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Posts Tagged ‘épuisement’

Avec une intensité soudaine (Virginia Woolf)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018


 


 

la-femme-peintre

Avec une intensité soudaine,
comme si l’espace d’une seconde,
elle l’eût vu net,
elle mena une ligne,
là, au centre.
Tout était fini.
Oui, songea-t-elle, reposant son pinceau,
au comble de l’épuisement,
j’ai eu ma vision.

(Virginia Woolf)

 

 

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Je suis un homme meurtri (Franck Venaille)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2018



Je suis un homme meurtri
Les blessures, cette anxiété qui jamais ne me quitte
La chair la nuit la nudité des corps m’obsèdent
L’appréhension est un rongeur circulant dans mes
poumons
la gueule pleine
Faut-il le dire?
Quand cessera, quand prendra fin ce temps d’épuisement?
Déjà ce corps flottant, déjà
d’amers pressentiments de bras en croix
Par la vie entière!
Je suis un homme meurtri

(Franck Venaille)


Illustration

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Noircir les pages jusqu’à épuisement des mots (Vénus Khoury-Ghata)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2017



 

Noircir les pages jusqu’à épuisement des mots
et surgissement de ce personnage que je vois pour la première fois
Je ne connais pas son nom
inutile de le lui demander
il ne sait pas écrire
il ne sait pas parler non plus
il sait seulement qu’il est né du contact de la plume et du papier
du voisinage de deux mots que le hasard a mis côte à côte
il se laisse faire lorsque je l’installe au milieu de la ligne entre un verbe et un objet
mais l’écarte un rien lorsqu’il essaie d’occuper tout le terrain
et fais la sourde oreille lorsqu’il tente de m’entraîner dans l’action
j’ai décidé d’être seule maître du jeu

(Vénus Khoury-Ghata)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Misha Gordin

 

 

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REPRENDRE HALEINE (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2017




    
REPRENDRE HALEINE

J’ai toujours voulu
tout accueillir tout aimer
tout faire vivre
d’un seul regard démultiplié
m’accorder à ma ligne de plus haute tension
par-delà la fatigue
par-delà l’épuisement
tout accueillir tout
aimer
aller
aller plus avant
vers les grands creusets de l’effervescence
ne jamais en finir avec l’infini
doter chaque instant
d’une présence authentique
dernier souffle premier souffle

Écouter enfin
écouter autrement
écouter toute la palette
de mon radar intime
m’ouvrir
à tous les confins
vivre sept ou neuf vies
en vigueur folle
en vibrant retour de présence
faire jongler la création
ne pas cesser
d’apprendre à naître
jouer en tous lieux et en tous temps
de mon clavier d’apesanteur
comme d’un absolu trait d’union
dernier souffle premier souffle

Autrement
obstinément

où les corps s’électrisent
dans l’insoupçonnable
don de soi

où l’on fait chanter les contraires
au pays
des langues-univers
des immersions fertiles
des transes ciselées
des justesses transformantes

où l’on se reconnaît toujours
dernier souffle premier souffle

Un seul mot
et le monde cesse d’être hostile
un seul mot
et je rejoins le point d’orgue des éblouis
j’entre en résonance
avec la ferveur du big-bang
je convoque mes frères d’altitude
chasseurs subtils
blasons de pur vertige
danseurs d’accélération
tous ceux qui vont et viennent
s’attardent ou jaillissent
entre la vie et la mort
l’eau et le feu
l’oubli et l’extase
dernier souffle premier souffle

Face aux pièges à néant
aux grandes schizophrénies mortifères
qui dévastent
l’esprit même de la planète
je me voue
inlassablement
à l’aïkido du coeur
libre
d’être toujours plus libre
tel un guerrier des bienveillances radicales
libre de tout donner
pour ces instants où la sève
déborde
s’enfièvre davantage
fermente en turbulences
dernier souffle premier souffle

Venise New York Bénarès
au centre
de la ligne d’horizon
l’esprit et l’espace
respirent
ensemble
la lumière irrigue
le réseau des veines
mille poèmes
en amont du poème
mille voix
en amont de la voix
l’amour l’énergie l’amour
il est temps de plonger
pour étreindre les sirènes
dernier souffle premier souffle

Par-delà ces tremblements d’ailes noires
libre
de tout donner pour ce désir
souriant
libre de ne plus croire à rien
sinon
au baume du doute
à l’ardente lucidité
libre
d’exacerber les
précipices
de consentir à l’imprévisible
souffle du sommeil
souffle du poème
dernier souffle premier souffle
second souffle

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Satori Express
Editions: Le Castor Astral

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Laurence printanière (Patrice de La Tour du Pin)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2016



Laurence printanière

Voici que montent les aubes, d’une blancheur
Eclatante, au-dessus d’un fouillis d’anémones
Lumineuses, dans la matinale fraîcheur…

Pour entrer dans la danse légère d’avril,
Vos yeux ont pris la douceur des clairs de lune,
Et leur lumière brille et joue entre les cils.

Il vaut mieux ne jamais parler de moi, Laurence,
Si vous me permettez, et si divinement,
De goûter avec vous cette aube de printemps.
Je chanterai d’abord votre seule présence,
Puisque nos souvenirs, si merveilleux soient-ils,
Pâlissent à côté de cette aube d’avril;
Il vaut mieux négliger les joies antérieures
Pour jouir pleinement des dons qui sont offerts,
La lumière frôlant votre sein découvert,
Toute l’idéale tempête de six heures…

Voici venir la grande extase des réveils,
Et vous marchez parmi les fleurs printanières,
Heureuse et cueillant des monceaux de primevères
Pour les jeter à pleines mains dans le soleil.

Ne tremblez pas; je veux effleurer vos cheveux,
Les sentir et ne plus les sentir qu’en pensée,
Et puis les ressentir encore à la nausée,
Et puis garder le long des jours tout leur parfum…

Ne tremblez pas : il faut fermer les yeux d’abord,
Il faut vous jeter doucement dans l’herbe haute,
Il faut que je délivre vos cheveux, que j’ôte
L’agrafe qui maintient ce voile sur ce corps,
Offrant à la lumière cette peau si pure,
Cette gorge crépitant d’or et de luxure
Et que caressent les tiges comme des mains,
Ces seins qui sont gonflés de soleil et de sève,
Ces jambes lisses et blanches qui se soulèvent
Pour contenir le flot de volupté qui vient

Hors de l’âcre profusion de la terre
Qui monte soudain comme un raz de marée

Vers l’orgie dionysiaque de la chair
Et le désir bouleversant des mâles
Craquant jusqu’à l’épuisement de l’être,
Pour assouvir tout ce qui brûle et qui déborde,
Cette tempête lumineuse de printemps
Qui déferle sur les aubes de six heures…

(Patrice de La Tour du Pin)


Illustration: John William Godward

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Au bord de l’épuisement (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2016


 


 

Au bord de l’épuisement
il ne trouve pour se reposer
que son ombre

(Adonis)

Illustration: Markus Raetz

 

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Fin de soirée (Michel Houellebecq)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2016



En fin de soirée, la montée de l’écoeurement est un phénomène inévitable.
Il y a une espèce de planning de l’horreur.
Enfin, je ne sais pas; je pense.
L’expansion du vide intérieur.
C’est cela.
Un décollage de tout événement possible.
Comme si vous étiez suspendu dans le vide,
à équidistance de toute action réelle,
par des forces magnétiques d’une puissance monstrueuse.

Ainsi suspendu,
dans l’incapacité de toute prise concrète sur le monde,
la nuit pourra vous sembler longue.
Elle le sera, en effet.
Ce sera, pourtant, une nuit protégée;
mais vous n’apprécierez pas cette protection.
Vous ne l’apprécierez que plus tard,
une fois revenu dans la ville,
une fois revenu dans le jour,
une fois revenu dans le monde.
Vers neuf heures,
le monde aura déjà atteint son plein niveau d’activité.
Il tournera souplement, avec un ronflement léger.
Il vous faudra y prendre part, vous lancer
un peu comme on saute sur le marchepied d’un train
qui s’ébranle pour quitte
Une fois de plus, vous attendrez la nuit –
qui pourtant, une fois de plus,
vous apportera l’épuisement, l’incertitude et l’horreur.

Et cela recommencera ainsi,
tous les jours,
jusqu’à la fin du monde.

(Michel Houellebecq)

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Reprendre haleine (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2016



Reprendre haleine

J’ai toujours voulu
tout accueillir tout aimer
tout faire vivre
d’un seul regard démultiplié
m’accorder à ma ligne de plus haute tension
par-delà la fatigue
par-delà l’épuisement
tout accueillir tout
aimer
aller
aller plus avant
vers les grands creusets de l’effervescence
ne jamais en finir avec l’infini
doter chaque instant
d’une présence authentique
dernier souffle premier souffle

(Zéno Bianu)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Catherine RÉAULT-CROSNIER

 

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Ah, élan du souffle (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2016



Dans l’Ouvert, toutes choses se révèlent présences
Leur voie n’est point écoulement-épuisement
Présence à présence, elles se suscitent et s’élèvent
Transformant la marche droite et horizontale
En fumée bleue de l’accueil. Corps ailés tendus
Vers le clair et le haut, mouvement même du Tao

Ah, élan du souffle, pur jaillissement, chant!

(François Cheng)

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Solitude d’encre (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2015



 

La nuit les yeux les plus confiants nient
Jusqu’à l’épuisement
La nuit sans une paille
Le regard fixe dans une solitude d’encre.

(Paul Eluard)

 

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