillons des prés sans fin
s’obstinent à tout dire

(Georges Bonnet)

 

 

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Mer jours (Gaston Miron)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2016



Mer jours
et de harpes sans oiseaux

pour de secrètes marées disparues
dans l’anfractuosité des silences
tu retisses à rebours
les souffles à mon coeur capiteux

pour un mystère qui t’ensemence
dans le multiple dense des étreintes
tu auscultes toujours
d’une sonde à l’étoile
ta longue désespérance

(Gaston Miron)


Illustration: Timothy Martin

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DURANT LES NUITS… (Michel Martin de Villemer)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2016



Durant les nuits de pluie
Sur les andins de la chaussée
Les réverbères ensemencent.
Et tandis que l’insomnie s’alite
Les rêves s’endorment
Dans leur fauteuil clouté d’étoiles.

(Michel Martin de Villemer)

Illustration: Leonid Afremov

 

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LA GUITARE DU PEUPLE (Elvio Romero)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2016



LA GUITARE DU PEUPLE

La guitare du peuple
saigne et pleure,
saigne et pleure de peine,
son bois vibre et s’agite,
sa cheville bourdonne
et son coffre se dore
de cendre, elle se drape
d’une ombre belle et triste,
enchaînée et lointaine,
la guitare du peuple.

Dense guitare pauvre,
si pauvre, voix d’autrui,
coffre roide et tenace,
nuit noire sur la cime
de ses cordes de cuivre
qui s’enchaînent au vent,
qui cernent l’air de grappes,
rapprochant sa clarté,
la guitare du peuple.

Quand elle saigne elle est
bois qui très haut se cabre,
chanterelle terrienne
sans autours ni complainte,
mancheron plein de sueur,
regard de paysanne
ne voyant ses récoltes,
vestiges de l’aurore,
la guitare du peuple.

Drapeau elle est aussi
quand le peuple le veut,
santé pour étancher
sa blessure et son sable,
graine à ensemencer,
fugace, éblouissante
quand elle chante et clame,
la guitare du peuple !

***

LA GUITARRA PUEBLERA

La guitarra pueblera
sangra y llora,
sangra y llora de pena,
se enerva su madero,
su clavija resuena,
la caja se le dora
de ceniza y se viste
de sombra hermosa, triste,
encadenada, ajena,
la guitarra pueblera.

Densa guitarra ajena,
pobre, pobre,
caja aterida y terca,
negra noche en la cima
de sus cordajes, cobre
que al viento se encadena,
que al aire se arracima,
que a su albor nos acerca,
la guitarra pueblera.

Cuando sangra es madera
que se empina,
bordons labradora
sin ámbitos ni endechas,
sudorosa mancera,
mirada campesina
que no ve sus cosechas,
despojo de la aurora,
la guitarra pueblera.

¡ Pero también bandera
cuando el pueblo lo quiere,
salud restañadora
de su herida y su arena,
grano de sementera,
fugaz, deslumbradora
cuando canta y resuena
la guitarra pueblera !

(Elvio Romero)

 

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