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Poésie

Posts Tagged ‘épaisse’

Je suis colombe (Haviva Pedaya)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



Je suis colombe lâchée hors de l’arche
En vain mon aile errante parcourt les eaux sans fin
Mon âme pleure, nul ne l’entend
Mon Dieu devant toi oubliée
Dans d’épaisses ténèbres reléguée
Je me languis de toi et je te recherche
Et j’espère qu’au fin fond de la fosse
Poindra en moi la lumière

(Haviva Pedaya)


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NOTES (Jean-Claude Renard)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2017



 

NOTES

Faut-il trouver dans la nuit
Et dans la distance qui dure à l’intérieur de l’amour
Sous d’épaisses couches d’acides
Quelqu’un présent par absence?

Il n’y a rien pour convaincre
Ce sable opaque où l’eau glace
Et n’est plus propre au partage
Sinon qu’aucun silence n’annule le mystère.

Essayant de peupler la mort
Le sang invente, prophétise,
Voit parfois luire dans la neige comme un grand cerf ressuscité
Le sacre dont l’hiver le fascine et le tue.

Mais peut-être qu’à l’aube, après tant d’arbres vides,
Le dieu sera vivant.

(Jean-Claude Renard)

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L’Echiquier (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2017



L’Echiquier

Je suis seul sur l’échiquier de la cour,
ni cavalier, ni roi, mais le fou.
La main du joueur hésite entre les tours.

Je fais trois pas, je déserte le lierre
pour la lumière épaisse où je m’englue.
Le lézard règne aux aisselles de pierre.

Où sont les filles d’or et de saveur,
ce bruit de blé qui froisse leur épaule,
et le figuier, son feuillage de coeurs,

le premier pas timide, sur les eaux,
du jour qui jouit de visibles trésors?
Rien n’a trompé le zèle des créneaux.

Car il ne vient que l’ombre d’une lame
aiguiser au grès ses tranchants mortels
pour de très lents combats avec les flammes.

Ici veillent le sphinx et la fourmi:
patience de dément dans sa cellule,
et mort repliée qui s’ouvre la nuit.

Mais je sens des formes collées aux murs,
dans l’odeur de sang des chambres désertes,
et qui m’épient par toutes les fissures.

(Jean Joubert)


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Il ne peut s’égarer (Jean-Paul Hameury)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2016



Brume épaisse dans les gorges
et jusqu’au sommet des monts.

Le sentier de celui qui marche
seul parmi les rocs et cascades
se déchiffre pas à pas.

Que le voyageur oublie
d’où il vient
où il va.
Il ne peut s’égarer
s’il ne se laisse troubler
par les mots.

(Jean-Paul Hameury)

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Fragment (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2016


 

La fenêtre donne
sur la perspective dorée
où vont des voitures
à cochers silencieux.
Une épaisse chevelure
jusqu’aux hanches se tord
le corps qui la possède
de ses yeux grands ouverts
contemple
l’esprit perdu
ce fragment du monde
pour un temps offert.

(Jean Follain)

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Chanson (Francis Carco)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2016



Chanson

Des saules et des peupliers
Bordent la rive.
Entends, contre les vieux piliers
Du pont, l’eau vive !

Elle chante comme une voix
Jase et s’amuse,
Et puis s’écrase sur le bois
Frais de l’écluse.

Le moulin tourne. Il fait si bon,
Quand tout vous laisse,
S’abandonner, doux vagabond,
Dans l’herbe épaisse !

(Francis Carco)

 

 

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Les stalactites (René-François Sully Prudhomme)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2016




Les stalactites

J’aime les grottes où la torche
Ensanglante une épaisse nuit,
Où l’écho fait, de porche en porche,
Un grand soupir du moindre bruit.

Les stalactites à la voûte
Pendent en pleurs pétrifiés
Dont l’humidité, goutte à goutte,
Tombe lentement à mes pieds.

Il me semble qu’en ces ténèbres
Règne une douloureuse paix ;
Et devant ces longs pleurs funèbres
Suspendus sans sécher jamais,

Je pense aux âmes affligées
Où dorment d’anciennes amours :
Toutes les larmes sont figées,
Quelque chose y pleure toujours.

(René-François Sully Prudhomme)

 

 

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