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Posts Tagged ‘erreur’

Il y a une étoile mise dans le ciel pour chacun de nous (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2022



Il y a une étoile mise dans le ciel pour chacun de nous,
assez éloignée pour que nos erreurs ne viennent jamais la ternir.

(Christian Bobin)

 

 

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L’HOMME POSTHUME (Georges Henein)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2022



 

soldat mort  2 [1280x768]

L’HOMME POSTHUME

Nous étions nés pour la froideur des armes
nés pour contrarier le cours de la naissance
et pour tracer à l’intérieur des êtres
les signes du mauvais vouloir.
« Laissez errer le sang » nous disait notre Maître
et nous ne sûmes jamais
de l’errance ou de l’erreur
laquelle fut notre voie.

Sans cesse pourchassée
l’éternelle grimace de vivre
est loin de renoncer à nous
dans nos mouvements séparés de la terre
un souffle secret introduit la discorde
comme on disperserait des oiseaux.
« C’est la volonté des Absents » s’écrie l’un de nous
et sous nos épaulettes de roc
nous devinons que nous sommes nus

nous resterons, cette fois encore, d’improbables guerriers…

(Georges Henein)

Illustration

 

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On croit aimer (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2022



 

Adrian Borda   My_Summer_Wine_by_borda [1280x768]

On croit aimer, c’est soi qu’on aime
et l’on s’épuise aux précipices de ses joies
la chute épouse l’air dépossédé qui tremble
avec les mots qu’on prête à l’autre voix
avec la voix offerte aux mots de l’autre
avec tant de vertus qui sont des fautes
tant de vertiges qu’on donne et reçoit
et tant d’ombres vives qui nous ressemblent
Se perdre à deux, se retrouver quand même
ô grand amour, bonheur des erreurs très sereines
et secourable espoir de se tromper ensemble
au même instant, au même lieu, d’un même poids.

(Robert Mallet)

Illustration: Adrian Borda 

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S’il faut partir (Wang Fanzhi)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2022




    

S’il faut partir, eh bien partons,
S’il faut rester, eh bien restons,
Revêtu d’une robe rapiécée,
Chaussé de chaussettes reprisées.
Des paroles et encore des mots,
Voilà d’où viennent les erreurs.
Si tu veux affranchir les vivants,
Commence donc par t’affranchir toi-même.

(Wang Fanzhi)

Recueil: Poèmes Chan
Traduction: du chinois par Jacques Pimpaneau
Editions: Philippe Picquier

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Les erreurs (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2021



 

Les erreurs

(la première voix est ténorisante,
maniérée, prétentieuse ;
l’autre est rauque, cynique et dure.)

Je suis ravi de vous voir
bel enfant vêtu de noir.

– Je ne suis pas un enfant
je suis un gros éléphant.

Quelle est cette femme exquise
qui savoure les cerises ?

– C’est un marchand de charbon
qui s’achète du savon.

Ah ! Que j’aime entendre à l’aube
roucouler cette colombe !

– C’est un ivrogne qui boit
dans sa chambre sous le toit.

Mets ta main dans ma main tendre
je t’aime ô ma fiancée !

– Je n’suis point vot’ fiancée
je suis vieille et j’ suis pressée
laissez-moi passer !

(Jean Tardieu)

 

 

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Le bon moment (Hâfez Shirâzi)(Hafiz)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2020



    
Le bon moment

Rien de meilleur que le plaisir :
printemps, verdure et amis tendres.
Où est l’échanson ? Dis-le-moi !
Pourquoi donc me fait-il attendre ?
Sache apprécier chaque occasion
que la fortune te propose,
Car personne ne peut savoir
quelle sera la fin des choses.
Sois vigilant, car notre vie
est suspendue à un cheveu.
Ne prends garde qu’à tes ennuis :
le monde tournera sans eux.
Que signifie : Eau de Jouvence ?
Qu’est-ce qu’un Paradis terrestre ?
L’une n’est qu’un petit ruisseau ;
l’autre, un bon petit vin champêtre.
Pudique ou buveur, ce ne sont
que deux facettes du réel.
Les deux aspects sont attirants,
mais nous allons choisir lequel ?
Le secret derrière l’écran,
qu’en connaît le Ciel ? Maintenant,
Tais-toi, prétentieux ! A quoi bon
traiter avec le chambellan ?
Si je n’étais pas responsable
de mes erreurs, de mes offenses,
Que signifierait Ton pardon,
ô mon Dieu miséricordieux ?
Le dévot boit l’eau de l’Eden ;
Hâfez, le vin. Auquel des deux
Le Créateur, en fin de compte,
donnera-t-il la préférence ?

***

(Hâfez Shirâzi)(Hafiz)

 

Recueil: L’amour, l’amant, l’aimé
Traduction: Vincent-Masour Monteil
Editions: Actes Sud

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Les serins et le chardonneret (Jean-Pierre Claris de Florian)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2020




    
Les serins et le chardonneret

Un amateur d’oiseaux avait, en grand secret,
Parmi les œufs d’une serine
Glissé l’œuf d’un chardonneret.
La mère des serins, bien plus tendre que fine,
Ne s’en aperçut point, et couva comme sien
Cet œuf qui dans peu vint à bien.
Le petit étranger, sorti de sa coquille,
Des deux époux trompés reçoit les tendres soins,
Par eux traité ni plus ni moins
Que s’il était de la famille.
Couché dans le duvet, il dort le long du jour
À côté des serins dont il se croit le frère,
Reçoit la béquée à son tour,
Et repose la nuit sous l’aile de la mère.
Chaque oisillon grandit, et, devenant oiseau,
D’un brillant plumage s’habille ;
Le chardonneret seul ne devient point jonquille,
Et ne s’en croit pas moins des serins le plus beau.
Ses frères pensent tout de même :
Douce erreur qui toujours fait voir l’objet qu’on aime
Ressemblant à nous trait pour trait !
Jaloux de son bonheur, un vieux chardonneret
Vient lui dire : il est temps enfin de vous connaître ;
Ceux pour qui vous avez de si doux sentiments
Ne sont point du tout vos parents.
C’est d’un chardonneret que le sort vous fit naître.
Vous ne fûtes jamais serin : regardez-vous,
Vous avez le corps fauve et la tête écarlate,
Le bec… oui, dit l’oiseau, j’ai ce qu’il vous plaira,
Mais je n’ai point une âme ingrate,
Et mon cœur toujours chérira
Ceux qui soignèrent mon enfance.
Si mon plumage au leur ne ressemble pas bien,
J’en suis fâché, mais leur cœur et le mien
Ont une grande ressemblance.
Vous prétendez prouver que je ne leur suis rien,
Leurs soins me prouvent le contraire.
Rien n’est vrai comme ce qu’on sent.
Pour un oiseau reconnaissant
Un bienfaiteur est plus qu’un père.

(Jean-Pierre Claris de Florian)

 

Recueil: Fables
Traduction:
Editions:

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Une connaissance (Pierre Oster)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2020



Illustration: Sophie Bazin
    
Une connaissance dont le point apogée n’est point Joie,
c’est erreur et vanité.

L’Être est, un coeur pur doit savoir trouver dans cette certitude
tout son contentement.

(Pierre Oster)

 

Recueil: Paysage du Tout
Traduction:
Editions: Gallimard

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La vérité (Serge Pey)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2020



Ráed Al-Rawi Fishing

 

La vérité n’a pas besoin d’erreur
pour s’approcher d’elle-même
mais l’homme a besoin d’erreur pour
s’approcher de la vérité

La raison d’exister de la vérité est le souvenir
de l’erreur qui est la raison de l’être

Nous sommes les enfants du moment
c’est-à-dire dans le présent
de ce qui ne peut se nommer
au delà du langage
sans lendemain ni hier

Il y a un présent du passé
et un présent de l’avenir
et un présent du présent

Si la vérité accepte l’erreur
l’erreur doit accepter la vérité
Nous déchirons les miroirs
toujours en deux
même quand nous nous regardons

La vérité est celle du pêcheur
qui ne pêche que le lac
L’erreur est le poisson
qui lui ressemble
ou le noeud qu’il fait avec son fil

(Serge Pey)

Illustration: Ráed Al-Rawi

 

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RENAISSANCE (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020




RENAISSANCE

Un barbouilleur, indolemment,
Noircit la toile d’un génie
Et la couvre stupidement
De traits qui heurtent l’harmonie.

Son gribouillage, avec les ans,
Choira telle une vieille écaille
Et le génie éblouissant
Reparaîtra sans nulle faille.

Ainsi s’effritent les erreurs,
Quittant mon âme surmenée,
Et je revois avec bonheur,
Pures, mes premières journées.

(Alexandre Pouchkine)

Illustration

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