Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘envahir’

Mathilde (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2019



Mathilde, nom de plante ou de pierre ou de vin,
nom de ce qui est né de la terre, et qui dure,
la croissance d’un mot a fait lever le jour,
dans l’été de ton nom éclatent les citrons.

Sur ce nom vont courant les navires de bois
entourés par l’essaim bleu marine du feu,
les lettres de ton nom sont l’eau d’une rivière
qui viendrait se jeter en mon coeur calciné.

Oh ce nom découvert sous un volubilis,
nom semblable à l’entrée d’un tunnel inconnu
qui communique avec tous les parfums du monde !

Oh envahis-moi de ta bouche qui me brûle,
cherche en moi, si tu veux, de tes yeux de nuit, mais
laisse-moi naviguer et dormir sur ton nom.

***

Matilde, nombre de planta o piedra o vino,
de lo que nace de la tierra y dura,
palabra en cuyo crecimiento amanece,
en cuyo estío estalla la luz de los limones.

En ese nombre corren navíos de madera
rodeados por enjambres de fuego azul marino,
y esas letras son el agua de un río
que desemboca en mi corazón calcinado.

Oh nombre descubierto bajo una enredadera
corno la puerta de un túnel desconocido
que comunica con la fragancia del mundo !

Oh invádeme con tu boca abrasadora,
indágame, si quieres, con tus ojos nocturnos,
pero en tu nombre déjame navegar y dormir.

(Pablo Neruda)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Certitude (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2019


10422_Certitude

Si je te parle c’est pour mieux t’entendre
Si je t’entends je suis sûr de te comprendre

Si tu souris c’est pour mieux m’envahir
Si tu souris je vois le monde entier

Si je t’étreins c’est pour me continuer
Si nous vivons tout sera à plaisir

Si je te quitte nous nous souviendrons
En te quittant nous nous retrouverons

(Paul Eluard)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Nue (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2019




    
Nue

Ôte tes habits, laisse tomber le voile.
Couvre-toi seulement de ta robe de beauté nue,
Tenue d’une demoiselle céleste vêtue de lumière.
Forme plantureuse tel un lotus épanoui,
Un festin de la vie, de la jeunesse et de la grâce.
Apparais et tiens-toi seule dans la merveille qu’est ce monde.
Laisse envahir tes membres par le clair de la lune,
Laisse envahir tes membres par les caresses du zéphyr,
Plonge dans l’infini bleu de ton ciel
Telle la Nature nue toute parsemée d’étoiles.
Atanu’ peut dissimuler sa face dans le pli de sa tunique,
La tête baissée, honteux du corps fleuri.
Invite l’aube immaculée jusqu’à chez l’homme,
Virginité éhontée toute blanche et nue.

***

Nude

Shed your garments, drop the veil.
Be just clad in naked beauty’s robe
Attire of a heaven-lass dressed in light.
The buxom body like a full-blossomed lotus,
A feast of life and youth and grace.
Come and stand alone in the wonder, this world.
Let permeate your limbs with the beams of your moon,
Let permeate your limbs with zephyr’s caress.
Plunge into the infinite blue of the sky
Like naked Nature spangled with stars.
Let Atanu’ conceal his face with his tunic’s fold,
With bended head ashamed of the body’s bloom.
Invite immaculate dawn at men’s abode,
Shameless virginity, white, naked.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt Dièse, Tantôt Bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: Shahitya Prakash

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Crépuscule (Vincent Muselli)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2019



Crépuscule

Le jour mourant s’éteint dans les eaux violettes
Des lacs et des bassins,
Et les noirs peupliers dressent leur silhouette
En un sobre dessin.

L’ombre ravit la forme et la couleur des choses,
Et mon œil incertain
Voit se faner les lys et s’éteindre les roses
Au fond de mon jardin.

Et, durant que la nuit qui descend des ardoises
Envahir la maison,
les dernières odeurs des lys et des framboises
Montent vers le balcon.

