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Poésie

Posts Tagged ‘envers’

L’aisselle (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019




Illustration: Carole Cousseau
    
L’aisselle

Beauté de cette aisselle où perle

une sueur déjà d’agonie
Si quelque neige à l’envers de la lumière éclaire un creux

Dans ta cave une lumière perlée entre l’herbe des morts

Aisselle ô tombe à mon crâne approché en toi et qui se repose

Comme beauté de ce repos définitif
Sous l’herbe des morts et la neige
Aisselle à l’envers de toute lumière
Quand les anges chanteront ou se tairont dans la cave

Et que l’on se souviendra de ton creux moiré à l’air libre

Un jour mon crâne en toi ce repos avait cherché

(Jacques Chessex)

 

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Secret de ton regard (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019



Illustration: Vito Russotto
    
Secret de ton regard, ô souple
Source, enveloppe de soie
De ton regard dans l’eau des rêves
Goutte, cristal et la buée
De ta pudeur à l’aiguille d’ombre
Fouillant l’envers de ton visage

Secret de clairière, opaline
À luire à la lune et l’iris
À pointes de feu, l’ouverture
Du néant où je viens nager

Quand je plonge au puits de ton œil
Au centre, regard en miroir
D’un songe à jamais sans sommeil
Dans la nuit originelle

Secret de ta gloire enfouie
Dans la terre légère des morts
Si je la rejoins sous ton règne
Bénéfique ô fée
Morgane
Et l’empire enfin des sorts
A refermé les ravines
La nuit dans ses plis de suie

(Jacques Chessex)

 

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À la lisière du temps (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2019




    
À la lisière du temps

Quand on marche le soir à la lisière du temps
il monte soudain une bouffée d’enfance
les cris d’hirondelles folles d’un préau d’école
ou le silence de la barque sur fa rivière
à la tombée du jour quand le soleil rase l’eau qui moucheronne
ou bien la sonnette (deux fois) de l’épicerie-mercerie
où on achète après l’école les rouleaux de réglisse Zan
qui barbouillent de noir et font les doigts collants

On tend l’oreille le long du voile de la brume
Quelqu’un parle à voix basse
sans qu’on puisse reconnaître la voix
et sans comprendre les paroles
les mots chuchotés loin à l’envers du silence

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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Offrandes (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2019




    
Offrandes

Aux quatre points cardinaux du mot maintenant
À l’endroit à l’envers au cœur du mot ici
À la respiration d’ailes de papillon du mot peut-être
À l’entre soupir-et-sourire du mot autrefois
À l’hésitation sur la pointe des pieds du mot demain

À la clarté tranquille de ton nom à voix basse

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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CASSÉS tous les miroirs (Rafael Carcelén)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2019



    

CASSÉS
tous les miroirs,

défigurés même dans l’envers
en friche même du nom,

nos empreintes floues,

ton moi
mon toi
– la trace invisible –
nous survivent.

***

ROTOS
todos los espejos,

desfigurados hasta en el reverso
baldío del propio nombre,

nuestras huellas desvaídas,

tu yo
mi tú
–invisible el rastro–
nos sobreviven.

(Rafael Carcelén)

 

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AUBÉPINE (Pierre-Bérenger Biscaye)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2018



AUBÉPINE

Le jardin transpire de toutes ses
fleurs au-dessus de la mer
l’heure n’évoque rien
et l’aubépine saigne dans un temps
secrètement blanc
plage vue à l’envers.

(Pierre-Bérenger Biscaye)

Illustration

 

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Quand je lis Paul de Roux (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2018



Illustration: ArbreaPhotos 
    
quand je lis Paul de Roux je m’arrête
j’écoute les échos d’une voix que je connais
au coeur de cette voix j’ai l’impression de me connaître
un peu mais obscurément j’ai le sentiment d’être
un peu plus près de moi sous un soleil voilé

et même lorsque je me récite ce vers
et tout a la tristesse des choses abandonnées
je soupçonne autour de moi cet envers
des choses mortes qui s’obstinent à durer

(Jean-Claude Pirotte)

 

Recueil: Revermont
Traduction:
Editions: Le temps qu’il fait

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La nuit cache le jour à l’envers de son noir (Georges Perec)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2018



Illustration: Jean Lurçat
    
Je me souviens qu’il y avait jadis à la Bûcherie,
avant qu’elle ne s’agrandisse, une tapisserie de Jean Lurçat
sur laquelle on pouvait lire ces vers :

 » La nuit cache le jour à l’envers de son noir  » .

(Georges Perec)

 

Recueil: Je me souviens
Traduction:
Editions: Hachette

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A tâtons (Michel Dugué)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2018



tu refais,
à tâtons,
l’envers de la lumière

(Michel Dugué)


Illustration: Odilon Redon

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Par quel foudroyant éblouissement (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
Par quel foudroyant
éblouissement
découvrirons-nous
la face cachée
de tout et de rien

celle qui dit tout
sans rien contredire
sans rien attester
sans verbe ou silence
dans le tout de rien
dans le rien de tout

celle qui n’est pas
l’envers de la vie
l’endroit de la mort
l’invisible atteint
dès qu’on la retourne

celle qui n’est pas
le tout ou le rien
côté pile ou face
la nuit ou le jour
le mal ou le bien

celle qui n’est pas
un ordre contraire
un monde masqué
car on peut toujours
contrarier l’ordre
arracher un masque

Mais peut-on surprendre
la face cachée
qui n’est d’aucun ordre
d’aucune couleur
d’aucune saveur
et d’aucun côté

sans rien qui la crée
sans rien qui l’efface
sans rien de semblable
à rien de connu
la face cachée
de tout et de rien
dans l’inimaginable
unité?

(Robert Mallet)

 

Recueil: Presqu’îles presqu’amours
Traduction:
Editions: Gallimard

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