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Poésie

Posts Tagged ‘éparse’

Le froid te pénètre et t’éveille (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2018



Le froid te pénètre et t’éveille,
tu es multiple et vide, te voici
dans les paroles éparses, dans un vertige

Qui n’a pas de centre, tu n’es
personne, dispersé dans l’absence,

Perdu, sans lieu, naufragé de quel
voyage, dans la fraîcheur nouvelle
du plus vaste oubli.

(Lionel Ray)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Illustration: Clara Lieu

 

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Je m’enfonce très fort (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2017




    
Je m’enfonce très fort les ongles dans la peau
pour me rappeler que je suis encore en vie
à l’heure où mes doigts craignent de se refermer
sur des os prêts à jouer le jeu de la mort.

Que me reste-t-il de quarante ans de regards,
sinon le souvenir de deux ou trois couchants
au-dessus de soirs presque sans date ni lieu,
de blés marchant la tête haute vers la nuit ?

Le soleil fait semblant de ne pouvoir sortir
d’un filet d’eau traversant pierres et chemins
ou des yeux d’une amoureuse pour qui se lève
le jour irremplaçable d’un visage d’homme.

Elle avance sans savoir que les murs s’éclairent
à l’approche d’un corps aussi bouleversant
que celui d’un navire en route vers la terre,
foudre vivante à quoi se brûle l’horizon.

La lumière éparse n’a plus d’autre support
qu’une main tendue venant tout droit de la nuit
et par laquelle ma chair rayonne et s’étend
très loin de ce point trop gris qu’est toujours le coeur.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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LE PASSÉ INDÉFINI (André de Richaud)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2017


 


 

LE PASSÉ INDÉFINI

Colonnes éparses pierres maudites épaves lavées
regardez-moi sanglant revenir à mon trou
La tombe ? Avenir bégayant… Tais-toi !
C’est à moi de parler encore
Les feux du matin
Les palmes balancées du soir
Tout ça donné pour un caillou
perdu dans les sables du couchant

Les neiges ont fondu
Les oiseaux se dispersent
Les yeux de ma douleur s’ouvrent au fond des bois
Toi, seule statue à la bouche scellée
Toi, seule gardes l’horrible secret…

Heureusement qu’il y a une voix verte qui fleurit toujours
au fond de la campagne.
Fais doucement ta ronde
l’oiseau rit dans le vent
Et le ciel et le monde
se parlent bien souvent… »

(André de Richaud)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Ni éclair ni cri (Jean-Claude Izzo)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2017



 

Ni éclair ni cri,
seulement, dans la solitude du marcheur,
la révélation du rêve :
l’éveil à un voyage promis de toute éternité
dans la reconstitution des heures éparses.

(Jean-Claude Izzo)

Illustration: Alberto Giacometti

 

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Les voix (Christine Bonduelle)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2017



Solidaires
les voix
à s’attendre

chercheuses
de chaque côté
du mur

remueuses
de pierres
à tâtons
perceuses
de jour
en trouées

éparses
étirant l’œil
à l’intérieur.

(Christine Bonduelle)

Illustration: Alberto Galvez

 

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JONCTION (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2017



 

Dorina Costras  075,f

JONCTION

Déjà, dans la lumière éparse
qui réfléchit mon pas, dans la lumière
du pas que je n’ai pas fait, je me vois
m’approcher de moi-même
encore.

L’une de mes mains
refermée sur l’autre,
mon oeil
creusant la distance

que je garde à l’intérieur de ma distance.
Ces lignes de hasard
qui convergent.

(Paul Auster)

llustration: Dorina Costras

 

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Nuit (Sandro Penna)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2016




Nuit : rêve de fenêtres
éparses illuminées.
Entendre la voix claire
venue de la mer. D’un livre
aimé voir des mots
disparaître… – Oh étoiles en marche
l’amour de la vie !

***

Natte : sogno di sparse
finestre illuminate.
Sentir la chiara voce
dal mare. Da un amato
libro veder parole
sparire… — Oh stelle in corsa
l’amore della vita !

(Sandro Penna)

Illustration

 

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Danses tristes (Stefan George)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2016



Tel un sourire en ce déclin
Le parc t’offre son arôme,
Mêle à ta chevelure éparse
De la véronique et du lierre.

Les blés mouvants gardent leurs ors
Peut-être moins drus et moins hauts,
Des roses te saluent encore
Douces, dans leur éclat moins chaud.

Taisons ce qu’il ne faut entendre
Et promettons-nous d’être heureux,
Ne dussions-nous plus rien attendre
Que cette promenade à deux.

***

Es lacht in dem steigenden Jahr dir
Der Duft aus dem Garten noch leis,
Flicht in das flatternde Haar dir
Eppich und Ehrenpreis.

Die wehende Saat ist wie Gold noch,
Vielleicht nicht so hoch mehr und reich.
Rosen begrüßen dich hold noch,
Ward auch ihr Glanz etwas bleich.

Verschweigen wir, was uns verwehrt ist,
Geloben wir, glücklich zu sein,
Wenn auch nicht mehr uns beschert ist,
Als noch ein Rundgang zu zwein.

(Stefan George)

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À vol d’oiseau (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2015




À vol d’oiseau

Furieusement
vire
sur un reflet
pique
à l’aplomb
brusque
blancheur
monte
sanglant déjà le bec
sel dispersé
ligne à peine
en tombant
droit
ton regard
sur cette page
éparse

***

A vista de pájaro

Furiosamente
gira
sobre un reflejo
cae
en línea recta
afilada
blancura
asciende
ya sangriento el pico
sal dispersa
apenas línea
al caer
recta
tu mirada
sobre esta página
disuelta

(Octavio Paz)

 

 

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