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Posts Tagged ‘éprouver’

REPOS DANS LE MALHEUR (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2021



 

Juliette Brigand-Damville

REPOS DANS LE MALHEUR

Le Malheur, mon grand laboureur,
Le Malheur, assois-toi,
Repose-toi,
Reposons-nous un peu toi et moi.
Repose,
Tu me trouves, tu m’éprouves, tu me le prouves,
Je suis ta ruine.

Mon grand théâtre, mon havre, mon âtre,
Ma cave d’or,
Mon avenir, ma vraie mère, mon horizon,
Dans ta lumière, dans ton ampleur, dans ton horreur,
Je m’abandonne.

(Henri Michaux)

Illustration: Juliette Brigand-Damville

 

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Que savoir du puits (Christian Da Silva)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2021



Que savoir du puits
sinon la rouille
sinon la peur de son image
et le ciel en-dessous
sans autre terre que la voix
massacrée

éprouver l’air ou le silence
la nuit au bout répond du treuil
qui toujours un peu plus
grince avec les os

(Christian Da Silva)

Illustration

 

 

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Voilà de la pervenche en fleurs (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2021




    
De même que Rousseau jadis fondait en pleurs
À ces seuls mots : « Voilà de la pervenche en fleurs, »
Je sais tout le plaisir qu’un souvenir peut faire.
Un rien, l’heure qu’il est, l’état de l’atmosphère,
Un battement de cœur, un parfum retrouvé,
Me rendent un bonheur autrefois éprouvé.
C’est fugitif, pourtant la minute est exquise.
Et c’est pourquoi je suis très heureux à ma guise
Lorsque, dans le quartier que je sais, je puis voir
Un calme ciel d’octobre, à cinq heures du soir.

(François Coppée)

 

Recueil: Promenades et interieurs
Traduction:
Editions:

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Narcisse charmeur (Hâfez Shirâzi)(Hafiz)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2020



Illustration: John William Waterhouse
    
Narcisse charmeur

Dors-tu, mon narcisse charmeur ?
Ce n’est certes pas sans raison.
Ta chevelure est en désordre ?
Ce n’est pas non plus sans raison.
Que dire du lait de tes lèvres,
De leur sel et de leur douceur ?
Ce n’est pas non plus sans raison.
Ta bouche est source de jouvence,
Mais tes cils me percent le coeur :
Ce n’est pas non plus sans raison.
Ton absence me fait souffrir.
Si j’éprouve tant de douleur,
ce n’est pas non plus sans raison.
Le vent du soir émeut les roses.
S’il effeuille toutes les fleurs,
ce n’est pas non plus sans raison.

Même si tu caches ta peine, ô Hâfez,
quand je vois tes pleurs,
ce n’est pas non plus sans raison.

***

(Hâfez Shirâzi)(Hafiz)

 

Recueil: L’amour, l’amant, l’aimé
Traduction: Vincent-Masour Monteil
Editions: Actes Sud

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PAGE LUE (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2020



Illustration: Oleg Zhivetin
    
PAGE LUE

Je ne l’avais point encore aperçu
Que – déjà – il me trouvait belle.
Je ne lui avais point encore souri
Que – déjà – il avait éprouvé qu’il m’aimait.
Je ne lui avais point encore parlé
Que – déjà – il m’avait juré un amour éternel
Et quand – après – je l’ai regardé,
Il a détourné les yeux.
Et quand – après – je lui ai souri,
J’ai senti son cœur rassasié.
Et quand – après – j’ai balbutié « Je t’aime »
Il m’a répondu : Assez ! Azizé me plaît davantage.

(Anonyme)

 

Recueil: Ghazels – Poemes persans
Traduction: Marguerite Ferté
Editions: http://www.ebooksgratuits.com

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LOINTAIN SOUFFERT (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2020



    

LOINTAIN SOUFFERT

la souffrance
ne sait penser
qu’en angles morts

glissons
jusqu’à l’extrême étoile
pour perdre tous les angles

éprouvons d’un coup
la mesure de notre gouffre

dévoilons
ce qui jamais ne fut

plus haut
où tout s’affole
où scintille l’inattendu

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche et Le désespoir n’existe pas
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le monde n’était fait que pour nous (Descartes)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2020



Nous avons tant de fois éprouvé dès notre enfance, qu’en pleurant, ou commandant,
nous nous sommes fait obéir par nos nourrices,
et avons obtenu les choses que nous désirions,
que nous nous sommes insensiblement persuadés que le monde n’était fait que pour nous,
et que toutes choses nous étaient dues…

(Descartes)

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L’univers (Pierre Oster)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2020




    
L’univers me représente notre connaissance accomplie.
J’éprouve, par un seul regard,
que nous ne demeurons qu’en apparence à l’écart de la Lumière.

(Pierre Oster)

 

Recueil: Paysage du Tout
Traduction:
Editions: Gallimard

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Souvenirs persistants (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2020



Souvenirs persistants

Je perçois les reflets
De souvenirs vivants
Un sourire dans un halo
Un regard dans un miroir
Dont les yeux brillaient de rire
Sous un ciel diaphane
Alors que le sol exhalait du froid
Dans la tige de l’herbe

J’éprouve de nouveau les anciennes soifs
Et revois la fleur dans le taillis
Alors que dans le jardin surchargé d’oiseaux
Le cerisier en fruits s’affaissait sur la pelouse

Je me confonds avec l’ombre de ton corps
Au bord de la vague de nuit
Et me souviens d’avoir vécu
Dans le cœur sec de la ville
Avant de retrouver l’âme du village
Dans une chaumière tendue de ténèbres
Que ton sourire irradiait
Pour en faire une demeure chaleureuse.

(Jean-Baptiste Besnard)

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D’Étincelles notre rencontre (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2020



D’Étincelles notre rencontre – Silex
Divergents – volant de tous côtés –
Notre séparation, une Hache
Le Coeur de la Pierre clivé –
Nous vivons de la Clarté qui fut Nôtre
Avant d’éprouver la Ténèbre –
Par sa différence avec cette céleste
Étincelle, révélée.

***

We met as Sparks – Diverging Flints
Sent various – scattered ways –
We parted as the Central Flint
Were cloven with an Adze –
Subsisting on the Light We bore
Before We felt the Dark –
We knew by change between itself
And that etherial Spark.

(Emily Dickinson)

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