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Poésie

Posts Tagged ‘épancher’

La pâle odeur des lys (Géo Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019



 

La pâle odeur des lys épanche le sommeil,
ô neige patiente où s’endort le soleil,
pour le pardon de l’homme et le pardon du crime.

(Géo Libbrecht)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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SENTIMENTS DU SOIR (Jules Lefèvre-Deumier)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2019



 

Ettore Aldo Del Vigo d4

SENTIMENTS DU SOIR

Le jour s’éteint : la nuit, sur l’émail de la plaine.
Épanche les trésors de son urne d’ébène,
Et la lune, dans l’onde, humectant sa blancheur,
Du gazon qui s’y baigne argente la fraîcheur.
Le vent, dans les forêts qu’éveille son passage,
Comme un luth végétal fait frémir le feuillage.
C’est l’heure où l’âme entend ceux qu’on pleure tout bas,
Où nos anges gardiens sont plus près de nos pas,
Où le poète, ami de leur vol solitaire,
Accorde sa pensée aux soupirs de la terre.
Lyre intime du cœur, si prompte à t’émouvoir,
Réponds, comme les bois, aux caresses du soir :
A tes premiers concerts la douleur te rappelle.
Tu n’as point à chercher quelque note nouvelle,
Gémis ; et s’il existe, en de lointains climats,
Un ami de mon deuil, que je ne connais pas,
Prends tes ailes de flamme, et, comme un pur génie,
Va saluer ses pleurs d’un baiser d’harmonie.

(Jules Lefèvre-Deumier)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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Dix maximes pour la marche (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2018



Illustration:  Bénédicte Muller
    
Dix maximes pour la marche

Qui cherche une soeur gerce de douceur
qui cherche pourquoi herse toujours soi

qui hisse l’ennui la nuit le dévisse
qui tranche ses veines épanche sa peine

qui tue le lundi pue le vendredi
qui pâlit d’un pleur meurt au lit d’un râle

qui patauge en songe jauge le mensonge
qui hèle l’effroi cisèle sa croix

qui freine sa main traîne son chagrin
qui prouve le feu
les cieux le recouvrent.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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Pour toi le désespoir n’a pas lieu d’être (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




    

Pour toi le désespoir n’a pas lieu d’être
Tant que la nuit les étoiles brûlent —
Tant que le soir répand sa rosée muette
Ou que le soleil dore le matin —

Le désespoir n’a pas lieu d’être — les larmes
Dussent-elles couler comme un fleuve —
Tes années les plus chères sont-elles pas
Pour toujours autour de ton cœur ?

On pleure — tu pleures — C’est la règle —
Les vents soupirent avec tes soupirs
Et l’hiver épanche son chagrin en neige
Où les feuilles d’automne gisent

Pourtant elles revivent — et de leur destin
Ton destin est inséparable
Alors, homme, avance sinon jubilant
Du moins jamais le coeur brisé —

***

There should be no despair for you
While nightly stars are burning —
While evening sheds its silent dew
Or sunshine gilds the morning —

There should be no despair — though tears
May flow down like a river —
Are not the best beloved of years
Around your heart forever ?

They weep — you weep — It must be so —
Winds sigh as you are sighing,
And winter pours its grief in snow
Where autumn’s leaves are lying

Yet they revive — and from their fate
Your fate can not be parted
Then man journey onward not elate
But never brokenhearted —

(Emily Brontë)

 

Recueil: Cahiers de Poèmes
Traduction: Claire Malroux
Editions: Points

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Après l’échange des caresses (Ernest Raynaud)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2017



Illustration: Marc Chagall

    

Après l’échange des caresses, tous les deux
Se sont endormis là, dans les avoines folles.
Leur lèvre, frêle fleur d’amour, ouverte aux molles
Tiédeurs qu’épanche un ciel adorable autour d’eux.

Tout se tait ; seuls, au loin, dans les pâtis herbeux,
Où les coquelicots, émus de vents frivoles,
Piquent la pourpre éclatante de leurs corolles,
Quelques gémissements longtemps traînés de bœufs.

Mais voici que Chloé rouvre les yeux et, douce,
Parmi le soleil dont l’or igné l’éclaboussé,
S’accoude sur Daphnis léger qui rêve encor,

Le contemple un moment dans sa gloire d’éphèbe,
Toute nue, au milieu des fruits mûrs de la glèbe,
Et l’éveille d’un long baiser sur ses cils d’or.

(Ernest Raynaud)

 

Recueil: Poètes du Baiser
Editions: Société des Éditions LOUIS-MICHAUD

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PREMIER BAISER (Pierre-François Tissot)(Jean Second)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2017



    

PREMIER BAISER

Le sommeil sur Ascagne épanchait ses pavots ;
Vénus le voit, l’enlève, et volant à Paphos,
Sans réveiller l’enfant à l’ombre le dépose.
Une forêt de fleurs l’environne, et la rose

Qui, vierge encor, du lis surpassait la blancheur,
De l’air autour de lui parfume la fraîcheur.
Le beau Troyen, couché sous ce nouvel ombrage,
Rappelle à la déesse une bien chère image,

L’image d’Adonis ; ce touchant souvenir
Réveille dans son cœur la flamme du désir.
« Voilà mon Adonis; oui, c’est lui ». disait-elle.
Vingt fois pour l’embrasser se pencha l’immortelle ;

Mais troubler le repos d’Ascagne ou d’Adonis!…
Ouvertes par l’amour, les lèvres de Cypris
S’égarent sur les fleurs qu’elle avait fait éclore ;
Au feu de ses baisers la rose se colore ;

Zéphir unit son souffle à leur douce chaleur,
Et caresse à la fois la déesse et la fleur.

De blanche qu’elle était, la rose purpurine
Frémit sous le toucher de la bouche divine,
Lu cherche avec amour, et, sensible aux désirs.
Rend baisers pour baisers, et plaisirs pour plaisirs.

(Pierre-François Tissot)(Jean Second)

 

Recueil: Poètes du Baiser
Editions: Société des Éditions LOUIS-MICHAUD

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Cette forteresse épanchant la liberté (René Char)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2017



 

Brent Funderburk 2

Cette forteresse épanchant la liberté par toutes ses poternes,
cette fourche de vapeur qui tient dans l’air un corps d’une envergure prométhéenne que la foudre illumine et évite,
c’est le poème, aux caprices exorbitants, qui dans l’instant nous obtient puis s’efface.

(René Char)

Illustration: Brent Funderburk

 

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Attente incertaine de la pluie (Paul Nougé)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2015



Attente incertaine de la pluie
puis l’outre noire épanche
ses larmes violentes.

Angle des toits
et les rues enfuies et tournantes
les rues, encore,
ville née d’un éclair et morte avec lui.

(Paul Nougé)

 

 

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