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Posts Tagged ‘envolé’

Annie (Charles Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2019



 

Cecile Veilhan _400

Annie

La lune n’était point ternie,
Le ciel était tout étoilé ;
Et moi, j’allai trouver Annie
Dans les sillons d’orge et de blé.
Oh ! les sillons d’orge et de blé !

Le coeur de ma chère maîtresse
Etait étrangement troublé.
Je baisai le bout de sa tresse,
Dans les sillons d’orge et de blé !
Oh ! les sillons d’orge et de blé !

Que sa chevelure était fine !
Qu’un baiser est vite envolé !
Je la pressai sur ma poitrine,
Dans les sillons d’orge et de blé.
Oh ! les sillons d’orge et de blé !

Notre ivresse était infinie,
Et nul de nous n’avait parlé…
Oh ! la douce nuit, chère Annie,
Dans les sillons d’orge et de blé !
Oh ! les sillons d’orge et de blé !

(Charles Leconte de Lisle)

Illustration: Cecile Veilhan

 

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Envolée (anonyme)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2018



Envolée

Oui nous sommes îles
mais nous avons des Ailes

(anonyme)


Illustration

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Envolés les rêves souriants (Friedrich Nietsche)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018




Envolés les rêves souriants,
Envolé le passé,
Le présent est lugubre,
L’avenir confus et lointain.

Je n’ai jamais éprouvé
La joie ni le bonheur de vivre.
Vers des temps anciennement disparus,
Je me tourne avec tristesse.

J’ignore ce que j’aime,
N’ai ni paix ni repos ;
Je ne sais ce que je crois :
Pourquoi vivre encore, à quoi bon ?

Je voudrais mourir, mourir,
Dormir sur la lande verte ;
Les nuages passent au-dessus de moi,
Autour de moi, la solitude de la forêt.

Les roues éternelles de l’univers
Continuent leur cours circulaire;
Le ressort rouillé du globe terrestre
Sans cesse de lui-même se remonte.

Belle occupation que de faire ainsi comme l’air
Le tour du globe qui tourne en rond,
De se glisser dans tous les recoins
De se fondre à l’univers en suspension!

Beau plaisir que d’étreindre le monde
Dans son élan universel,
Et puis d’écrire un article de magazine
Sur les proportions du cosmos.

Au gouffre de mon ventre,
J’ai réduit de force l’infini,
Puis prouvé par mille raisons
Qu’étaient finis monde et temps.

L’homme n’est pas la noble image
De la divinité.

Moi-même de jour en jour plus alambiqué
[…]
C’est à l’instar de mon caractère natif
Que je m’imagine aussi Dieu.

Je fus réveillé de rêves pesants
Par un sourd tintement de cloches.

(Friedrich Nietsche)

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OÙ (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



 

Où sont donc les couleurs
Que mon oeil connaissait
L’herbe était verte
Le ciel gris
Un oiseau noir passait
Rasant la terre
Ce n’est pas une hirondelle
La pluie les parapluies
Ce n’est pas le merle
Qui siffle à tout propos
Ce n’est pas un étourneau
Pilleur et vite envolé
Un oiseau noir passait
Où donc est la chanson
Que je voyais venir
Grise comme patience
Lente comme le temps
Monotone et riante
Silencieuse et belle
Une chanson d’amour
De tendresse peut-être
Douce aussi

Où sont donc mes projets
D’où vient qu’un nom m’échappe
Et que je me taise
Soudain
D’où vient que je ne trouve plus
Le nom de cet oiseau
Le chant de ma chanson

Les mots d’amour
S’enfuient comme des étourneaux
L’herbe est pâle
L’été vient
Le ciel est traversé d’orages
Les couleurs elles-mêmes
Où sont les couleurs…
Les mots du langage…
Où êtes-vous…

(Gilles Vigneault)

 

 

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Envolé sur la lune (Jacqueline Held)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2018



Le L s’est envolé
Sur la lune
Avec
Le léopard limpide,
La libre libellule
Et les lutins ludiques
Pour lire et laisser lire.

(Jacqueline Held)

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Les roses de Saadi (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



J’ai voulu, ce matin, te rapporter des roses;
Mais j’en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les nœuds trop serrés n’ont pu les contenir.

Les nœuds ont éclaté. Les roses envolées
Dans le vent, à la mer s’en sont toutes allées.
Elles ont suivi l’eau pour ne plus revenir;

La vague en a paru rouge et comme enflammée:
Ce soir, ma robe encore en est toute embaumée…
Respires-en sur moi l’odorant souvenir.

(Marceline Desbordes-Valmore)


Illustration:
Fabienne Contat

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L’innocence (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



Carol Carter  4001

L’innocence

Beau fantôme de l’innocence,
Vêtu de fleurs,
Toi qui gardes sous ta puissance
Une âme en pleurs !

Ô toi qui devanças nos hontes
Et nos revers,
Es-tu si grand que tu surmontes
Tout l’univers !

Le reste, comme la poussière,
S’est envolé,
Devant le feu de ma paupière
Tout s’est voilé,

Tout s’est enfui, flamme et fumée,
Tout est au vent ;
Toi seul sur mon âme enfermée
Planes souvent.

Pour courir à ta voix qui crie :
 » Éternité !  »
Pour monter à Dieu que je prie,
J’ai tout jeté.

La nuit, pour chasser un mensonge
Qui me fait peur,
Ta main, plus forte que le songe,
Étreint mon coeur.

Quelle absence est assez profonde
Pour te braver,
Quand ton regard perce le monde
Pour nous trouver ?

De mon âme ont jailli des âmes
Dignes de toi :
Au milieu de ces pures flammes,
Ressaisis-moi !

Beau fantôme de l’innocence
Vêtu de fleurs,
Oh ! Garde bien en ta puissance
Notre âme en pleurs.

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Carol Carter

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Éclaircie au printemps (Wang Jia)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2018




    
Éclaircie au printemps

Avant la pluie les fleurs ont leurs corolles à peine ouvertes
Après la pluie les pétales sous les feuilles ont disparu
Papillons et abeilles passent de l’autre côté du mur
Le printemps envolé demeurerait-il chez le voisin?

(Wang Jia)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Geng-lou-zi (Wen Ting-yun)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Geng-lou-zi

Longues tiges de saules
Fine pluie de printemps
Par-delà les fleurs, lointains échos de la clepsydre
Effrayées : oies sauvages hors des passes
Envolées : corneilles sur les remparts
Surgi du paravent peint, un couple de perdrix d’or

Brume parfumée
Infiltrée dans la gaze
Pavillon sur l’eau où rôdent les plaisirs d’antan
Tourne la bougie rouge
Le rideau brodé est baissé
Long rêve de toi : tu ne le sais pas !

(Wen Ting-yun)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Petite Susie (Michael Jackson)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2018




    
Petite Susie

Quelqu’un a tué la petite Susie
La fille qui respire la musique
Qui chante la journée, à midi
Elle était là hurlant
Brisant sa voix dans son destin funeste
Mais personne ne lui vint en aide à temps…

Une chute dans les escaliers
Sa robe déchirée,
Oh le sang dans ses cheveux…
Un mystère si renfrogné dans l’air
Elle est allongée là, si fragile
Avec son petit corps tout maigre
Soulevez là avec soin
Oh le sang dans ses cheveux…

Chacun vint pour voir
Cette fille qui est maintenant morte
Le regard dans ses yeux n’était plus…
Et soudain une voix s’éleva de la foule en disant
Cette fille a vécu pour rien
Son visage laissait deviner une telle agonie, une telle épreuve…

Et seul un homme, qui était leur voisin,
Connaissait la petite Susie, et comme il pleura,
Quand il se baissa
Pour fermer les yeux de Susie…
Elle était allongée là, si fragile
Avec son petit corps tout maigre
Soulevez là avec soin
Oh le sang dans ses cheveux…

C’était seulement pour l’amour de Dieu
Qu’elle chantait la mélodie
Pour que quelqu’un sente sa misère
Etre condamné à savoir que tout espoir est perdu et que c’est votre destin
Ensuite crier, crier très fort
Et que personne n’entende…

Elle savait que personne ne se souciait d’elle

Son père avait quitté la maison, sa pauvre mère était morte
Laissant Susie toute seule
Même l’âme du grand père s’était envolée
Personne qui se préoccupait
Rien que de l’aimer
Combien de temps peut-on supporter
De se voir rejeter ce que l’on demande dans ses prières ?

Le manque d’amour peut tuer
Comme un couteau dans votre âme
Oh c’est ce qui arrivera
La petite Susie s’est battue si durement pour vivre…
Elle est allongée là si fragile
Avec son petit corps tout maigre
Soulevez là avec soin
Si jeune et si juste

***

Little Susie

Somebody killed little Susie
The girl with the tune
Who sings in the daytime at noon
She was there screaming
Beating her voice in her doom
But nobody came to her soon…

A fall down the stairs
Her dress torn
Oh the blood in her hair…
A mystery so sullen in air
She lie there so tenderly
Fashioned so slenderly
Lift her with care,
Oh the blood in her hair…

Everyone came to see
The girl that now is dead
So blind stare the eyes in her head…
And suddenly a voice from the crowd said
This girl lived in vain
Her face bear such agony, such strain…
But only the man from next door
Knew Little Susie and how he cried
As he reached down
To close Susie’s eyes…
She lie there so tenderly
Fashioned so slenderly
Lift her with care
Oh the blood in hair…

It was all for God’s sake
For her singing the tune
For someone to feel her despair
To be damned to know hoping is dead and you’re doomed
Then to scream out
And nobody’s there…

She knew no one cared…

Father left home, poor mother died
Leaving Susie alone
Grandfather’s soul too had flown…
No one to care
Just to love her
How much can one bear
Rejecting the needs in her prayers…

Neglection can kill
Like a knife in your soul
Oh it will
But Susie fought so hard to live…
She lie there so tenderly
Fashioned so slenderly
Lift her with care
So young and so fair

(Michael Jackson)

Merci pour cette découverte à MarronBleu (cf réponse comm)

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