(Vincent Muselli)

 

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

RÊVE PRINTANIER (Gen Shen)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2019



RÊVE PRINTANIER

Hier soir le vent printanier a envahi
ma chambre nuptiale
Ma pensée dérivait vers la fille charmante
habitant au bord du fleuve Xiang
Absorbé rapidement dans un rêve printanier
Je voguais des milliers de kilomètres
au sud du fleuve

(Gen Shen)

 

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Flots de félicité (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2019



Illustration: Alwy Fadhel
    
Flots de félicité

Que de flots de félicité traversent le monde,
Jour et nuit, que de nectar d’immortalité déferle par le vaste ciel
Dont s’abreuvent le soleil et la lune à satiété.
La lumière inépuisable persiste, radieuse,
Pénétrant la terre, sans cesse, de vie et de splendeur.
Pourquoi donc passer le temps tel un esprit solitaire,
Envahi par les soucis pour ton moi ?
Elargis ton coeur et contemple l’alentour :
Au mépris des menus malheurs
Remplis le vide de la vie avec de l’amour.

***

Currents of Joy

Floods of felicity pervade the world,
Day and night such nectar of immortality is surging
down the vast sky
For quenching the thirst of the sun and the moon.
Inexhaustible and radiant persists the light,
Ceaselessly suffusing the earth with life and splendour.
Why then waste time in a solitary mood
Haunted by worries for your self ?
Open wide your heart and contemplate all around :
Disdaining trivial mishaps
Fill the vacuum of life with love.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt Dièse, Tantôt Bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: Shahitya Prakash

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le réveil d’une cascade (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    

Le réveil d’une cascade

Tant de beauté, tant de bonheur et tant de jeux,
Ailleurs, où les trouverai-je ?
Emportée par la fougue de la jeunesse,
Je ne sais vers qui je m’en irai…
Mon envie sans fond, mon espoir sans fin
C’est découvrir le monde,
Irrésistible est mon désir de déferler
Tout autour de la terre.

Je peux déverser tout l’amour existant…
Je peux emporter tout le temps qui est…
Je peux envahir toutes les contrées,
Que pourrais-je espérer d’autre
Hormis cette seule envie du coeur?

***

The Waking of a Cascade

Where else shall I ever find
So much beauty and happiness and play ?
Drifted by my youthful feast
I wonder who will welcome me.
My depthless desire and my endless hope
Will be to discover the world,
I cannot resist the temptation
Of girdling the earth.

I can pour down all my love,
I can carry off Time that has been,
I can invade all the provinces,
Other than this heart’s desire
What could I expect more?

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt Dièse, Tantôt Bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: Shahitya Prakash

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

C’est l’angoisse de la séparation (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019



Illustration:  Jean Zakarauskas
    
C’est l’angoisse de la séparation
qui s’épand par tout le monde
et donne naissance à des formes sans nombre
dans le ciel infini.

C’est ce chagrin de la séparation
qui contemple en silence toute la nuit d’étoile en étoile
et qui éveille une lyre parmi les chuchotantes feuilles
dans la pluvieuse obscurité de juillet.

C’est cette envahissante peine
qui s’épaissit en amours et désirs,
en souffrances et en joies dans les demeures humaines,
et, de mon coeur de poète, c’est toujours elle qui fond et ruisselle en chansons.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’offrande lyrique
Traduction: André Gide
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

Quand la peur m’envahit (John Keats)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2019



 

Rockwell Kent 19 [1280x768]

Quand la peur m’envahit que je puis cesser d’être avant
que ma plume n’ait tout glané de mon cerveau fécond, avant
que de hautes piles de livres en beaux caractères ne gardent
comme d’opulents greniers le grain pleinement mûri ; quand
je contemple, sur la face étoilée de la nuit, les énormes
symboles ennuagés d’un céleste poème, et songe que peut-être
ne vivrai-je pas assez pour dessiner leurs ombres d’une
main guidée par l’inspiration magique ; et quand je sens, belle
créature éphémère ! que jamais plus je ne te regarderai, jamais
plus ne savourerai la puissance féerique du don total
d’amour, — alors, sur le rivage du monde immense, je reste
solitaire et médite, — au point qu’amour et gloire s’abîment
jusqu’au néant.

(John Keats)

Illustration: Rockwell Kent

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

BRUINE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



BRUINE

L’automne et l’hiver
Descendent tous deux ;
Il pleut et il neige,
Il neige et il pleut.

Vide, la nuit tombe,
Poisseuse, des cieux ;
Des écoliers pâles
Passent souffreteux.

Les murs sont humides,
Le froid m’envahit.
Et lors ma pensée
Vers les tombes fuit…

L’automne et l’hiver
Descendent tous deux ;
Il pleut et il neige,
Il neige et il pleut.

(George Bacovia)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :