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Poésie

Posts Tagged ‘épice’

Ensemble (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2018


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Plutôt être ensemble – ballotés sur la houle –
Qu’un Havre – non partagé par toi.
Plutôt la Cargaison – à bord – ici –
Que les « îles aux épices » –
Et toi – absent –

(Emily Dickinson)

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DANS LA FRONDAISON ROUGE OÙ CHANTENT LES GUITARES (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018



 

DANS LA FRONDAISON ROUGE OÙ CHANTENT LES GUITARES

Dans la frondaison rouge où chantent les guitares,
La jaune chevelure au vent des jeunes filles
Couronne la clôture où sont les tournesols.
Une charrette d’or traverse les nuages.

Dans la paix des ombres brunes, des vieillards
Se taisent et niaisement s’étreignent.
Le chant des orphelins, si doux, célèbre vêpres.
Dans de jaunes vapeurs bourdonnent les mouches.

Les lavandières au ruisseau lavent encore.
Les linges étendus ondulent.
La fille qui longtemps me plut
Revient à travers les affres du soir.

Du haut du ciel tiède, des moineaux tombent
Dans des trous verts pleins de pourri.
Aux sens de l’affamé, mirage qui guérit,
Monte un parfum de pain et d’épices amères.

(Georg Trakl)

Illustration: Maurice Denis

 

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Sur tout ce que tu vois (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2018



&

Illustration: Françoise Naudet
nbsp;   
— Sur tout ce que tu vois, sur tout ce que tu dis,
sur tout ce qu’on te dit, sur tout ce que tu aimes,
tu ajoutes, insipide épice à effet acide,
un écho du doute que ta raison libère,

Est-ce pour cela que l’aube te rend triste,
que tu te protèges de l’éclat du soleil,
qu’un ciel sans nuages te fait craindre la pluie,
que la nuit tombée le serait pour toujours ?

Le doute n’est pas frère de l’incertitude,
elle doit être accueillie, il faut le mettre en doute ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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Courtoisement pars la chercher (James Joyce)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2017



Courtoisement pars la chercher,
Annonce-moi,
Vent épicé, perpétuel
Épithalame.
Hâte-toi par les sombres terres,
Cours sur la mer,
Terre ni mers ne doivent pas
Nous séparer.

Or donc, pars vite, je te prie,
Bon vent, de grâce,
Entre dans son petit jardin,
Chante à sa vitre;
Chante : Le vent nuptial souffle
Car l’amour est en son midi;
Ton amant sera près de toi,
Bientôt, bientôt.

***

Go seek her out courteously.
And say I come,
Wind of spices whose song is ever
Epithalamium.
O, hurry over the dark lands
And run upon thé sea
For seas and land shall not divide us
My love and me.

Now, wind, of your good courtesy
I pray you go,
And come into her little garden
And sing at her window;
Singing : The bridal wind is blowing
For Love is at his noon;
And soon will your true love be with you,
Soon, O soon.

(James Joyce)


Illustration: Zhaoming Wu

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Cette plainte merveilleuse de l’âme (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2017




    
Cette plainte merveilleuse de l’âme,
c’est l’amour.

Écoute-la.

Je n’ai point d’âge,
mais, nourri d’épices,
chargé de sel, couvert d’humus,
empli de choses à naître,

Je suis maître de moi
comme d’un navire,
et mon corps est un voilier
d’avril, de vice, d’impudeur.

J’ose aimer et je délire.
Notre amour sent le lys et le soufre.
Désir rauque, fouette-moi de tes ronces.
Je lutte avec toi dans la broussaille.

Cherche-moi.
Trouve-moi.

Les herbes giclent vert.
Nous sommes un printemps au monde,
Acharnés comme des lutteurs
au-dessus de la mort.

(Jean Malrieu)

 

Recueil: Possible imaginaire

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La maison d’enfance (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2017



Illustration
    
La maison d’enfance est une source ardente.
Elle grandit dans l’oeil
Cuisine des épices venues de pays imaginaires
C’est ce parfum du matin qui enchante le passant
Et donne à l’enfant esseulé la passion des racines.

(Tahar Ben Jelloun)

 

Recueil: Que la Blessure se ferme
Editions: Gallimard

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La salive de tes baisers (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2017



La salive de tes baisers sent la dragée
Avec je ne sais quoi d’une épice enragée,
Et la double saveur se confond tellement
Que j’y mange à la fois du sucre et du piment.
C’est dans le même instant l’eau courante et la braise;
C’est plus chaud qu’un alcool et plus frais qu’une fraise;
Et ton souffle s’y mêle et me monte au cerveau
Comme le vent du soir grisé de foin nouveau.

(Jean Richepin)

 

 

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SOIF (László Lator)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2017



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SOIF

Oh quelle faim quelle soif j’ai de toi,
chaque partie de toi je la mange ou la bois,
donne ta bouche, ta langue, tes dents – glu,
donne tes odeurs et tes arômes crues,

l’alcool fou de la sueur qui s’évapore
et qui pétille d’entre les flocons d’or
dans la coque de ton aisselle, et du ventre rond,
ta large croupe, la fleur des seins, fais don,

serre-moi dans tes bras, tes cuisses, tandis
que de ton corps je brise l’ardent huis,
ouvre tout grands tes flancs, fais-moi breuvage
d’âpres sèves au goût d’herbe sauvage,

quand la molle fleur, rosée au calice,
donnant de nouvelles soifs de ses épices,
se resserre, et que le plaisir dans les nerfs
accoure à nouveau dans tes reins, dans ta chair,

et que dessous l’épiderme est près d’exploser,
c’est l’instant brume-feu d’avant exister,
cellules qui grésillent, veines chancellent
et travaillent à m’engloutir en elles,

afin que par tes flancs – glissade et morsure –
me happe de nouveau ce monde obscur
où les secrètes nuits noires du vécu
lentement sont en train de se mettre à nu.

(László Lator)

 Illustration: Franz Guillery 

 

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Des mots ? (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2016



Des mots ? – Crainte de choquer
on ne parle pas de la fatigue
qui habite le corps

on ne parle pas de la mésentente
avec un ami

du regard illisible du chat
du goût étrange d’une épice

On ne parle pas non plus
d’un grand amour.

On découpe au cutter
un cache pour paroles
qu’on promène, invisibles, dans la ville

pendant qu’on
salue,
sourit,
se félicite du beau temps.

(Marie-Claire Bancquart)

Découvert ici: La Bouche à Oreilles

Illustration: Eric Fortune

 

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