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Je t’ai nommé l’indienne (Ernest Pépin)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2018



    

Je t’ai nommé l’indienne
(Extrait)

1
Femme d’embruns brûlés
Et de bourgeons d’étoile
Qui crayonne les cyclones
La monture des marées
Et par ravine chaude où sommeille ta chaleur
Redonne au monde le bel incendie
La première étincelle
La parole inconsolée des mythes

2
Il fait toujours soleil
Dans la splendeur des songes
Et la roue de tes mains
Lavée du plus beau sang
Au nom du chant des mers disparues
Témoigne

3
Femme aux tempes de pierre polie
Aux temples couleur de jungle
Qui conjure un mauvais sort
Danse de couleuvres
Terre tremblée
Cri mouillé
Femme du fond des nuits
Qui sort les pagaies lumineuses
De sa révolte
Épouse des aurores boréales
Ruche zélée des moussons
Remuant les vagues du commencement

4
Femme
Plus tendre que le coeur du déluge
Un grand sillage phosphorescent
Ta liberté
Feu de l’amour libre
Qui nourrit le soleil
Ta liberté
Mémoire
Tressant
La gerbe des rosées
L’impossible poinçon rouge cousu au front
Des voyances

(Ernest Pépin)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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VA VOLE ET DIS-LEUR (Ernest Pépin)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



Un oiseau passe
Éclair de plumes
Dans le courrier du crépuscule
VA
VOLE
ET DIS-LEUR
Dis-leur que tu viens d’un pays
Formé dans une poignée de main
Un pays simple comme bonjour
Où les nuits chantent
Pour conjurer la peur des lendemains
Dis-leur
Que nous sommes une bouchée
Répartie sur sept îles
Comme les sept couleurs de la semaine
Mais que jamais ne vient
Le dimanche de nous-mêmes
VA
VOLE
ET DIS-LEUR
Dis-leur que les marées
Ouvrent la serrure de nos mémoires
Que parfois le passé souffle
Pour attiser nos flammes
Car un peuple qui oublie
Ne connaît plus la couleur des jours
Il va comme un aveugle dans la nuit du présent
Dis-leur que nous passons d’île en île
Sur le pont du soleil
Mais qu’il n’y aura jamais assez de lumière
Pour éclairer
Nos morts

Dis-leur que nos mots vont de créole en créole
Sur les épaules de la mer
Mais qu’il n’y aura jamais assez de sel
Pour brûler notre langue
VA
VOLE
ET DIS-LEUR
Dis-leur qu’à force d’aimer les hommes
Nous avons appris à aimer l’arc-en-ciel
Et surtout dis-leur
Qu’il nous suffit d’avoir un pays à aimer
Qu’il nous suffit d’avoir des contes à raconter
Pour ne pas avoir peur de la nuit
Qu’il nous suffit d’avoir un chant d’oiseau
Pour ouvrir nos ailes d’hommes libres
VA
VOLE
ET DIS-LEUR

(Ernest Pépin)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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