Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘entraîner’

Chacun héberge l’Infini en soi-même (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019



Illustration: Josephine Wall    
    
Chacun héberge l’Infini en soi-même;
dès que vous aimez quelqu’un,
vous êtes entraîné au fond de son Infini,
vous recevez le don de son Infini…

Sous l’effet de l’amour,
l’amant trouve accès à l’Infini à l’intérieur d’une personne,
là même où cette personne cesse d’être finie ;

plus vous faites don de votre cœur, plus vous en recevez ;
plus vous contemplez, plus vous découvrez de nouveautés;
plus vous devenez capable, plus vous pouvez y immerger…

Là où il n’y a pas d’amour, il y a restreinte ;
là précisément se ferment les portes du grand Infini;
il y a là, de tout côté, un sol d’acier, une prison.
Celui qui n’a pas appris à aimer le monde
est une personne enfermée dans un trou noir.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt Dièse, Tantôt Bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: Shahitya Prakash

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La flûte de Stravinsky (Mina Loy)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2019




    
La flûte de Stravinsky

Le cou du cygne se contracte
et le cygne
quitte les marécages du Silence

Une voix d’évangile de haute glace
s’envole à travers la voûte fendue

Le siffleur élyséen
entraîne une tresse de sons
dans l’altitude flûtée

comme la main d’un Hindou lancerait
une corde jusqu’au Nirvana

S’élèvent
aiguës les résonances d’étoiles —

À cette écoute
la bouche et l’oreille
de la musique
ne font qu’une

(Mina Loy)

 

Recueil: Il n’est ni vie ni mort, poésie complète
Traduction: Olivier Apert
Editions: Nous

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA LUMIÈRE TOMBÉE DE LA NUIT (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2019




    
LA LUMIÈRE TOMBÉE DE LA NUIT

verse sphinge
tes larmes dans mon délire
pousse avec des fleurs dans mon attente
car le salut célèbre
le jaillissement du néant

verse sphinge
la paix de tes cheveux de pierre
dans mon sang enragé

je ne comprends plus la musique
de l’ultime abîme
j’ignore le sermon
du bras du lierre
mais je veux être à l’oiseau amoureux
qui entraîne les fillettes
ivres de mystère
je veux l’oiseau savant en amour
le seul qui soit libre

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Les aventures perdues
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Ypfilon

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

CONFIDENCES (André Spire)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2019



 

Alexander Daniloff

CONFIDENCES

Les cœurs bavardent, les cœurs se disent
Tu bats trop fort…
— Toi, tu bats trop lentement.
— J’ai battu si vite, si vite !
— Et moi pas assez encore…
Tout m’appelle,
Tout m’attire, m’entraine,
Les femmes, les larmes, les livres,
Les villes, les fleuves, le ciel.

(André Spire)

Illustration: Alexander Daniloff

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

BERCEUSE (André Spire)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



 

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

BERCEUSE

Mer, parle-moi des galets que tu roules…
N’es-tu jamais lasse ?
Des rochers dont tu fais du sable,
De tes rides, de tes bulles, de tes écumes, de ton odeur ;
Des pins que ta rosée fait jaillir de tes îles
Et que tes vents tourmentent ;
De tes aubes de lait;
Des poissons, des coquilles, des algues, des méduses
Qui naissent, se fécondent, se balancent en toi
Et de tous ceux qui meurent
N’es-tu jamais lasse ?

Parle-moi de la voûte du ciel qui t’attire,
Des étoiles qui voudraient se mirer dans tes eaux
Et dont tes vagues brisent, sans cesse, les images.
Du soleil qui te fuit à l’aurore, qui t’aspire, t’entraîne,
Que, le soir, tu voudrais retenir dans ta couche,
Qui t’échappe toujours

Parle-moi des galets.
N’es-tu jamais lasse

(André Spire)

Illustration: ArbreaPhotos

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Comment seras-tu entraîné dans Sa danse (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019




    
Comment seras-tu entraîné dans Sa danse
Si ton chant ne se fait poreux à Sa lumière ?

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Levain de ma joie
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , | 1 Comment »

Souvent, nous suivons à la trace des rêves (Claude Mourthé)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2018



 

Ana Cruz 3

Souvent, nous suivons à la trace des rêves
qui, sans se lasser, nous entraînent
par les mêmes chemins.
Nous les croyons connus, parce qu’ils défient le temps.
Mais le promeneur angoissé est-il toujours le même

(Claude Mourthé)

Illustration: Ana Cruz

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Pétale de jasmin (Yannis Ritsos)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2018



Pétale de jasmin, dans un verre d’eau,
dans quel lointain voyage tu m’entraînes.

(Yannis Ritsos)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

Ne crie pas… (Vénus Khoury-Ghata)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2018



 Illustration: Pascal Renoux
    
Ne crie pas…

Ne crie pas
sollicite à voix basse la sueur écarlate
traîne-la par les cheveux hors du mur circulaire
et de sa rouge meurtrière

Humecte la ligne de partage entre aine et plaine
là où guette l’abeille
celle qui perce le vide
étourdit le sang
enfume labyrinthe et gosier

Ne crie pas te dis-je si tu veux entraîner le monde dans ta noyade
nage en amont en abysses dans un bruit de vagues et de vasques

Refoule l’écume
elle encombre le seuil
obstrue la voûte
réveille par son clapotis barque et timonier

À main basse te dis-je

(Vénus Khoury-Ghata)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Il n’y aura plus personne pour souffler sur le feu (Gérard Macé)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018




    
«Il n’y aura plus personne pour souffler sur le feu, quand
nous ne lirons plus les grands récits. »
Cette fausse prophétie s’est logée dans ma mémoire,
parce que nous jouons souvent à nous faire peur,
et parce que certaines phrases refusent de tomber dans l’oubli.
Je les lance ici à la volée, comme des cendres
qu’on disperse au-dessus de la page blanche.

Phrases inachevées ou sans début, ce sont mes étoiles
filantes, qui traversent en plein jour le ciel de la pensée.
Je forme un voeu quand je les aperçois :
le voeu de ne pas les abandonner aux ténèbres,
ni de me laisser entraîner dans leur course à l’abîme.

(Gérard Macé)

 

Recueil: Filles de la mémoire
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :