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Poésie

Posts Tagged ‘épris’

Si d’aventure le souffle Un jour vient à manquer (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019




    
Si d’aventure le souffle
Un jour vient à manquer,
Choisis une rivière.
Peuple-la de grands arbres
Épris de vent, de lumière.

Arpente ses sentiers,
Ses sous-bois, ses halages !
Compose avec ses infinis,
Ses méandres, ses silences.
Déchiffre ses inconnus,
Cherche son nom secret,
Ne te retiens pas d’avancer.

Trouve-toi des compagnons de route,
Des passants du soleil
Qui savent s’arrêter,
Prendre leur temps,
Puis te laisser aller.

Ne compte pas tes pas,
N’arrête pas les heures,
Fais confiance aux courants,
Laisse-toi respirer.

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Levain de ma joie
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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Air (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2018



Air

Pour le jeune homme épris
Des grenades pour parements

Pour la fille égarée
Une langue de mésange

Pour la veuve
L’écorce d’un tremble

La cerise du loriot
Pour ta prunelle mon enfant

Pour le poète
La soif.

(Andrée Chedid)

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Une joie (Claudine Helft)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2018



Illustration: Armand Point 
    
Une joie

Afin de n’être plus qu’un rêve épris de lumière
où s’endort la nuit, et lors même que se livre
le mystère d’une parole blanche éperdue de tendresse.
À l’orée du bois céleste, quand même le monde se dissipe
dans la guerre, et ploie sous l’amour, n’être qu’ une joie
traversée d’éphémère, lorsque plie la terre à la prière du ciel.

(Claudine Helft)

 

Recueil: Une indécente éternité
Traduction:
Editions: De la Différence

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Épris de toi (Kiyohara no Fukayabu)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2018



vol oie sauvage 

Épris de toi
Mon coeur n’est pas
Une oie sauvage, mais
Comme elle, qui crie en traversant les nuages,
Je pleure, l’esprit perdu dans le vague.

(Kiyohara no Fukayabu)

Illustration

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Tant éprise de solitude (Emmanuelle Le Cam)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018




    
Tant éprise
de solitude
que je sois,
votre sourire
ne me quitte –

Nul autre
compagnon
ne sera
accueilli.

(Emmanuelle Le Cam)

 

Recueil: Unique demeure
Traduction:
Editions: Le dé bleu

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Le coeur pris par elle en secret (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



 

George Frederick Watts-« Choisir »

Le coeur pris par elle en secret

Toute grâce et toutes nuances
Dans l’éclat doux de ses seize ans,
Elle a la candeur des enfances
Et les manèges innocents.

Ses yeux, qui sont les yeux d’un ange,
Savent pourtant, sans y penser,
Eveiller le désir étrange
D’un immatériel baiser.

Et sa main, à ce point petite
Qu’un oiseau-mouche n’y tiendrait,
Captive sans espoir de fuite,
Le coeur pris par elle en secret.

L’intelligence vient chez elle
En aide à l’âme noble; elle est
Pure autant que spirituelle:
Ce qu’elle a dit, il le fallait

Et si la sottise l’amuse
Et la fait rire sans pitié,
Elle serait, étant la muse,
Clémente jusqu’à l’amitié,

Jusqu’à l’amour – qui sait? peut-être,
A l’égard d’un poète épris
Qui mendierait sous sa fenêtre,
L’audacieux un digne prix

De sa chanson bonne ou mauvaise!
Mais témoignant sincèrement,
Sans fausse note et sans fadaise,

(Paul Verlaine)

Illustration: George Frederick Watts

 

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Je rêve à des planètes mortes (Jean de la Ville de Mirmont)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



Quand les bureaux et les usines
Par le peuple sont désertés,
Et que Paris semble en gésine
D’une trop vaste humanité,

Alors que l’homme au rire bête
Et son épouse aux airs penchés
Croient égayer ce jour de fête
Parce qu’ils sont endimanchés,

Mon âme, loin des foules grises,
Dont le tumulte est odieux,
Se recueille, avant tout éprise
De la solitude des dieux.

Sur le monde fermant la porte
Et tisonnant mon poêle éteint,
Je rêve à des planètes mortes
Comme à des paradis lointains.

(Jean de la Ville de Mirmont)

 

 

 

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Il est autour des êtres (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2018



Il est autour des êtres une ligne secrète,
Épris ou passionné, on ne la franchit pas,
Les lèvres ont beau s’unir dans un silence terrible,
Et l’amour déchirer le coeur.

L’amitié même est sans pouvoir, ici, et les années
De grand, d’ardent bonheur,
Quand l’âme est libre, indifférente
Au lent abandon de la volupté.

Fous ceux qui cherchent à l’atteindre, et ceux
Qui l’ont touchée, la nostalgie les frappe…
Tu comprends maintenant pourquoi
Mon coeur ne bat plus sous ta main.

(Anna Akhmatova)

 

 

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LE MUR PAR DÉFAUT (Jacques Dupin)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2018



Illustration: Gilbert Garcin
    
LE MUR PAR DÉFAUT

Une fleur de givre entre deux rafales
Ne l’arrête pas.

Ô cendre éprise sous la langue,
Brèche dans l’horizon

Entre ce roc bondé d’étoiles et son sosie le gouffre,
L’édifice du souffle est une seconde prison.

A la place du coeur
Tu ne heurteras, mon amour, que le luisant d’un soc
Et la nuit grandissante…

(Jacques Dupin)

 

Recueil: Le corps clairvoyant
Traduction:
Editions: Gallimard

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RÉALITÉ (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2018



Cypris   hl

RÉALITÉ

La nature est partout la même,
A Gonesse comme au Japon.
Mathieu Dombasle est Triptolème ;
Une chlamyde est un jupon.

Lavallière dans son carrosse,
Pour Louis ou pour Mars épris,
Etait tout juste aussi féroce
Qu’en son coquillage Cypris.

O fils et frères, ô poètes,
Quand la chose est, dites le mot.
Soyez de purs esprits, et faites.
Rien n’est bas quand l’âme est en haut.

Un hoquet à Silène échappe
Parmi les roses de Poestum.
Quand Horace étale Priape,
Shakespeare peut risquer Bottom.

La vérité n’a pas de bornes.
Grâce au grand Pan, dieu bestial,
Fils, le réel montre ses cornes
Sur le front bleu de l’idéal.

(Victor Hugo)

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