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Poésie

Posts Tagged ‘entasser’

Déménager (Georges Perec)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2018



Déménager

Quitter un appartement.
Vider les lieux. Décamper.
Faire place nette.
Débarrasser le plancher.
Inventorier ranger classer trier
Éliminer jeter fourguer
Casser
Brûler
Descendre desceller déclouer
décoller dévisser décrocher
Débrancher détacher couper tirer
démonter plier couper
Rouler
Empaqueter emballer sangler
nouer empiler rassembler
Entasser ficeler envelopper
protéger recouvrir entourer
serrer
Enlever porter soulever
Balayer
Fermer
Partir.

(Georges Perec)

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Fléaux, la blancheur, les fleurs de la terre promise (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2018



 

Fléaux, la blancheur, les fleurs
de la terre promise : et tout
ce que tu entasses, se délitant à la lisière
du souffle. Pour un simple mot
dans l’air que nous n’avons pas respiré, pour une seule
pierre, éclatant avec la famine
en nous — colère,
issue des os dévastés, par quoi nous sommes proches
du ver. Le mur
est ton seul témoin. Séparé
de moi, mais ne prodiguant rien,
tu te vautres sur chaque page non écrite,
comme si ta voix s’était glissée
loin de toi : et pénétrait la blancheur
de la plainte.

(Paul Auster)

Illustration: Alberto Pancorbo

 

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DEBARRAS (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2017



DEBARRAS

Dans un coin du ciel
on entasse
les nuages usagés
les astres rouillés
les étoiles brisées
les soleils éteints
et les lunes mortes.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Vincent Van Gogh

 

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Le coffre-faible (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2017



Le coffre-faible
où nous entassons
nos larmes.

(Laurent Albarracin)

 

 

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Souffrir Par Toi N’est Pas Souffrir (Julien Clerc)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2016



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Souffrir Par Toi N’est Pas Souffrir

Si un jour tu veux revenir
Sans mots, sans pleurs, sans même sourire
Négligemment et sans te retenir
Sans farder du passé tout l’avenir…
Le soir quand je te vois sourire
Sur cette photo qui ne veut rien dire
Sous ta vieille lampe qui tremble et chavire
Tu viens grimacer dans mes souvenirs

Maintenant, comme avant,
Doucement, sans pâlir, sans mentir, sans souffrir…
Aujourd’hui, je te dis:
Souffrir par toi n’est pas souffrir,
C’est comme mourir ou bien faire rire
C’est s’éloigner du monde des vivants
Dans la forêt, voir l’arbre mort seulement.
Comme un jour tu viendras sûrement
Dans ce salon qui perd son temps,
Ne parlons plus jamais de nos déserts…
Et si tu restes je mets le couvert
Maintenant, comme avant,
Doucement, sans pâlir, sans mentir, sans souffrir
Aujourd’hui, je te dis:
Tous les voyages ne veulent rien dire
Je sais des choses qui te feraient rire
Moi qui entassais des souvenirs par paresse
Ce sont tes vieux chandails que je caresse

Maintenant, comme avant, doucement
Restons-en au présent pour la vie,
Aujourd’hui, reste ici

(Julien Clerc)

 

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Tant que je repose inerte immobile (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2016



 

Tant que je repose inerte immobile,
je ne fais qu’entasser la masse des choses,
je ne fais que dévorer ce monde
par petits morceaux, ainsi que fait l’insecte.
Chaque fardeau de douleurs devient plus pesant;
la vie vieille, blanchie parmi l’hiver des doutes
est courbée sous le poids d’une préoccupation.

Mais si je vais et cours
dans le torrent du mouvement
avec la masse serrée de ce monde,
tous vêtements déchirés, lacérés,
alors les fardeaux variés de la souffrance se dissipent.
Je deviens pur, baignant dans le courant de marche
et je bois la liqueur immortelle de marche.
Ma jeunesse est éveillée à la vie neuve,
elle rajeunit à chaque instant!

Ainsi je suis le voyageur dont les regards vont en avant,
à quoi vous servirait de m’appeler derrière ?
Je ne demeure pas assis dans ma maison, envoûté par l’attirance de la mort!
Mais j’ai mis ma guirlande au cou de l’Etre Jeune.
Je porte à la main ses présents d’union,
je rejette l’ancien fardeau, l’amas précieux de ma vieillesse!
Le grand ciel est empli du joyeux chant de marche,
ô toi mon âme,
Dieu Poète du Monde chante en ton chariot,
et le soleil, la lune, les étoiles chantent à l’entour!

(Rabindranath Tagore)

Illustration: Hartig Kopp Delaney

 

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Les mains vides (Ilarie Voronca)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2016



Les mains vides

Tes émissaires se tiennent sur notre seuil
« Que chacun apporte ce qu’il a de meilleur », disent-ils
les riches ont entassé leurs joyaux, leurs étoffes,
chargés de bagues leurs doigts ont plus d’éclat que leurs yeux,
le parler des monnaies a couvert celui de leur mémoire
ils n’entendent pas la marche des hommes de l’avenir
nous avançons les mains vides, le regard serein.

Une fois encore nous sommes les méprisés, les humbles.
Eux, ils ont rempli les vaisseaux. Ils marchent
à la tête d’armées glorieuses. Ils appellent
du fond des temps leurs moissons, leurs troupeaux.
Nul trophée n’est oublié et sur leur front
le songe de leur force élève une couronne
mais nous
nous avançons les mains vides, le regard serein.

Nous avons vu l’inoubliable étoile,
la fanfare altière des forêts dans l’orage
le soleil dans les arbres comme en le bois d’un cerf,
les océans traçaient autour leur cercle de feu
chaque chose murmurait « rappelle-toi bien »
il fallait garder l’image non pas la chose
et nous
nous avançons les mains vides, le regard serein.

Eux, ils apportent ce qu’ils ont pris, mais non
la flamme sans parure en l’urne de leur âme,
toujours le contenant, jamais le contenu,
la pierre mais non pas sa voix muette,
l’oiseau mais non la fumée de son vol,
le métal non l’éclat dans les roues de l’aube
mais nous
nous avançons les mains vides, le regard serein.

Notre part a été la part du faible.
Non pas demander, mais se donner tout entier,
Nous distribuant dans l’univers pour mieux ensuite
le recevoir en nous. O ! Mers, montagnes, astres,
nous n’avons retenu que vos reflets,
du riche bétail dans les étables nous avons préféré le souffle,
et nous
nous avançons les mains vides, le regard serein.

Nous venons les mains vides, le regard serein
car les noms sont en nous. Tes émissaires sauront les lire
les autres entassent tout ce dont il nous ont dépouillés
et le monde purifié dans le feu de leur envie
nous protège et nous accueille. Les autres s’écroulent
sous le fardeau des triomphes et des parures
mais nous
nous avançons les mains vides, le regard serein.

(Ilarie Voronca)

 

 

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Loin de l’endroit où tant de rêves meurent (Pierre Reverdy)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2016


Loin de l’endroit où tant de rêves meurent
La mémoire entasse des heures
Au bord de l’eau
Les arbres pleurent
La montagne roule son dos
En haut une tête se penche
La face que l’on voit est blanche

(Pierre Reverdy)

 

 

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L’automne (Marie Nizet)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2016



L’automne

Voici venir l’automne, âpre et voluptueuse.
Conseillère perverse en robe somptueuse.
Nos coeurs désordonnés l’attendent tout exprès…
Et c’est elle qui veut que je mette ma bouche
Contre la vôtre et que j’y morde et que je touche
Votre corps de mon corps, plus près, encor plus près…

Car ses derniers rayons seront aussi les nôtres.
Défuntes ces amours, nous n’en aurons plus d’autres:
L’hiver nous guette ainsi qu’il prendra la forêt.
Hâtons-nous. Entassons les baisers, les caresses.
Crispons nos nerfs, brûlons notre sang en ivresses.
Jouissons sans remords et mourons sans regret.

(Marie Nizet)

Illustration: Lucien Lévy-Dhurmer

 

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Cette drôle d’envie (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2015


boite-lettre

 

sentir l’odeur du linge
séché dehors sur un fil
comme un soleil après l’hiver
et se dire qu’avec le drap
qu’on plie à deux
dans la maison
on range toujours chacun
des coins de son histoire
dans des armoires
ou sous des piles de mots
qu’on entasse
et qui finissent par peser lourd
entre ce qu’on vit
et ce qu’on écrit
quand on ouvre les fenêtres
pour la chaleur des pièces
et qu’on se demande
si c’est quelque chose qui finit
ou qui commence
cette drôle d’envie
d’aller voir dans la boîte à lettres
alors qu’aujourd’hui
le facteur ne passe pas.

(François de Cornière)

 

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