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Poésie

Posts Tagged ‘éprouver’

LOINTAIN SOUFFERT (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2017



Illustration: Egor Shapovalov 
    
LOINTAIN SOUFFERT

la souffrance
ne sait penser
qu’en angles morts

glisser
jusqu’à l’extrême étoile
pour perdre tous les angles

éprouver d’un coup
la mesure de son gouffre

penser à la vitesse du vide
ce qui jamais ne fut

plus haut
où nul ne se connaît
où tremble l’inattendu

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

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Etrange (Khalil Gibran)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2017




    
Le verbeux m’a appris le silence,
le fanatique la tolérance
et le cruel la bonté.

Etrange,
je ne leur éprouve guère de la reconnaissance.

(Khalil Gibran)

 

Recueil: Le sable et l’écume

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Si tu éprouves le désir d’écrire (Khalil Gibran)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2017




    
Si tu éprouves le désir d’écrire,
et nul autre que l’Esprit n’en détient le secret,
tu dois maîtriser connaissance, art et magie:

– la connaissance des mots et leur mélodie,
– l’art d’être sans fard,
– et la magie d’aimer ceux qui te liront.

(Khalil Gibran)

 

Recueil: Le sable et l’écume

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Les deux amitiés (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2017



Alexandr Sulimov -    (8)

Les deux amitiés

Il est deux Amitiés comme il est deux Amours.
L’une ressemble à l’imprudence ;
Faite pour l’âge heureux dont elle a l’ignorance,
C’est une enfant qui rit toujours.
Bruyante, naïve, légère,
Elle éclate en transports joyeux.
Aux préjugés du monde indocile, étrangère,
Elle confond les rangs et folâtre avec eux.
L’instinct du coeur est sa science,
Et son guide est la confiance.
L’enfance ne sait point haïr ;
Elle ignore qu’on peut trahir.
Si l’ennui dans ses yeux (on l’éprouve à tout âge)
Fait rouler quelques pleurs,
L’Amitié les arrête, et couvre ce nuage
D’un nuage de fleurs.
On la voit s’élancer près de l’enfant qu’elle aime,
Caresser la douleur sans la comprendre encor,
Lui jeter des bouquets moins riants qu’elle-même,
L’obliger à la fuite et reprendre l’essor.
C’est elle, ô ma première amie !
Dont la chaîne s’étend pour nous unir toujours.
Elle embellit par toi l’aurore de ma vie,
Elle en doit embellir encor les derniers jours.
Oh ! que son empire est aimable !
Qu’il répand un charme ineffable
Sur la jeunesse et l’avenir,
Ce doux reflet du souvenir !
Ce rêve pur de notre enfance
En a prolongé l’innocence ;
L’Amour, le temps, l’absence, le malheur,
Semblent le respecter dans le fond de mon coeur.
Il traverse avec nous la saison des orages,
Comme un rayon du ciel qui nous guide et nous luit :
C’est, ma chère, un jour sans nuages
Qui prépare une douce nuit.

L’autre Amitié, plus grave, plus austère,
Se donne avec lenteur, choisit avec mystère ;
Elle observe en silence et craint de s’avancer ;
Elle écarte les fleurs, de peur de s’y blesser.
Choisissant la raison pour conseil et pour guide,
Elle voit par ses yeux et marche sur ses pas :
Son abord est craintif, son regard est timide ;
Elle attend, et ne prévient pas.

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Alexandre Sulimov

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REPOS DANS LE MALHEUR (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2017



 

REPOS DANS LE MALHEUR

Le Malheur, mon grand laboureur,
Le Malheur, asseois-toi,
Repose-toi,
Reposons-nous un peu toi et moi,
Repose,
Tu me trouves, tu m’éprouves, tu me le prouves.
Je suis ta ruine.
Mon grand théâtre, mon havre, mon âtre
Ma cave d’or,
Mon avenir, ma vraie mère, mon horizon.
Dans ta lumière, dans ton ampleur, dans mon horreur,

Je m’abandonne.

(Henri Michaux)

 

 

 

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La matière (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2017



La matière

la matière des sons
leur texture m’est offerte
m’est ouverte
leur texture jusqu’à la torture

étrangement manipulés
m’éprouvant,
les sons innombrables qui me disjoignent
autrement me joignent,
m’unifient, s’unifient

Enveloppements! Envahissement

Soie dans les fibrillations

(Henri Michaux)


Illustration

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Voyez au vif le portrait d’un amant (Jean Godard)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2017



Voyez au vif le portrait d’un amant :
Je pleure et ris, je loue et vitupère,
Un même objet m’est funèbre et prospère,
Je perds courage et je vais m’animant.

Mon coeur, mes yeux s’en vont partout semant
Et feux, et flots ; mon âme est le repaire
D’espoir et peur ; jamais je ne tempère
Mon froid, mon chaud, qui vont ensemblement.

Je sens toujours un grand brasier d’Hercule,
D’où un glaçon jamais ne se recule ;
Je glace au feu, je brûle au coeur d’hiver ;

J’aime, je hais ; je me loue et me tance ;
Je quitte tout, puis je veux éprouver.
L’amour n’est rien qu’une mer d’inconstance.

(Jean Godard)

Illustration: Hippolyte Flandrin

 

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Histoire de temps et de désinvolture (Denis Grozdanovitch)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2017



Plus nous circulions rapidement et facilement d’un endroit à un autre,
moins nous éprouvions la joie de nous déplacer ;
plus étrange encore : à mesure que nous tentions de faciliter nos déplacements,
cherchant à en résorber les ultimes inconvénients,
ces derniers semblaient au contraire se multiplier d’eux-mêmes,
nous entraînant dans un maelström d’agitation fiévreuse…

Le moment était peut-être venu, à vrai dire,
de nous poser sérieusement la question :
et si le temps gagné par l’entremise de la vitesse
était inutilisable pour le bonheur ?

(Denis Grozdanovitch)

Découvert chez Lara ici

 

 

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Une seule chose parfois peut suffire (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2017



Ce n’est pas
En t’accrochant
A plus en plus de choses.
En les parcourant,
En les écoutant toutes
Que tu t’éprouveras.

Une seule chose parfois
Peut suffire
Si tu lui donnes
Assez de temps
Pour communier.

(Guillevic)

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Faire halte en ce théâtre (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2017



    
Faire halte en ce théâtre pour écouter
le concert des mythes et des cigales.

Faire halte sur ces pierres
pour y éprouver la brûlure des légendes.

(Jacques Lacarrière)

 

Recueil: Trois ménologues
Editions: Cheyne

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