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Posts Tagged ‘(Ernest Raynaud)’

A JOSÉPHA (Ernest Raynaud)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2017




    
A JOSÉPHA

Ton corps est au sortir du bain plus désirable
Tout blanc avec du sang tout rose à fleur de peau
Et tout son fin duvet qui fleurit comme un beau
Velours, dans l’éclat mat de l’ensemble adorable.

Tes seins, comme des fruits juste à point pour la table,
Attendent la main qui les dérobe et l’arceau
De ta hanche tiédie où s’éperle de l’eau
Appelle des dents la morsure inévitable.

Le bain est le plus sûr complice de l’amour :
C’est ainsi que voulant plus suave la blonde
Vénus, ils la faisaient, les Grecs, jaillir de l’onde.

Et le goût de la chair a plus de sucres pour
La bouche, comme après une averse, mouillées,
Les fleurs ont plus d’odeurs dans l’écrin des feuillées.

(Ernest Raynaud)

 

Recueil: Chairs profanes
Editions: Léon Vanier

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APRES (Ernest Raynaud)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2017



Illustration: Konstantin Andreevich Somov
    
APRES

De la secousse en tes deux bras de tout mon corps,
Dans le concert charmant d’essences si subtiles
Qu’elles sont comme autant d’ivresses volatiles
L’être voluptueux que je suis vibre encor !

Plein de langueur, plein de fraîcheur, comme une brise
Je respire allégé du fardeau de la chair,
Le lien qui retenait mon âme enfin se brise
Et la voici comme un oiseau libre dans l’air.

C’est le bonheur d’un coeur qui reprend son empire,
La mousseline d’un brouillard qui se déchire
Sur l’or clair d’un matin délicieux d’été.

Doux amants, que l’Aimée emplit d’un lent délire,
Dites? Quel vers assez suave pourrait dire
Le bien qu’en s’en allant laisse ta volupté !

(Ernest Raynaud)

 

Recueil: Chairs profanes
Editions: Léon Vanier

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Réveil (Ernest Raynaud)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2017



Illustration: Andrew Murray
    
Réveil

Un rêve que suscite un espoir illusoire
Ainsi qu’un bel été dispense son azur,
Au coeur pauvre que doit élire le Futur
A donné tout ce qu’il pouvait donner de gloire.

On a tenu l’Armide nue aux seins d’ivoire,
Dont la lèvre est aussi saignante qu’un vin pur.
Alors que vous venaient des lointains, roulés sur
Les mers, les cris d’un peuple acclamant la Vicloire,

Hélas ! voici l’instant farouche du réveil,
Les yeux s’ouvrant dans la nuit de notre soleil
Tout effarés de ne voir plus la douce Armîde ;

Voici la vie, hélas ! revenue, et la main
Tendue encore à l’or fréquent d’un songe vain,
Qui se referme avec tristesse sur le vide.

(Ernest Raynaud)

 

Recueil: Chairs profanes
Editions: Léon Vanier

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Echappée à l’oeil des gens (Ernest Raynaud)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2017



Illustration: Marc Chagall
    
Echappée à l’oeil des gens,
Phillis, la blonde aux yeux fous,
Par les sentiers obligeants
Trouve Hylas au rendez-vous.

Aux lèvres qu’elle a vermeilles
Le galant qui l’aime, vite,
Comme aux fleurs font les abeilles
Follement se précipite.

Puis pour un très doux babil
Sous le ciel tendre, un long temps,
Un bouquet d’arbres, subtil,
Prête son ombre aux amants.

Le berger fouille les grâces
Tant que ses mains doivent-elles
A la fin, se trouver lasses
Du saccage des dentelles.

Livrant ses roses, ses lis,
Belle, aux bras de son vainqueur
Comme une folie, Philis,
En riait de tout son coeur.
Enfin juste la fatigue

— Voyez combien opportune ! —
A point dénoua l’intrigue
Au jour levant de la lune.

(Ernest Raynaud)

 

Recueil: Chairs profanes
Editions: Léon Vanier

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Pour qui cette rose (Ernest Raynaud)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2017



Illustration: Achille Devéria
    
Pour qui cette rose à votre corsage
Piquée à l’endroit, non pas sans desseins,
Voluptueuse et fraîche, mais, je gage,
Moins rose que la pointe de vos seins?

(Ernest Raynaud)

 

Recueil: Chairs profanes
Editions: Léon Vanier

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Le soir d’été (Ernest Raynaud)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2017



    

Le soir d’été retient en adoration
Mille oiseaux bleus, charmants et fiers comme des vices
Cependant que s’opère en moi la fusion
D’Aphrodite et d’Hermès avec que de délices !

Le jeune Ange du, lieu me jette un oeil propice,
Et je célèbre la messe de Passion,
En attendant au ciel magique de Sion,
La lune qui doit agréer le Sacrifice.

Des lampyres par l’herbe éveillent sous mes pas
Des clartés que l’Etoile angélique n’a pas ;
Et tout un pan de ciel adorable s’incline

Vers ia masse fleurie et sombre des halliers,
Où je vois, aux accents de la Flûte apriline,
Les Sexes s’irruer comme autant de béliers.

(Ernest Raynaud)

Recueil: Chairs profanes
Editions: Léon Vanier

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Après l’échange des caresses (Ernest Raynaud)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2017



Illustration: Marc Chagall

    

Après l’échange des caresses, tous les deux
Se sont endormis là, dans les avoines folles.
Leur lèvre, frêle fleur d’amour, ouverte aux molles
Tiédeurs qu’épanche un ciel adorable autour d’eux.

Tout se tait ; seuls, au loin, dans les pâtis herbeux,
Où les coquelicots, émus de vents frivoles,
Piquent la pourpre éclatante de leurs corolles,
Quelques gémissements longtemps traînés de bœufs.

Mais voici que Chloé rouvre les yeux et, douce,
Parmi le soleil dont l’or igné l’éclaboussé,
S’accoude sur Daphnis léger qui rêve encor,

Le contemple un moment dans sa gloire d’éphèbe,
Toute nue, au milieu des fruits mûrs de la glèbe,
Et l’éveille d’un long baiser sur ses cils d’or.

(Ernest Raynaud)

 

Recueil: Poètes du Baiser
Editions: Société des Éditions LOUIS-MICHAUD

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