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Posts Tagged ‘entretien’

ENTRETIEN (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2018



terr de diamant

 

ENTRETIEN

« Qu’est-ce que tu penses du mouvement hippy ?
– c’est une fleur céleste.
– Et toi, qu’est-ce que tu cherches ?
– La terre de diamant. »

*

INTERVIEW

« What do you think of the hippy movement?
— It’s a sky flower.
— And what are you after?
— Earth diamond. »

(Kenneth White)

Illustration

 

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MANDALA (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2018



Illustration: Fabrice Vacherot
    
MANDALA

Dans une contrée étrangère
Entretien sur ce qui n’est pas :
Recherche du Nom sans personne
Et de la Personne sans nom

Recherches des routes sans pont
Et de lacs où nulle eau ne sonne
Des temples bâtis sans lumière
Nuit où le soleil ruissela

Désir du membre sans moteur
De l’action sans corps de bête
De l’éternité sans pâleur

Et par le silence des fêtes
Faim du Souverain qui là-bas
Se dérobe dedans l’état.

(Pierre Jean Jouve)

 

Recueil: Diadème suivi de Mélodrame
Traduction:
Editions: Gallimard

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ENTRETIEN DU FEU (Jean-Claude Xuereb)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018



 

ENTRETIEN DU FEU

Le feu inspire et respire le monde
s’y consume et irradie
la contraignante liberté des astres
énigme programmée des hommes
pour anéantir purifier allier forger

Chaque homme prend racine
dans son feu intérieur
il peut en être consumé
sans le moindre élixir
capable de l’éteindre
jusqu’à l’instant où soufflera la mort

Immortel le feu qui tourmente le magma
parfois explose et ruine le sol des hommes
et la terre ressasse son tournoiement
dans un immuable rituel de derviche

(Jean-Claude Xuereb)

 

 

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VOICI L’HEURE… (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2016



VOICI L’HEURE…

Voici l’heure parfaite où se tait
Des gens le chuchotis diffus
Et en nous enfin se fait entendre
La voix grave des rêves indolents.

Voici l’heure où les roses sont les roses
Qui fleurirent dans les jardins persans
Où Saadi et Hafiz les virent et les aimèrent.
Voici l’heure des voix mystérieuses
Que mes désirs choisirent et appelèrent.
Voici l’heure des longs entretiens
Des feuilles avec les feuilles à huis clos.
Voici l’heure qui abolit le temps
Et je ne connais même pas mon visage.

***

É ESTA A HORA…

É esta a hora perfeita em que se cala
O confuso murmurar das gentes
E dentro de nos finalmente fila
A voz grave dos sonhos indolentes.

É esta a hora em que as rosas são as rosas
Que floriram nos jardins persas
Onde Saadi e Hafiz as viram e amaram.
É esta a hora das vozes misteriosas
Que os meus desejos preferiram e chamaram.
É esta a hora das longas conversas
Das folhas com as folhas unicamente.
É esta a hora em que o tempo é abolido
E nem sequer conheço a minha face.

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

Illustration: John William Waterhouse

 

 

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Enfance ! (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2016



Enfance ! éloignement d’où lui vient sa douceur
Nuance où la couleur s’éternise en sourdine,
Religieux triptyque ombré d’une patine
Qui met sur les fonds d’or son vernis brunisseur.

Jeunesse ! Enfance ! attrait des choses disparues;
Astres du ciel plus clairs dans l’étang bleu du coeur
Chanson d’orgue criard dont toute la langueur
Expire en sons blessés dans le lointain des rues.

Je veux vous évoquer la ville aux pignons noirs,
Vieille ville flamande où les paroisses proches,
Lorsque j’étais enfant, faisaient pleurer leurs cloches
Comme un adieu de ceux qui mouraient dans les soirs !

Je veux recomposer la maison paternelle
Avant l’absence, avant la mort, avant les deuils;
Les soeurs, jeunes encor, dormant dans les fauteuils
Et le jardin en fleur et la vigne en tonnelle.

