Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘éprouver’

GRAMMAIRE DES ÉTOILES (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2018



Illustration: Noèla Morisot
    
GRAMMAIRE DES ÉTOILES

un livre des haltes
pour recueillir
le ciel épuisé

une boîte crânienne
où le désespoir
n’existerait pas

stèle de vie
pour mourir aux choses

chambre sans fin
de l’arc-en-ciel

on entre ici
dépeuplé
pour éprouver
tout son être

on ne fuit plus
le monde
c’est lui
qui nous quitte

pierre d’angle
du dernier tiers
de la nuit

pierre noire
au plus haut
de l’esprit

à l’extrême instant
d’un battement
de paupières

à l’affût de soi-même
pour s’arracher
au sommeil

ébloui
ébloui
devant les murs
du cœur

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment Proche suivi de Le désespoir n’existe pas
Traduction:
Editions: Gallimard
Publicités

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Fidélité à l’éclair (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2018




    
[Fidélité à l’éclair, un livre de conversations avec Daniel Gonzales Dueñas et Alejandro Toledo.
Un livre qui s’ouvre d’emblée sur cette question : quel est le sens de la verticalité dans votre poésie ?
Il y répond en évoquant d’abord son expérience de la lecture des poètes dans sa jeunesse, une lecture attentive où lui apparaissait déjà que : ]

Même chez les grands poètes, il y avait des zones plus faibles, un peu lâches,
des zones qu’on pouvait remplacer, laisser de côté.

Je trouvais, ajoutait-il, chez de nombreux auteurs (et aujourd’hui dans la majeure partie de la poésie),
des passages où la description, l’anecdote ou l’effusion sentimentale dévoraient la poésie.

Alors j’ai commencé à éprouver la nostalgie d’une aventure qui serait la recherche d’une poésie plus dense,
où chaque élément serait comme quelque chose d’irremplaçable, où déplacer une virgule,
changer un mot de place ou un blanc serait une catastrophe…

une poésie qui ne se limiterait pas à cultiver l’atmosphère, les réactions sentimentales,
mais qui aurait (qui oserait avoir) possibilité d’unifier une fois pour toutes
ce qui a été si absurdement séparé : la pensée et l’émotion.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Fidélité à l’éclair
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Lettres vives

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ne laisse pas l’indicible (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2018




    
Ne laisse pas
l’indicible
te nouer la main
retenir ces mots
qui montent
de la nappe
et ont à entrouvrir
le voile sur ce que tu es
ce que tu éprouves

(Charles Juliet)

 

Recueil: L’Opulence de la nuit
Traduction:
Editions: P.O.L.

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

APRES AVOIR SOUFFERT (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2018



Illustration 
    
APRES AVOIR SOUFFERT d’un orage nous sommes
Blessés par le tonnerre ancien, dont tout l’amour
Fut de nous éprouver. La fragile personne
A peut-être grandi dans ces éclairs mués,

Mais le corps retentit de douleur dans les membres
Il mesure le temps qui lui reste à mourir
Tandis que par surprise il lit quelques sourires
Sur les faces inconnues, sur les arbres toujours verts.

(Pierre Jean Jouve)

 

Recueil: Diadème suivi de Mélodrame
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le touche-à-tout me touche (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2018



 

    

Le touche-à-tout me touche
et j’en éprouve des gazouillis
sous la luette et le membre.
Mais je voudrais qu’il n’oublie
ni le ciel ni l’aisselle.

(Jacques Izoard)

 

Recueil: Lieux épars
Traduction:
Editions: De la Différence

Posted in humour, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le Remords (Hippolyte Lucas)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2018



Le Remords

Un jour j’étais couché sur mon lit de repos,
Je lisais au hasard, et, jetant là l’ouvrage,
J’aurais pu, comme Hamlet, dire : « Des mots, des mots ! »
L’enfant vint, sur le mien il posa son visage.

Il voulut, — c’était là gentillesse de l’âge,
— Faire semblant de lire, et moi, d’un dur propos,
Je rudoyai l’enfant, et, lui tournant le dos,
De l’éloigner de moi j’eus le triste courage.

Pauvre enfant que m’a pris le destin inconnu.
Cet amer souvenir m’est depuis revenu,
Je vois ta grosse larme et ta petite moue;

Et j’éprouve un remords. Comme je donnerais
Mon futile savoir, et mes livres après,
Pour sentir, de nouveau, ton souffle sur ma joue.

(Hippolyte Lucas)

Illustration: Marie-Christine Thiercelin 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Puisque nul à demain n’a le droit de rêver (Sadegh Hedayat)(Omar Khayam)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018




    
Puisque nul à demain n’a le droit de rêver,
Console donc ce coeur que tout vient éprouver.
Bois sous la lune à la santé du clair de lune
Qui nous cherchant demain ne pourra nous trouver.

(Sadegh Hedayat)(Omar Khayam)

 

Recueil: Les chants d’Omar Khayam
Traduction: M.F. Farzaneh et Jean Malaplate
Editions: José Corti

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Si tu éprouves vraiment de l’amour (Amma)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



Si tu éprouves vraiment de l’amour
dans ce que tu fais,
tu ne ressens pas la fatigue.

(Amma)

Illustration

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

En somme, qu’est-ce que la vérité ? (Alain Cohen)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



    

– En somme, qu’est-ce que la vérité ? …
– C’est ce qui est entre les mots …
Et ce qu’on éprouve dans la joie.

(Alain Cohen)

 

Recueil: Solal
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in méditations | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

SCRIBE (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2018



 

SCRIBE

Le nom
jamais ne s’échappera de ses lèvres : il s’est parlé
jusqu’à s’éprouver dans un autre corps : il a retrouvé
sa place
dans Babel.

C’était écrit.
Une fleur
tombe de son oeil
et s’épanouit dans la bouche d’un étranger.
Une hirondelle
rime avec faim
et ne peut quitter son oeuf.

Il invente
l’orphelin en haillons,

il tiendra
un petit drapeau noir
criblé d’hiver.

C’est le printemps,
et sous sa fenêtre
il entend
cent pierres blanches
se changer en phlox furieux.

(Paul Auster)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :