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Poésie

Posts Tagged ‘éparpillement’

Si le poème allait chanter (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019



 

Chantal Larriviere    atoll

Si le poème allait chanter…
La page blanche est l’harmonie avant l’épreuve du langage, avant
que ne vienne le forgeron nubile, avant le souffle du troubadour.
Si le poème allait chanter… On attend.
On attend un miracle en forme d’atoll sous la vague.
On attend aussi morose que le temps chez les truands de province.
On attend ! On attend, Tamarie, dans l’éparpillement soyeux des
étamines du printemps
On attend, on attend le dernier Jugement.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Chantal Larriviere  

 

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Parfois (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2018



Illustration: Ludovic Florent
    
parfois
on croit pouvoir résumer de façon simple
commune

on tourne autour d’un ancienne brisure
sans pouvoir supporter l’éparpillement

on ne voit plus très bien
et on respire mal

une épaisse poussière jaune sale occupe le centre

on peut toujours rire

(Antoine Emaz)

 

Recueil: Caisse claire
Traduction:
Editions: Points

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VIEUX CONTE (Edmond Rostand)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2018



VIEUX CONTE

Dans l’éparpillement soyeux des cheveux d’or
Et parmi les blancheurs des coussins toute blanche,
Ayant clos pour cent ans ses grands yeux de pervenche,
Souriant vaguement à son rêve, elle dort.

Sa tête de côté légèrement se penche.
Un vitrail entr’ouvert laisse voir le décor
Du parc, où les oiseaux ne chantent pas encor,
Car la Fée endormit chacun d’eux sur sa branche.

Au pied du lit sommeille un beau page blondin.
Elle dort, immobile en son vertugadin,
La jupe laissant voir un bout de sa babouche…

Toute rose, elle dort son sommeil ingénu,
Car le Prince Charmant n’est pas encor venu
Qui doit la réveiller d’un baiser sur la bouche.

(Edmond Rostand)

 Illustration: Gustave Doré

 

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Tout manque (Didier Carhen)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017



Illustration: Bénédicte Pontet
    

Tout manque

Une force
Secrète

L’éparpillement
De l’âme

J’entends d’abord
Les mains prochaines

(Didier Carhen)

 

Recueil: Les septs livres
Traduction:
Editions: La lettre volée

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Plus de tenailles (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2017



Illustration
    
Plus de tenailles
Plus d’ombres noires
Plus de craintes
Il n’y en a plus trace
Il n’y a plus à en avoir
Où était peine, est ouate
Où était éparpillement, est soudure
Où était infection, est sang nouveau
Où étaient les verrous est l’océan ouvert
L’océan porteur et la plénitude de toi
Intacte, comme un oeuf d’ivoire.

J’ai lavé le visage de ton avenir.

(Henri Michaux)

 

Recueil: Face aux verrous
Editions: Gallimard

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J’ALLAIS DANS LE VERGER… (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2016



 

Alexandre Pavlenko  1974 - Ukrainian Pointillist painter (53) [1280x768]

J’ALLAIS DANS LE VERGER…

J’allais dans le verger où les framboises au soleil
chantent sous l’azur à cause des mouches à miel.
C’est d’un âge très jeune que je vous parle.
Près des montagnes je suis né, prés des montagnes.
Et je sens bien maintenant que dans mon âme
il y a de la neige, des torrents couleur de givre
et de grands pics cassés où il y a des oiseaux
de proie qui planent dans un air qui rend ivre,
dans un vent qui fouette les neiges et les eaux.

Oui, je sens bien que je suis comme les montagnes.
Ma tristesse a la couleur des gentianes qui y croissent.
Je dus avoir, dans ma famille, des herborisateurs
naïfs, avec des boîtes couleur d’insecte vert,
qui, par les après-midi d’horrible chaleur,
s’enfonçaient, dans l’ombre glacée des forêts,
à la recherche d’échantillons précieux
qu’ils n’eussent point échangés pour les vieux
trésors des magiciens des Bagdads merveilleuses
où les jets d’eau ont des fraîcheurs endormeuses.
Mon amour a la tendresse d’un arc-en-ciel
après une pluie d’avril où chante le soleil.
Pourquoi ai-je l’existence que j’ai ?… N’étais-je fait
pour vivre sur les sommets, dans l’éparpillement
de neige des troupeaux, avec un haut bâton,
à l’heure où on est grandi par la paix du jour qui tombe ?

(Francis Jammes)

Illustration: Alexandre Pavlenko

 

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Tout autour du corps (Jacques Dupin)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2016



arden_254086_DRAP
tout autour du corps
un éparpillement
de mots étreints par la soif

(Jacques Dupin)

Illustration

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Pourquoi (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2016



Pourquoi ai-je l’existence que j’ai? … N’étais-je fait
pour vivre sur les sommets, dans l’éparpillement
de neige des troupeaux, avec un haut bâton,
à l’heure où on est grandi par la paix du jour qui tombe?

(Francis Jammes)


Illustration

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En vieillissant (Pascal Quignard)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2016



En vieillissant il devient de plus en plus difficile
de s’arracher à la splendeur du paysage qu’on traverse.
La peau usée par le vent et par l’âge,
distendue par la fatigue et les joies,
les différents poils, larmes, gouttes; ongles et cheveux
qui sont tombés par terre comme des feuilles ou des brindilles mortes,
laissent passer l’âme qui s’égare de plus en plus souvent à l’extérieur de la peau.
Le dernier envol n’est à la vérité qu’un éparpillement …

(Pascal Quignard)

Illustration

 

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