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Posts Tagged ‘éphémère’

Complicité du Souffle (Jean-Claude Xuereb)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2020



 

Existe-t-il entre l’air et le vent — brise, bourrasque
et ouragan — une complicité du Souffle qui, du
néant à la création et peut-être de nouveau au
néant, parcourt de toute éternité l’univers, Souffle
auquel ne cesse de vouloir s’ajuster notre
éphémère respiration?

(Jean-Claude Xuereb)

Illustration

 

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LES ANGES (Patrice de La Tour du Pin)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2020



 

Chelìn Sanjuan (19)

LES ANGES

ll y a des éternités de passage…

Des rencontres d’enfant, trop souvent; alors
Tout change de sens, la mer n’a plus qu’un bord,
Cette côte où l’enfant médite sur la plage.

Médite ou rit : s’amuse avec des éphémères
Qui rôdent le soir, peut-être un bout de nuit,
Prennent la danse de mer; mais aussi
Creusent les lits futurs de la lumière.

Où seront les frontières vers le haut
Et vers le bas, plus tard ? Les vagues les dépassent,
Et déjà des reflets sur les vagues, tantôt
De lui, tantôt d’ailleurs. — C’est un espace
Variable, selon le coeur des eaux…

(Patrice de La Tour du Pin)

Illustration: Chelìn Sanjuan

 

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L’EAU DISCRÈTE (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2020



Illustration: Pascal Baudot
    
L’EAU DISCRÈTE

Une eau glacée qui coule On l’entend sans la voir
(La pensée de l’été qui chantonne sous l’herbe)
Les toutes petites abeilles noires leur bourdon continu
(Le rêve que le soleil fait à bouche fermée)

À onze heures en août le monde est transparent
Il sera brûlant après la méridienne
Une très modeste éternité baigne de clarté vive
l’eau qui court les abeilles le soleil triomphant

Une éphémère éternité qui nous habite toi et moi
Elle fondra dans le jour comme le sucre dans l’eau
comme le temps dans le temps

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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Fleur. Est-ce une fleur ? (Bai Juyi)

Posted by arbrealettres sur 14 janvier 2020



Illustration
    
Fleur. Est-ce une fleur ?
Brume. Est-ce une brume ?
Arrivant à minuit
S’en allant avant l’aube.
Elle est là: douceur
d’un printemps éphémère
Elle est partie: nuée du matin
nulle trace

(Bai Juyi)

 

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Percé de lucarnes (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2019


Coeur

Débusque ce battement-de-nous
gravé dans l’énigme

Sacre l’éphémère
Reconnais la rencontre

Explore cette trame-de-nous
où l’univers s’avive

Le coeur percé de lucarnes
remonte les soirs muets.

(Andrée Chedid)

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Muse II (David Marino)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2019



Muse II

Comment ne pas aimer la chaleur de ton sein,
L’amour éphémère de la beauté antique ?

Tu nous verses l’ivresse épurée du bon vin
Et ton lait rouge apaise et plaint le fanatique.

Et ta peau étoilée embaume le divin.
Séraphins, archanges et anges te jalousent

Sage ou diablesse, ce doux parfum est saint,
Ici, tous les hommes, bons et mauvais t’épousent.

(David Marino)


Illustration: Gustave Moreau

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MÉTAMORPHOSES (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2019



MÉTAMORPHOSES I

Invente tes métamorphoses

Il est toujours temps de dépister l’éclair
De t’arracher aux paroles stagnantes
D’abreuver le coeur drainé par trop de soifs
D’écarter l’écorce pour surprendre le noyau

Des confins de la terre et du ciel
Jusqu’aux menées de l’âme
Il n’y a pas de grille à la poursuite
Ni aux fictions.

***

MÉTAMORPHOSES II

Où est l’homme
En ce vacarme
En cette lande crevassée ?

Sa voix se perd
Parmi les stridences
Sur sa toile impénétrable
Les fils se sont usés

Quelle main peut le saisir encore
Quel langage le traduire
Quel oeil le fixer ?

Seuls des fragments d’images
Surgissent du repaire des ombres
Écartent de funestes fagots
Infiltrent quelques lueurs
Métamorphosent quelques paroles
En brasiers.

***

MÉTAMORPHOSES III

L’homme décline puis se recrée
Loin des preuves et des ruines

De chantiers en chantiers
Sous le tain sous l’écorce
Il s’extrait du chaos
Il ratisse des jardins
Pour goûter à l’avenir
A sa flore fugitive
A ses grappes éphémères
Et au chant des matins.

(Andrée Chedid)


Illustration: Salvador Dali

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Papillon dort (Masaoka Shiki)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2019



    

(Masaoka Shiki)

 

Recueil: Les plus beaux HAÏKU(S)
Traduction: Akié Boulard
Editions: Arichi

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Une nasse à pieuvre (Matsuo Basho)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2019



    

Illustration 

(Matsuo Basho)

 

Recueil: Les plus beaux HAÏKU(S)
Traduction: Akié Boulard
Editions: Arichi

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Votre rire est éclatant comme un bel oiseau des Iles (Jean de la Ville de Mirmont)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2019



I

Votre rire est éclatant
Comme un bel oiseau des Iles.
Mais à rire on perd son temps,
O ma soeur, ma soeur fragile !

Vous savez des jeux plus fous
Que celui de « pigeon-vole ».
C’est un mauvais point pour vous,
O ma soeur, ma soeur frivole !

Vous manquez de sérieux
Et de vertus ménagères.
Vous n’irez jamais aux cieux,
O ma soeur, ma soeur légère !

II

Pourquoi ces mains, dont vous ne faites
Qu’un usage absolument vain ?
Mais quelle fête,
Quand je saisis leurs doigts divins !

Pourquoi ces yeux où ne réside
Rien du tout, pas même l’ennui ?
Mais quel suicide
Que de les perdre dans la nuit !

Pourquoi ces lèvres d’où j’écoute
Tomber des mots sans intérêt ?
Mais quelle absoute
Leur seul baiser me donnerait !

III

Le rire clair, l’âme sans reproche,
Un regard pur comme du cristal,
Elle viendra, puisque c’est fatal !
Moi, je l’attends les mains dans les poches.

A tout hasard, je me suis pourvu
D’un stock d’amour et de prévenances,
N’oubliant point qu’en cette existence
Il faut compter avec l’imprévu.

Tu n’auras donc, petite vestale,
Qu’à t’installer un jour dans mon coeur,
Il est, je crois, plus riche en couleur
Que ton album de cartes postales.

IV

Depuis tant de jours il a plu!
Pourtant, voilà que recommence
Un printemps comme on n’en voit plus,
Chère, sinon dans tes romances.

Adieu rhumes et fluxions !
Adieu l’hiver, saison brutale !
C’est, ou jamais, l’occasion
D’avoir l’âme sentimentale.

Que ne puis-je, traînant les pieds,
Et mâchonnant ma cigarette,
Cueillir pour toi, sur les sentiers,
De gros bouquets de pâquerettes !

V

Amie aux gestes éphémères,
Cher petit être insoucieux,
Je ne veux plus d’autre chimère
Que l’azur calme de tes yeux.

Pas besoin d’y chercher une âme !
De tels objets sont superflus.
Le seul bonheur que je réclame,
C’est de m’y reposer, sans plus.

Que m’importe l’horreur du vide ?
Je vais plonger, à tout hasard,
Ainsi qu’un nageur intrépide,
Dans le néant de ton regard.

(Jean de la Ville de Mirmont)

Illustration: Jeff Scher

 

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