Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘épier’

Ce jardin (Boris Pasternak)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2018




Il a fait l’éternité sienne,
Ce jardin terrible et parlant.
Jamais, jamais qu’on ne me prenne
Epiant l’arbre avec les persiennes:

Je suis perdu si l’on me prend.
Envoûté, jusqu’au fond des temps.

(Boris Pasternak)

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L’onde tremble comme une moire (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



 

Nicole Helbig ca0

L’onde tremble comme une moire
De ténèbre à travers la nuit,
L’onde profonde, sourde et noire,
Où tout à coup la lune luit.

Du fond des eaux la lune attire
De pâles, longues, frêles fleurs,
Qui montent, s’ouvrent et se mirent
Dans son impalpable splendeur.

Mystérieusement écloses,
Comme un mortel pressentiment,
Dans l’onde et la lune elles posent
Leurs longs et pâles flambeaux blancs.

Il semble, au delà de la vie,
Et cependant à mon côté,
Que quelque être étrange m’épie,
Invisible dans la clarté.

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Nicole Helbig

 

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L’immobile épie (Philippe Omsil)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2018



Dos aux secondes,
l’immobile épie.

(Philippe Omsil)

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Pas besoin qu’on le renseigne (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



    

Pas besoin qu’on le renseigne

Les oiseaux d’avril les plus gais
me réveillaient pour les entendre.
Maintenant qu’est venu l’été
je ferme en plein jour mes volets.

Et je guette à travers les fentes
le temps qui passe.
Il doit savoir que je l’épie
et que je sais qu’il sait ma vie.

Sans un regard pour ma fenêtre
le temps avec son pas qui tape
a l’air de ne pas me connaître
mais je vois trop qu’il rit sous cape.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Les parvis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Battant des ailes (Guennadi Gor)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2018



Illustration: Pierre-Auguste Renoir
    
Battant des ailes un corbeau peint dans le ciel.
Guinzburg dans les buissons épie Arina avec ses jumelles.
Voici que son corps blanc tel un lit de plumes se révèle,
D’une main potelée elle a jeté son jupon dans la corbeille,
Voici que l’autre main gratte ses chaudes cuisses,
Voici qu’avec ses seaux dans la rivière elle se glisse,
Ondulant et s’ébrouant toute vive
Voici qu’elle ramène seaux et cuisses sur la rive.
Le corbeau peint toile sur toile avec ses ailes,
Guinzburg dans les buissons épie Arina avec ses jumelles.

***

Ворона взмахами крыла пишет в небе картину
Гинсбург в длинный бинокль смотрит в кустах на Арину,
Вот уж раздела белое тело Арина похожее на перину,
Вот уж сорочку сбросила пухлой рукою в корзину,
Вот уж рукою другого чешет жаркие бедра,
Вот уж в воду идет, неся c собою ведра,
Вот уж колыхаясь и фыркая бодро,
Из речки на берег выходят и ведра и бедра.
Ворона летая все пишет и пишет картину,
Гинсбург в длинный бинокль смотрит в кустах на Арину

(Guennadi Gor)

 

Recueil: Blocus
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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Tourment-de-joie (Tagore)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



CroisRefletNuage
Epier l’enlacement soudain silencieux
De la rivière, par l’ombre du flottant nuage,
Tout cela grise ma vie par un profond tourment-de-joie
Pour qui je lutte toujours
espérant toujours
l’exprimer

(Tagore)

Illustration

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LE CHANT PROFOND (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018




LE CHANT PROFOND

De la profonde nuit j’ai été libéré.
Mon âme s’étonne en immortalité,
Mon âme par-delà temps et espace
Épie la mélodie de l’éternité !
Ni jour ni plaisir, ni nuit ni souffrance
Est la mélodie de l’éternité,
Depuis que j’ai surpris l’éternité
Je ne ressens plus plaisir ni souffrance.

***

DAS TIEFE LIED

Aus tiefer Nacht ward ich befreit.
Meine Seele staunt in Unsterblichkeit,
Meine Seele lauscht über Raum und Zeit
Der Melodie der Ewigkeit !
Nicht Tag und Lust, nicht Nacht und Leid
Ist Melodie der Ewigkeit,
Und seit ich erlauscht die Ewigkeit,
Fühl nimmermehr ich Lust und Leid !

(Georg Trakl)

Illustration

 

 

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LE ROULIER (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018




Illustration    
    
LE ROULIER

La route va, sans espoir,
Droit entre bise et galerne :
Coteaux plus bas que les soirs
De grands vents et de lanternes.

Le roulier suit cette route
Sous les cabans étoilés,
Épie l’ombre, ruse, écoute
L’acide vent vert des blés.

Bise en proue, galerne en poupe,
Il fonce au coeur des forêts,
Mais là-bas l’attend la soupe
Et le pichet de vin frais.

Délivré des peurs mortelles,
Il claque d’un fouet vainqueur,
Et le vent ferme ses ailes
Puis se couche dans son coeur.

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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DICTUM : APRÈS UN LONG VOYAGE (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



 

DICTUM : APRÈS UN LONG VOYAGE

Laurier-rose et rose. Moellon
de l’autre air terrestre — où le colibri
vole dans l’ombre
du faucon. Et à travers chaque mur, la terre d’août
s’ouvrant,
comme une pierre qui fend
ce mur de soleil.

Montagnes. Puis les lumières
de la ville
au-delà de la montagne. La ville qui s’étend
de l’autre côté
de la lumière.

Nous rêvons
que nous ne rêvons pas. Nous veillons
aux heures du sommeil
et dormons alors que le silence
nous épie. L’été
tient sa promesse
en la violant.

(Paul Auster)

Illustration

 

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Merles pies corneilles (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2018




    
Merles pies corneilles
de sa fenêtre un vieux poète
les épie et s’émerveille
tandis que les oiseaux picorent
vieilles perles et mies de pain
dont il a constellé le gazon

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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