Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘entendre’

Tout manque (Didier Carhen)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017



Illustration: Bénédicte Pontet
    

Tout manque

Une force
Secrète

L’éparpillement
De l’âme

J’entends d’abord
Les mains prochaines

(Didier Carhen)

 

Recueil: Les septs livres
Traduction:
Editions: La lettre volée

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Toute femme qui pleure (Jacqueline Kelen)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017



Illustration: Frederic Leighton
    
Toute femme qui pleure invite l’homme
à entendre le grand chant enfoui,
le grand chant perdu de l’amour.

Les femmes qui pleurent comme psalmodient les sirènes
entraînent l’homme vers le profond, vers l’invisible :

doit-on plaindre ces noyés qui ont rejoint l’origine ?
ou faut-il continuer à avancer à petits coups de rames,
de larmes, sur la mer périlleuse de la vie ?

(Jacqueline Kelen)

 

Recueil: Les Larmes
Traduction:
Editions: Alternatives

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Rouge-gorge, mon ami (René Char)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017



Rouge-gorge, mon ami, qui arriviez quand le parc était désert,
cet automne votre chant fait s’ébouler des souvenirs
que les ogres voudraient bien entendre.

(René Char)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Je vais plus loin que la route (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



Tel un vagabond
Je pars pour les montagnes désertes.
(Milarépa)

Je vais plus loin que la route,
plus haut que les alpages
près des rochers ou rien ne pousse.
La lionne suit la ligne des neiges,
l’aigle tourne dans l’azur,
j’entends les cris des petits singes.
Le vent s’est fait mon équipage,
la nuit la compagne de mon coeur
et le soleil m’offre à boire.
Si tout me manque rien ne manque,
prenez les braises de mon foyer,
je vis d’un souffle de feu.
(Le vagabond se joue des apparences,
le vagabond met l’infini dans son jeu,
il chante follement sa folle liberté.)
Je vais plus loin que mon refuge,
plus haut que l’écho des vallées
près de la seule lumière.

(André Velter)

 

 

 

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L’ouïe fine (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2017




L’ouïe fine

Les poissons parlent quel charivari
On ouvre les ouïes pour entendre
Leurs discours océaniens
On n’entend rien
Il faut avoir l’oreille maritime
Pour percevoir ce que ces vertébrés expriment
Sinon l’on n’entend rien
Que le cri des mouettes
La sirène d’un navire le ressac
Et les galets roulés

(Raymond Queneau)

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Le jardin précieux (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2017



Le jardin précieux

Les pourpres hortensias timides en leur coin
écoutaient les clochettes à l’entrée du jardin
Les galants gardénias dans leurs suaves pourpoints
entendaient le doux cri des arbres enfantins
Les charmants géraniums agiles et mutins
se lavaient les cheveux tout autour du bassin
Les violettes émues en robe de satin
tendrement respiraient le bon air du matin

Une gente fillette avec un sécateur
en fit tout un bouquet – la fin de ce bonheur

(Raymond Queneau)

 

 

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CRIS DE PARIS (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017




    
CRIS DE PARIS

On n’entend plus guère le repasseur de couteaux
le réparateur de porcelaines le rempailleur de chaises
on n’entend plus guère que les radios qui bafouillent
des tourne-disques des transistors et des télés
ou bien encore le faible aye aye ouye ouye
que pousse un piéton écrasé

(Raymond Queneau)

 

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Dit de la Force et de l’Amour (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017




    
Dit de la Force et de l’Amour

Entre tous mes tourments entre la mort et moi
Entre mon désespoir et la raison de vivre
Il y a l’injustice et ce malheur des hommes
Que je ne peux admettre il y a ma colère

Il y a les maquis couleur de sang d’Espagne
Il y a les maquis couleur du ciel de Grèce
Le pain le sang le ciel et le droit à l’espoir
Pour tous les innocents qui haïssent le mal

La lumière toujours est tout près de s’éteindre
La vie toujours s’apprête à devenir fumier
Mais le printemps renaît qui n’en a pas fini
Un bourgeon sort du noir et la chaleur s’installe

Et la chaleur aura raison des égoïstes
Leurs sens atrophiés n’y résisteront pas
J’entends le feu parler en riant de tiédeur
J’entends un homme dire qu’il n’a pas souffert

Toi qui fus de ma chair la conscience sensible
Toi que j’aime à jamais toi qui m’as inventé
Tu ne supportais pas l’oppression ni l’injure
Tu chantais en rêvant le bonheur sur la terre

Tu rêvais d’être libre et je te continue.

(Paul Eluard)

 

Recueil: Poèmes politiques
Traduction:
Editions: Gallimard

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J’entends vibrer ta voix (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017


entre ciel et terre

 

Ta bouche aux lèvres d’or n’est pas en moi pour rire
Et tes mots d’auréole ont un sens si parfait
Que dans mes nuits d’années, de jeunesse et de mort
J’entends vibrer ta voix dans tous les bruits du monde.

(Paul Eluard)

 

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La terre est bleue (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017


Terre

 

La terre est bleue comme une orange
Jamais une erreur les mots ne mentent pas
Ils ne vous donnent plus à chanter
Au tour des baisers de s’entendre
Les fous et les amours
Elle sa bouche d’alliance
Tous les secrets tous les sourires
Et quels vêtements d’indulgence
À la croire toute nue.

Les guêpes fleurissent vert
L’aube se passe autour du cou
Un collier de fenêtres
Des ailes couvrent les feuilles
Tu as toutes les joies solaires
Tout le soleil sur la terre
Sur les chemins de ta beauté.

Oeil de sourd
Faites mon portait.
Il se modifiera pour remplir tous les vides.
Faites mon portrait sans bruit, seul le silence,
A moins que – s’il – sauf – excepté –
Je ne vous entends pas.

Il s’agit, il ne s’agit plus.
Je voudrais ressembler –
Fâcheuse coïncidence, entre autres grandes affaires.
Sans fatigue, têtes nouées
Aux mains de mon activité.

(Paul Eluard)

 

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