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Poésie

Posts Tagged ‘entendre’

Harmonie (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2018


harmonie

 

portes et fenêtres ouvertes
sur le jardin qui reverdit
on entend
par-dessus les voitures de la rue
mille détails se ramasser
graviers jetés à la volée
d’un coup de pelle
dans la cour d’un immeuble
le raclement d’outils
sur le ciment d’un mur
portière claquée
chien qui aboie
et des enfants crier
dans la cour d’une école
avec parfois des mots
qu’on ne comprend pas
que disent des ouvriers
ou des mères au balcon
alors qu’on est dedans
dans un bureau avec des livres
à chercher à écrire
pourquoi on aime ce temps
quand c’est pourtant l’automne
depuis deux jours
et qu’on est seul
et qu’il fait beau
jusque dans les bruits

(François de Cornière)

 

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QUAND UNE AMPOULE GRILLE (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2018




    
QUAND UNE AMPOULE GRILLE

Quand une ampoule grille
il se passe un moment de gravité.

L’objet est encore chaud.
On le secoue près de l’oreille
et on entend le bruit
du petit fil qu’on voit.
Qui a lâché.

Alors on cherche dans un tiroir
et on monte sur une chaise
jusqu’à la lampe
au-dessus de la table.

Dans le silence des yeux levés
c’est la lumière qu’on cherche maintenant
« à rétablir ».

Mais autre chose nous a claqué
entre les doigts pendant ce temps.

Il reste à savoir quoi.

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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ENCORE UN PEU D’AMOUR QUI SE DÉROULE (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2018




    
ENCORE UN PEU D’AMOUR QUI SE DÉROULE

J’ai noté
qui venait de la cuisine
le bruit d’un couteau sur une pomme.
Je l’entendais je l’ai marqué
avec d’autres mots
pour dire d’autres bruits
(comme celui d’un frigo
dans une maison vide
ou encore d’un râteau
sur des graviers l’été).

Aujourd’hui je les retrouve
— mots et bruits —
au milieu d’un carnet
qui me parlent toujours
me renvoient à des lieux
à des jours très précis.

Et si par la fenêtre ouverte
j’écoute vos rires et vos cris
dans un jardin vibrer
c’est dans le jet d’eau qui vous vise
encore un peu d’amour qui se déroule
et qui retombe dans mon poème
maintenant retrouvé.

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Que la mer est belle ! (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2018



Illustration
    
Que la mer est belle !

Dieu ! qu’aujourd’hui la mer est belle !
Le dirai-je jamais assez.
Belle, mais belle à le crier
Pour qu’on l’entende jusqu’au ciel.

Imaginez-vous un vert jade,
Puis à l’horizon, un vert sombre
Qui la souligne ainsi qu’une ombre
Comme un tableau l’est par son cadre.

Devant, une longue estacade
De pierre dont le gris de perle
Souligne encor la splendeur verte.

Oh ! je sais bien que je divague,
Que je dirais n’importe quoi
À voir la mer comme elle est là.

(Maurice Carême)

 

 

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LA CLAIRIÈRE (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2018



 

Illustration: Alexandre-Evariste Fragonard
    
LA CLAIRIÈRE

Le socle sans statue, à l’ombre de ces arbres
S’enfonce dans le sol un peu plus chaque jour
Sous l’invisible poids d’un fantôme de marbre
Qui le piétine et le talonne et se fait lourd.

A moins qu’en s’en allant vers un fatal banquet
Le commandeur ne l’ait renvoyé au naufrage.
Comme un caillou qu’on jette à l’eau, du bord des plages,
Il fait mouche à sa cible et rejoint son reflet.

Mais je devrais entendre, au moins, près de l’étang
La fanfare sonnée par Don juan qui l’invite…
La voici, les échos la portent, je l’entends.
je sens sous mes deux pieds la terre qui palpite.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Contrée suivi de Calixto
Traduction:
Editions: Gallimard

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À cinq heures (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018



sang pavé [1280x768] 

À cinq heures du matin dans une rue neuve et vide j’entends le bruit
d’une voiture qui s’éloigne.
Un avertisseur d’incendie a sa glace brisée et les débris de verre
resplendissent dans le ruisseau.
Sur le pavé il y a une flaque de sang et un peu de fumée se dissout dans l’air.
Ohé! Ohé! racontez-moi ce qui s’est passé.
Éveillez-vous! Je veux savoir ce qui s’est passé.
Racontez-moi les aventures des hommes.

(Robert Desnos)

Illustration

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Le réveil (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018



Le réveil

Entendez-vous le bruit des roues sur le pavé ?
Il est tard. Levez-vous. Midi à son de trompe
Réclame le passage à l’écluse et, rêvé,
Le monde enfin s’incarne et déroule ses pompes.

Il est tard. Levez-vous. L’eau coule en la baignoire.
Il faut laver ce corps que la nuit a souillé.
Il faut nourrir ce corps affamé de victoire.
Il faut vêtir ce corps après l’avoir mouillé.

Après avoir frotté les mains que tachait l’encre,
Après avoir brossé les dents où pourrissaient
Tant de mots retenus comme bateaux à l’ancre,
Tant de chansons, de vérités et de secrets.

Il est tard. Levez-vous. Dans la rue un refrain
Vous appelle et vous dit  » Voici la vie réelle « .
On a mis le couvert. Mangez à votre faim
Puis remettez le mors au cheval qu’on attelle.

Pourtant pensez à ceux qui sont muets et sourds
Car ils sont morts, assassinés, au petit jour.

(Robert Desnos)


Illustration: Gilbert Garcin

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C’est avant ton réveil… (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2018



 

Illustration: Pablo Ruiz Picasso
    
C’est avant ton réveil…

1
C’est avant ton réveil
Ce clair matin
Aux rayons de soleil
Dorant ton teint
Que j’observe tes lèvres
Et tes beaux yeux
Noirs d’amoureuses fièvres
Et tes cheveux.
Tu resteras toujours
Mon chéri mon amour
Non je ne veux pas croire
Amour à ma victoire
Il est près de moi celui que j’aime
Hélas dans mon inquiétude extrême
Je crains son abandon
Amour chéri pardon
Si je doute de toi
Douteras-tu de moi ?
Tu resteras chéri
Mon unique souci
Tu resteras toujours
Mon seul amour.

2
Qu’il est beau ton sommeil
Est-il sans fin
Et ton souffle pareil
Au doux matin
Se peut-il que tu meures
Jamais un jour
Que seule je demeure
Avec l’amour
Tu resteras toujours
Mon chéri mon amour
Tu ne peux disparaître
Tu possèdes mon être
Et dans mes yeux vivra ton image
En dépit de la mort et de l’âge
Si tu m’entends pardon
Je crains ton abandon
Mais j’ai confiance en toi
J’ai confiance en ta foi.

Tu resteras chéri
Ma joie et mon ami
Tu resteras toujours
Mon seul amour.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Chant de la jeunesse (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2018



 

Illustration: Marc Riboud
    
Chant de la jeunesse

1
Au clair matin des jours de fête
Amis partons sur le chemin
En mer j’entends crier les mouettes
Chantons l’espoir des lendemains.

Refrain
Jeunesse ah qu’il fait bon vivre
Marchant droit vers le but
Car notre espoir nous délivre
Notre joie est notre salut.

2
Chantons l’espoir et la jeunesse
Si le chemin pour nos aînés
Connut la peine et la tristesse
Joyeux il faut le continuer.

3
Joyeux il faut lui faire atteindre
Un beau pays si fraternel
Que tous y puiss’nt vivre sans craindre
La vie et ses travaux réels.

4
Travaux réels ceux-là qui donn’nt
À l’homme joie santé bonheur
Vingt ans! pour nous notre heure sonne
Nous sommes les futurs vainqueurs.

5
Le ciel la mer la terr’ féconde
Aux grands travaux offrent leur sein
Fini(e)s la peur la guerre immonde
Fini le temps des assassins!

6
La main tendu(e) à tous nos frères
Amis marchons sans nulle peur
Nous sommes forts et sans colère
Nous sommes les jeunes vainqueurs.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Le Marchand de neige (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2018




    
Le Marchand de neige

Ticouricou!
Ticouricou!
J’entends les cloches de Mexico
Et les oiseaux
Chanter très haut
Sur le rivage de Texcoco
Porteur de neige de la montagne
Passe ma porte rentre chez moi
Frotte mes membres.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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