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Le Moulin (Remy de Gourmont)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2015



Le Moulin

Simone, le moulin est très ancien : ses roues,
Toutes vertes de mousse, tournent au fond d’un grand trou :
On a peur, les roues passent, les roues tournent
Comme pour un supplice éternel.

Les murs tremblent, on a l’air d’être sur un bateau
À vapeur, au milieu de la nuit et de l’eau :
On a peur, les roues passent, les roues tournent
Comme pour un supplice éternel.

Il fait noir ; on entend pleurer les lourdes meules,
Qui sont plus douces et plus vieilles que des aïeules :
On a peur, les roues passent, les roues tournent
Comme pour un supplice éternel.

Les meules sont des aïeules si vieilles et si douces
Qu’un enfant les arrête et qu’un peu d’eau les pousse :
On a peur, les roues passent, les roues tournent
Comme pour un supplice éternel.

Elles écrasent le blé des riches et des pauvres,
Elles écrasent le seigle aussi, l’orge et l’épeautre :
On a peur, les roues passent, les roues tournent
Comme pour un supplice éternel.

Elles sont aussi bonnes que les plus grands apôtres,
Elles font le pain qui nous bénit et qui nous sauve :
On a peur, les roues passent, les roues tournent
Comme pour un supplice éternel.

Elles nourrissent les hommes et les animaux doux,
Ceux qui aiment notre main et qui meurent pour nous :
On a peur, les roues passent, les roues tournent
Comme pour un supplice éternel.

Elles vont, elles pleurent, elles tournent, elles grondent,
Depuis toujours, depuis le commencement du monde :
On a peur, les roues passent, les roues tournent
Comme pour un supplice éternel.

Simone, le moulin est très ancien : ses roues,
Toutes vertes de mousses, tournent au fond d’un grand trou.

(Remy de Gourmont)

 

 

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DES L’AUBE… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2015



épeautre 51

Dès l’aube, on s’ébroue, on s’étrille :
A grande eau, la merde des langes !
Et puis on s’épile, on s’arrange
Dans la grande psyché du jour.
Déjà, l’on est de vieux amis,
Nous deux le chewing-gum de la vie !

On mâche, on mâche et si, parfois,
C’est la carotide d’un autre,
Des mots bizarres comme « Epeautre »
Ou le soleil tombé d’un toit,
Qu’importe, puisque l’on est là ?
Qu’importe, puisque l’on est sauf ?

(Jean Rousselot)

 Illustration

 

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DES L’AUBE… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2015



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DES L’AUBE…

Dès l’aube, on s’ébroue, on s’étrille :
A grande eau, la merde des langes !
Et puis on s’épile, on s’arrange
Dans la grande psyché du jour.
Déjà, l’on est de vieux amis,
Nous deux le chewing-gum de la vie !

On mâche, on mâche et si, parfois,
C’est la carotide d’un autre,
Des mots bizarres comme « Epeautre »
Ou le soleil tombé d’un toit,
Qu’importe, puisque l’on est là ?
Qu’importe, puisque l’on est sauf ?

(Jean Rousselot)

Illustration

 

 

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