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Poésie

Posts Tagged ‘épure’

Nocturnes (Eric Chassefière)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2018



 

lever de soleil en Argentine

Nocturnes

On gagne la nuit par de lentes effloraisons de nuages
on a vu d’abord le ciel prendre racine
dans un vaste morcellement d’oranges et de bleus
s’égrenant à l’horizon en un archipel de bulbes roses
puis le soleil a sombré dans l’eau des arbres
les lignes de la terre se sont épurées
les nuages bleu sombre séparés par plans
caravanes de formes glissant en se chevauchant
dans le rapide mouvement de déplacement du train
puis la nuit a tiré un à un ses rideaux
la vitesse s’est dissoute dans la vibration nocturne
on a poursuivi le voyage à l’intérieur des lignes du corps

(Eric Chassefière)

Découvert ici chez laboucheaoreilles

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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Sonne, résonne, ma talianka (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018




    
Sonne, résonne, ma talianka aux peaux mélodieuses.
Cours à la barrière, la belle, au-devant du fiancé.

De bleuets mon coeur s’illumine, le turquoise l’embrase.
Je chanterai sur la talianka les yeux bleus de ma belle.

Dans les remous du lac ce n’est pas d’aurore qu’est tissée l’épure,
derrière le coteau ton fichu brodé, furtif, s’évanouit.

Sonne, résonne, ma talianka aux peaux mélodieuses.
Écoute, la belle, écoute, l’aubade du fiancé.

(Sergueï Essénine)

***

Recueil: Journal d’un poète
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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Sans tristesse (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2018



Illustration: ArbreaPhotos
    
Sans tristesse
j’ai sectionné les angles morts
et les droites vivantes des autres possibles

La branche de saule se déploie
ligne simple épure

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le lever du soleil au couvent du mont Po-chan (Chang Jian)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2017




    
Le lever du soleil au couvent du mont Po-chan

La lumière pure d’une belle matinée pénètre déjà dans le vieux couvent ;
Déjà la cime éclairée des grands arbres annonce le retour du soleil.
C’est par de mystérieux sentiers qu’on arrive à ce lieu solitaire,
Où s’abrite la cellule du bonze, au milieu de la verdure et des fleurs.

Dès que la montagne s’illumine, les oiseaux, tout à la nature, se réveillent joyeux ;
L’œil contemple des eaux limpides et profondes, comme les pensées de l’homme dont le cœur s’est épuré.
Les dix mille bruits du monde ne troublent jamais cette calme retraite ;
La voix harmonieuse des pierres sonores est la seule qui s’élève ici.

(Chang Jian)

 

 

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Chaque épreuve nous féconde (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2017




    

Chaque épreuve
Nous féconde
Chaque épure
Nous délie

Chaque contour
Nous invite
Aux dérives du sens
Chaque esquisse
Nous dévoile
L’opulence de ses jeux

Chaque tracé
Nous amorce
Chaque empreinte
Nous relie

Chaque état
Nous expose
Aux percées de l’image
Aux écarts du poème
Aux souffles de la vie

(Andrée Chedid)

 

Recueil: États de l’image, du souffle et des mots
Editions: Flammarion

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Char conduit (Pierre Della Faille)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
Char conduit

Épures.
Épure d’un char conduit.
Épure d’un char lancé.
Épure du fouet.
Tracé sur la course au-delà de parois.

Une caverne où se voit à travers le corps
et les astres hagards d’une nébuleuse.

Trajectoire du poète en lambeaux.

Quête de ce qui est après avoir été au seuil d’éclairs
encore lointains
– très lointains
– qui déchirent la robe de l’instant et du désir aux yeux éteints.

Voir à travers
– voir loin
– voir à travers des lueurs encore interdites
– encore interdites même à la femme déjà vieille qui sourit.

Poésie et danse fondent l’homme imaginal
– poésie jaillie du corps total, énergie et pensée
– danse relais de la pensée dans l’harmonie des corps.

Joie et rire : reconquérir joie et rire
– ô poète qui veut voir à travers son corps
avec des yeux éteints.

(Pierre Della Faille)

 

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Légèreté (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017



Illustration: Pablo Picasso
    
Légèreté
tromperie fameuse et jeu de dupes
On pariait alors pour l’épure
on s’appliquait aux mots d’envol
Donnez-moi maintenant un corps lourd
la boue les scories la vieille résistance
du poids sur la terre
non plus la retenue le juste équilibre
mais la dureté d’un corps de femme
souple et féroce

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: Fragments d’un corps incertain
Editions: Cheyne

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Aux confins du dire (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2017




    
Aux confins du dire
La cigale sème les cendres
sur le sol craquelé
Toute rosée étant bue
Le pétale au geste épuré
traverse l’espace
À l’instant attendu
Au creux de l’inouï
Aux confins du dire

(François Cheng)

 

Recueil: A l’orient de tout
Editions: Gallimard

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Cet autre (Raphaële George)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2016


Existe-t-il cet autre
qui ne nous reproche jamais d’être?
Est-il l’épure de soi-même
au point de croire que jamais
nous ne saurions le perdre?

(Raphaële George)

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Pour qu’une image chère Illumine en secret mon âme en sa misère (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 5 décembre 2015




Si jadis j’avais cru dans un espoir d’enfant
Que mon âme échappant à tout pourrissement
Emporterait au fond de gouffres insondables
Des pensers éternels, des souvenirs aimables,
Je jure que depuis longtemps j’aurais quitté
Ce monde, et clos ma vie, horrible déité;
Je serais au pays de ces libres délices,
Au pays dépourvu de la mort et des vices,
Où l’esprit vole seul dans le ciel épuré.

Mais je me livre en vain à ce rêve éthéré.
Mon esprit obstiné méprise l’espérance:
Au-delà du tombeau, c’est l’insignifiance.
Eh bien, tant pis, adieu, pensers, premiers amours !
J’ai peur et de nouveau je surveille mes jours.
Je veux vivre longtemps pour qu’une image chère
Illumine en secret mon âme en sa misère.

 

(Alexandre Pouchkine)

Illustration: Fabienne Contat

 

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