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Poésie

Posts Tagged ‘éprouver’

Voyez au vif le portrait d’un amant (Jean Godard)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2017



Voyez au vif le portrait d’un amant :
Je pleure et ris, je loue et vitupère,
Un même objet m’est funèbre et prospère,
Je perds courage et je vais m’animant.

Mon coeur, mes yeux s’en vont partout semant
Et feux, et flots ; mon âme est le repaire
D’espoir et peur ; jamais je ne tempère
Mon froid, mon chaud, qui vont ensemblement.

Je sens toujours un grand brasier d’Hercule,
D’où un glaçon jamais ne se recule ;
Je glace au feu, je brûle au coeur d’hiver ;

J’aime, je hais ; je me loue et me tance ;
Je quitte tout, puis je veux éprouver.
L’amour n’est rien qu’une mer d’inconstance.

(Jean Godard)

Illustration: Hippolyte Flandrin

 

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Histoire de temps et de désinvolture (Denis Grozdanovitch)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2017



Plus nous circulions rapidement et facilement d’un endroit à un autre,
moins nous éprouvions la joie de nous déplacer ;
plus étrange encore : à mesure que nous tentions de faciliter nos déplacements,
cherchant à en résorber les ultimes inconvénients,
ces derniers semblaient au contraire se multiplier d’eux-mêmes,
nous entraînant dans un maelström d’agitation fiévreuse…

Le moment était peut-être venu, à vrai dire,
de nous poser sérieusement la question :
et si le temps gagné par l’entremise de la vitesse
était inutilisable pour le bonheur ?

(Denis Grozdanovitch)

Découvert chez Lara ici

 

 

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Une seule chose parfois peut suffire (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2017



Ce n’est pas
En t’accrochant
A plus en plus de choses.
En les parcourant,
En les écoutant toutes
Que tu t’éprouveras.

Une seule chose parfois
Peut suffire
Si tu lui donnes
Assez de temps
Pour communier.

(Guillevic)

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Faire halte en ce théâtre (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2017



    
Faire halte en ce théâtre pour écouter
le concert des mythes et des cigales.

Faire halte sur ces pierres
pour y éprouver la brûlure des légendes.

(Jacques Lacarrière)

 

Recueil: Trois ménologues
Editions: Cheyne

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Ce n’était pas la Mort, car j’étais debout et que tous les Morts, gisent (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2017



Ce n’était pas la Mort, car j’étais debout
Et que tous les Morts, gisent –
Ce n’était pas la Nuit, car toutes les Cloches,
Langue dardée, sonnaient Midi.

Ce n’était pas le Gel, car sur ma Chair
]e sentais – ramper — des Siroccos –
Ni le Feu – car le seul Marbre de mes pieds
Eût gardé frais, un Sanctuaire —

Pourtant, j’éprouvais tout cela ensemble,
Les Formes que j’ai vues
Apprêtées, pour l’Enterrement,
Me rappelaient la mienne –

Comme si pour l’adapter à un cadre,
On eût rogné ma vie,
Et qu’elle ne pût respirer sans clé,
On aurait dit Minuit —

Quand tout ce qui tictaque — stoppe —
Et que partout — bée l’espace —
Ou que l’Affreux gel — aux matins d’Automne,
Abolit le Sol Palpitant —

Mais, surtout, le Chaos — Sans bornes — froid —
Sans une Chance, ou un espar —
Ni même l’Annonce d’une Terre —
Pour justifier – le Désespoir.

***

It was not Death, for I stood up,
And all the Dead lie down —
It was not Night for all the Bells
Put out their Tongues, for Noon.

