Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘épi’

LE PETIT MOULIN (Chants Yiddish)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2017



    

LE PETIT MOULIN

Tant que l’épi est jeune,
Et que le grain est maigre et fin,
Tant que l’épi est jeune ;
On ne s’y intéresse pas !
Il peut rester dans le champ
On le laisse en paix !
Mais s’il vient à grandir,
La roue se met à tourner !
Il est broyé en morceaux
Et on ne le reconnait plus !

Dors bien, ouvrier tiens bien le manche
Travailler avec entrain a cependant son importance
Tourne bien, tourne bien, petite roue du moulin !
Broie bien le grain en poudre !
Il a perdu depuis longtemps sa forme primitive,
Et a été broyé sous la roue,
Il est tout blanc et s’appelle farine !

***

(Drey Zikh Milekhl, Dina’s lid ) DOS MILEKHL

Zo lang di zang iz yunger,
Un der korn- moger, gringer,
Zo lang di zang iz yunger,
Kukt men zikh nit tsu !
In feld ken zi farblaybn
Dos rod kon zi nit tseraybn,
In feld ken zi farblaybn!
Lozt men nor im tsuru,
Vert nor der korn diker,
Tut zikh dos rod a ker!
Er vert tseraybn oyf shtiker,
Men derkent im shoyn nit mer!

Shlof gut du arbeter halt fest dosshtilekhn!
Fleysik tsu arbetn iz dokh a shpilekhn;
Drey zikh gut drey zikh gut redelemilkhn!
Tserayb gut dem korn- tsu tayl !
Nishto shoyn keyn zangen tseraybn ider korn,
Di ersht geshtalt hot er shoyn langfarloyrn,
Unter der rod iz er tseraybn gevorn,
Er iz shoyn gor vays -un heyst mel !

Zo lang der mentsh iz moger,
Lebt solid iz nit keyn yoger,
Zo lang der mentsh iz moger,
Lebt er dokh say vi!
Di noyt ken im not nit leygn,
Vayl er iz vaykh un lozt zikh boygn
Di noyt ken im nor nit leygn.
Lozt zi im nor tsuru.
Koym vert er ibergliklekh…
Tut im dos rod a ker !
Zi tsebrekht im nor oyf shtiklekh
Men derkent im shoyn nit mer !…
Shlof git du arbeter etc..

Zo lang der yid hot nit geflakert,
Shof gepashet erd geakert,
Zo lang der yid hot nisht geflakert,
Hot men im gelozt tsuru;
Shtil gelebt nit hoykh gefloygn;
Nit oyfgerisn yenem di oygn…
Shtil gelebt nit hoykh gefloygn,
Nit oyfgerisn yenem di oygn…
Shtil gelebt nit hoykh gegloybt,
Hot men nit gezogt dertsu,
Az er iz gevorn ibergliklekh,
Hot zikh di rod geton a ker,
Tseraybn iz er oyf shtiklekh!..
Men derkent im shoyn nit mer.
Shlof git du arbeter etc..

***

זאָ לאַנג די זאַנג איז יונגער,
און דער קאָרן מאָגער, גרינגער ,
זאָ לאַנג די זאַנג איז יונגער ,
קוקט מען זיך ניט צו !
אין פֿעלד קען זי פֿאַרבלײַ בן
דאָס ראָד קאָן זי ניט צערײַ בן ,
אין פֿעלד קען זי פֿאַרבלײַ בן !
לאָזט מען נאָר אים וצ ,רו
װערט נאָר דער קאָרן דיקער,
טוט זיך דאָס ראָד אַ קער!
ער װערט צערײַ בן אױף שטיקער,
מען דערקענט אים שױן ניט מער!

שלאָף גוט דו אַרבעטער האַלט פֿעסט דאָס
שטילע !ןכ
פֿלײסיק צו אַרבעטן איז דאָך אַ שפּ כעיל ,ן
דריי זיך גוט דריי זיך גוט רעדעלע מילכן !
צערײַ ב גוט דעם קאָרן צו טײַ ל !
נישטאָ שױן קײן זאַנגען צערײַ בן אין דער
קאָרן ,
די ערשט געשטאַלט האָט ער שױן לאַנג
פֿאַרלױרן ,
אונטער דער ראָד איז ער צערײַ בן געװאָרן,
ער איז שױן גאָר װײַ ס און הײסט מעל

זאָ לאַנג דער מענטש איז מאָגער,
לעבט סאָליד איז ניט קײן יאָגער ,
זאָ לאַנג דער מענטש איז מאָגער,
לעבט ער דאָך סײַ װי!
די נױט קען אים נאָט ניט לײגן ,
װײַ ל ער איז װײַ ך און לאָזט זיך בױגן
די נױט קען אים נאָר ניט לײגן .
לאָזט זי אים נאָר צורו.
קױם װערט ער איבערגליקלעך..
טוט אים דאָס ראָד אַ קער!
זי צעברעכט אים נאָר אױף שטיקלעך
מען דערקענט אים שױן ניט מער !..
שלאָף גיט דו אַרבעטער א.ז.וו

זאָ לאַנג דער ייִד האָט ניט געפֿלאַקערט,
שאָף געפּאַשעט ערד געאַקערט ,
זאָ לאַנג דער ייִד האָט נישט געפֿלאַקערט
האָט מען אים געלאָזט צורו,
שטיל געלעבט ניט הױך געפֿלױגן ,
ניט אױפֿגעריסן יענעם די אױגן..
שטיל געלעבט ניט הױך געפֿלױגן,
ניט אױפֿגעריסן יענעם די אױגן..
שטיל געלעבט ניט הױך געגלױבט ,
האָט מען ניט געזאָגט דערצו,
אַז ער איז געװאָרן איבערגליק ,ךעל
האָט זיך די ראָד געטאָן אַ קער,
צערײַ בן איז ער אױף שטיקלעך!..
מען דערקענט אים שױן ניט מער .
שלאָף גיט דו אַרבעטער א. ז.וו..

http://archives.savethemusic.com/bin/archives.cgi?q=songs&search=title&id=Dos+Milekhl

(Chants Yiddish)

 

Publicités

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE CITADIN AUX CHAMPS (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017




    
LE CITADIN AUX CHAMPS

Abuser du temps qui passe
soustraire l’air d’une souris
piocher dans le beurre en motte
atteindre l’eau d’un coup de scie
piétiner l’or de la crotte
étreindre le blé sans épis
insulter mouche qui trotte
sermonner les pous des brebis
abuser du temps qui passe
voilà tout ce qu’à la campagne
fait le monsieur de Paris

(Raymond Queneau)

 

Posted in humour, méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA MAIN À LA PLUME (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017




    
LA MAIN À LA PLUME

J’écrirai des poèmes
sur le lait le beurre la crème
j’écrirai des odes en vers heptasyllabiques
sur les vaches les brebis les biques

j’écrirai des myriades de myriades de sonnets
sur le vent qui couche les lourds épis de blé
j’écrirai des chansons
sur les mouches et les charançons

j’écrirai des sextines
sur les fonds de jardin où se mussent les latrines
j’écrirai des phrases obscures
sur l’agriculture

j’utiliserai des métonymies et des métaphores
pour parler de la vie des porcs et de leur mort
j’utiliserai l’assonance et la rime
pour parler des prés, de la forêt, de la campagne
j’écrirai des poèmes
la main sur la charrue du vocabulaire

(Raymond Queneau)

 

Posted in humour, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

CHANSON DE MARCHE (Jean Cayrol)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017




    
CHANSON DE MARCHE

L’épi mangé grain par grain
par le vent et par les chiens

le coeur pris de saint en saint
par le feu et dans le poing

la nuit chaude sur ton sein
ses deux yeux pareils aux tiens

le passé joyeux qui vient
s’enivrer du premier vin

premier mort mon vert raisin
qui passez de main en main

la fleur folle qui se plaint
de la larve et de l’essaim

et la noire pluie de la fin
qui s’allume et qui s’éteint.

(Jean Cayrol)

 

Recueil: Poèmes de la nuit et du brouillard
Traduction:
Editions: Seuil

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

NE TE SUICIDE PAS, SEIGNEUR (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017



Illustration: Salvador Dalí
    
NE TE SUICIDE PAS, SEIGNEUR

Ne te suicide pas, Seigneur,
voici qu’apparaît une orchidée parmi les ruines ;
ne te suicide pas, Seigneur,
voici que renaît le ruisseaux dans le cratère d’une bombe ;
ne te suicide pas, Seigneur,
le ciel a mis du givre sur sa balafre, l’océan a guéri sa blessure d’un bandage de corail.

Écoute, Seigneur, ton univers qui était enfantin comme le cartilage,
le voilà revenu de sa première fougue, de sa plus grande désobéissance ;
les comètes continuent de voyager, comme des berlines après une halte au carrefour de deux paniques ;
l’azur n’en est que plus profond, d’avoir été un rapace ;
l’aurore n’en est que plus belle, d’avoir failli ne jamais revenir.

Tout n’a pas tellement changé, Seigneur :
regarde ce hameau, combien de cascades pourraient naître dans sa mare,
combien de peupliers dans son ortie !

Tout n’a pas tellement souffert, Seigneur :
déjà l’épi de blé pousse dans l’orbite de ceux qui moururent de faim,
déjà les fillettes sautent à la corde sous les ombres de ceux que l’on décapita.

Tout n’est pas tellement tragique, Seigneur,
puisqu’il y a la route sans fin où même l’exil est oublié,
puisqu’il y a le vent si doux que même les soupirs y sont joyeux,
puisqu’il y a tout ce qui hurle l’immense plaisir d’être vivant.

(Joë Bousquet)

 

Recueil: Poèmes, un
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

J’approcherai mon oreille (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2017



Illustration: Oleg Zhivetin
    
J’approcherai mon oreille
du mur qui nous unit
et du bruit de mon sang
caché dans ton ventre
J’approcherai ma bouche
je toucherai de mes lèvres
l’air que tu respires
et ta fleur ramassée en rêve
et ton épi de blé
j’approcherai mes yeux
d’une épée qui brûle
un miroir d’ombre
nous lavera la mémoire
tu seras
ma lumière

(Luis Mizón)

 

Recueil: Poèmes d’eau et de lumière
Traduction:
Editions: Al Manar

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Livrée à froideur (Ono no Komachi)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2017



Livrée à froideur
comme épi au vent d’automne
ah, quel triste sort !
Pauvre de moi dont nul fruit
ne sera plus à attendre.

(Ono no Komachi)

découvert ici chez laboucheaoreilles

Illustration: Irina Kotova

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Vent qui coupe (Alain Jean-André)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
vent qui coupe, colline nue
le creux de la vallée est empli d’eau
sur les montagnes étangs gelés
les herbes bercent des épis de glace
fraîcheur ontologique de l’hiver
pas un chat dehors, que l’arbre noir
l’arbre noir de la colline bleue
et cet épouvantail sur le chemin désert

(Alain Jean-André)

 

Recueil: Chemins profonds
Editions: Jacques Brémond

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Cette terre n’est pas à toi (Mohammad Iqbal)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2017



    

Qui fait germer la graine
dans les ténèbres de la terre ?

Qui soulève le nuage
sur la crête de la vague ?

Qui amène ici de l’ouest
le vent bienfaisant ?

Qui a fait ce sol
et qui cette lumière du soleil ?

Qui a empli de grains
les épis de blé ?

Qui a appris
leur ronde aux saisons ?

Propriétaire!
Cette terre n’est pas à toi
ni à tes ancêtres;

Non, elle n’est pas à toi
ni à moi.

(Mohammad Iqbal)

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Une marchande de menthe verte (Abdelmajid Benjelloun)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2017



MENTHE VERTE

 

Une marchande de menthe verte,
toute dresseuse de printemps et les yeux pleins
d’épis de soleil
m’a appris la poésie
un soir sous un réverbère éteint.
Je me souviens encore
qu’un orage rauque
tonnait pour les voitures noires
vides illuminées de pluie.

(Abdelmajid Benjelloun)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :