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Poésie

Posts Tagged ‘époque’

A l’époque de la cueillette (René Char)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2019


Belle de fleurs-650

A l’époque de la cueillette, il arrive que,
loin de leur endroit,
on fasse la rencontre extrêmement odorante d’une fille
dont les bras se sont occupés durant la journée
aux fragiles branches.

(René Char)

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Aux époques de détresse et d’improvisation (René Char)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2019



Aux époques de détresse et d’improvisation,
quelques-uns ne sont tués que pour une nuit
et les autres pour l’éternité:
un chant d’alouette des entrailles.

(René Char)

Illustration: Otto Dix

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Jeunesse, tu peux écouter la pluie (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2019



Illustration: Corrie White (extraordinaires images de gouttes’)
    
Jeunesse, tu peux écouter la pluie.
L’écouter elle-même…
Elle ne te rappelle rien.

Mais puis !
Chaque goutte te rouvre.
Chacune n’est plus un bruit

— c’est quelqu’un, une époque, un souci.

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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Franchissons la Grande Horizontale (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019


 


 

fleur cratère

Franchissons la Grande Horizontale et brisons la carapace.
Ô grâce, guide le voyage démesuré dans le labial des roses.
Eclair de ne pas être, incendie le phosphore des fosses nasales et
fonds peines et joies en de fins alliages.
Grand salut, mes aïeux, pour ces dahlias blancs, vos zones de silence
et le sommeil léger de votre éternité.
Grand salut, Terre-matrice avec tes seins, les clochers, jusqu’au
langage élargissant toutes les âmes en un Seul Dieu.
Epoque délirante, entends les accords volcaniques

(Georges Libbrecht)

Illustration

 

 

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La poésie meurt. L’époque est muette… (Mihály Babits)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2018



La poésie meurt. Nos mains trop hardies
Ont déchiré le cœur de violon
De cette enfant frêle et l’ont tourmenté
Pour en tirer des sons trop violents;
Elle ne peut plus que geindre, aujourd’hui,
Comme un moribond… Plus de rythme, dans
Son cri de douleur! Ni mots! Ni syllabes!
L’esprit clair, le cœur musical se taisent.
On n’entend que les poumons qui halètent,
La gorge qui crie, l’estomac qui rêve.
La poésie meurt. L’époque est muette…

(Mihály Babits)


Illustration

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Septembre au ciel léger taché de cerfs-volants (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



 

Septembre au ciel léger taché de cerfs-volants

Septembre au ciel léger taché de cerfs-volants
Est favorable à la flânerie à pas lents,
Par la rue, en sortant de chez la femme aimée,
Après un tendre adieu dont l’âme est parfumée.
Pour moi, je crois toujours l’aimer mieux et bien plus
Dans ce mois-ci, car c’est l’époque où je lui plus.
L’après-midi, je vais souvent la voir en fraude ;
Et, quand j’ai dû quitter la chambre étroite et chaude
Après avoir promis de bientôt revenir,
Je m’en vais devant moi, distrait. Le Souvenir
Me fait monter au coeur ses effluves heureuses ;
Et de mes vêtements et de mes mains fiévreuses
Se dégage un arôme exquis et capiteux,
Dont je suis à la fois trop fier et trop honteux
Pour en bien définir la volupté profonde,
– Quelque chose comme une odeur qui serait blonde.

(François Coppée)

Illustration

 

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DANS LE VENT QUAND ON SENT LA PEAU D’UNE AUTRE VIE (Hwang Ji-u)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2018



 Illustration: Victor Karlovich Shtemberg
    
DANS LE VENT QUAND ON SENT LA PEAU D’UNE AUTRE VIE

Quand je vois un corps j’ai les larmes aux yeux,
Оrigine et limite; et même vie et culture
Ne sont que l’éternelle répétition du même mot.
Dе l’époque du simple abri à l’époque du bâtiment en béton, oui.
Les corps seuls existent
Ai-je pensé en faisant l’amour.

(Hwang Ji-u)

 

Recueil: DE L’HIVER-DE-L’ARBRE AU PRINTEMPS-DE-L’ARBRE Cent poèmes
Traduction: Kim Bona
Editions: William Blake & co

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Souvenir (Goethe)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2018


Lui
Penses-tu encor à ces heures
Où chacun s’élançait vers l’autre?

Elle
Quand je ne t’avais pas trouvé
La journée me semblait si longue.

Lui
Puis, splendeur! ces moments à deux
Qui me mettent encore en joie.

Elle
Nous faisions erreur l’un sur l’autre;
Quelle belle époque c’était.

(Goethe)


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Cette rue, je la connais (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018




    
Cette rue, je la connais,
je la connais, cette maisonnette.
Le chaume bleu de ses chenaux
a glissé par-dessus la fenêtre.

Il y eut les années de détresse,
le déchaînement de forces insensées.
Je me suis souvenu de ma jeunesse,
souvenu de ma campagne bleue.

Je n’ai cherché ni la tranquillité
ni la gloire, dont je connais la vanité.
Aujourd’hui si je ferme les yeux
je ne vois que la maison paternelle.

Je vois le jardin sous la bruine bleue,
août en silence tapi contre la haie.
Et les saules dont les pattes vertes
abritent le ramage des oiseaux.

Si je l’ai aimée, notre maison de bois
aux poutres craquelées, inquiétantes !
Les nuits de pluie, notre vieux poêle
poussait d’étranges plaintes sauvages.

Râles déchirants, voix puissante
comme d’un vivant à l’agonie.
Que voyait-il, notre chameau de briques,
à travers le gémissement de la pluie ?

Quelque pays lointain sans doute,
rêves d’antan, époques florissantes,
les sables d’or d’Afghanistan,
les soirs cristallins de Boukhara.

Ces pays, je les connais aussi.
Que de chemin n’y ai-je parcouru.
Mais aujourd’hui je n’ai qu’un souhait :
Revoir les lieux de mon enfance

Pourtant ce tendre espoir n’est plus,
n’est plus que cendres dans la brume bleue.
Paix à toi, chaume de mes champs
paix à toi, ma maison de bois !

***

(Sergueï Essénine)

Recueil: Journal d’un poète
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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Maussaderie (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018



Carlo Carra_05
 

Maussaderie

A notre époque froide, on ne fait plus l’amour.
Loin des bois endormeurs et loin des femmes nues
Les pauvres vont, cherchant ces sommes inconnues
Que cachent les banquiers, inquiets nuit et jour.

C’était bien bon l’odeur des pains sortant du four,
C’était bien beau, dans l’ouest, l’éclat doré des nues,
Quand les brumes d’automne étaient déjà venues,
Alors qu’on ramenait les boeufs las du labour !

Les aspirations n’étaient pas étouffées,
Et dans la ville heureuse on voyait des trophées,
On entendait sonner la victoire au tambour.

On rêvait d’or, d’azur, de fêtes à la cour,
Et du prince Charmant, filleul des belles fées.
A notre époque froide, on ne fait plus l’amour !

(Charles Cros)

Illustration: Carlo Carra

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