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L’ÉTOILE QUI FLAMBE (Gyula Illyès)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2020



 

Zdzislaw Beksinski 14638

L’ÉTOILE QUI FLAMBE

Pierres lancées des hauteurs
nous nous écrasons. A quoi bon ?
Pour ne devenir, à coup sûr,
que de la boue au cimetière.

Et s’il doit en être ainsi
telle l’étoile qui flamboie
dans la flamme et le feu
de la chute éperdue

traversons donc brûlants,
flamboyants, projetés,
la fournaise du vide
que fut notre existence

et sans savoir la fin
qui attend notre vie
que celui qui a pu
la voir passer se dise :

qu’elle fut éblouissante !

(Gyula Illyès)

Illustration: Zdzislaw Beksinski

 

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Si un jour la douleur t’a coupé les ailes (Bernard Montini)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2020



Si un jour

la douleur t’a coupé les ailes
caresse les épaules
de l’éperdue clouée à terre

(Bernard Montini)


Illustration: Antoon Van Dyck

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À NE PAS RECOMMENCER (Claude Michel Cluny)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



 

Ana Cruz b58

À NE PAS RECOMMENCER

Le jour comme une ville en ruine
Les mille épées du vent, le sel
plein la bouche — et les armes. Le vent —
et ta robe se lève. Le sel,
tes yeux se sèchent pour ma soif.

Au terme de notre querelle
je t’avais faite prisonnière
de la nuit tiède d’une orange
avec les chardons bleu aigu
et les chevaux bleus en désir
— Nous sommes-nous bien déchirés
par trop de haine puisque d’amour —
Oui, toi gémissante éperdue
couchée sur des couteaux, jamais
trop belle pour n’être pas aimée,

ô ma nuit comme une âme en ruine.

(Claude Michel Cluny)

Illustration: Ana Cruz

 

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Sirène (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2016



 

Sirène

Il n’était pas une fois
un beau château au centre d’un désert
nul ne tentait d’en franchir l’accès
dans un bassin
y nageait une sirène

Il n’était pas une fois
ou plutôt si Il était il était une fois
Il est encore au centre du désert
derrière les hauts murs
une sirène nageant dans un bassin

Solitude silence eau sans clapotis
Rien ne viendra-t-il troubler
la nage régulière de la sirène

C’est elle immuable qui nécessite
Le mouvement des aiguilles sur les cadrans
C’est elle qui règne sur la respiration
Sur celle des amants et celle des dormeurs

Sur celle de celui qui rêve
Sur celle de celui qui aime
Sur celle de l’amante éperdue

Voici que l’orage se lève dans son uniforme d’encaisseur
Enjambe l’horizon
Se brise aux monts
Et dans la splendeur de l’arc-en-ciel
Se dérobe en un fleuve odorant
Se brise aux piles du prisme des couleurs

Sur la campagne agenouillée
Dans ce fleuve au bon parfum
Voici que nage la sirène
Immense dans le ciel à marée haute
Elle passe au-dessus des champs
au-dessus des villes

L’éclat de ses écailles est celui de l’éclair
Sa queue d’un mouvement lent
balaie les nuages

Le paysage retourne au soleil
La sirène à son palais lointain

Tout cela peut se voir
Quand l’orage gronde
Quand il s’enfuit sous l’arc-en-ciel

Mais il est d’autres orages
Il est des paysages du coeur
Il est d’autres sirènes.

(Robert Desnos)

Illustration

 

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Dans la danse éperdue des atomes (Jean-Paul Hameury)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2016



Nous qui serons passés
si vite et en tremblant
entre les deux lisières
qui n’aurons jamais su parler
nous serons là muettement éparpillés
tendrement recueillis
dans la danse éperdue des atomes.

(Jean-Paul Hameury)

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Ariane (José-Maria de Hérédia)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2016



Au choc clair et vibrant des cymbales d’airain,
Nue, allongée au dos d’un grand tigre, la Reine
Regarde, avec l’Orgie immense qu’il entraîne,
Iacchos s’avancer sur le sable marin.

Et le monstre royal, ployant son large rein,
Sous le poids adoré foule la blonde arène,
Et, frôlé par la main d’où pend l’errante rêne,
En rugissant d’amour mord les fleurs de son frein.

Laissant sa chevelure à son flanc qui se cambre
Parmi les noirs raisins rouler ses grappes d’ambre,
L’Epouse n’entend pas le sourd rugissement ;

Et sa bouche éperdue, ivre enfin d’ambroisie,
Oubliant ses longs cris vers l’infidèle amant,
Rit au baiser prochain du Dompteur de l’Asie.

(José-Maria de Hérédia)

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Eperdues d’amour (Sôseki)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2015



Visages graves
Eperdues d’amour
Les altières poupées

(Sôseki)


Illustration

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