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Poésie

Posts Tagged ‘entreprise’

L’OUVRAGE (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2018




    
L’OUVRAGE

L’heure tant attendue est venue : terminé, l’ouvrage de tant d’années.
D’où vient alors cette étrange tristesse qui me tenaille en secret ?
Ou, l’exploit réalisé, serais-je comme l’ouvrier inutile
étranger à toute entreprise une fois le salaire reçu ?
Vais-je regretter ce travail, compagnon silencieux des nuits,
ami de l’Aurore aux doigts d’or et de pénates sacrées ?

***

(Alexandre Pouchkine)

 

Recueil: L’heure de la nuit Poèmes
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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LA FOURMI ET LA CIGALE (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017




    

LA FOURMI ET LA CIGALE

Une fourmi fait l’ascension
d’une herbe flexible
elle ne se rend pas compte
de la difficulté de son entreprise

elle s’obstine la pauvrette
dans son dessein délirant
pour elle c’est un Everest
pour elle c’est un Mont Blanc

ce qui devait arriver arrive
elle choit pafatratement
une cigale la reçoit
dans ses bras bien gentiment

eh dit-elle point n’est la saison
des sports alpinistes
(vous ne vous êtes pas fait mal j’espère ?)
et maintenant dansons dansons
une bourrée ou la matchiche

(Raymond Queneau)

 

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Regardez (Georges Ribemont-Dessaignes)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017



 

Regardez, regardez, Messieurs, voyez cette puissante entreprise,
Et comme ils travaillent sans trêve, se retournant dans
les draps de la vie comme en un lit de cauchemar,
Avec la sueur au front, les mains moites, et poursuivant
on ne sait quelle aventure inéluctable,
Comme des employés de bureau d’une administration
impitoyable, devant une porte toujours fermée sur
laquelle un numéro se lit,
C’est là sans doute que repose le centre de l’affaire, le grand patron,
C’est le numéro 0,
Et si par hasard quelqu’un entrait, il verrait qu’il n’y a personne,
On ne voit rien, il n’y a ni table, ni chaise, ni téléphone,
ni rien qui vaille, pas de fenêtre non plus,
Rien que des vieux murs sans papier, absolument rien,
ni trace de personne,
N’empêche que c’est le bureau du patron, le numéro 0,
Et ils continuent à accomplir leur besogne, oh ! pour-quoi,
sans doute parce qu’il faut manger et qu’il y a des gosses à la maison,

(Georges Ribemont-Dessaignes)

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La Mer!… Ma vie!… Oh! la fleurir de beaux départs! (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2016



La Mer!… Ma vie!… Oh! la fleurir de beaux départs!
Faire voguer là-bas d’épiques entreprises
Et l’intrépide aller vers des Terres Promises
Avec au coeur, comme un soleil qui flambe, l’Art!

(Charles Vildrac)

Illustration: Audrey Arfi

 

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Je porte au coeur une maison secrète (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2015




Je porte au coeur une maison secrète

Je porte au cœur une maison secrète,
Un temps, un lieu, quelque tiède retraite
Où vous et moi, la nuit comme le jour,
Tout ne serait qu’entreprises d’amour,
Mais d’un amour de qui l’esprit travaille
Car sans génie il n’est d’amour qui vaille.

Quoi de plus doux que d’orner le baiser
Qu’après les corps, les âmes composer
Et recréer par adorable échange
L’être total que font la bête et l’ange ?
Oh … Que je vois ce tendre Paradis …

J’y suis … Dis-moi si toi tu le vois, DIS ?

(Paul Valéry)

Illustration: Henry Cousinou

 

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