Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘époque’

DANS LE VENT QUAND ON SENT LA PEAU D’UNE AUTRE VIE (Hwang Ji-u)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2018



 Illustration: Victor Karlovich Shtemberg
    
DANS LE VENT QUAND ON SENT LA PEAU D’UNE AUTRE VIE

Quand je vois un corps j’ai les larmes aux yeux,
Оrigine et limite; et même vie et culture
Ne sont que l’éternelle répétition du même mot.
Dе l’époque du simple abri à l’époque du bâtiment en béton, oui.
Les corps seuls existent
Ai-je pensé en faisant l’amour.

(Hwang Ji-u)

 

Recueil: DE L’HIVER-DE-L’ARBRE AU PRINTEMPS-DE-L’ARBRE Cent poèmes
Traduction: Kim Bona
Editions: William Blake & co

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Souvenir (Goethe)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2018


Lui
Penses-tu encor à ces heures
Où chacun s’élançait vers l’autre?

Elle
Quand je ne t’avais pas trouvé
La journée me semblait si longue.

Lui
Puis, splendeur! ces moments à deux
Qui me mettent encore en joie.

Elle
Nous faisions erreur l’un sur l’autre;
Quelle belle époque c’était.

(Goethe)


Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Cette rue, je la connais (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018




    
Cette rue, je la connais,
je la connais, cette maisonnette.
Le chaume bleu de ses chenaux
a glissé par-dessus la fenêtre.

Il y eut les années de détresse,
le déchaînement de forces insensées.
Je me suis souvenu de ma jeunesse,
souvenu de ma campagne bleue.

Je n’ai cherché ni la tranquillité
ni la gloire, dont je connais la vanité.
Aujourd’hui si je ferme les yeux
je ne vois que la maison paternelle.

Je vois le jardin sous la bruine bleue,
août en silence tapi contre la haie.
Et les saules dont les pattes vertes
abritent le ramage des oiseaux.

Si je l’ai aimée, notre maison de bois
aux poutres craquelées, inquiétantes !
Les nuits de pluie, notre vieux poêle
poussait d’étranges plaintes sauvages.

Râles déchirants, voix puissante
comme d’un vivant à l’agonie.
Que voyait-il, notre chameau de briques,
à travers le gémissement de la pluie ?

Quelque pays lointain sans doute,
rêves d’antan, époques florissantes,
les sables d’or d’Afghanistan,
les soirs cristallins de Boukhara.

Ces pays, je les connais aussi.
Que de chemin n’y ai-je parcouru.
Mais aujourd’hui je n’ai qu’un souhait :
Revoir les lieux de mon enfance

Pourtant ce tendre espoir n’est plus,
n’est plus que cendres dans la brume bleue.
Paix à toi, chaume de mes champs
paix à toi, ma maison de bois !

***

(Sergueï Essénine)

Recueil: Journal d’un poète
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Maussaderie (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2018



Carlo Carra_05
 

Maussaderie

A notre époque froide, on ne fait plus l’amour.
Loin des bois endormeurs et loin des femmes nues
Les pauvres vont, cherchant ces sommes inconnues
Que cachent les banquiers, inquiets nuit et jour.

C’était bien bon l’odeur des pains sortant du four,
C’était bien beau, dans l’ouest, l’éclat doré des nues,
Quand les brumes d’automne étaient déjà venues,
Alors qu’on ramenait les boeufs las du labour !

Les aspirations n’étaient pas étouffées,
Et dans la ville heureuse on voyait des trophées,
On entendait sonner la victoire au tambour.

On rêvait d’or, d’azur, de fêtes à la cour,
Et du prince Charmant, filleul des belles fées.
A notre époque froide, on ne fait plus l’amour !

(Charles Cros)

Illustration: Carlo Carra

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Ce mot perdu (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2018



Illustration: Alex Nabaum

    
Ce mot perdu

Ce mot perdu que je cache en ma cage,
je l’ai cherché dans toutes mes ravines,
au fond du gouffre, au sein du ciel mouvant,
toute une vie éprise d’absolu
et dispersée en festins dérisoires.

