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Poésie

Posts Tagged ‘époque’

À cette époque (Ishikawa Takuboku)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2020




    
À cette époque, je n’y avais pas prêté attention
mais que de fautes
dans ces vieilles lettres d’amour !

***

(Ishikawa Takuboku)

 

Recueil: Le jouet triste
Traduction: Jérôme Barbosa et Alain Gouvret
Editions: Arfuyen

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je n’ai pas choisi (Amina Saïd)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2020



Amina Saïd
    
je n’ai pas choisi…

je n’ai pas choisi de naître
mais je dois accepter et la vie et la mort

je n’ai pas choisi le jour l’heure le lieu
ou l’époque de ma venue au monde
ni choisi le nom que je porte
ou mon sexe ou la couleur de mes yeux

mais faire des prédictions cela je l’ai voulu

j’espère et désespère dans le même temps
je fais des rêves étranges qui chassent le sommeil
j’ai des moments de long silence
puis les mots se bousculent sur mes lèvres

il est pénible de ne pas être entendue
ma parole n’est pourtant pas trompeuse
elle est dans la douleur du monde

il me faut garder une vision limpide
parler le langage de l’âme
qui est lumière et sagesse

sans quoi la stupeur et le désarroi
me rendront muette à jamais
je suis née femme ma parole
est dans la douleur du monde

(Amina Saïd)

 

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Ils m’ont précipité dans la vie (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2020




    
Ils m’ont précipité dans la vie, avec des milliers d’autres,
Comme, dans les crématoires d’Auschwitz,
Les nazis jetaient les cadavres.
Mais nous, le feu nous a rendus incandescents
Comme des barres de métal,
Comme de rouges lianes
Jaillies des laminoirs,
Comme des gerbes de flammes
Giclant hors du volcan,
Embrassant l’azur avec quelle ardeur !
Nous avons lapidé de mots déflagrants notre époque,
Abattant le bois desséché, vermoulu,
Et nous avons comblé plus d’un marais nauséabond.
Souvent aussi nous avons fait naufrage
Dans de bien tristes solitudes,
Enserrés dans les frontières du Cosmos,
Mais la vie de nouveau et toujours nous accueille
A bras ouverts :
« Vous, les miens, venez à moi ! »

(Mihai Beniuc)

 

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QUI? (Leiser Aichenrand)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2019




    
QUI?

Toi
Avec l’horloge des étoiles
Pour toute la durée des siècles
Réglée
À l’heure de Dieu.

Qui nous a
Envahis
Avec les sables du naufrage
– Instants épars
Du ciel muet ?

Qui provoqua
Au ciel de chaque époque
L’éclipse
De notre sang ?

Au fer rouge qui marqua
L’essor de notre parole
Sur les ailes de marbre
De la mort?

Sous les pelles des ténèbres
Toutes les horloges du silence
Ponctuent en battant
Notre interrogation.

(Leiser Aichenrand)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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A l’époque de la cueillette (René Char)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2019


Belle de fleurs-650

A l’époque de la cueillette, il arrive que,
loin de leur endroit,
on fasse la rencontre extrêmement odorante d’une fille
dont les bras se sont occupés durant la journée
aux fragiles branches.

(René Char)

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Aux époques de détresse et d’improvisation (René Char)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2019



Aux époques de détresse et d’improvisation,
quelques-uns ne sont tués que pour une nuit
et les autres pour l’éternité:
un chant d’alouette des entrailles.

(René Char)

Illustration: Otto Dix

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Jeunesse, tu peux écouter la pluie (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2019



Illustration: Corrie White (extraordinaires images de gouttes’)
    
Jeunesse, tu peux écouter la pluie.
L’écouter elle-même…
Elle ne te rappelle rien.

Mais puis !
Chaque goutte te rouvre.
Chacune n’est plus un bruit

— c’est quelqu’un, une époque, un souci.

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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Franchissons la Grande Horizontale (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019


 


 

fleur cratère

Franchissons la Grande Horizontale et brisons la carapace.
Ô grâce, guide le voyage démesuré dans le labial des roses.
Eclair de ne pas être, incendie le phosphore des fosses nasales et
fonds peines et joies en de fins alliages.
Grand salut, mes aïeux, pour ces dahlias blancs, vos zones de silence
et le sommeil léger de votre éternité.
Grand salut, Terre-matrice avec tes seins, les clochers, jusqu’au
langage élargissant toutes les âmes en un Seul Dieu.
Epoque délirante, entends les accords volcaniques

(Georges Libbrecht)

Illustration

 

 

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La poésie meurt. L’époque est muette… (Mihály Babits)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2018



La poésie meurt. Nos mains trop hardies
Ont déchiré le cœur de violon
De cette enfant frêle et l’ont tourmenté
Pour en tirer des sons trop violents;
Elle ne peut plus que geindre, aujourd’hui,
Comme un moribond… Plus de rythme, dans
Son cri de douleur! Ni mots! Ni syllabes!
L’esprit clair, le cœur musical se taisent.
On n’entend que les poumons qui halètent,
La gorge qui crie, l’estomac qui rêve.
La poésie meurt. L’époque est muette…

(Mihály Babits)


Illustration

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Septembre au ciel léger taché de cerfs-volants (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



 

Septembre au ciel léger taché de cerfs-volants

Septembre au ciel léger taché de cerfs-volants
Est favorable à la flânerie à pas lents,
Par la rue, en sortant de chez la femme aimée,
Après un tendre adieu dont l’âme est parfumée.
Pour moi, je crois toujours l’aimer mieux et bien plus
Dans ce mois-ci, car c’est l’époque où je lui plus.
L’après-midi, je vais souvent la voir en fraude ;
Et, quand j’ai dû quitter la chambre étroite et chaude
Après avoir promis de bientôt revenir,
Je m’en vais devant moi, distrait. Le Souvenir
Me fait monter au coeur ses effluves heureuses ;
Et de mes vêtements et de mes mains fiévreuses
Se dégage un arôme exquis et capiteux,
Dont je suis à la fois trop fier et trop honteux
Pour en bien définir la volupté profonde,
– Quelque chose comme une odeur qui serait blonde.

(François Coppée)

Illustration

 

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