Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘errant’

PETIT FEU (Jean Mogin)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2019



PETIT FEU

Dans le petit matin, j’allume un petit feu,
Dans le petit matin, mon petit feu de joie,
Avec un brin d’espoir, avec un rien de paille
Un petit peu de feu, un petit feu de peu.

J’allume un feu de bois au fond de ma forêt.
J’allume au plus épais de moi ce peu de joie
Pour rallier de loin mes animaux errants,
Pour rappeler ici mes âmes en errance.

(Jean Mogin)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Secousse (Évelyne Trouillot)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2019


 


 

Jaya Suberg o1_400

Secousse

La terre a soulevé mon coeur
d’un mouvement sec et violent
elle l’a déchiré
éparpillant mille morceaux
comme larmes d’oiseaux errants
aux quatre vents de mon île
et depuis
chaque nuit
j’entends les battements
hésiter à mi-chemin
entre décombres
et étoiles

(Évelyne Trouillot)

Illustration: Jaya Suberg

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dans un incessant murmure (Elsie Suréna)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019



 

vétiver

Dans un incessant murmure
De longues notes inquiètes
Ta main fredonne la mienne
Dans le soir souvent caressé
D’errants effluves de vétiver

(Elsie Suréna)

Illustration: Vétiver

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Que l’on jette ces lis (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2019


 


 

Léon Spilliaert

Que l’on jette ces lis …

Que l’on jette ces lis, ces roses éclatantes,
Que l’on fasse cesser les flûtes et les chants
Qui viennent raviver les luxures flottantes
A l’horizon vermeil de mes désirs couchants.

Oh ! Ne me soufflez plus le musc de votre haleine,
Oh ! Ne me fixez pas de vos yeux fulgurants,
Car je me sens brûler, ainsi qu’une phalène,
A l’azur étoilé de ces flambeaux errants.

Oh ! Ne me tente plus de ta caresse avide,
Oh ! Ne me verse plus l’enivrante liqueur
Qui coule de ta bouche – amphore jamais vide –
Laisse dormir mon coeur, laisse mourir mon coeur.

Mon coeur repose, ainsi qu’en un cercueil d’érable,
Dans la sérénité de sa conversion ;
Avec les regrets vains d’un bonheur misérable,
Ne trouble pas la paix de l’absolution.

(Jean Moréas)

Illustration: Léon Spilliaert

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Délivrons-nous (Tilemachos Chytiris)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018



Délivrons-nous
dans les limites du cercle
pas d’autres visions
délivrons-nous.

Errants que nous sommes
dans des hôtels sales
mais avec un coeur de fleur.

(Tilemachos Chytiris)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

VILLONAUDE POUR CE NOËL (Ezra Pound)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2018




VILLONAUDE POUR CE NOËL

Sur le Noël morte saison
(Hommage des bergers si précieux !)
Quand les loups gris qui vont errants
Se vivent de vents froids et laiteux,
Lapent la neige, leur guerredon,
Sur le Noël coeur reprenons,
(Buvons! jusqu’à la lie buvons!)
Mais où sont les fantômes d’antan?

À quels fantômes ai-je rêvé?
(Equipage fleurant bon des mages?)
Fantômes d’amours mortes, errants
Qui font trembler les vents poisants :
Craignent qu’amour au soleil foison
Revienne et tue les chères images,
(Alors je bois à ma façon!)
Mais où sont les fantômes d’antan?

Où sont mon coeur les joies conquises
(Saturne et Mars vers Jupiter!)

Où sont les lèvres sur miennes mises
Où sont regards jolis et clairs
Qui disent amants donnez le prix?
Je bois aux yeux, opales grises
(De qui sont-elles le parangon?)
Mais où sont les fantômes d’antan?

Prince, ne dites rien de mes faits,
De la joie qu’en Dieu trouverai,
Dites-moi où sont partis les vents,
Mais où sont les fantômes d’antan?

(Ezra Pound)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES TRAQUÉS (Pierre Béarn)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018



LES TRAQUÉS
(fragment)

Où sommes-nous sur le dos du monde ?
Nous avons tant roulé
d’un sabord sur l’autre
et piqué du nez dans l’embrun
que les méridiens sont brisés.

Le froid du vent ne trouve plus d’obstacle
sur le spardeck nu
c’est un torrent d’herbes mouillées qui dévale.

De la nuit, rien ne naît que ce filin
qui tombe dans ma main durcie.
On entend, comme d’un cachot, rôder la vie
et la Vie c’est la mer façonnant nos destins.

Le vie c’est aussi ce filin dans ma main
ce filin rude et froid qui vient d’en haut
du ciel peut-être
et qui vibre dans ma main.

Je le tirais á moi lorsque j’étais enfant
et la cloche éclatait d’orgueil !
Puis la nuit se peuplait d’étoiles vagabondes
qui glissaient en cercle vers moi
et l’église emmurait alors la voie lactée.

Si je tirais la cloche
dans ce vent d’herbes mouillées
viendraient-ils les vieux de mon village
sur la mer illimitée ?

Si j’éveillais le bruit des heures sur nos têtes
l’église de la nuit serait-elle assez grande
pour accueillir tous ces errants que j’ai perdus ?

Mais les heures ne sont plus saluées par des cloches
dans les sillons de nuit la guerre nous a vidés
loin des villages
loin des étoiles qui vagabondent.

Le vent nous reste, avec la mer, avec la nuit,
près de la Mort qu’il faut servir.

La cloche des heures ne sonne plus
mais les glas sont infinis

(Pierre Béarn)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je suis à la merci du vent (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2018



 

Mario Sanchez Nevado aa51e455 [1280x768]

Je suis à la merci du vent

Je ne me connais plus moi-même.
Mon âme va se dénudant.
Je suis à la merci du vent
Qui se lève dans mes poèmes,
A la merci du premier mort
Qui me traverse à l’improviste,
A la merci d’un arbre tors,
D’un chien errant, d’un regard triste.

(Maurice Carême)

Illustration: Mario Sanchez Nevado

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La messagère d’un amour futur (Pierre-Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2018



La messagère d’un amour futur
S’est avancée : elle ouvre un gouffre noir
De la très noire porte et elle entend
Venir et revenir les oiseaux destructeurs

L’ennemi est partout dans l’espace et le coeur
Quel âpre ennemi celui du voyageur,
Cette nuit, errant dont les pieds désespèrent
Du sol de la lumière et de la terre !

C’est dans l’effort de plus intime nuit
Que je concentre un pas limpide et m’affranchis
Dans l’horreur et vers les animaux très clairs.

(Pierre-Jean Jouve)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Si tu reviens un jour (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2018



Illustration: Orina Kafe
    
Si tu reviens un jour, сhère fille des rues
Plus pure qu’une princesse du sang
Plus serve qu’une esclave d’Éthiopie,
Que ce soit sous l’aspect d’un cygne ou de l’ombre défunte errant;
Je te saluerai d’un sourire aussi douloureux que le sort
Et sobrement j’attendrai que ta lèvre aussi sourie
Et si j’invoque la misère avec l’anneau de la chair nue
Je dirai le langage pur des amours proches de la mort.

(Pierre Jean Jouve)

 

Recueil: Diadème suivi de Mélodrame
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :