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Poésie

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Musique de l’indifférence (Samuel Beckett)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018



 

musique de l’indifférence
cœur temps air feu sable
du silence éboulement d’amours
couvre leurs voix et que
je ne m’entende plus
me taire

***

indifferent music
heart weather air fire sand
from a silence a crumbling of loves
covers their voices and
may I no longer hear myself
fall silent

(Samuel Beckett)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Vladimir Dunjic

 

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J’ai oublié le mot « lilas » (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018



Illustration
    
J’ai oublié le mot « lilas »
qui ne me dit rien qui vaille.
Quelqu’un, pourtant, le murmure
très loin dans ma mémoire.
J’entends répéter « lilas, lilas ».
Tout mon corps sent le lilas.

(Jacques Izoard)

 

Recueil: Lieux épars
Traduction:
Editions: De la Différence

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D’une maison à l’orée de l’oreille (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018




    
D’une maison à l’orée de l’oreille
j’entends glapissements et cris.
Mais où vivent nos membres ?
Disséminés et à bout de souffle
ils s’éparpillent encore.
Sous la chambre et l’escalier.

(Jacques Izoard)

 

Recueil: Lieux épars
Traduction:
Editions: De la Différence

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Bois l’eau vivante (Franck André Jamme)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018




    
« Bois l’eau vivante, disait-elle,
anime le tambour.

Rassemble tes choses aussi, qu’on entende leur voix :
la coquille et la lance, les lettres de lumière.

Écoute encore ce qui soigne,
le feu et son venin, la perle qui dort dans l’écho.

Et seulement alors, regarde-moi,
marche enfin sur l’éclat.

Fixe-moi longuement, tu verras,
je m’embraserai. »

(Franck André Jamme)

 

Recueil: La récitation de l’oubli
Traduction:
Editions: Flammarion

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Ils ne croient pas que la vie les aime (Franck André Jamme)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018



Illustration: Josephine Wall
    
«Ils ne croient pas que la vie les aime,
qu’elle est capable de se répandre entière :
il suffirait pourtant que le regard qu’ils posent soudain sur elle
soit réellement ému, et appelle. »

«Quel effort serait-ce pour eux de desserrer enfin les lèvres
et de prononcer : « bien aimée » ?
Dites-moi. »

[…]

«Tout variera, simplement, d’un auditeur à l’autre. »

« Un qui commencera par ne pas comprendre,
car il sera frappé de plein fouet, trop directement,
pourra quelques instants plus tard se mettre à entendre. »

«Alors, immédiatement, je serai sur sa bouche. »

« Et j’ouvrirai mon ciel entier. »

« À la circulation d’amour. »

(Franck André Jamme)

 

Recueil: La récitation de l’oubli
Traduction:
Editions: Flammarion

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MOUVEMENT (Luc Decaunes)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018




MOUVEMENT

Ce qui ne peut revenir
descend le long des murailles des villes
avec des suintements glacés
ce sont les visages tristes
entrevus au coin d’une rue d’hiver
les prunelles sont cachées
on ne voit qu’une larme peinte
qui ne cesse de couler

Ce sont les paroles gardées
dans la gorge tiède au fond de la poitrine
ce sont les deux ou trois paroles
d’amour ou d’amitié
qui n’ont pas été dites

Et déjà tout va plus vite
la fenêtre s’est refermée
on n’entend plus que le silence de la pluie
et le monde
qui continue de chanceler.

(Luc Decaunes)

Illustration: Mitty Desques

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BOIS D’AMOUR (Adolphe Boschot)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



Oleg Zhivetin _3

BOIS D’AMOUR

Il est un endroit solitaire
Où mon âme semble habiter ;
Là notre amour a pu se taire,
Nous l’entendions en nous chanter.

On y voit une eau calme et verte,
Sombre parmi des peupliers ;
C’est là que de mon âme ouverte
Tu vis les tourments familiers.

Près de moi tu restais très tendre
A m’abriter de ta pitié,
Et ton cœur ne voulait entendre
Que des mots chastes d’amitié…

Je pense à ce bois à toute heure,
De ma douleur il est connu :
C’est là que mon âme demeure,
Et je n’y suis point revenu.

(Adolphe Boschot)

Illustration: Oleg Zhivetin 

 

 

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Amour, toi le Larron… (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



Illustration: Marc Chagall
    
Amour, toi le Larron…

Amour, toi, le larron éternel, qui dérobes
Les lourds trésors des coeurs et le secret des robes !

Tu te glisses et te dissimules la nuit,
Et ton pas est le pas du traître qui s’enfuit…

Ton pas est plus léger que le doux pas du Songe !
Et l’on n’entend jamais ce bruit sournois qui ronge.

N’as-tu point d’amitié ? N’as-tu point de raison ?
Voici que s’insinue en mon coeur ton poison.

Epargne-moi ! Vois mon visage et mon front blême…
Mon ennemi. l’Amour, je te hais et je t’aime.

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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Attendez que ma Joie revienne (Barbara)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



 
    
Attendez que ma Joie revienne

Attendez que ma joie revienne
Et que soit mort le souvenir
De cet amour de tant de peine
Pour lequel j’ai voulu mourir
Avant de me dire je t’aime,
Avant que je puisse vous le dire,
Attendez que ma joie revienne
Et qu’au matin je puisse sourire.

Laissez-moi,
Le chagrin m’emporte et je vogue sur mon délire,
Laissez-moi,
Ouvrez cette porte,
Laissez-moi,
Je vais revenir.

J’attendrai que ma joie revienne
Et que soit mort le souvenir
De cet amour de tant de peine
Pour lequel j’ai voulu mourir
J’attendrai que ma joie revienne
Et qu’au matin je puisse sourire
Que le vent ai séché ma peine
Et la nuit calmé mon délire.

Si tu veux que ma joie revienne
Et qu’au matin je puisse sourire,
Vers ce pays où meurt la peine
Je t’en prie,
Laisse-moi partir
Il faut de mes amours anciennes
Que périsse le souvenir,
Pour que, libérée de ma chaîne,
Vers toi je puisse revenir…

Alors, je t’en fais la promesse
Ensemble nous irons cueillir
Au jardin, rue de la tendresse,
La fleur d’amour qui va s’ouvrir.

Mais c’est trop tôt pour dire je t’aime,
Trop tôt pour te l’entendre dire,
La voix que j’entends c’est la sienne
Ils sont vivants mes souvenirs…

Pardonne-moi,
C’est lui que j’aime
Le passé ne veut pas mourir.

(Barbara)

 

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La Dame Brune (Barbara)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



Barbara
    
La Dame Brune

Pour une longue dame brune, j’ai inventé
Une chanson au clair de la lune, quelques couplets.
Si jamais elle l’entend un jour, elle saura
Que c’est une chanson d’amour pour elle et moi.

Je suis la longue dame brune que tu attends.
Je suis la longue dame brune et je t’entends.
Chante encore au clair de la lune, je viens vers toi.
Ta guitare, orgue de fortune, guide mes pas.

Pierrot m’avait prêté sa plume ce matin-là.
A ma guitare de fortune j’ai pris le la.
Je me suis pris pour un poète en écrivant
Les mots qui passaient par ma tête comme le vent.

Pierrot t’avait prêté sa plume cette nuit-là.
A ta guitare de fortune, tu pris le la,
Et je t’ai pris pour un poète en écoutant
Les mots qui passaient par ta tête comme le vent.

J’ai habillé la dame brune dans mes pensées
D’un morceau de voile de brume et de rosée.
J’ai fait son lit contre ma peau pour qu’elle soit bien,
Bien à l’abri et bien au chaud contre mes mains.

Habillée de voile de brume et de rosée
Je suis la longue dame brune de ta pensée.
Chante encore au clair de la lune, je viens vers toi.
A travers les monts et les dunes, j’entends ta voix.

Pour une longue dame brune, j’ai inventé
Une chanson au clair de la lune, quelques couplets.
Je sais qu’elle l’entendra un jour, qui sait demain,
Pour que cette chanson d’amour finisse bien.

Bonjour, je suis la dame brune, j’ai tant marché.
Bonjour, je suis la dame brune, je t’ai trouvé.
Fais-moi place au creux de ton lit, je serai bien,
Bien au chaud et bien à l’abri contre tes reins

(Barbara)

 

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