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Poésie

Posts Tagged ‘enveloppe’

Le clair sourire (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2021



Le clair sourire

(…)

Derrière un éventail de fraîche mousseline,
Ton rire ruisselait en source près de moi ;
Je vois encore mes fleurs s’ouvrir sur ta poitrine ;
J’entends le rythme clair et le chant de ta voix !

Hélas ! tu es plus loin de moi que l’astre frêle,
Enveloppé de soir et fleuri de rayons,
Et dans mon souvenir tes sombres cheveux vont
Comme des rêves las, meurtris, blessés à l’aile.

Cherchant au loin ta forme exquise et mon bonheur,
Sur une barque blanche a fui mon rêve aride,
Et je vois revenir là-bas ma barque vide,
Et ton noir éventail se ferme sur mon cœur…
(…)

(Jules Supervielle)

 Illustration: Gustav Klimt

 

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TRISTESSE EN MAI (Léopold Sédar Senghor)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2021




    
TRISTESSE EN MAI

C’est la douceur fondue du soir
Transparent vers dix-sept heures au mois de Mai.
Et monte le parfum des roses.
Comme pièces de monnaie au fond de l’eau en zigzaguant
Tombe le compte lourd de ma journée.

Des cris — qui sait si c’est de haine ? —
Des mots de fronde sur des visages d’adolescents.
Poussière et dos ruisselants, enthousiasmes, essoufflements.
Des enveloppes douloureuses avec paysages de baobabs,
Corvées en file indienne et charognards sur fond d’azur.
Bien des confidences encore.
Et pour relever mes épaules,
Pour donner le courage d’un sourire à mes lèvres défaites,

Pas un rire d’enfants fusant comme bouquet de bambous,
Pas une jeune femme à la peau fraîche, puis douce et chaude,
Pas un livre pour accompagner la solitude du soir, Pas même un livre !

(Léopold Sédar Senghor)

Extrait de Poèmes perdus (1984)

Recueil: Anthologie Poésie africaine six poètes d Afrique francophone
Traduction:
Editions: Points

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UNE VIERGE (Ezra Pound)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021




UNE VIERGE

Non, non! Éloigne-toi de moi! Je l’ai laissée peu après.
Je ne souillerai pas mon fourreau avec une moindre clarté,
L’air qui m’entoure brille autrement désormais;
Ses épaules sont fines et pourtant elles m’ont dirigé
Et enveloppé comme dans une brume d’éther;
Comme dans un doux feuillage , ou une subtile blancheur.
Oh j’ai trouvé de la magie dans son contact
Pour m’envelopper à moitié de son enveloppe.
Non, non! Éloigne-toi de moi! J’ai encore son parfum
Doux comme le vent du printemps entre les bouleaux.
Vert comme les arbrisseaux d’avril,
Comme la blessure de l’hiver, dont elle étanche le sang,
Pareil à la teinte des arbres :
Blanche est leur écorce, blanche est ma Dame.

(Ezra Pound)

Illustration: Eliane Marque

 

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Oiseau-mouche (Raymond Carver)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2020




    
Oiseau-mouche

Imagine que je dise été,
que j’écrive le mot » oiseau-mouche »,
le mette dans une enveloppe,
l’emporte au bas de la rue
à la boîte. Quand tu ouvriras
ma lettre tu te rappelleras
ces jours et combien,
oui, combien je t’aime.

(Raymond Carver)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Jacqueline H. jeem-Pierry Carasso et Emmanuel Moses
Editions: De l’olivier

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Seul le grain de chaque objet nourrit (Walt Whitman)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2019



Seul le grain de chaque objet nourrit;
Où est celui qui arrache la cosse pour toi et moi?
Où est celui qui déjoue stratagèmes et enveloppes pour toi et moi?

(Walt Whitman)

 

 

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VIEILLE MÉLODIE (Amir Or)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2019



 

Illustration: Luc Thébault
    
VIEILLE MÉLODIE

Même la séparation la plus légère est chargée de tristesse :
la vue de ce que nous étions s’est effacée,
elle choit de nos yeux et n’est plus,
accumule un automne de plus sur nos poitrines.