Je veux revivre une heure à l’ombre des grands murs,
Dans le collège ancien où nos âmes placides
S’ouvraient comme une église aux profondes absides
Avec des vitraux d’or pleins de visages purs.

Je veux vous reporter à ces calmes années :
Je suis resté le même après bien des douleurs;
Le manteau de mon Ame a toutes ses couleurs
Mais mes yeux sont plus las que des roses fanées.
{…]

Qu’importe ! ma souffrance est bonne ! Je les plains
Ceux qui n’ont plus l’orgueil d’être mélancoliques,
En gardant comme moi les dévotes reliques,
Les reliques d’enfant dont mes tiroirs sont pleins.

Surtout qu’en toi, ma chère ancienne, je m’épanche
Dans un chuchotement de mon esprit au tien
Viens donc; allons-nous-en poursuivre l’entretien
Dans le jardin flétri de ma Jeunesse Blanche,

Dans ce jardin désert, dans ce jardin fermé,
Dans ce jardin fleuri de lis, piqué de cierges,
Où jadis s’avançaient d’incomparables vierges
Dont les lèvres soufflaient l’odeur du mois de mai.

Mais ce parc est en proie à l’insulte des ronces,
Et mes rêves anciens, dans les lointains glacés,
Tels que des marbres blancs, tendent leurs bras cassés
Et de leurs yeux éteints pleurent dans les quinconces.

Pauvre parc envahi par l’automne et le soir,
Qui souffre en évoquant son aurore abolie;
Il est morne, il est vide, et ma mélancolie
L’enferme tout entier comme un grillage noir !

(Georges Rodenbach)

Illustration

 

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Les autres mettent des semaines et des mois (Albert Cohen)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2016



Les autres mettent des semaines et des mois
pour arriver à aimer, et à aimer peu,
et il leur faut des entretiens
et des goûts communs
et des cristallisations.

moi, ce fut le temps
d’un battement de paupières.

Dites-moi fou, mais croyez-moi.
Un battement de ses paupières,

et elle me regarda sans me voir,
et ce fut la gloire et le printemps
et le soleil et la mer tiède
et sa transparence près du rivage
et ma jeunesse revenue,

et le monde était né.

(Albert Cohen)

 

 

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Je viens d’avoir un entretien silencieux (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2016



 

Je viens d’avoir un entretien silencieux
avec un enfant âgé de dix mois.
Nous nous sommes regardés dans les yeux pendant plus d’un quart d’heure.
Il y a dans les yeux plus de mots que dans les livres.
Notre entretien était d’ordre métaphysique.
Je me réjouissais de sa présence et il s’étonnait de la mienne.
Nous sommes parvenus à la même conclusion
qui nous a fait éclater de rire en même temps.

(Christian Bobin)

Illustration

 

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Depuis la toute légère enfance (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2015


christian bobin  _4

Depuis la toute légère enfance je suis en pourparlers avec moi-même,
je mène de moi à moi un entretien que le monde s’évertue à interrompre.
Pour continuer à me parler, j’ai commencé d’écrire.

Ce qui se dit en moi n’est pas dans mes livres.

Les livres sont un contre-bruit au bruit du monde.
Ce qui se dit en moi est confié au silence, n’est rien que du silence.
Les livres frôlent ce silence.
Ils ne le touchent pas, ils le frôlent.

Les livres sont presque aussi intéressants que le silence.
Ecrire est presque aussi passionnant que ne rien faire
et attendre les premières gouttes de pluie dans les concertos pour piano de Mozart.

(Christian Bobin)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

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IL SE FAIT QUE (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2015



IL SE FAIT QUE

Quelqu’un a frappé chez moi, le 6 Août :
la porte, personne.
Personne n’est entré, ne s’est assis
et ne m’a tenu compagnie, personne.

Non, je n’oublierai jamais cette absence
qui entrait dans mes murs comme dans un moulin
et me plaisait en n’étant pas,
avec un vide ouvert à tout.

On ne m’a pas interrogé la bouche close
et j’ai répondu, moi, sans voir et sans parler.

Quelle longue interview! Quel étrange entretien!

(Pablo Neruda)


Illustration: Alex Everitt

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