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La surface est là pour qu’on la traverse (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2021



La surface est là
Pour qu’on la traverse –

La traverse vers quoi?
On ne le sait pas.

Une fois la surface traversée,
On se vivra

Epousant un intérieur
Autre que soi-même.

(Guillevic)

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LA BOUCHE (Luc Decaunes)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



 

LA BOUCHE

Sur les bancs de l’école où tu n’as rien appris
C’est la chanson d’un avril endormi
Qui surprenait ta tête entrebâillée
Quand la neige des fleurs te remontait aux tempes
Comme un vol d’oiseaux fous dans l’azur du dimanche

C’est le chant d’un enfant que tu n’as pas connu
Ses mains avides ses pieds nus
Son mystère aux lèvres d’abeilles
Et ce grand rire clair qui lui mangeait les lèvres
Quand le soir rougeoyait aux vitres de la classe
Comme un poing renversé dans le sang des charrues

Sur les bancs de l’école avais-tu d’autres yeux
Pour menacer la vie aux griffes roses
Pour épier la fumée des images
Les beaux cahiers tachés du sang des livres
Et le monde à l’envers dans cette voix du maître
Qui faisait à ton coeur d’invisibles promesses

Avais-tu d’autres yeux pour convaincre ton rêve
Pour épouser les mots déconcertés
Au milieu des clameurs qui te brûlaient la tête
Quand tu ne savais plus ce que parler veut dire
A force d’oublier ta manière de vivre
Sur les bancs de l’école où tu n’as rien appris…

(Luc Decaunes)

Illustration: Robert Doisneau

 

 

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La poésie (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2020



    

La poésie, c’est la recherche
Passionnelle et comblée

De quelque chose que l’on sait
Ne jamais atteindre.

*

Quelque chose qui monte.

Peut-être seulement
Parce que c’est son heure.

*

Ouvre tes mains pour voir
Si tu caresses quelque chose

Où va s’incarner
Le nouvel instant

Que tu épouseras
Durablement.

L’instant tel que jamais
Il n’y en eut.

(Guillevic)

 

Recueil: Accorder poèmes 1933-1996
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’AMOUR TOUJOURS ATTEND (Louise de Vilmorin)

Posted by arbrealettres sur 5 décembre 2020



L’AMOUR TOUJOURS ATTEND

L’amour toujours attend et même la présence
N’a pour lui que l’éclat de ce qui va finir.
Fiancée à tes bras j’épouse la distance.
L’enfant portant ma traîne est né de mes soupirs.

Délaissant le présent aux mains de ton amante,
Oubliant la chaleur qui te fit accourir,
Sur ta paume tu suis le chemin qui l’enchante,
Tu chasses le mirage au bord de l’avenir.

Ne suis-je pas mirage et n’ai-je plus d’emblèmes,
Plus de lac en mes yeux où ton rêve baignait,
Ne suis-je pas des nuits l’aube en chemise blême ?
L’aube que tu poursuis est liée à mon poignet.

Rapporte-moi la fleur qui guérit de l’absence,
Les seuls anneaux forgés au feu des préférences
Et prisonnier le temps qui te rendit chasseur,

Reviens à mon amour dans les eaux de la vie.
Reviens-moi, c’est notre heure et la chasse est finie.
Mais notre heure à la porte est pendue et se meurt.

(Louise de Vilmorin)

Illustration: Audrey Kawasaki

 

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Une grande chose a lieu (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2020



Illustration: Josephine Wall
    
Une grande chose a lieu : l’univers ? non, la Vie.
C’est là l’unique aventure, sublime et tragique.
Pour que la vie soit vie, la mort incontournable ;
Seule la Voie ne meurt pas, qui l’épouse a sa part.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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Multiple (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2020



Illustration: Carrie Vielle
    
Multiple

Je fonce vers l’horizon
Qui s’écarte
Je m’empare du temps
Qui me fuit
J’épouse mes visages
D’enfance
J’adopte mes corps
D’aujourd’hui
Je me grave
Dans mes turbulences
Je pénètre
Mes embellies
Je suis multiple
Je ne suis personne
Je suis d’ailleurs
Je suis d’ici

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Rythmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Son corps nu (Gilles Simonnet)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2020



Son corps nu n’épouse
que la blancheur de sa blouse
et l’eau des regards.

(Gilles Simonnet)

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Retouche au crépuscule (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2020



Retouche au crépuscule

chaque odeur se quitte à regret
laissant son ombre
dans les indiennes fripées du soir
l’âme à pleines lèvres
épouse le sable

(Daniel Boulanger)


Illustration

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… Et voilà (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2020



Illustration: Fabienne Contat
    
Un marin a quitté la mer
son bateau a quitté le port
et le roi a quitté la reine
un avare a quitté son or
… et voilà

Une veuve a quitté le deuil
une folle a quitté l’asile
et ton sourire a quitté mes lèvres
… et voilà

Tu me quitteras
tu me quitteras
Tu me quitteras
tu me reviendras
tu m’épouseras
tu m’épouseras

Le couteau épouse la plaie
rarc-en-ciel épouse la pluie
le sourire épouse les larmes
les caresses épousent les menaces
… et voilà

Et le feu épouse la glace
et la mort épouse la vie
comme la vie épouse l’amour

Tu m’épouseras
Tu m’épouseras
Tu m’épouseras.

(Jacques Prévert)

 

Recueil: Embrasse-moi
Traduction:
Editions: Gallimard

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Terrain poussiéreux à droite des morts (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2020




    
1
Terrain poussiéreux à droite des morts,
Et au loin bleuissaient les eaux.
« Va-t’en au couvent, me dis-tu alors,
Ou bien va épouser un sot… »

C’est là d’un prince le banal refrain
Mais je n’oublie pas ces paroles –
Qu’elles ruissellent cent siècles au moins,
Cape d’hermine à mes épaules.

2
Et comme sans vouloir le dire,
Je lui dis : « Tu… »
Sur ses traits l’ombre d’un sourire
Est apparue.

À ces lapsus, l’oeil le moins tendre
S’enflamme presque.
Oui, je t’aime comme quarante
Soeurs de tendresse !

(Anna Akhmatova)

 

Recueil: Les poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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