Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘entrée’

TRIOMPHALE ENTREE DE LA MORT (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2021



 

Alberto Pancorbo n55

TRIOMPHALE ENTREE DE LA MORT

Voici la plus belle, la pure, celle qui vient avec le vent, avec
l’ami, et portée par les routes géantes de la mer, la toute
ouverte, la tant couverte par les anges et les capitaines qui
furent grands aux temps anciens, la trop parée, et qui va nue,

voici son front qui est de braise, voici son sein bleu comme
le ciel après l’orage,

voici sa main qui a pitié,

voici sa main qui est guerrière,

une courtisane,

une paysanne qui va très loin dans sa campagne redresser l’épi
courbé, et des jachères l’accompagnent jusqu’au porche de
la nuit,

une paysanne qui va de saison en saison, qui sarcle et brûle
le chiendent, qui fait sillon après sillon, le dos courbé, proche
la glèbe,

une paysanne de fenaison,

une courtisane,

une reine étendue sous les dais du désert, avec des gazelles
pour compagnes, et au loin, très loin, voici venir le cri roux
des buccins de la nuit,

une reine dressée au seuil de son empire, sous l’arbre qui est
rouge, une reine qui fait justice et injustice dans son coeur noir,

une courtisane,

qui entre, les lèvres peintes et drapée de tissus étranges où des
oiseaux sont imprimés, oui,

qui triomphe.

(Hubert Juin)

Illustration: Alberto Pancorbo

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le toit au-dessus de la tête (Walter Helmut Fritz)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2021



Illustration 
    

Le toit au-dessus de la tête

Toujours à la recherche
du toit au-dessus de la tête
– une entrée, un escalier,
quelques pièces –
mais existe-t-il ?
Peut-être n’existe-t-il pas,
peut-être n’existe en fait
que le toit de nos rêves.

***

Das Dach überm Kopf
Immer auf der Suche
nach dem Dach überm Kopf
– ein Eingang, eine Treppe,
einige Räume –
aber gibt es das ?
Vielleicht gibt es das nicht,
vielleicht gibt es tatsächlich
nur das Dach unserer Träume.

(Walter Helmut Fritz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Werkzeuge der Freiheit –
Traduction: Traduit de l’allemand par Laurent Margantin
Editions:

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

On se met la nuit sur le dos… (Bohdan Chlibec)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2021




    
On se met la nuit sur le dos…

On se met la nuit sur le dos,
ce manteau de tissu fort pour l’hiver.
On achète le journal du matin.
On dédie une petite réflexion
à ces deux faits
pendant le trajet de métro.
Le soir, on les retire,
la nuit pend à nouveau dans l’entrée.

(Bohdan Chlibec)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Cendres sous la neige
Traduction: Traduit du tchèque par Petr Zavadil & Cédric Demangeot
Editions: Pariah

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Arrivant la nuit devant le logis d’un pêcheur (Zhang Ji)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2020




    
Arrivant la nuit devant le logis d’un pêcheur

A l’entrée du fleuve, un logis de pêcheur
L’eau du lac effleure la porte de bois
Le voyageur frappe pour la nuit, nulle réponse :
Le maitre n’est pas encore de retour

Un sentier se perd au profond des bambous
Surgit la lune, éclairant peu de barques…
Soudain, sous son manteau de jonc mû par la brise
Là-bas, le pêcheur qui cherche la berge de sable

(Zhang Ji)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Ni entrée ni sortie (Mayuzumi Madoka)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2019




    
Ni entrée
ni sortie
dans le grand champ de fleur

***

(Mayuzumi Madoka)

 

Recueil: Haikus du temps présent
Traduction: Corinne Atlan
Editions: Philippe Picquier

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

DEMAIN LA VEILLE (extrait) (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2019



 

Ohara Koson  __

DEMAIN LA VEILLE (extrait)

Les pousses adoptent sous la terre
Un comportement menuisier
Patience et géométrie
Un atelier sans liberté
Polit des linteaux d’étamines

J’apprends à retarder les mots
Par un mimétisme pareil
Une prudence de fraisier
Dans un printemps frileux

Par les tiges souples du feu
Je connais le vent, cru
l’ouest
Je vois par un ramier
J’entends par un renard

Le chat m’ouvre un été
La tulipe un soleil

Par les lettres vertes de l’eau
Et par le corps heureux des pierres
Je connais l’issue et l’entrée :
une population d’oiseaux
une mouche dont je suis l’aile.

(Luc Bérimont)

Illustration: Ohara Koson

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Nous cherchons (Richard Rognet)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2019




    
Nous cherchons,
sous d’instables
ruines, la preuve
de notre existence,

mais il suffit
d’un ver luisant
dans la pénombre,

pour que le monde
se révèle et que
cette frêle clarté

indique l’entrée
d’un domaine
que nous n’avions
pas soupçonné.

(Richard Rognet)

 

Recueil: Un peu d’ombre sera la réponse
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

ENTRÉE LE MATIN (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2019



ENTRÉE LE MATIN

Le goéland à manteau noir, ce marin du soleil, garde le cap.
Sous lui, la mer.
Le monde sommeille encore telle
une pierre multicolore qui repose dans l’eau.
Journée inexpliquée. Des jours –
pareils à l’écriture des Aztèques!

La musique. Et j’étais prisonnier
de sa haute lice,
les bras levés – comme une figure
de l’art populaire.

(Tomas Tranströmer)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Sans cogiter (Natsumi Sôzeki)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2018



    

Sans cogiter, honorer le Bouddha, c’est voir l’esprit même.
Face aux moines d’un temple en montagne, un poétique émoi.

Pins et chênes, depuis des siècles, sont à l’entour du mur;
Lianes et lierres passent en un jour par-dessus la haie.

Les livres sur la Voie n’éclairent pas l’entrée de la grotte,
Les stances sur le Vrai n’ôtent guère la mousse des pierres !

Je demande aux austères pratiquants du recueillement :
Dans l’air pur des monts verdoyants, où sont les grains de poussière?

(Natsumi Sôzeki)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Alain-Louis Cola
Editions: Le bruit du Temps

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

MERCI BEAUCOUP (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2018



MERCI BEAUCOUP

Il faut tant marcher par le monde
pour constater certaines choses,
certaines lois de soleil bleu,
le bruit central de la douleur,
l’exactitude printanière.

J’atermoie par trop les problèmes :
je rejoins tard l’amphithéâtre
où l’on attend de voir paraître
la digne soupe des centaures!
Les vainqueurs sont là, rutilants,
et l’automne s’y multiplie.

Je vis, mais pourquoi? exilé
de la merveille des oranges.

J’ai compris petit à petit
qu’en ces journées si étouffantes
j’épuise ma vie à m’asseoir,
j’use le jour sur les tapis.

Puisqu’on m’a refusé l’entrée
dans la maison des empressés,
de ceux qui sont venus à temps,
je veux savoir ce qu’il en fut
quand on a refermé les portes.

Quand on a refermé les portes
et que le monde a disparu
dans un murmure de chapeaux
qui répétaient comme la mer
un éblouissant mouvement.

Connaissant mes motifs d’absence
qu’on me pardonne ma conduite.

(Pablo Neruda)


Illustration: René Magritte

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :