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Poésie

Posts Tagged ‘épi’

L’éclair est fugitif (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2018



Béatrice Camallonga  Orage-sur-la-riziere

L’éclair est fugitif
Qui illumine les épis
Des rizières d’automne.
Même pour un instant aussi court
Je ne saurais t’oublier.

(Anonyme)

Illustration: Béatrice Camallonga

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Moisson (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Moisson

Ils sont grands, ils sont forts, ils fauchent le froment,
Et cueillant des épis les suit plus d’une femme.
Sur la pointe des faux, le soleil met sa flamme,
Les fronts polis, cuivrés, s’empourprent lentement.
Hommage, espoir, les blés à leurs pieds ondulant
Se couchent alanguis au rythme de la lame
Tel l’enfant croulant sur sa mère qu’il réclame,
Et la soif supplicie le pauvre chien suant.

Sous la fraîcheur d’un arbre un garçon vient saisir
Sa large gourde. Il boit. Il s’humecte à plaisir.
Puis regagnant le champ se remet à l’ouvrage.

Le soleil furieux a redoublé d’ardeur
Mais les gerbes ont crû parmi les gens en nage
Et la vie a gagné et triomphe en vainqueur.

(Attila Jozsef)


Illustration: Léon-Augustin L\’Hermitte

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Il y a de l’eau (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2018



Il y a de l’eau sous l’écorce
de nos années trahies
comme des champs abandonnés !

Quel courage faut-il
pour songer à la récolte ?

Le rêve de l’eau
est rempli d’épis de blé.

(Edmond Jabès)

 

 

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Les paroles du poème (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2018



 

Il faudrait qu’elles fussent justes et ambiguës
jamais rencontrées, évidentes, reconnues,
sorties du ventre, retenues, sorties,
serrées comme des grains dans la bouche d’un rat,
serrées, ordonnées comme les grains dans l’épi,
secrètes comme est l’ordre
que font luire ensemble les arbres du paradis,
les paroles du poème.

(André Frénaud)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Les mains de la source (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2018



Les mains de la source
Dénudent le sable
Et l’écume se détache de la cascade

Le sol respire
La terre s’estompe au tournant des orages
Quand l’aurore habille les épis

Dans cet horizon de silence
Se mêlent l’herbe et la forêt
Et les feuilles s’ébattent
Dans une profusion de sève

(Jean-Baptiste Besnard)

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LES PAROLES DU POÈME (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



 

LES PAROLES DU POÈME

Si mince l’anfractuosité d’où sortait la voix,
si exténuant l’édifice entrevu,
si brûlants sont les monstres, terrible l’harmonie,
si lointain le parcours, si aiguë la blessure
et si gardée la nuit.
Il faudrait qu’elles fussent justes et ambiguës,
jamais rencontrées, évidentes, reconnues,
sorties du ventre, retenues, sorties,
serrées comme des grains dans la bouche d’un rat,
serrées, ordonnées comme les grains dans l’épi,
secrètes comme est l’ordre
que font luire ensemble les arbres du paradis,
les paroles du poème.

(André Frénaud)

 

 

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ÉTÉ (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018



 

ÉTÉ

Au soir se tait la plainte
Du coucou dans la forêt
Plus bas s’incline l’épi,
Le rouge pavot

Un orage noir menace
Au-dessus de la colline
Le vieux chant du grillon
Meurt dans la campagne

Plus rien n’émeut la frondaison
Du châtaignier.
Sur l’escalier tournant
Frémit ta robe

Calme brille la bougie
Dans la pièce obscure ;
Une main d’argent
L’éteignit ;

Le vent se tait, nuit sans étoiles.

(Georg Trakl)

Illustration: Arnold Böcklin

 

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Juillet (Geo Norge)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2018


nue03_01

La patience habite le balancement
d’un épi. Les fontaines, les cailloux,
les bêtes, veulent croire à la joie pour
toujours.
Même on voit respirer le sein d’une
statue, elle embellit secrètement.
La plaine, douce comme une joue,
mûrit dans l’heureuse durée.

(Geo Norge)

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CHANSON DE LA BELLE RÉCOLTE (Negro Spirituals)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018




    
CHANSON DE LA BELLE RÉCOLTE

Oh, venez peler l’ maïs,
J’ suis content!
Le plus beau du pays,
J’ suis content!

Jamais on n’avait vu,
J’ suis content!
De maïs plus velu,
J’ suis content!

Jamais, depuis qu’ j’ suis né,
J’ suis content!
Des grains si bien formés,
J’ suis content!

Travaillez vite et mieux,
J’ suis content!
Pour plaire à not’ Monsieur,
J’ suis content!

Ses esclaves sont bien gras,
J’ suis content!
Et luisants comme des rats,
J’ suis content!

Ceux d’ Monsieur Jones sont maigres,
J’ suis content!
Il affame ses pauv’ nègres,
J’ suis content!

Mais nous sommes bien nourris,
J’ suis content!
De beaux épis d’ mais,
J’ suis content!

(Negro Spirituals)

 

Recueil: Fleuve profond, sombre rivière
Traduction: Marguerite Yourcenar
Editions: Gallimard

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LE BATEAU DES FLEURS DU FAUBOURG DE L’OUEST (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2018




Illustration
    
LE BATEAU DES FLEURS DU FAUBOURG DE L’OUEST
Thou-Fou

Sur ce bateau, est la plus belle des femmes ;
ses sourcils ressemblent aux cornes des papillons.

Elle improvise des vers, en s’accompagnant tristement de sa flûte ;
et les Sages s’émeuvent, dans les hautes nuées.

Comme une fleur tombée dans la boue,
les passants cruels m’abandonnent.

Les blés de riz, que le vent balance, sont plus heureux que moi ;
lorsqu’ils entr’ouvrent leurs épis,
on croirait voir mon sourire :

Mais moi, depuis longtemps, je ne souris jamais plus.

Et bientôt, un homme, tirant par-dessus son épaule le cordon de soie,
qui attache le Bateau des Fleurs à la rive,
conduira ma douleur vers un autre pays !

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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