N’hésitez pas si je vous dis Sésame
à vous ouvrir. Vous serez une porte.
Je franchirai respectueux le seuil.
Je suis une âme en quête de son corps.

Dans mon pays d’incertitude passent
des étrangers qui ne s’arrêtent pas.
Si je leur parle, ils cachent leurs oreilles,
touchent leur bouche avec une mimique
et je me tais, muet comme leur encre.

Silence blanc, vers quel amour m’emportent
présent, passé, intermèdes du doute ?
Soudain l’or d’un regard qui réveille
mille parfums, mille époques de fleurs.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

VERS L’ÉPOQUE DES FÊTES (Giorgio Caproni)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2017




    
VERS L’ÉPOQUE DES FÊTES

Roulent de lointains tambours.
Meilleurs vœux, meilleurs vœux, meilleurs vœux.

***

SOTTO LE FESTE

Rullano lontani tamburi.
Auguri auguri auguri

(Giorgio Caproni)

 

Recueil: Le mur de la Terre
Traduction: Philippe Di Meo
Editions: Atelier la Feugraie

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

Métamorphoses (Jaroslav Seifert)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2017



Métamorphoses

Le garçon se change en un blanc buisson;
le buisson, en pâtre en train de dormir;
ses cheveux si fins, en cordes de lyre ;
et la neige, en neige sur son front blond.

Les mots se changent en questions ;
sagesse et gloire en rudes rides ;
à reculons corde de lyre
se change en fin cheveu; et le garçon
en poète, le poète en buisson,
sous lequel il dormait au temps où
il aimait la beauté d’amour fou.

Quiconque de beauté se toque
sans fin l’aime sa vie durant,
la poursuit toute son époque —
la beauté a des pieds charmants
qu’elle chausse de fines socques.

Le fier carrousel des métamorphoses
change le poète en amant maudit,
car il suffira d’une courte pause :
le voici changé en eau d’alambic,
dont l’alchimiste fait vapeur chimique,
et qu’après, tout au fond il précipite.

(Jaroslav Seifert)

Illustration: Francois Boucher

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Croquis (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2017



 

Giovanni Segantini Goddess of Love 1894 sacredfamiliar.com

Croquis

Sonnet

Beau corps, mais mauvais caractère.
Elle ne veut jamais se taire,
Disant, d’ailleurs d’un ton charmant,
Des choses absurdes vraiment.

N’ayant presque rien de la terre,
Douce au tact comme une panthère.
Il est dur d’être son amant ;
Mais, qui ne s’en dit pas fou, ment.

Pour dire tout ce qu’on en pense
De bien et de mal, la science
Essaie et n’a pas réussi.

Et pourquoi faire ? Elle se moque
De ce qu’on dit. Drôle d’époque
Où les anges sont faits ainsi.

(Charles Cros)

Illustration: Giovanni Segantini

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Pas seulement (Homero Aridjis)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2017



    
Pas seulement les langues des hommes se meurent
Pas seulement le bronze de la tête de Sulla s’ouvre
Pas seulement le tigre de Bali disparaît

des langages privés s’éteignent
des rêves nous brûlent les yeux
des animaux meurent d’irréalité dans les rues

Pas seulement les cimetières des époques passées
sont pleins de dieux oubliés
l’amour des hommes est fait de paroles perdues

(Homero Aridjis)

 

Recueil: Les poèmes solaires
Traduction: Ivan Alechine
Editions: Mercure de France

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

CROQUIS (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2017



 

Albert-Joseph Pénot

CROQUIS

Beau corps, mais mauvais caractère.
Elle ne veut jamais se taire,
Disant, d’ailleurs d’un ton charmant,
Des choses absurdes vraiment.

N’ayant presque rien de la terre,
Douce au tact comme une panthère.
Il est dur d’être son amant ;
Mais, qui ne s’en dit pas fou, ment.

Pour dire tout ce qu’on en pense
De bien et de mal, la science
Essaie et n’a pas réussi.

Et pourquoi faire ? Elle se moque
De ce qu’on dit. Drôle d’époque
Où les anges sont faits ainsi.

(Charles Cros)

Illustration: Albert-Joseph Pénot

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :