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Poésie

Posts Tagged ‘entrelacer’

AU NET (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2019



AU NET

Dans l’ombre de la montagne
sous les sapins foudroyés
ce mamelon d’aiguilles roses
grouille du lent tourbillon
des fourmis-hiéroglyphes
qui entrelacent et brouillent
un dessin dicté.

(Jean Mambrino)

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PAIX SUR LA TERRE (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2019



Illustration: Jacob Jordaens

Peintures Jacob Jordaens au Sénat
    
PAIX SUR LA TERRE

L’Archer est debout!
Le Cygne envolé!
Or contre bleu
Une flèche allongée.
On chasse dans le ciel –
Dors en paix jusqu’à demain.

Les Ourses sont au loin!
L’Aigle hurle!
Or contre bleu
Leurs veux étincellent!
Dors!
Dors en paix jusqu’à demain.

Les Soeurs reposent
Leurs bras entrelacés:
Or contre bleu
Leurs cheveux brillent!
Le Serpent s’entortille!
Orion écoute!
Or contre bleu
Son épée scintille!
Dors!
On chasse dans le ciel –
Dors en paix jusqu’à demain.

***

PERCE ON FARTE

The Archer is wake!
The Swan is flying!
Gold against blue
An Arrow is lying.
There is hunting in heaven
Sleep safe tilt to-morrow.

The Bears are abroad !
The Eagle is screaming!
Gold against blue
Their eyes are gleaming!
Sleep !
Sleep safe till to-morrow.

The Sisters lie
With their arms intertwining;
Gold against blue
Their hair is shining!
The Serpent writhes!
Orion is listening!
Gold against blue
His sword is glistening!
Sleep!
There is hunting in heaven
Sleep safe till to-morrow.

(William Carlos Williams)

 

Recueil: Les Humeurs
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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Si tu veux que je meure… (Rémy Belleau)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2019



 

Giampaolo Ghisetti -  (1)

Si tu veux que je meure…

Si tu veux que je meure entre tes bras, m’amie,
Trousse l’escarlatin de ton beau pellisson
Puis me baise et me presse et nous entrelassons
Comme, autour des ormeaux, le lierre se plie.

Dégraffe ce colet, m’amour, que je manie
De ton sein blanchissant le petit mont besson :
Puis me baise et me presse, et me tiens de façon
Que le plaisir commun nous enivre, ma vie.

L’un va cherchant la mort aux flancs d’une muraille
En escarmouche, en garde, en assaut, en bataille
Pour acheter un nom qu’on surnomme l’honneur.

Mais moy, je veux mourir sur tes lèvres, maîtresse,
C’est ma gloire, mon heur, mon trésor, ma richesse,
Car j’ai logé ma vie en ta bouche, mon coeur.

(Rémy Belleau)

Illustration: Giampaolo Ghisetti

 

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Que l’enfantin récit (Lewis Carroll)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2018



Lewis Carroll
    
Que l’enfantin récit, par ta main caressé,
Soit bien reçu, Alice ;
Dépose-le avec les rêves du passé
Qu’entrelace Mémoire,
Comme ces fleurs qui, par le pèlerin tressées,
Meurent loin de leur sol.

(Lewis Carroll)

 

Recueil: Alice au Pays des Merveilles / De l’autre côté du Miroir
Traduction:
Editions: Folio

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QUAND QUELQUE CHOSE DOUCEMENT (Gottfried Benn)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



QUAND QUELQUE CHOSE DOUCEMENT

Quand quelque chose doucement dans un murmure t’enveloppe,
semblable à la splendeur de la glycine sur ce mur
vient alors l’heure de ce deuil
de ne pas te savoir riche et inépuisable,

comme les fleurs ou comme la lumière :
venant en rayons, se métamorphosant,
oeuvrant à des dessins semblables
que n’entrelace tous que l’une des ivresses,

que l’un des velours où reposent les choses
coulant ainsi et ainsi compactes,
qui tracent les frontières, retiennent les heures
et ne font rien en ce deuil.

(Gottfried Benn)

 

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Ah soudain la peur (Edouard Glissant)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018




    
Ah soudain
la peur d’être deux
dans la beauté.

L’éclair de toi la chevelure des neiges
l’éclair de moi et amour entrelacés.
Toi serpente et labourée.
Moi, écume de tes pas.

(Edouard Glissant)

 

Recueil: Le sel noir
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je m’éveille et vois (Jean-Pierre Faye)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2018



Illustration: Andrzej Malinowski
    
je m’éveille et vois les lignes du noir
et je les touche en sommeil dans la main
elles se retournent en douceur d’épaules
. et leurs mains me parlent et elles viennent
et me parlent par jambes entrelacées et sommeil
. de toison et de ventre et chaleur
qui se retourne encore et qui vient
s’envelopper de moi-même et de soi
. à perte d’ombre sans vue et sans mot

car vous êtes âme du corps et jouissance
du sommeil et d’éveil et d’enveloppement
et dans le gris de nuit flamme et brûlure
. et joie cri abrupt et geste d’écart
dans les jambes et retour des bras et des bouches
langue contre langue et mot dans le mot
. pour ne pas dire qui flambe
corps à corps en nuit
car vous êtes forme du corps

(Jean-Pierre Faye)

 

Recueil: Eclat Rançon
Traduction:
Editions: De la Différence

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Elle avait entrebâillé les yeux (Silvia Baron Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2017



Illustration: Charlotte Musson
    
elle avait entrebâillé les yeux
pour admirer les étoiles
qui ne sont pas pour nous
et pour mourir avant sa mort
elle avait entrelacé les mains
en espérant que le souvenir
de l’amour rallumerait ses yeux
le sourire de ses lèvres
la transparence de son front
comme voulant encore
célébrer la beauté

(Silvia Baron Supervielle)

 

Recueil: Sur le fleuve
Editions: Arfuyen

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Le chant (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2017


Le-chant-des-cherubins

Le chant
Cherche à entrelacer

Le mouvement,
L’immobilité.

(Guillevic)

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Si tu veux que je meure (Rémi Belleau)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2017



Si tu veux que je meure entre tes bras, m’amie,
Trousse l’escarlatin de ton beau pellisson
Puis me baise et me presse et nous entrelassons
Comme, autour des ormeaux, le lierre se plie.

Dégraffe ce colet, m’amour, que je manie
De ton sein blanchissant le petit mont besson :
Puis me baise et me presse, et me tiens de façon
Que le plaisir commun nous enivre, ma vie.

L’un va cherchant la mort aux flancs d’une muraille
En escarmouche, en garde, en assaut, en bataille
Pour acheter un nom qu’on surnomme l’honneur.

Mais moy, je veux mourir sur tes lèvres, maîtresse,
C’est ma gloire, mon heur, mon trésor, ma richesse,
Car j’ai logé ma vie en ta bouche, mon coeur.

(Rémi Belleau)

 Illustration:  John Buckland Wright

 

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