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Poésie

Posts Tagged ‘errer’

Les faiblesses me soutiennent (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2019




    
Les faiblesses me soutiennent.
Les miennes,
et celles qui errent comme des oiseaux fracturés
par les jours comptés
d’un monde qui ne sait pas compter.

Les omissions de mon écriture délient mon écriture
et l’emportent vers un support
plus fidèle que celui que j’utilise.

La fragilité d’une pensée
fait voler ma pensée
et la transporte vers un autre vol
où penser possède tes ailes.

Seules les branches déjà brisées
recueillent tout l’amour perdu
et collent avec lui leurs morceaux
et repeuplent l’arbre.

***

Las debilidades me sostienen.
Las mías,
y las que vagan como pájaros fracturados
por los días contados
de un mundo que no sabe contar.

Las omisiones de mi escritura desatan mi escritura
y la llevan hacia otro soporte
mas fiel que éste que empleo.

La fragilidad de pensar algo
me hace volar el pensamiento
y lo transporta a otro vuelo
donde pensar tiene tus alas.

Sólo las ramas ya quebradas
recogen todo el amor perdido
y con él pegan sus pedazos
y repueblan el árbol.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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L’être (Miriam Silesu)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2019



 


    
L’être,
astre errant
qui cherche à se mettre sur orbite.

(Miriam Silesu)

 

Recueil: Cinéraire
Traduction:
Editions: Lettres vives

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Le centre est imprévisible (Miriam Silesu)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2019



Illustration: Odilon Redon
    
Le centre est imprévisible,
clignotant et errant dans l’être
comme un rêve dans un espace perdu.

(Miriam Silesu)

 

Recueil: Cinéraire
Traduction:
Editions: Lettres vives

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IL Y A QUELQUES MORTS… (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2019



Henri Lebasque nu-sur-tapis-rouge-date-inconnue-henri-lebasque [800x600] 

IL Y A QUELQUES MORTS…

Il y a quelques morts en ville, mon aimée,
C’est pour te l’annoncer que je viens justement,
Là, sur leur catafalque, — accablante journée
Les corps décomposés pourrissent lentement.

Les vivants errent, vont, décomposés aussi
Leur corps, toute leur chair est moite, transpirée ;
Cela sent le cadavre, ô douce bien-aimée,
Et ce jour, ton sein même a l’air plus amolli.

Verse sur les tapis des parfums enivrants,
Je veux te recouvrir de roses embaumées ;
Il y a quelques morts en ville, mon aimée,
Les corps décomposés pourrissent lentement.

(George Bacovia)

 Illustration: Henri Lebasque 

 

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LES ILLUSIONS (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2019



Illustration: Laurent Gorris
    
LES ILLUSIONS

II croyait
Qu’il errait, qu’il errait
Et même qu’il vagabondait :
Il aimait, il aimait
Jany

Il croyait
Qu’il murmurait, qu’il promurmurait
Et même qu’il démurmurait;
ll disait, se disait qu’il aimait
Jany.

Il croyait
Qu’il oubliait, qu’il oubliait
Et même qu’il désoubliait;
Il se souvenait qu’il aimait
Jany.

Il croyait
Qu’il écoutait, écoutait
Les rues, les étangs, les forêt;
ll entendait, il entendait
Jany.

Il croyait
Qu’il vieillissait, vieillissait,
Qu’il passait, qu’il passait, qu’il passait;
Son jeune âge toujours là c’était
Jany.

ll croyait
Qu’il pleurait, qu’il pleurait,
Que nuit et jour il se désolait;
Nuit et jour il était heureux d’aimer
Jany.

(Armand Robin)

 

Recueil: Ma vie sans moi suivi de Le monde d’une voix
Traduction:
Editions: Gallimard

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MARAIS DE YEUN ELEZ (Xavier Grall)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2019



 

MARAIS DE YEUN ELEZ

MARAIS DE YEUN ELEZ

Parmi les chiens bleus
je partirai sans dire rien
dans les marais de Yeun Elez

Je laisserai glisser toute chair
dans la terre triste de Botmeur
les larmes lisseront pierres

Je partirai sans maudire rien
muet, inutile, sans paupières
dans l’inutilité des tourbes

Lasses sont les âmes
de trop aimer sans recevoir
fourbues les pluies de féconder rien

Peuple errant des maudits
crapauds clabaudant aux étangs
sonnent les glas à Brennilis

Passion selon l’Ankou
les poètes aux enfers descendent
fous les vents sur les collines

Dans les marais de Yeun Elez
l’archange ne répond pas aux mourants
crient les landes à minuit

Plaisirs mauvais qui me crucifient
c’est fini, je m’en vais aux marais
traînant ma plainte et ma légende

(Xavier Grall)

 

 

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La place et les orangers flamboyants (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



La place et les orangers flamboyants
avec leurs fruits ronds et rieurs.

Tumulte de petits collégiens
qui sortent de l’école, en désordre,
emplissant l’air de la place ombragée
du tintamarre de leurs voix neuves.

Allégresse enfantine dans les recoins
des villes mortes!…

Et une part de nous, d’hier,
que nous voyons errer encore
dans ces vieilles rues!

(Antonio Machado)

Illustration

 

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La nuit palpite comme un sein alerté (Amina Saïd)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019



la nuit palpite
comme un sein alerté

je dors dans la marée du ciel
son vertige ciselé

nuit errante
ressuscitée perdue
immobile

je rêve d’espaces ivres
d’ailleurs de suds
d’heures désertes

tu poses la main
sur ma peau

les yeux sur l’autre nuit

je rêve de loups rouges
de sang sur les pierres

tu sculptes mon épaule
du sommeil de tes doigts

la nuit bat des paupières
noie mon chant

je rêve de visages
ouverts comme des fleurs

d’oiseaux suspendus
au fil des jours

ma nuit s’attarde

nous nous retrouvons
au coeur d’une nuit nouvelle

(Amina Saïd)

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La page est un territoire (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2019



Illustration: Henri Rousseau dit le douanier-rousseau
    
La page est un territoire,
routes et hameaux, espaces lacunaires,
la rumeur alentour de la terre d’extase.

Tu ne t’attardes pas aux images,
errant dans la végétation flottante

Des heures, tu es entré dans le regard
intense des mots, parcourant le jour aveugle
par des chemins d’oiseaux tumultueux.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Comme un château défait suivi de Syllabes de sable
Traduction:
Editions: Gallimard

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Tu cherches un temps sans ombre (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
Tu cherches un temps sans ombre.
Tu marches, haut comme la mort,
contre le ciel.

Tu inventes
un autre espace
parmi les nombres errants.

il y a une porte ouverte.,
un couloir interminable,
ce feu sourd près de la fenêtre,
le temps qui bat.

Dans l’averse oubliée,
l’image d’un matin naïf
qui s’éloigne sous
la bienveillance d’une étoile.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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