Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘épinette’

Courante (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017



 

 

Illustration: Pierre Corratgé
    
Courante

Mon coeur est lourd comme un caillou;
Le vent souffle on ne sait d’où
Piquant comme un buisson de houx;
Au bord de l’étang qui frissonne,
Dansons,
Dansons, ma mie, ma mignonne,
Dansons, ma mie Jeanneton.

Soleil couchant sur un champ d’orge,
Il est rouge autant qu’une forge
Mon coeur brûlant dedans ma gorge
Et qui, telle une enclume, sonne.
Dansons,
Dansons, ma mie, ma mignonne,
Dansons, ma mie Jeanneton.

Fleurant la mousse et la bourdaine,
J’ai mis ma jupe de futaine
Et chaussé mes sabots d’ébène.
Au vent âpre qui tourbillonne
Dansons,
Dansons, ma mie, ma mignonne,
Dansons, ma mie Jeanneton.

Mon coeur est lourd! Ma gorgerette
Est de fin chanvre, ma cornette
D’indienne, mon épinette
Du Val d’Ajol vibre et résonne.
Dansons,
Dansons, ma mie, ma mignonne,
Dansons, ma mie Jeanneton.

Las, mé! mon corps est en lambeaux
Aussi pantelant que l’agneau
Qu’un loup déchire en son liteau,
Car mon bon ami m’abandonne.
Dansons,
Dansons, ma mie, ma mignonne,
Dansons, ma mie Jeanneton.

(Marie Dauguet)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

PINS A CONTRE-JOUR (Hector de Saint-Denys Garneau)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2017



 

PINS A CONTRE-JOUR

Dans la lumière leur feuillage est comme l’eau
Des îles d’eau claire
Sur le noir de l’épinette ombrée à contre-jour

Ils ruissellent
Chaque aigrette et la touffe
Une île d’eau claire au bout de chaque branche

Chaque aiguille un reflet un fil d’eau vive
Chaque aigrette ruisselle comme une petite source qui bouillonne

Et s’écoule
On ne sait où.

Et quel pays nous allons voir
Quel long pays, pays d’ennui.

Ah ! d’être assez fourbu le soir
Pour revenir sans plus rien voir

Et de mourir pendant la nuit
Mort de moi, mort de notre ennui.

(Hector de Saint-Denys Garneau)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’âpre goût du bois en bouche (Paul Bergèse)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2016



Quand la mare est au gel
et raidies les épinettes,
il suffit
de croquer
une coque de noisette
pour entendre
craquer
tous les arbres en forêt
et garder de l’instant
l’âpre goût du bois
en bouche.

(Paul Bergèse)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :