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Poésie

Posts Tagged ‘entrelacs’

AU PRIME TEMPS (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2018




AU PRIME TEMPS

Des trilles de pluie, de pleurs,
Ça giboule par les traboules,
Le ciel s’éclaire de pâleurs
Fièvre du nuage qui roule,

Battent les averses vernales
Syncopées de coups de soleil.
Noctuelles en saturnales,
Chats en ravaud, vaches, remeils.

La terre aux seins froids de rosées,
Les anges étendus de long
Et les filles bien reposées
Qui vont dansant sur leurs talons,

La redondance des glycines,
Les pampres frileux des lilas,
Puis la jonquille qui dessine
Ses lacs d’or sous les entrelacs

Et ces matins de coeur battant
Plus doux que le duvet des songes,
Caresses lentes des printemps
D’où l’on sort vif comme des plonges

Plus doux que le duvet des oies
— Les pêchers fleuris dans tes yeux
Qui se levaient, me disaient « Toi… » —
Et pourtant, que je t’aime mieux

Depuis que tu dors sous mon toit
Où se sont aimés tant de dieux.

(Maurice Fombeure)

 

 

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J’ai vu (Louise de Vilmorin)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018




J’ai vu plus d’un adieu se lever au matin,
J’ai vu sur mon chemin plus d’une pierre blanche,
J’ai vu parmi la ronce et parmi le plantain
Plus d’un profil perdu, plus d’un regard éteint
Et plus d’un bras, la nuit, que me tendaient les branches.

Par le calme et la pluie et le souffle du vent,
J’ai vu passer les mots qu’un baiser accompagne
J’ai vu ces baisers là s’en aller au couvent
Et dans le flot des lacs où le temps va, rêvant,
J’ai vu plus d’un noyé dont je fus la compagne.

J’ai vu tous mes regrets guetter mon avenir,
L’amour me délaisser pour une autre nature,
Mon coeur, mal estimé, de loin me revenir
Et ce coeur me rester pour battre ma mesure.

Ces mains, ces yeux, ces bras où passa mon destin,
Ces profils éperdus ne pesant plus une once,
Je les revois dans l’onde et l’arbre et le plantain
Et je vois mon destin dans l’entrelacs des ronces

(Louise de Vilmorin)

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Renoncer (Chantal Dupuy-Dunier)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2018



Illustration
    
Renoncer.
Ce verbe comporte en son ventre
l’aveu du non-sens
et un entrelacs d’épines.
A sa vue se cabrent les étalons
et les poèmes.

(Chantal Dupuy-Dunier)

 

Recueil: Mille grues de papier
Traduction:
Editions: Flammarion

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La neige (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2017



Illustration
    
La neige

Partout cette chape d’hermine
A la souple onctuosité
Sur la laideur qu’elle élimine
Etend sa somptuosité.

Bouquets de grands lys qu’illumine
Le reflet d’un jour argenté,
Marbre, lait, blancheur d’étamine,
Fastueuse idéalité,

C’est la neige que le givre aime,
Perles ou diamants qu’il sème,
Couvrir de ses fins entrelacs.

La lune y glisse et métallise
Sa surface où l’hurlante bise
Chante comme pleure un coeur las.

(Marie Dauguet)

 

 

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Les feux du bivouac (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2016



 

Bivouac

Les feux du bivouac

Les feux mouvants du bivouac
Éclairent des formes de rêve
Et le songe dans l’entrelacs
Des branches lentement s’élève

Voici les dédains du regret
Tout écorché comme une fraise
Le souvenir et le secret
Dont il ne reste que la braise

(Guillaume Apollinaire)

Illustration

 

 

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L’abîme insondable (Miguel Espejo)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2016



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L’abîme insondable

J’attends avec anxiété
que des jambes inconnues
ouvertes à l’infini
me capturent et me dévorent
Mais je ne pourrai jamais les combler
et je boirai en silence
les cascades qui jaillissent de leur centre
drapé dans des entrelacs de chair
qui jamais ne me donneront de réponse.

(Miguel Espejo)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Mtysz

 

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Notre entrelacs d’amour (Jean Cocteau)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2016



Albena Vatcheva   (26) [1280x768]

Notre entrelacs d’amour à des lettres ressemble,
Sur un arbre se mélangeant ;
Et, sur ce lit, nos corps s’entortillent ensemble,
Comme à ton nom le nom de Jean.

Croiriez-vous point, ô mer, reconnaître votre oeuvre,
Et les monstres de vos haras,
Si vous sentiez bouger cette amoureuse pieuvre
Faite de jambes et de bras.

Mais le noeud dénoué ne laisse que du vide ;
Et tu prends le cheval aux crins,
Le cheval du sommeil, qui, d’un sabot rapide,
Te dépose aux bords que je crains.

(Jean Cocteau)

Illustration: Albena Vatcheva

 

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Cet entrelacs, le poème l’écarte (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2016



Cet entrelacs
De pensées, de rêves,
De vues, de visions,
De souvenirs, d’aspirations,

Qui occupe tes loisirs
Et souvent te pèse,

Cet entrelacs,
Le poème l’écarte,
Le chasse
Au profit d’un centre

Où tu trouves l’espace
Pour tes dimensions.

(Guillevic)

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J’AI VU (Louise de Vilmorin)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2015



J’AI VU

J’ai vu plus d’un adieu se lever au matin,
J’ai vu sur mon chemin plus d’une pierre blanche,
J’ai vu parmi la ronce et parmi le plantain
Plus d’un profil perdu, plus d’un regard éteint
Et plus d’un bras, la nuit, que me tendaient les branches.

Par le calme et la pluie et le souffle du vent
J’ai vu passer les mots qu’un baiser accompagne.
J’ai vu ces baisers-là s’en aller au couvent
Et dans le flot des lacs où le temps va, rêvant,
J’ai vu plus d’un noyé dont je fus la compagne.

J’ai vu tous mes regrets guetter mon avenir,
L’amour me délaisser pour une autre nature
Mon coeur, mal estimé, de loin me revenir
Et ce coeur me rester pour battre ma mesure.

Ces mains, ces yeux, ces bras où passa mon destin
Ces profils éperdus ne pesant plus une once,
Je les revois dans l’onde et l’arbre et le plantain
Et je vois mon destin dans l’entrelacs des ronces.

(Louise de Vilmorin)

 

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