Même la séparation la plus légère est chargée de tristesse :
mais quand deux amants s’en vont, chacun son chemin
le cœur brûle sans se consumer, déraciné mais non sans racines,
le cœur trop lourd à porter.

Même si nous avons partagé l’ombre d’un arbre en chemin,
ces vies à nous ont passé comme des ombres ;
et si sous un coucher de soleil, nous avons partagé du bonheur
notre soleil s’est couché avec lui
dans une mer sombre.

Mais dans l’enveloppe du crépuscule, dans l’apaisement du vent
là, au-delà de la lumière qui noircit,
quand ils auront encerclé l’horizon du ciel,
nos yeux s’ouvriront sous des paupières de brume :

l’esprit souffle encore dans la forêt, l’ombre dans le feuillage,
et dans le paysage du coucher de soleil qui n’en finit pas
nous nous séparons vers un amour infini.

(Amir Or)

 

Recueil: Dédale
Traduction: Isabelle Dotan
Editions: MAËLSTROM

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Avenue Léon Gaumont (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2019




    
Avenue Léon Gaumont

Le périph gémit

Sur la face glacée des immeubles
Les vitres ont confisqué
Le ciel

Les gens vont et viennent
Enveloppes vides
Remuant la poussière

Un petit vent en maraude
Me balaie

Je vais tenter de vivre

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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La voix intérieure (Herbert Zbigniew)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018




    
La voix intérieure

ma voix intérieure
ne conseille rien
n’interdit rien

elle ne dit ni oui
ni non

elle est peu audible
presque inarticulée

même en se penchant très profond
on n’entend que des syllabes
dénuées de sens

j’essaie de ne pas l’étouffer
j’ai des égards pour elle

je feins de la tenir pour égale
de la prendre au sérieux

parfois même
j’essaie de lui parler
—tu sais hier j’ai refusé
je n’ai jamais fait cela
je ne vais pas commencer

—glou — glou
– alors tu crois
que j’ai bien fait

– gua – guo – gui

c’est bien qu on soit d’accord

– ma – a

– repose-toi maintenant
nous reparlerons demain

elle ne me sert à rien
je pourrais l’oublier

je n’ai pas d’espoir
un peu de peine
quand elle repose
enveloppée de pitié
respire avec effort
ouvre la bouche
tente de soulever
sa tête sans force

(Herbert Zbigniew)

 

Recueil: Corde de lumières oeuvres poétiques complètes
Traduction: Brigitte Gautier
Editions: LE BRUIT DU TEMPS

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JEUNE MÈRE (Christophe Langlois)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018



Illustration: Mary Stevenson Cassatt
    
JEUNE MÈRE

Souvent tu me dévêtais
souvent j’étais vivant
il faut être nu pour chanter ce chant

l’eau que tu versais sur moi
retombait à grand bruit dans l’océan
épousait mon ventre grandissait mon sang
et me séchant contre toi tu fredonnais
quelque chose d’une voix légère
que je ne connaissais pas et qui était toi
je ne bougeais plus je t’écoutais
enveloppé dans la serviette humide
une de tes mèches contre ma joue

il faut être nu pour chanter ce chant
souvent tu me dévêtais
souvent j’étais vivant

(Christophe Langlois)

 

Recueil: L’amour des longs détours
Traduction:
Editions: Gallimard

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Découvre ton énigme, petit frère (Pär Lagerkvist)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



Découvre ton énigme, petit frère,
que je berce ce soir sous les étoiles.
Les cieux s’assombrissent et le monde est vaste,
le berceau est suspendu aux étoiles.

Découvre ton énigme, la tienne et la mienne,
ensuite tu pourras t’endormir doucement
enveloppé des plus beaux rêves
et rien ne te blessera plus.

***

Gissa din gåta, lillebror,
som jag vaggar i kväll under stjärnor.
Himlarna mörknar och världen är stor,
vaggan är upphängd i stjärnor.

Gissa din gåta, din och min,
och sen kan du somna så stilla
i dina vackraste drömmar in
och intet skall göra dig illa.

(Pär Lagerkvist)

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