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Oses-tu voir une Ame en « Incandescence »? (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017


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Oses-tu voir une Ame en « Incandescence »?
Alors blottis-toi sur le seuil –
Le Rouge – est la teinte commune du Feu –
Mais lorsque le vif Minerai

A surmonté l’épreuve de la Flamme –
Il frémit au sortir de la Forge
Sans autre couleur que la Lumière
Du Brasier non consacré –

Le moindre Village, est fier d’avoir son Forgeron –
Son Enclume dont le son égal
Est le symbole de la Forge plus subtile
Qui sans bruit travaille – au dedans –

Affinant avec Brasier, et Marteau
Ces impatients Minerais
Jusqu’à ce que la Lumière choisie
Répudie la Forge –

(Emily Dickinson)

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LES CAILLOUX (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2017



LES CAILLOUX

Lorsque nous passions sur le bord du fleuve
Au temps où l’Amour murmurait pour nous
Sa chanson si frêle encore et si neuve,
Et si douce alors en les soirs si doux
Sans songer à rien, trouvant ça très drôle,
De la berge en fleurs où mourait le flot,
Comme des gamins au sortir d’école,
Nous jetions tous deux des cailloux dans l’eau.

Mais j’ai vite appris le couplet qui pleure
Dans la chanson douce en les soirs si doux
Et connu le trouble angoissant de l’heure
Quand tu ne vins plus à mes rendez-vous ;
En vain vers ton cœur monta ma prière
Que lui murmurait mon cœur en sanglots
Car ton cœur était dur comme une pierre
Comme les cailloux qu’on jetait à l’eau.

Je suis revenu sur le bord du fleuve,
Et la berge en fleurs qui nous vit tous deux
Me voit seul, meurtri, plié sous l’épreuve,
Gravir son chemin de croix douloureux.
Et, me souvenant des clairs soirs de joie
Où nos cailloux blancs roulaient dans le flot,
Je songe que c’est ton cœur que je noie
A chaque caillou que je jette à l’eau.

(Gaston Couté)

 

 

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EPREUVES (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2017



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EPREUVES

Aux confins du jardin la campagne commence
sur le large établi
tremblent les lueurs de la tenaille
le malheur s’installe
au pied d’un arbre
les animaux tournent leur tête vers qui va pleurer
des mains se joignent
dans un désespoir légendaire
de la cuisine vient l’odeur des ferments
dans la boîte restée ouverte
le cirage est devenu un dur disque noir;
sèche au soleil
la glaise des greffes.

(Jean Follain)

Illustration

 

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Fais-moi quitter mon corps visible (Léon-Paul Fargue)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2017



 

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[…]
Fais-moi quitter mon corps visible.
J’escaladerai les échelles
Des épreuves et des blessures,
Je traverserai les systèmes,
Incube de tous les soleils,
Goutte de feu, goutte de boue,
Dans ma soif de te reconnaître.
Sans toi, sans ta douceur sévère,
Ma vie est le rêve d’un rêve
Hanté de fantômes trop tendres.
[…]

(Léon-Paul Fargue)

Illustration: Félix Vallotton

 

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Rien n’obscurcira la beauté de ce monde (Ilarie Voronca)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2016




Rien n’obscurcira la beauté de ce monde
Les pleurs peuvent inonder toute la vision. La souffrance
Peut enfoncer ses griffes dans ma gorge. Le regret,
L’amertume, peuvent élever leurs murailles de cendre,
La lâcheté, la haine, peuvent étendre leur nuit,
Rien n’obscurcira la beauté de ce monde.

Nulle défaite ne m’a été épargnée. J’ai connu
Le goût amer de la séparation. Et l’oubli de l’ami
Et les veilles auprès du mourant. Et le retour
Vide, du cimetière. Et le terrible regard de l’épouse
Abandonnée. Et l’âme enténébrée de l’étranger,
Mais rien n’obscurcira la beauté de ce monde.

Ah ! On voulait me mettre à l’épreuve, détourner
Mes yeux d’ici-bas. On se demandait : « Résistera-t-il ? »
Ce qui m’était cher m’était arraché. Et des voiles
Sombres, recouvraient les jardins à mon approche
La femme aimée tournait de loin sa face aveugle
Mais rien n’obscurcira la beauté de ce monde.

Je savais qu’en dessous il y avait des contours tendres,
La charrue dans le champ comme un soleil levant,
Félicité, rivière glacée, qui au printemps
S’éveille et les voix. chantent dans le marbre
En haut des promontoires flotte le pavillon du vent
Rien n’obscurcira la beauté de ce monde.

Allons ! Il faut tenir bon. Car on veut nous tromper,
Si l’on se donne au désarroi on est perdu.
Chaque tristesse est là pour couvrir un miracle.

Un rideau que l’on baisse sur le jour éclatant,
Rappelle-toi les douces rencontres, les serments,
Car rien n’obscurcira la beauté de ce monde.

Il faudra jeter bas le masque de la douleur,
Et annoncer le temps de l’homme, la bonté,
Et les contrées du rire et la quiétude
Joyeux nous marcherons vers la dernière épreuve
Le front dans la clarté, libation de l’espoir,
Rien n’obscurcira la beauté de ce monde.

(Ilarie Voronca)

Illustration: Gilbert Garcin

Emprunté chez Lara, merci pour la découverte ici

 

 

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À la fin de l’amour (Peter Turrini)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2016




À la fin de l’amour
est mon grand commencement :
je prends d’assaut l’Everest.
Cueille toutes les renoncules.
Fais la rentrée des classes.
Sauve le pays d’une catastrophe naturelle.
Ne rate pas l’épreuve de mathématiques.
Et parle aux Nations Unies.

Tout cela
a lieu pendant que je repose
au creux de ton aisselle.

(Peter Turrini)

Illustration

 

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Après tempêtes, le beau temps revient (Hadewijch)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2016



Après tempêtes, le beau temps revient,
plus d’un jour on en fait l’épreuve ;
colère d’un soir, paix le lendemain :
c’est ainsi que s’affermit l’amour.

(Hadewijch)

Illustration: David Brayne

 

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ROMANCERO DU PROFIL PERDU (Louis Emié)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2016



 

Hans Bellmer  portrait Joe Bousquet  [1280x768]

ROMANCERO DU PROFIL PERDU

LE VISAGE
(Portrait de Joe Bousquet par Hans Bellmer.)
A Jean Ballard.

PRISE au piège d’un visage,
Une étoile de granit
Inonde ce paysage
Et veut y faire son nid.

Nébuleuse d’un désastre
Dont elle n’est qu’un lambeau,
Elle cesse d’être un astre
Pour éclairer ce tombeau.

Visage sur la muraille
Tout de pierre illuminé!
C’est sur un champ de bataille
Qu’avec lui cet autre est né…

Il s’arrache de la Terre
Et devient le survivant
Du vertige et du mystère
Dans un désert de grand vent.

Les pas de sa multitude
De lui seul vont s’approcher :
Ce profil de solitude
Change en homme ce rocher…

— J’habite (dit ce visage)
Dans une autre profondeur,
A la pointe d’un langage
Dont ma pénombre est la soeur.

«Je mesure ma présence
Au-delà de mon regard :
Un abîme est sa défense
Sur ces chemins de hasard.

«Si j’étais, à hauteur d’homme,
L’enfant de votre clarté,
Je me verrais mourir comme
Si je m’étais déserté.

« Mais une forme plus pure
Se dénoue entre mes bras :
Fleur de feu de ma blessure,
Je ne la nommerai pas…

« Quand j’émerge d’un silence
Par le mien ressuscité,
Cette voix, ma ressemblance,
Dédouble ma vérité.

« Je suis fait d’une parole
Qui déroule autour de moi
La spirale d’un symbole
Auquel ma nuit fait la loi.

« Ce masque d’or, cet échange,
Ce visage mis à nu,
Est-ce toi, ma forme d’ange,
Qui m’as enfin reconnu ?

« Je m’entends et je m’écoute
Où je suis, toujours plus loin,
Dans un monde que j’envoûte,
Mon épreuve, mon besoin…

« Cet orage que j’allume
Me dit qu’il fait toujours noir
Et que rien ne me consume
Quand je brûle sans me voir.

« Suis-je celui que je hante
Sur la piste de l’éclair,
Ce double de mon attente,
Ce dédale de ma chair ?

« Dans le chant qui me traverse
Je n’existe pas encor
Mais mon souffle ne disperse
Que les ombres du décor.

« De toute cette agonie,
De ce coeur sur mon amour,
Une obscure mélodie
Prolonge la fin du jour.

« Pour veiller jusqu’à l’aurore,
Je rassemble autour de moi
Ce visage que j’adore
Dans celui qu’il est pour toi… »

(Louis Emié)

Illustration: Hans Bellmer

 

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Je n’aime que les livres dont les pages sont imbibées de ciel bleu (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2016



Je n’aime que les livres dont les pages sont imbibées de ciel bleu
– de ce bleu qui a fait l’épreuve de la mort.
Si mes phrases sourient c’est parce qu’elles sortent du noir.
J’ai passé ma vie à lutter contre la persuasive mélancolie.
Mon sourire me coûte une fortune.
Le bleu du ciel, c’est comme si une pièce d’or
tombait de votre poche et qu’en l’écrivant je vous la rendais.
Ce bleu en majesté dirait la fin définitive du désespoir
et ferait monter les larmes aux yeux.
Vous comprenez ?

(Christian Bobin)

 

 

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Accorder une Passion (Raphaële George)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2016


Ne pas savoir ce qui est dit:
accorder une Passion.

Serions-nous seuls en nous-mêmes?
Vision terrible…
Nous si muets, sous les paupières,
avec pourtant une vague impression d’être saisis.

Tous ces mots/maux ruminés intérieurement
avant de naître.

Chaque heure qui passe est une épreuve
pour perdre la mémoire.

(Raphaële George)

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