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Posts Tagged ‘éparpillé’

Nous avons confié l’amour à la terre (Emmelie Prophète)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2019



 

Rigaud Benoit  Damballah-Wedo-and-his-Consort-ca.1967

Nous avons confié l’amour à la terre,
Extrait de l’arbre le secret de sa fleur,
Une mère terrible éparpillée
Dans le souvenir de son sang,
Un territoire mêlé dans le jeu inquiet
Des regards qui se manquent.
Notre ressemblance est un
Accident renouvelé.

(Emmelie Prophète)

Illustration: Rigaud Benoit

 

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Le matin tu sortais (Christian Viguié)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2019



Le matin tu sortais
S’épuisaient les miracles
l’eau gelée du seau
les étoiles éparpillées de la vitre

Ce n’était peut-être que ton étonnement
que recomposait le paysage
ton amour qui s’ouvrait
avec les yeux de la neige.

(Christian Viguié)


Illustration: Utagawa Kuniyoshi

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Il fut le premier à voler (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2019



La floraison du bâton

[11]
Il fut le premier à voler
(le héraut céleste)

mais non content d’abandonner
le troupeau éparpillé,

Il va et revient à jamais
entre les pôles du ciel et de la terre,

Il fut le premier à prendre vol
depuis cet Arbre si triste,

mais s’étant envolé, l’Arbre de Vie
porte des roses sur l’épine

et un vin odorant,
sur le bois stérile ;

Il fut le premier à dire,
pas aux quelques élus,

ses amis fidèles,
les sages et les bons,

mais à un paria et à un vagabond,
aujourd’hui tu seras avec moi en Paradis.

***

He was the first that flew
(the heavenly pointer)

but not content to leave
the scattered flock,

He journeys back and forth
between the poles of heaven and earth forever;

He was the first to wing
from that sad Tree,

but having flown, the Tree of Life
bears rose from thorn

and fragrant vine,
from barren wood;

He was the first to say,
not to the chosen few,

his faithful friends,
the wise and good,

but to an outcast and a vagabond,
to-day shalt thou be with me in Paradise.

(Hilda Doolittle)

 

 

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Hermès Trismégiste (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2018



Hermès 1 [800x600] [800x600]

Hommage aux anges
[1]

Hermès Trismégiste
est le patron des alchimistes ;

sa province est la pensée,
inventive, rusée et curieuse ;

son métal est le vif-argent,
ses clients, orateurs, voleurs et poètes ;

vole donc, ô orateur,
pille, ô poète,

prends ce que la vieille-église
trouva dans la tombe de Mithra,

bougie et écriture et cloche,
prends ce sur quoi la nouvelle-église a craché

ce qu’elle a détruit et cassé ;
ramasse les fragments de verre brisé

et de ton feu et de ton haleine,
fais fondre et intègre,

ré-invoque, re-crée
l’opale, l’onyx, l’obsidienne,

à présent éparpillés en tessons
que foulent les humains.

***

Hermes Trismegistus
is patron of alchemists;

his province is thought,
inventive, artful and curious;

his metal is quicksilver,
his clients, orators, thieves and poets;

steal then, O orator,
plunder, O poet,

take what the old-church
found in Mithra’s tomb,

candle and script and bell,
take what the new-church spat upon

and broke and shattered;
collect the fragments of the splintered glass

and of your fire and breath,
melt down and integrate,

re-invoke, re-create
opal, onyx, obsidian,

now soattered in the shards
men tread upon.

(Hilda Doolittle)

 

 

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Quand tu es né au milieu des mots (Yang Lian)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2018


 


 

quand tu es né au milieu des mots, tendre
comme du bois blanc
tu avais l’éclat de la peau

les mots t’ont fragilisé
brisé à terre éparpillé
en masques au travers de la pièce

(Yang Lian)

Illustration: Alex Alemany

 

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Anonymes du XX siècle (Jean-Luc Pouliquen)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2018



 

Anonymes du XX siècle

Qui
peut se résoudre à accepter
que tous ces battements de mains
éparpillés sur les contours de la terre
se consumeront dans l’oubli?

Même si chacun
s’efforce d’inscrire son image
dans le granit des jours,
la mémoire
est une arche effilée.

Pourtant
les sourires
s’apparentent aux chefs-d’oeuvre,
et ce don quotidien de soi
pour qu’un enfant poursuive
au-delà de son sillon,
toute cette eau vive
puisée aux sources intérieures.

Au bas de la fresque bi-millénaire
l’humanité tout entière a signé.

(Jean-Luc Pouliquen)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Edward Okun

 

 

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Quand la nuit est brillamment éparpillée (Georges Schehadé)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2017



Quand la nuit est brillamment éparpillée
Lorsque la pensée est intouchable
Je dis fleur de montagne pour dire
Solitude
Je dis liberté pour dire désespoir
Et je vais bûcheron de mes pas
Egarer les mensonges
Dans une forêt de bois
Pleine de justice et de romances

(Georges Schehadé)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 
Illustration: ArbreaPhotos
 

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Où est le tendre bourgeon (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2017




    
Des fenêtres ouvertes, un olivier
Et des restes éparpillés
Où est ta tige?
Où est le tendre bourgeon
Ô rose des souvenirs.

(Adonis)

 

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Sur le jardin (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2017



Sur le jardin
le crépuscule éparpillé

Les murets à jamais
enseignés de patience

Tout au fond un arbrisseau
né par innocence

Un puits d’autrefois pour lire
la première étoile

(Georges Bonnet)

 

 

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Ah ! Dans quel désert… (Hector de Saint-Denys Garneau)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2017



Ah ! Dans quel désert…

C’est eux qui m’ont tué
Sont tombés sur mon dos avec leurs armes, m’ont tué
Sont tombés sur mon cœur avec leur haine, m’ont tué
Sont tombés sur mes nerfs avec leurs cris, m’ont tué

C’est eux en avalanche m’ont écrasé
Cassé en éclats comme du bois

Rompu mes nerfs comme un câble de fil de fer
Qui se rompt net et tous les fils en bouquet fou
Jaillissent et se recourbent, pointes à vif

Ont émietté ma défense comme une croûte sèche
Ont égrené mon cœur comme de la mie
Ont tout éparpillé cela dans la nuit

Ils ont tout piétiné sans en avoir l’air,
Sans le savoir, le vouloir, sans le pouvoir,
Sans y penser, sans y prendre garde
Par leur seul terrible mystère étranger
Parce qu’ils ne sont pas à moi venus m’embrasser

Ah ! dans quel désert faut-il qu’on s’en aille
Pour mourir de soi-même tranquillement.

(Hector de Saint-Denys Garneau)

Illustration: Parra Mariannic

 

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