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Posts Tagged ‘entrebâillée’

Secret celui-là (Teresa Rita Lopes)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2018



Secret celui-là

Secret celui-là qui m’habite comme un galet
perdu dans les vagues
qui revient au coin d’une rue
dans un train inattendu dans un vers subit
ans les yeux d’une bête d’un enfant
dans une odeur
dans une saveur tout juste arrivés de loin
celui-là le disparu
qui est resté mon compagnon cette voile de brume
à qui j’ai ouvert grand mon coeur
celui des rencontres complices dans
les greniers de l’enfance
seulement pour celui-là la porte est
ouverte entrebâillée toujours.
Je serai dans le jardin
dans la cuisine au grenier
au soleil à la pluie
nue habillée
en train d’écrire ou de dormir de manger du pain et du fromage
des raisins de boire du café.
Lui seul peut entrer à n’importe quelle
heure
s’asseoir sur la chaise basse ou par terre
et seules mes mains sourient savent se rendent compte
comme des aveugles elles touchent ses cheveux sa peau et
en un ravissement serein le reconnaissent.

***

Esse secreto esse

Esse secreto esse que me habita como um seixo
perdido nas ondas
que regressa ao voltar dura esquina
num comboio inesperado num verso sùbito
nos olhos de um bicho de um menino
num cheiro num sabor
recém-chegados de longe
esse o desaparecido
que ficou meu companheiro essa vela de bruma
a que rasguei o peito
o dos encontros cùmplices na
varanda da infância
apenas para esse a porta esta
aberta mal encostada sempre.
Estarei no quintal
na cozinha na varanda
ao sol â chuva
nua vestida
escrevendo ou dormindo comendo pâo com queijo
uvas bebendo café.
Sô ele pode entrar a qualquer
hora
sentar-se na cadeira baixa ou no châo
e sô as minhas mâos sorriem sabem dâo por isso
como cegas lhe tocam os cabelos a pele e
em sereno alvoroço o reconhecem.

(Teresa Rita Lopes)


Illustration

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CIEL À MOITIÉ ACHEVÉ (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2016



CIEL À MOITIÉ ACHEVÉ

L’accablement suspend son vol.
L’angoisse suspend sa course.
Le vautour cesse de fuir.

Fougueuse, la lumière afflue,
même les fantômes en prennent une gorgée.

Et nos tableaux ressortent au grand jour,
animaux rouges de nos ateliers de l’ère glaciaire.

Tout regarde à l’entour.
Nous marchons par centaines sous le soleil.

Les hommes restent une porte entrebâillée
donnant sur une salle commune.

Le sol interminable sous nos pas.

L’eau reluit entre les arbres.

Le lac est une fenêtre ouverte sur la terre.

(Tomas Tranströmer)

Illustration: Leonid Afremov

 

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