It was not Frost, for on my Flesh
I felt Siroccos — crawl —
Nor Fire – for just my marble feet
Could keep a Chancel, cool —

And yet, it tasted like them all,
The Figures I have seen
Set orderly, for Burial
Reminded me, of mine —

As my life were shaven,
And fitted to a frame,
And could not breathe without a key,
And ’twas like Midnight, some —

When everything that ticked — has stopped —
And spaces stares — all around —
Or Grisly frosts — first Autumn morns,
Repeal the Beating Ground —-

But, most, like Chaos — Stopless — cool —
Without a Chance, or spar —
Or even a Report of Land —
To justify — Despair

(Emily Dickinson)


Illustration: Gilbert Garcin

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L’amour que j’éprouve (Giacomo Da Lentini)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2017



L’amour que j’éprouve
ne peut se faire connaître
par des paroles ;
non, les mots ne feront pas comprendre
cet amour,
ni la façon dont je le sens :
cœur ne saurait l’imaginer,
ni langue le dire.

Ce que je dis n’est rien
auprès de ce qui m’étreint la poitrine
si fortement.

(Giacomo Da Lentini)

 

 

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Le poète passe une nuit d’été sous les arbres (Li-Y)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2017



Le poète passe une nuit d’été sous les arbres

Etendu sous les grands arbres,
où je trouve un refuge contre l’accablante chaleur,
Je contemple les nuages blancs, répandus sur l’azur du ciel :
Cette situation m’enchante ; mon cœur est ouvert à la joie ;
Je sens d’ailleurs, dans mes idées, l’influence d’un vin généreux.

La lune brille de tout son éclat ; une tiède rosée me pénètre ;
Le silence de la nuit n’est troublé
que par le murmure de la source et le frémissement des bambous.
Un vent frais se joue dans mes longues manches,
et se glisse sous ma robe de soie ;

L’immense bien-être que j’éprouve,
qui jamais pourrait l’exprimer !

(Li-Y)

Illustration: Ohara Koson

 

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Ce n’était pas la Mort (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



Ce n’était pas la Mort, car j’étais debout
Et que tous les Morts, gisent –
Ce n’était pas la Nuit, car toutes les Cloches,
Langue dardée, sonnaient Midi.

Ce n’était pas le Gel, car sur ma Chair
Je sentais – ramper – des Siroccos –
Ni le Feu – car le seul Marbre de mes pieds
Eût gardé frais, un Sanctuaire –

Pourtant, j’éprouvais tout cela ensemble,
Les Formes que j’ai vues
Apprêtées, pour l’Enterrement,
Me rappelaient la mienne –

Comme si pour l’adapter à un cadre,
On eût rogné ma vie,
Et qu’elle ne pût respirer sans clé,
On aurait dit Minuit –

Quand tout ce qui tictaque – stoppe –
Et que partout – bée l’espace –
Ou que l’Affreux gel – aux matins d’Automne,
Abolit le Sol Palpitant –

Mais surtout, le Chaos – Sans bornes – froid –
Sans une Chance, ou un espar –
Ni même l’Annonce d’une Terre –
Pour justifier – le Désespoir.

(Emily Dickinson)


Illustration: Sabin Balasa

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D’Étincelles notre rencontre (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



D’Étincelles notre rencontre – Silex
Divergents – volant de tous côtés –
Notre séparation, une Hache
Le Coeur de la Pierre clivé –
Nous vivons de la Clarté qui fut Nôtre
Avant d’éprouver la Ténèbre –
Par sa différence avec cette céleste
Étincelle, révélée.

***

We met as Sparks – Diverging Flints
Sent various – scattered ways –
We parted as the Central Flint
Were cloven with an Adze –
Subsisting on the Light We bore
Before We felt the Dark –
We knew by change between itself
And that etherial Spark.

(Emily Dickinson)

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Si tu veux éprouver le bonheur d’aimer (Manuel Bandeira)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2017



 

Toshiyuki Enoki 143fe2

Si tu veux éprouver le bonheur d’aimer, oublie ton âme.
– C’est l’âme qui gâte l’amour. –
En Dieu seul elle peut trouver satisfaction,
– Non, dans une autre âme –
– En Dieu seul – ou hors du monde.

(Manuel Bandeira)

Illustration: Toshiyuki Enoki

 

 

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